Au bord du Styx

Le Retour du Léopard

Avertissements :

C’est une « über », vous connaissez la suite.

Il y a de la violence, mais pas plus que dans la série.

Cette histoire, à l’origine, était un défi du Chaton Fripon. Mais j’ai eu envie d’en faire plus. Ayant encore au moins un projet vraiment en cours, les prochaines chroniques viendront plus tard.

Remerciements : à Fanfan pour la correction ultra-rapide et à Kaktus pour avoir hébergé la première toutes mes histoires.

Si vous souhaitez laisser un commentaire…. vous pouvez 😉

Chroniques Andreweliennes

1. Le retour du Léopard

Tyrl – 63ème jour de la 125ème année après la catastrophe

Le bruit se répandit comme une traînée de poudre : Le Léopard était de retour. Dans cette petite communauté d’une vallée du Tyrl, il était difficile de savoir quel sentiment prédominait à l’annonce de cette nouvelle. Chez beaucoup, c’était de la peur. Mais parmi les plus jeunes, il y avait aussi beaucoup d’espoir.

Plus de dix ans auparavant, le Léopard avait organisé la défense de la vallée contre une tentative d’invasion de ceux d’en-bas. Sa tactique avait été plus qu’efficace et bientôt, toute une milice suivit les ordres du Léopard. Cependant, quand tout danger fut écarté, les miliciens, plutôt que de retourner à leurs anciennes activités, grisés de leur succès et de leur puissance toute nouvelle, se mirent à terroriser la vallée. Cette situation dura plusieurs mois jusqu’à ce qu’un matin, un convoi de ravitaillement arrivant au camp retranché des miliciens, trouva une partie de la troupe massacrée, celle qui avait toujours été la plus sauvage, et les autres disparus dans la nuit, le Léopard avec eux.

Personne ne savait qui était le Léopard. Son visage était toujours totalement recouvert d’un masque de cuir qui protégeait son porteur du froid ou des rayons ultraviolets suivant les jours.

Il faut reconnaître que depuis la grande catastrophe, mais même avant (seulement on ne parlait pas de catastrophe même si c’en était déjà une), tout survivant qui ne sortait pas dehors couvert, commettait un suicide. La plupart du temps, un froid polaire régnait la majeure partie de l’année du fait des nuages de poussières qui s’étaient accumulés après le grand conflit atomique et qui empêchaient les rayons du soleil de passer. Mais ces mêmes rayons du soleil étaient tout aussi fatals quand ils arrivaient à traverser, aidés par des tempêtes de vent violentes, car ils n’étaient plus filtrés par la couche d’ozone, disparue depuis longtemps.

Tout survivant, qui voulait le rester, sortait donc au grand air, protégé, mais la règle voulait que l’on se découvre dès que l’on se trouvait à l’abri. Le Léopard ne s’était jamais montré, expliquant qu’il n’était jamais à l’abri. Et personne ne lui en voulait.

Personne ne savait s’il était de la vallée ou d’ailleurs. Si quelqu’un savait quelque chose, il tenait le secret bien gardé. Le pseudonyme de ce chef hors pair, selon les anciens, lui avait été donné d’après un animal devenu mythique et qui avait disparu depuis longtemps des montagnes. La raison exacte de ce « baptême » n’était pas très claire – était-ce la façon dont il protégeait les siens, son absence de pitié quand il s’agissait de combattre ? – puis un jour, le Léopard porta un masque reproduisant certains traits de l’animal et la légende commença à se bâtir.

La rumeur du retour du Léopard occupa les habitants de la vallée pendant plusieurs semaines, puis le retour prochain d’une nouvelle caravane détourna l’attention sur un sujet beaucoup plus concret.


Les éclaireurs tinrent informée la petite communauté des progrès de la caravane. Celle-ci était partie un an plus tôt et avait fait le tour de plusieurs provinces des montagnes, longeant même parfois les pays d’en-bas. Elle avait emporté avec elle des objets produits dans la vallée et avait pour mission de les troquer contre d’autres biens fabriqués ailleurs et qu’il était plus simple d’obtenir par voie d’échange que de tenter de les fabriquer.

Le passage d’une caravane, en général, était toujours un événement. Le retour d’une caravane dans sa communauté de départ était source de festivité pour de nombreuses journées.

Les derniers rapports la disait à encore quinze jours de marche : elle était lourdement chargée et il lui restait encore une passe à traverser, d’autant plus dangereuse qu’elle était proche des territoires d’en-bas.

L’excitation montait dans la communauté quand un jour, un éclaireur manqua à l’appel. Aussitôt, on en dépêcha deux autres. Un seul revint presque par miracle : La caravane était prise au piège à la sortie de la passe. Ceux d’en-bas semblaient s’être organisés en une bande suffisamment importante pour qu’ils se sentent le courage de monter à l’assaut d’une caravane si près de la vallée.

Très vite, la défense s’organisa. Tous les adultes, hommes et femmes, pouvant porter une arme furent réunis. Il fut décidé qu’un tiers d’entre eux irait au secours de la caravane pendant que le reste se chargeait de la défense de la vallée. Les armes furent distribuées. Il y avait des lances, des arcs et quelques arbalètes et surtout une lame courte qui tenait de la machette et du sabre d’abordage : dans une main expérimentée, elle était redoutable.

En moins d’une journée, la troupe arrivait au sommet d’un petit escarpement rocheux surplombant la sortie de la passe. La caravane s’était protégée tant bien que mal dans un renfoncement de la paroi rocheuse juste à la sortie de la passe. Des caisses et des baluchons ainsi que les dépouilles de quelques animaux de bât avaient été placés en un semblant de fortification. Au vu du nombre de cadavres tout autour, les combats avaient dû faire rage.

Mais maintenant, tout semblait calme. Les assaillants, une quinzaine au plus, étaient cachés derrière des rochers et tenaient la sortie de la passe dans la ligne de mire de leurs armes. Les caravaniers ne pouvaient faire un mouvement sans être immédiatement détectés.

Les sauveteurs se rassemblèrent pour étudier le meilleur plan d’attaque. Eux aussi seraient à découvert s’ils ne faisaient pas attention. Quand soudain, des cris s’élevèrent. Ceux d’en-bas étaient en train de se faire descendre les uns après les autres par le porteur d’une arbalète situé un peu plus haut et qui savait se servir de son arme. Il se débarrassa ainsi de plus d’un tiers des assaillants. Quand ces derniers réalisèrent qu’ils étaient attaqués par une seule personne, ils se redressèrent et partirent à la poursuite du sniper. Les caravaniers, trop mal armés, n’étaient pas une menace dans leur dos. Le tireur embusqué, par contre, semblait une autre affaire. Au lieu de s’enfuir comme ce serait la réaction la plus naturelle, il posa calmement son arbalète à terre et tira des fourreaux placés en croix derrière son dos deux sabres. A la façon dont il manipulait les armes, il y avait tout à parier qu’il savait bien s’en servir également.

Il adopta une position immobile, bien en appui, un sabre placé horizontalement face à lui, le second, pointe en bas, écarté de son corps. Quand les premiers assaillants furent sur lui, il bougea très vite et se débarrassa de ses quatre premiers adversaires. Deux étaient à terre, un troisième avait été désarmé et s’était reculé fort sagement tant qu’il pouvait encore le faire, le quatrième tira de sa botte un coutelas mais ne put s’en servir. L’un des sabres venait de lui transpercer la poitrine. Ensuite, plus personne ne put vraiment dire ce qu’il s’est passé. Le guerrier solitaire avança et défit tous ceux qui s’opposèrent à lui. Quand il s’arrêta, il ne restait que des corps à terre, les deux ou trois, plus chanceux, qui n’avaient été que blessés ayant pris la poudre d’escampette.

La troupe des villageois se décida à se montrer et les caravaniers, jusqu’alors un peu incertains sur le cours des évènements, se dégagèrent de leurs barricades de fortune. Le guerrier recula doucement jusqu’à l’endroit où il avait déposé son arbalète. Il jeta un dernier coup d’œil circulaire sur les corps, les gens qui avançaient et il prit le même chemin qu’avaient emprunté ceux qui avaient échappé à ses lames.

La vie et surtout la survie reprirent leurs droits. Plusieurs villageois s’approchèrent des corps pour voir s’il n’y aurait rien d’utile à récupérer avant de laisser la nature faire son œuvre.

Soudain, l’un d’eux s’exclama. « Eh, y en a un qui semble juste assommé ! »

« Achève-le ! On n’a rien à faire avec cette vermine »

Mais un troisième, le chef des sauveteurs, s’interposa.

« Non, on le ramène au village. »

« Pourquoi faire ? On ne va pas gaspiller de la nourriture pour quelqu’un comme lui. »

« Pour le juger. Et vu sa taille, il ne doit pas consommer beaucoup. »

Le premier reprit. « Si c’est pour le juger, je peux m’en charger moi-même. Je peux faire aussi le jury et le bourreau. »

« Non, il faut un exemple. »

Le deuxième rit d’un air méchant. « Eh bien, il sera pas bien gros, ton exemple ! »


Au village – cinq jours plus tard

Tous étaient réunis dans la maison commune. C’était le jour du jugement. Celle d’en-bas, car il s’agissait d’une femme… enfin… plutôt une jeune fille, avait été enfermée dans une des réserves dès son arrivée avec les sauveteurs et la caravane. Le débat ensuite avait été intense, pour ne pas dire violent, afin de décider ce qu’il fallait faire d’elle. Si une légère majorité penchait pour qu’elle soit jugée, nombreux disaient qu’elle serait de toute façon condamnée et qu’on pouvait ainsi économiser du temps et de la nourriture en l’exécutant immédiatement.

Les tenants du procès l’emportèrent. Comme pour tous les procès, le collège des anciens fournissait les juges au nombre de cinq, le procureur et l’avocat de la défense si personne d’autre ne voulait remplir ce rôle.

Le système fonctionnait ainsi depuis longtemps et personne ne s’en était jamais plaint. La sentence était souvent la mort car en ces temps difficiles, toute infraction à la loi avait très vite de très graves conséquences pour toute la communauté. Cependant, tout le monde avait sa chance et certains avaient été acquittés.

Tout le village était réuni dans la salle commune. La jeune accusée avait été amenée, les mains liées derrière le dos. Elle était recroquevillée sur un siège, pâle et décharnée, visiblement effrayée devant la foule bruyante. A ses côtés se tenait celui qui avait été désigné pour l’assister.

Très vite, le procès se transforma en un long réquisitoire contre ceux d’en-bas, listant aussi bien leurs méfaits connus que tout ce qu’on pouvait leur imputer faute d’explication. A chaque question, l’avocat de la défense répondait par un « pas d’observation » laconique. L’assistance s’agitait de plus en plus, n’attendant qu’une chose, la sentence. Celui qui présidait la séance demanda si personne n’avait rien à ajouter quand une voix s’éleva du fond de la salle.

« Oui, moi ! Je souhaite savoir si aujourd’hui, on jugeait cette jeune fille uniquement ou ceux d’en-bas en général ? »

« Je ne vois pas le problème… Et approchez-vous qu’on puisse vous voir ! »

Le brouhaha né de l’intervention surprise cessa progressivement au fur et à mesure que la haute silhouette s’avançait. On ne pouvait distinguer grand-chose sous le long manteau épais et le bonnet recouvrant bien la tête. Le seul signe, quelques mèches de cheveux noirs s’échappant de la coiffe. Le visage était recouvert de son masque protecteur, décoré de la marque du Léopard. Quand il arriva près de la table où présidaient les anciens, le silence était total. Le procureur prit la parole.

« Tu peux te découvrir, étranger. Tu es en sécurité ici. »

D’une voix étouffée par le masque, il lui fut répondu. « Le Léopard n’est jamais en sécurité. »

Les chuchotements reprirent dans la salle. Plusieurs parmi ceux qui avaient fait partie des sauveteurs de la caravane, reconnurent le guerrier solitaire dont l’intervention avait sauvé tant de vies.

Le Léopard reprit. « Je demandais à cette honorable assemblée qui était jugé ce matin ? Ceux d’en-bas en général ou bien cette gamine ? S’il s’agit de ceux d’en-bas, je n’ai rien à dire sauf que vous perdez du temps à faire un procès. Mais est-ce vraiment juste de lui faire supporter tout cela ? Et où est l’exemple ? Par contre, si c’est elle seule que vous jugez, alors je veux être entendu comme témoin. »

L’ancien qui présidait la séance, leva un sourcil. « Je ne vois pas ce qui pourrait être dit pour la défense d’une d’en-bas… »

« Me laissez-vous parler ? »

Les juges se consultèrent d’un regard et le président fit signe au Léopard de poursuivre.

« Je suis arrivé à la sortie de la passe une journée avant la troupe. Je ne suis pas intervenu plus tôt car ceux d’en-bas étaient toujours en déplacement. Essentiellement, ils attaquaient sans arrêt la caravane, sans vraiment faire de dégât mais m’empêchant d’intervenir. Pendant tout ce temps, la petite est restée à l’écart. Elle n’avait pas d’arme. »

« Et comment s’est-elle retrouvée inconsciente au milieu des morts ? »

« Quand elle a tenté de s’enfuir, elle devait obligatoirement passer à côté de moi. Elle s’est retrouvée au milieu d’une mêlée et pour qu’elle ne soit pas blessée ou tuée, je l’ai assommée; »

« Pourquoi ? »

« Je ne sais pas…. Elle ne me menaçait pas…. Et elle semblait si menue, si fragile malgré son accoutrement. »

L’ancien sembla réfléchir un instant avant de reprendre. « Je veux bien te croire, mais qui me dit qu’avant ton arrivée ? »

Le Léopard se tourna vers la foule. « Ceux de la caravane devraient pouvoir répondre. »

Plusieurs hommes et femmes se dégagèrent et avancèrent. L’un deux prit la parole.

« On vient d’en parler entre nous et on est d’accord pour dire qu’on est à peu près sûr de ne pas l’avoir vu nous attaquer. »

Quelqu’un, de la salle, s’exclama. « Peut-être que ceux qui l’ont vu se battre ne sont plus là pour en parler. »

Le caravanier reprit. « Non, on sait qui a tué nos camarades et c’est pas elle. »

Le procureur intervint à ce moment. « De toute façon, ça ne change pas grand-chose au problème. Elle était dans le groupe qui a attaqué la caravane. Même si elle ne s’est pas battu, elle est complice. »

Le Léopard reprit la parole. « Alors parce qu’elle n’est pas d’ici, même si elle n’a tué ou blessé personne, elle est condamnée ? »

« On n’a pas de prison. Et même si on en avait une, on ne va pas gâcher des rations pour elle…. Et on ne peut pas la relâcher, elle a trop vu les défenses du village. »

Le guerrier commençait à s’énerver. « Alors je repose ma première question. Pourquoi la juger puisque tout semble avoir déjà été décidé ? »

Le premier juge, devant l’agitation qui montait, fit taire tout le monde à grand-peine. « Très bien Léopard, que proposes-tu alors ? »

Il répondit immédiatement. « Confiez-la moi ! Je m’occuperai d’elle et ferai en sorte qu’elle ne soit plus une menace pour la vallée. »

Plusieurs s’exclamèrent. « Mais c’est de la folie ! Avec ces dégénérés, on ne sait pas à quoi on peut s’attendre. »

Le Léopard explosa de rire. « Vous ne me croyez pas capable de me défendre face à elle ? »

Tous les regards se tournèrent vers la jeune prisonnière. Elle était toujours sur son siège, recroquevillée autant que possible malgré ses mains liées dans le dos. Mais elle ne semblait pas perdre une miette de ce qui se disait autour d’elle. Elle avait toujours l’air effrayée, mais les coups d’œil qu’elle jetait au Léopard étaient implorants.

Le juge demanda. « Pourquoi ferais-tu cela ? »

Le Léopard hésita un instant puis répondit doucement. « On oublie trop souvent qu’ils sont comme nous, ils ont juste eu moins de chance…. J’en ai rencontré plusieurs ces dernières années qui m’ont aidé quand j’en avais besoin. Je ne dis pas qu’il faut ouvrir la vallée, mais tous ceux d’en-bas ne sont pas comme ceux qui nous attaquent depuis des années…. »

« Et les mutations, les maladies ? »

« Les mutations…. On a beau dire, on en a aussi et on n’y peut rien. Les maladies… qu’elle mange correctement et elle refera ses défenses. Pour le reste, je m’en occuperai comme ça arrivera. »

« Et que lui feras-tu faire ? »

« Elle travaillera, comme moi ! »

Le premier juge se tourna vers ses collègues, puis vers l’assistance. « D’autres questions ? »

Face au silence, les juges se levèrent et quittèrent la salle, le président ajoutant. « Ce n’est pas la peine de partir, je ne pense pas que ça prendra beaucoup de temps. »

Il y eut d’abord un grand silence, puis le bruit monta de plus en plus fort. C’était la première fois que les juges se retiraient pour délibérer. D’habitude, la décision se dégageait presque d’elle-même et le premier juge rendait la sentence directement après avoir consulté du regard ses collègues. Mais cette fois-ci, les circonstances étaient particulières.

Celui qui avait fait office d’avocat se leva de sa place et rejoignit la foule. Le Léopard en profita pour aller s’asseoir à côté de la jeune fille. Il posa sa main sur son épaule et murmura. « C’est normal que je prenne cette place finalement puisque je t’ai défendue. »

La jeune fille leva les yeux et regarda le guerrier. Mais rien ne transparaissait derrière le masque et les épaisses lunettes.

L’attente dura peut-être une demi-heure, puis les juges revinrent. Le Président fit se lever le Léopard.

« Léopard, on a décidé de te faire confiance, mais il faut que tu nous fasses confiance de la même façon. »

« Dites-moi ! »

« Retire ton masque ! On veut savoir qui prend la responsabilité de celle d’en-bas. Si tu refuses, elle est condamnée. »

« C’est du chantage ! »

« Peut-être. Mais nous prenons un risque pour la communauté. Ce n’est que justice que tu en prennes un aussi. »

Le guerrier regarda les juges, puis la foule. Enfin, il se tourna vers la jeune fille.

« Très bien ! »

Il porta les mains à sa tête et défit les attaches de ses verres protecteurs, puis celle de son masque de cuir. Enfin, d’un geste vif il dégagea son visage.

Le brouhaha était à son comble.

Le premier juge se pencha en avant. « Tu es la fille d’Harry le mineur ! Comment va ton père ? »

« Il va bien, mais il se fatigue vite maintenant. C’est pour ça que je suis revenue dans la vallée. »

« Es-tu bien sûre de ta décision ? » poursuivit-il en jetant un coup d’œil à la jeune fille assise.

« Oui, je suis sûre. Elle a droit à une autre chance ! »

L’ancien sourit. « Alors tu peux partir avec ta protégée. Tu en es responsable. Si elle cause le moindre problème, c’est la mort pour elle et le bannissement pour toi. »

« Ca me va ! »

« Très bien. Et dis à ton père que je passerai le voir prochainement. »

Le Léopard fit un petit signe de tête, puis s’approcha de la jeune fille.

La foule regarda, les yeux écarquillés, la grande femme brune au visage ascétique de ceux qui vivent dans les hauteurs, tirer de sa botte un couteau de chasse et trancher les liens de la prisonnières. Elle lui fit signe de se lever. Mais celle-ci, trop épuisée faute de nourriture ou trop effrayée après l’épreuve qu’elle venait de subir, s’écroula par terre après avoir tenté de se mettre debout..

Le Léopard parcourut la salle du regard et tout le monde put observer ses yeux de la même couleur que les glaciers.

« Quelqu’un peut me donner son masque ? »

L’avocat se rapprocha et lui tendit la mince protection. Le guerrier s’en saisit et entreprit d’équiper la jeune fille toujours à terre. Il mit ensuite son propre masque. Il se baissa enfin et passa un bras autours des épaules de sa « pupille » et l’autre sous ses genoux.

Il demanda doucement. « On y va ? »

Celle d’en-bas hocha imperceptiblement la tête.

« OK, accroche-toi ! »

Le Léopard la souleva sans le moindre effort. Il se dirigea vers la porte. Certains jurèrent qu’en quittant la salle, il grommela :

« Je m’attendais à beaucoup de choses pour mon retour, mais sûrement pas à ça ! »

FIN
juin – juillet 2001

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© Styx63 – 2001

3/11/08  : On m’a souvent demandé ce que devenaient les Chroniques ces dernières années. Un évènement fait que je n’ai pas eu envie de les reprendre et je pensais que j’allais les remettre dans les « Contes du Chaton Fripon ». Mais finalement, je vais laisser ce projet sous sa forme présente. Par contre, avec tout ce que j’ai en cours (sans parler de ce que vous n’avez jamais lu), je ne sais pas quand je vais m’y remettre.

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