Au bord du Styx

Thalassa

Texte écrit pour un concours organisé par le site Guerrière et Amazone, dont le sujet était « La Thalasso »

FF classique reprenant les personnages de Xena et Gabrielle, qui appartiennent à Universal et Renaissance Pictures ou à toutes autres sociétés se trouvant dans leurs droits. Aucun avantage financier n’en est tiré.

Violence : non

Genre : Alt

Allusions à Xénophon, Astérix et aux épisodes « When in Rome » et « Paradise Found »

Thalassa !!! Hmmm Thalasso…

« Thalassa, Thalassa ! S’écrièrent les premiers soldats à franchir la crête. Les derniers survivants de ce qui avait été une armée magnifique, pleine de fougue et d’espoir, les yeux brillants devant tout ce qu’ils avaient découvert. Thalassa ! Et ils savaient qu’ils étaient enfin saufs. Thalassa ! Le cri…  »

« Mmmm, Gabrielle ? »

La jeune barde s’arrêta en plein élan. Elle était à l’apogée de son récit, au sommet de la montagne avec les soldats et Xena l’interrompait !! Elle s’était énormément investie dans cette commande que lui avait passée l’Académie des Bardes d’Athènes. Elle pensait avoir atteint le délicat équilibre entre souffle épique et réalisme poétique, mais il fallait encore retravailler certains passages et il ne lui restait plus beaucoup de temps. Elle ne put totalement masquer son agacement quand elle répondit à son amie.

« Quoi ? J’ai encore manqué quelque chose ? »

Xena, pour une fois, tenait entre les mains un parchemin. Non que la guerrière ne puisse en tenir un, cela lui arrivait même fréquemment. Mais le soir, elle vérifiait plutôt l’état de son équipement. Elle tendit le rouleau à Gabrielle.

« Je crains que tu n’aies lu le sujet un peu vite. Le titre est Thalasso, pas Thalassa. Regarde ! »

Gabrielle se saisit du parchemin et s’approcha du feu pour mieux voir.

« Tu es sûre ? Celui qui a écrit cela fait vraiment ses alpha comme ses omicron ! »

Elle reposa le parchemin en soupirant. « Tu as raison. J’ai lu trop vite. Il y a si longtemps que je n’avais rien écrit. Le titre m’inspirait… »

Xena reposa le parchemin. « Tu as encore le temps de composer autre chose. Nous n’avons rien de pressant en ce moment. On peut s’arrêter dans la prochaine auberge qui te plait. »

Gabrielle s’était assise à côté d’elle, les jambes repliées contre elle, le menton sur les genoux, les yeux fixés sur le feu de camp qui crépitait. « Je ne sais pas… j’ai tellement de mal à écrire en ce moment… avant, il fallait que je me retienne… j’avais treize idées à la douzaine… Il suffisait de te voir aider une vieille dame à traverser la route et ça m’inspirait un poème… »

La guerrière ne se formalisa pas outre-mesure. Elle passa un bras autour des épaules de son amie et l’attira vers elle. Elle mit tout ce qu’elle put d’humour dans sa réponse. « Ne me dis pas que je ne t’inspire plus ! »

Gabrielle se redressa, alarmée. « Non, ne va surtout pas croire cela ! c’est juste que… »

Xena finit pour elle. « Que tu comprends enfin pourquoi je te disais qu’il n’y avait pas de quoi faire des histoires sur ce que je faisais, que ce n’était que douleur et travail et plus de douleur et d’acharnement … Rien d’héroïque dans tout cela…Et je m’étonnais aussi que tu choisisses cette vieille histoire de mercenaires grecs partis se battre pour un perse. »

Gabrielle posa sa tête sur l’épaule de son amie. « Tu as raison. Pourquoi choisir cette vieille histoire ? Xénophon a écrit tout ce qu’il y avait à dire. Facile pour lui : il y était. Mais tu sais ? Je ne regrette aucune des histoires que j’ai racontées sur toi. Et même avec l’expérience que j’ai acquise au cours de ces dernières années, cela ne change rien. Il y a juste que… maintenant, je suis tellement plus impliquée dans tout ce qui nous arrive… »

« Parce qu’avant, tu n’étais pas impliquée ? »

Gabrielle soupira. « Ce que je dis n’a aucun sens. Bien sûr que j’étais impliquée, mais de façon plus passive. Tu comprends ? »

Xena passa sa main dans le dos de la barde avant de replacer son bras où il se trouvait. « Et la demande de l’Académie… Que vas-tu faire ? »

« Pas la moindre idée. Et d’abord, que veulent-ils quand ils écrivent thalasso ? Est-ce que c’est du grec seulement ? »

La guerrière souleva un sourcil, ce qui passa totalement inaperçu compte tenu de la position de Gabrielle. « Mmm… je pense qu’ils ont mis thalasso pour thalassothérapie. »

« C’est quoi ? »

Le deuxième sourcil se leva. Gabrielle semblait vraiment décidée à y mettre de la mauvaise volonté. « C’est une invention romaine. Une façon de soigner certaines maladies. »

« Ils sont fous, ces romains ! » (NDLA : en gaulois dans le texte)

« Je vois que tu n’as pas tout perdu de ta rencontre avec Vercinix. »

Gabrielle laissa échapper un petit gloussement. « Pas facile à placer dans une conversation, mais je n’ai pas pu résister. Et ces soins, ça ressemble à quoi ? »

« Tu te souviens d’Aiden ? »

« Difficile de l’oublier… »

« Eh bien, c’est ça, une thalasso ! »

Gabrielle se redressa à nouveau. « Quoi, se faire transformer en statue ? »

Xena, d’une petite pression sur son bras, la ramena vers elle. La barde semblait particulièrement obtuse ce soir. « Non. Mais tout le reste, oui. »

« Le reste ? »

« Oui, les bains chauds, les massages, les séances de relaxation… »

Gabrielle se laissa totalement aller contre son amie. « Mmmm… des bains chauds… »

« Des massages…. »

« Xena ? »

« Oui ? »

« Je ne suis pas sûre que je pourrai écrire sur ce sujet. »

« Pourquoi ? »

Xena s’était progressivement déplacée de telle sorte que Gabrielle était maintenant en partie allongée sur ses jambes. Une de ses mains était occupée par la barde qui jouait machinalement avec, la caressant, la tournant et la retournant, entremêlant leurs doigts. L’autre main massait doucement la nuque placée juste sous elle.

« Il est recommandé d’écrire sur ce que l’on connaît, non ? »

« Je ne sais pas exactement, mais cela semble un sage conseil… qui ne devrait pas t’arrêter d’écrire sur un tel sujet. Même si je n’ai jamais eu l’occasion de t’emmener dans un établissement de bains romain. »

« Justement, c’est bien là le problème. »

Gabrielle était maintenant complètement allongée sur sa couverture et Xena, agenouillée à ses côtés, avec commencé un massage, travaillant sur les bras et les épaules de son amie.

La guerrière, totalement concentrée sur sa tâche, se força à répondre. « Problème, quel problème ? »

« Je ne suis pas sûre que ce que j’écrirais… Mmmm… Oh oui, là…  »

Xena, pour mieux venir à bout d’un muscle noué et récalcitrant, défit le bustier et s’assit à califourchon sur les cuisses de Gabrielle, reprenant son travail sur le dos douloureux.

« Ici ? »

« Un… un peu plus bas…oui… Comme ça…N’arrête pas… »

« Pourquoi ne me dis-tu pas quand tu as mal ? C’est ce dernier mouvement avec ton saï gauche… »

« Je crois… oui. Mais je n’y pensais plus… »

Xena faisait maintenant travailler ses mains tout le long de la colonne vertébrale de Gabrielle. « Tu disais que tu ne savais pas si ce que tu écrirais… »

« Mmmm… oui… je ne sais pas si ce que j’écrirais pourrait être diffusé à tout le monde. »

« Pourquoi ? »

D’un petit tortillement des hanches, Gabrielle fit comprendre qu’elle souhaitait se retourner. Xena se souleva légèrement, puis se réinstalla à la fin de la manœuvre.

Gabrielle attira son amie vers elle et prit son visage entre ses mains.

« Parce que je ne laisserai jamais quelqu’un d’autre me toucher comme tu viens de la faire. Même s’il s’agit du meilleur de sa spécialité. »

Les mains de Xena parcouraient maintenant le torse de Gabrielle. « Même si c’est le cas, tu peux toujours faire preuve d’imagination… »

Gabrielle ferma les yeux quand son corps réagit à une caresse un peu plus audacieuse que les précédentes.

« Mmmm… je n’ai pas besoin de mon imagination pour savoir comment cela va se terminer une fois de plus… »

« Tu te plains ? »

La barde avait commencé à défaire Xena de son armure. « Absolument pas. Et moi, j’avais décidé de t’épargner une nouvelle histoire dont tu aurais été l’héroïne. »

Une fois de plus, la guerrière demanda. « Je ne t’inspire plus ? »

« Bien au contraire, mon amour. Je ne veux pas que tu ailles inspirer d’autres que moi. Tu es l’héroïne de mon histoire préférée et je te garde dans ma collection particulière… »

Et c’est ainsi que l’Académie des Bardes d’Athènes attendit vainement le texte que leur avait promis Gabrielle

Fin
15 Novembre 2003

Retour aux Archives

© Styx63 – 2003

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :