Au bord du Styx

Le Mystère de la Chouette de Cristal

Avertissements :

L’histoire qui suit, relève du genre Uber. Les personnages m’appartiennent (si l’on veut), mais je ne nie pas une certaine ressemblance avec deux héroïnes bien connues qui appartiennent, elles, à Universal et Renaissance Pictures.

Violence : non

Subtext : oui, et un peu plus graphique que d’habitude. Mais si l’idée vous déplaît, j’en suis désolée et vous conseille de ne pas lire plus avant.

IQI : En lisant cette histoire, vous pourrez vous demander « Intrigue ! Quelle Intrigue ? » (expression également connu sous la forme « PWP »). Je rassure celles et ceux qui ont craint un instant que cela veuille dire Incroyable Quotient Intellectuel [requis]. J’espère juste que vous aurez autant de plaisir à lire cette histoire que j’en ai eu à l’écrire.

Orthographe : S’il y a des fautes, c’est normal : j’ai été assez présomptueuse pour ne pas faire relire ce texte.

Un jour, le Chaton Fripon leva ses beaux yeux de Siamois vers le Barde et ronronna doucement : « Raconte-moi une histoire qui s’appellerait… Le Mystère de la Chouette de Cristal !  »

En fait, non ! Le Chaton déclara : « Eh Barde, t’es pas cap’ ! »

La chose à ne pas dire au Barde qui redressa la tête, se frotta les mains et se jeta sur son clavier.

Voici donc le premier des


Contes du Chaton Fripon

Le Mystère de la Chouette de Cristal

Il faisait particulièrement beau et chaud en ce samedi de mai, ce qui était un soulagement après un hiver gris et un début de printemps très pluvieux. Tous les Parisiens semblaient être dehors, vêtus de leurs tenues les plus légères et les plus décontractées.

Cela ne posait pas de problème à Julie qui se baladait tranquillement dans le jardin situé en face de chez elle. Celui-ci, à flanc de coteau, avait été créé sur une ancienne carrière de gypse. En effet, et par chance pour le voisinage, la colline ayant tout du gruyère, la zone avait été déclarée inconstructible après que les derniers taudis avaient été abattus, quelque 25 ans plus tôt.

Elle regardait en souriant les enfants se courir après, les familles installées sur les pelouses, moitié à l’ombre, moitié au soleil, autour des reliefs d’un pique-nique. Des jeunes, sûrement des étudiants compte tenu des livres et des feuilles de cours qui les environnaient, tentaient de prendre un peu de soleil tout en poursuivant leurs révisions pour des examens à venir.

Julie doutait un peu de la qualité de leur travail en raison du bruit qui venait d’un peu plus loin.

Une petite troupe de cirque s’était installée sur l’autre pelouse et donnait sa représentation. Il y avait eu des clowns, un magicien, des jongleurs et maintenant des acrobates. Le groupe se composait de cinq hommes et d’une femme. Après une série de pirouettes et de cabrioles, quatre hommes se séparèrent du groupe. Ils formèrent deux paires, éloignées l’une de l’autre de plusieurs mètres, chacun des hommes tenant solidement son compagnon par les poignets. Sur un signe de tête, le cinquième homme se plaça derrière la jeune femme, posa ses mains sur sa taille et la projeta en l’air, vers la première paire. Après une première pirouette, la jeune femme se réceptionna sur le « trampoline » humain formé par les mains jointes de ses camarades. D’une poussée énergique, ils la renvoyèrent en l’air vers la seconde paire, où, après avoir exécuté une autre figure aérienne, elle se réceptionna de la même façon, avant de repartir presque immédiatement dans les airs.

Pendant plusieurs minutes, elle passa d’une paire à l’autre, réalisant des figures de plus en plus complexes. Enfin, après une dernière poussée un peu plus puissante, elle acheva son numéro dans une pirouette aérienne encore plus époustouflante avant de se reposer au sol où elle exécuta encore deux roues et trois sauts de main. Le dernier mouvement l’amena droit devant Julie qui ne l’avait pas quittée du regard un seul instant. La jeune artiste, qui tentait de maîtriser son souffle, traça des yeux la haute silhouette qui lui faisait face jusqu’à un visage éclairé par un sourire émerveillé. Elle répondit au sourire par une petite révérence, puis rejoignit ses camarades qui saluaient la foule.

Il y eut encore un numéro de chiens savants, puis Monsieur Loyal annonça la fin du spectacle, invitant les spectateurs à visiter les attractions organisées par les artistes. Effectivement, tout autour de la pelouse, de petites tentes ou des estrades avaient été dressées et chacun des artistes, après avoir salué lors du grand final, rejoignait son emplacement.

La petite acrobate se dirigea vers une tente multicolore. Après avoir disparu quelques instants, elle ressortit de la tente revêtue d’une tunique brodée lui descendant jusqu’aux pieds. Elle installa près de l’entrée un panneau annonçant que la Chouette de Cristal dévoilerait leur avenir à tous les amateurs. Déjà plusieurs personnes se dirigeaient vers elle et elle pénétra dans la tente suivie de son premier client.

Julie hésita un instant avant de reprendre sa promenade dans le jardin. Elle croisa des voisins accompagnés de leurs deux fils et échangea avec eux ses impressions sur le spectacle. Elle poursuivit doucement son ascension du parc à travers les buissons et les massifs de fleurs. Arrivée en haut du dernier escalier, elle se retourna et admira une fois de plus la vue dégagée qu’elle avait sur la capitale. Elle prit un autre chemin pour descendre, décidant d’aller jeter un coup d’œil au massif de bambous. Plus tard, alors qu’elle longeait la pelouse où s’était tenu le spectacle, avant de sortir du jardin, elle remarqua l’acrobate en train de discuter avec Monsieur Loyal.

« Les gens commencent à rentrer chez eux, on va pouvoir replier. On en aura pour une bonne heure… »

« D’accord, si personne ne veut plus connaître son avenir, je vais commencer à ranger. »

L’homme s’éloigna pour donner ses consignes aux autres membres de la troupe. Alors que l’acrobate-diseuse de bonne aventure allait entrer dans sa tente, elle aperçut Julie. Elle n’avait pas eu besoin d’un intense effort de mémoire pour se souvenir de la magnifique jeune femme aperçue à la fin de son numéro. Elle lui sourit et tendit la main.

« Votre avenir vous intéresse ? »

Julie répondit au sourire. « Pourquoi pas ? »

Elle pénétra dans la tente. Il y avait là un petit guéridon rond recouvert d’une étoffe bariolée. En son centre se trouvait une statuette d’une trentaine de centimètres de haut, en verre ou peut-être en cristal, représentant une chouette. Deux chaises pliantes, de part et d’autre de la petite table, complétaient l’ameublement.

La voyante s’assit, plaça ses mains autour de la statuette sans la toucher et fixa son regard dessus. Puis elle leva les yeux vers Julie.

« Concentrez-vous sur ce que vous souhaitez savoir, puis posez vos mains sur la chouette ! »

Julie ne pensait rien. Elle s’était sentie envoûtée par le sourire de l’acrobate, puis par la clarté de sa voix. Elle s’était complètement perdue dans le regard vert émeraude de la jeune femme quand celle-ci avait levé son visage vers elle. Elle posa ses mains sur la chouette. La voyante les recouvrit de ses propres mains et ferma les yeux. Elle commença à se balancer légèrement d’avant en arrière avant de prononcer sur un ton monocorde. « Vous ne le savez pas encore, mais vous venez de faire une rencontre qui va bouleverser votre vie. Ne réfléchissez pas trop ! Pour une fois, laissez-vous faire par les événements ! Vous ne le regretterez pas. » Elle s’arrêta, retira ses mains et ouvrit les yeux. Son regard flotta un instant dans le vague avant de revenir vers Julie. Elle sourit à nouveau. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire quand elle voyait le beau regard bleu azur fixé sur elle.

« La chouette a-t-elle répondu à vos questions ? »

Julie fronça des sourcils. « Je ne suis pas sûre que je pensais à quelque chose de précis. »

« Vous deviez sûrement penser à quelque chose car je sais que la chouette vous a répondu. »

Julie la regarda d’un air sceptique en levant un sourcil. « Vous devez bien savoir… »

La voyante se défendit. « Non, je ne sais pas. Je suis dans une espèce de transe et je ne sers que de véhicule à la parole de la Chouette. »

Julie ne put s’empêcher de noter l’accent de sincérité de la jeune femme. ‘Est-elle bonne comédienne ou bien… ?’

Une petite corbeille pleine de pièces et de quelques billets apparut sur le guéridon.

« Le spectacle est gratuit, mais si nous vous avons diverti, pourrez-vous montrer un peu de générosité pour une école du cirque qui vient de se créer ? »

Julie, à nouveau défaite par le sourire de la voyante, sortit son portefeuille de sa poche arrière et en tira un billet de cent francs.

« Non, C’est trop ! »

« Mais vous ne pouvez savoir combien j’ai été divertie. Laissez-moi mettre ce que je veux ! »

« Merci. »

Julie sortit de la tente. La pelouse était maintenant vide en dehors des artistes qui démontaient leurs installations. Elle se retourna et aperçut par l’entrebâillement de la toile, l’acrobate qui ôtait sa tunique avant de s’accroupir près du guéridon, du dessous duquel elle tira un sac. Elle enfila rapidement par-dessus son maillot d’acrobate, un jeans et un tee-shirt. Elle tourna brusquement la tête, se sentant observée. Elle ne put s’empêcher de sourire.

« Vous n’êtes pas partie ? »

Julie rougit. « Pardonnez-moi mon indiscrétion… Je ne sais pas ce qui m’a pris… »

« Il n’y a pas de mal. De toute façon, il n’y avait pas grand-chose à voir. » Après quelques secondes de réflexion, elle reprit. « Vous me donnez un coup de main pour démonter ? »

Julie pensa rapidement qu’elle n’avait rien de mieux à faire. « D’accord. Par où commence-t-on ? »

« Par les présentations. Je m’appelle Claire, Clara sur la piste. »

« Enchantée, Claire-Clara. Moi, c’est Julie. »

Les deux jeunes femmes eurent vite fait de démonter la toile après avoir sorti le mobilier. Elles la plièrent soigneusement et rassemblèrent les piquets de la tente. Elles emmenèrent le tout vers une camionnette garée à la sortie du parc. Claire était la dernière et Monsieur Loyal, qui servait également de chauffeur, ne manqua pas de le lui faire remarquer. La jeune femme le rabroua gentiment, puis se dirigea vers Julie, restée à l’écart.

« Tu fais quelque chose maintenant ? »

« Je rentre chez moi ? »

Claire sourit. « Non, tu m’emmènes au restaurant chinois. J’en ai vu un, un peu plus bas. »

Julie leva un sourcil. « Si tu veux dîner « chinois », ce n’est pas celui que je recommanderais. »

« Pas de problème, je te fais confiance. Le tout, c’est que ce soit un restau chinois. »

Elles se dirigèrent bras dessus bras dessous vers Belleville. Julie les entraîna vers un restaurant à l’enseigne du ‘Bonheur du Mandarin’. La décoration en était relativement quelconque en comparaison de nombreux autres restaurants qu’elles avaient dépassés. Par contre, la salle était particulièrement remplie, essentiellement d’asiatiques.

Avec un clin d’œil, Julie déclara. « C’est comme ça que tu sais s’il est bon ! »

Les deux jeunes femmes discutèrent pendant des heures. Elles ne réalisèrent l’heure avancée de la nuit que quand un serveur leur apporta la note en indiquant que l’établissement allait fermer.

Julie s’excusa. « C’est de ma faute. Je n’ai pas surveillé l’heure. »

« Non. J’aurais pu le faire. Il faut que je trouve un taxi maintenant car j’ai raté le dernier RER. »

« Tu habites où ? »

« En banlieue. J’ai une petite chambre dans une cité. C’est ce qu’il y a de moins cher. »

« Mais ce n’est pas prudent de rentrer si tard. »

Claire haussa les épaules. « J’ai l’habitude. »

« Je peux t’héberger cette nuit et tu repartiras demain matin. » Elle insista. « S’il te plaît. Sinon, je serai morte d’inquiétude. »

Elles se regardèrent longuement en une bataille de volonté, puis Claire sourit. « OK, montre-moi le chemin ! »

Elles retournèrent d’où elles étaient venues et Julie entraîna l’acrobate vers un vieil immeuble situé juste à l’entrée du jardin. Elles montèrent silencieusement les six étages. Julie s’arrêta devant la porte de droite et ouvrit à l’aide de son trousseau de clefs. Les deux jeunes femmes entrèrent dans le living dont l’un des coins était occupé par une kitchenette. La pièce suivante, en enfilade, était la chambre de Julie et, encore à la suite, la salle d’eau avec une douche, un lavabo et les toilettes.

Julie proposa. » Veux-tu prendre une douche pendant que je déplie le canapé ? »

« Je te serai éternellement reconnaissante pour la douche, mais tu n’as pas besoin de te déranger pour moi. »

« Ou dormirais-tu alors ? »

« Tu as un grand lit. Je ne tiens pas beaucoup de place… »

Julie leva un sourcil. L’idée ne la dérangeait pas. En fait, si elle était honnête, l’idée lui plaisait même plutôt beaucoup. Depuis qu’elle avait aperçu Claire sur la pelouse, bien avant le début de son numéro d’acrobate, de nombreuses pensées avaient traversé son esprit et plusieurs étaient classées X. Mais une fille avait bien le droit de fantasmer, non ?

Devant le silence de Julie, Claire insista avec un sourire coquin. « Dois-je jurer que ta vertu est sauve avec moi ? »

La jeune femme éclata de rire. « Ce ne sera pas nécessaire. Tu as des serviettes dans le petit placard. Je vais te trouver quelque chose pour dormir… Je serai dans l’autre pièce si tu as besoin… »

Claire commença à retirer son tee-shirt. « Je te remercie, ça ira. »

Julie alla allumer son ordinateur et vérifia les messages qui étaient arrivés en son absence. Elle détruisit deux publicités, chargea la mise à jour d’un petit programme utilitaire qu’elle appréciait et répondit à plusieurs mails de ses amis. Dans le même temps, elle tendait une oreille et entendit la porte de la salle de bain se fermer, l’eau de la douche couler puis s’arrêter, la porte se rouvrir. Puis la lumière principale de sa chambre s’éteignit.

Elle arrêta son ordinateur, ferma la porte d’entrée à double tour et entra dans sa chambre. Elle tira son pyjashort de sous son oreiller et alla se changer dans la salle de bain. Claire avait lavé ses sous-vêtements et les avait mis à sécher sur la corde à linge tendue dans un angle de la pièce.

Julie éteignit la lumière, fit le tour du lit silencieusement jusqu’à son côté et se glissa entre les draps. Elle éteignit enfin la petite lampe de chevet.

Elle était à peine installée que Claire roula au milieu du lit et se colla contre elle. Par réflexe, elle enlaça le corps souple et chaud de sa colocataire d’un soir et réalisa, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, que celle-ci était nue. Julie tenta de se dégager, même si la partie la moins raisonnable d’elle-même ne trouvait rien à redire à la situation. Cependant, Claire ne voyait pas les choses de la même façon et bientôt, elle eut vite fait d’immobiliser Julie dans son lit.

Enfin, elle murmura dans une oreille avant d’en lécher le lobe. « Laisse-toi faire ! Ce n’est pas si désagréable que ça, non ? Et je sais que tu en as envie. »

Julie ne bougeait plus. « Mais comment ? »

« Quoi, que tu en as envie ? »

« Oui ! »

Claire chercha la bouche de Julie et l’embrassa passionnément. Après une légère hésitation, l’autre jeune femme répondit au baiser avec la même fougue.

Elle s’écarta à regret. « Si ce baiser ne répondait pas déjà à ta question. Je te dirai que quand une amazone d’1m80 qui pourrait passer pour une doublure de Xena, passe son après-midi à m’observer et que certains de ses regards sont plus que parlants, je n’ai pas trop de doute. »

« Je n’ai pas passé mon après-midi à t’… »

Un nouveau baiser l’interrompit.

« Si. Je te promets ! Alors, veux-tu que j’arrête ? »

« … »

« Allez, pour une fois, laisse-toi faire ! »

Ces quelques mots, écho de la prophétie de la chouette, suffirent à Julie. D’un coup de rein, elle fit rouler Claire sur son dos et se plaça juste au-dessus d’elle. Les coudes de part et d’autre des épaules de l’acrobate, elle glissa ses doigts dans les courtes mèches blondes de la jeune femme et recouvrit son visage et son cou de baisers.

Claire avait glissé ses mains sous la veste de pyjama et caressait le dos et les flancs de la jeune femme. Elle se fit plus audacieuse et remonta jusqu’aux seins de Julie, les prenant chacun dans une de ses paumes.

Julie se redressa sur ses mains pour laisser plus de place à la caresse, puis elle s’agenouilla pour rapidement ôter le vêtement. Elle s’arrêta ensuite et demanda. « Je veux te voir… je peux rallumer ? »

Dans un souffle, l’acrobate répondit. « Oui, je veux te voir aussi… »

Elle trouva par habitude l’interrupteur de la lampe de chevet et se figea quand la lumière se fit. En s’asseyant, elle avait en partie défait la couverture et Claire était presque entièrement dévoilée sous ses yeux admiratifs. Son regard glissa sur la silhouette musclée de l’acrobate, sur ses courbes on ne peut plus féminines, sa peau délicatement hâlée. D’une main tremblante, elle abaissa encore la couverture, découvrant un triangle doré.

Claire tendit le bras et saisit la main. Elle la porta à ses lèvres et embrassa délicatement chacun des doigts, avant de la faire glisser le long de sa gorge et la poser sur son sein. Julie avait suivit le mouvement de sa main. Elle caressa doucement la chair chaude et ferme et sentit le téton durcir contre sa paume.

Leurs regards se croisèrent. Une émotion les envahit qui allait bien au-delà de ce qui aurait dû se passer lors d’une simple rencontre fortuite.

L’acrobate se redressa sur un coude et attira Julie à elle. Elles se rejoignirent dans un baiser plein de tendresse et de douceur. Puis ‘l’amazone’ partit à la découverte du corps de Claire. Elle fit glisser sa longue chevelure sombre depuis l’épaule droite jusqu’à la hanche gauche de son amante, puis refit le trajet plusieurs fois, d’abord avec ses lèvres, puis avec ses mains.

Claire caressait et embrassait tout ce qui passait à sa portée. Elle fit glisser ses mains le long du dos de Julie, ne s’arrêtant pas à la ceinture élastique du short. Elle massa lentement les deux fesses rondes et fermes qu’elle trouva là, avant de sortir une main pour tirer énergiquement sur le short.

Un peu pantelante, elle souffla. « Eh, Julie ! T’as oublié quelque chose. »

Julie, qui n’avait absolument pas envie de bouger de l’endroit agréable où elle se trouvait, compromit en libérant une main qui tira maladroitement sur son short. Généreusement, Claire l’aida et après quelques tortillements, Julie se libéra, chacune soupirant de satisfaction au contact de l’autre. Julie se concentra à nouveau sur le corps sublime dont elle ne pouvait déjà plus se passer. Elle descendit, déterminée, jusqu’à la source du plaisir de Claire où elle se désaltéra, insatiable.

Claire, à peine consciente de ce qui n’était pas la bouche, et la langue, et les doigts de Julie, décida soudain que ça ne pouvait se passer ainsi. Avec une énergie qui ne pouvait venir que de son entraînement d’acrobate, elle se dégagea et attira Julie à elle. Elles s’embrassèrent avec une frénésie quasi désespérée, puis elle fit s’allonger son amante sur le dos. Elle se tint agenouillée à côté d’elle un instant avant de s’offrir à elle en chevauchant son visage. Elle se pencha ensuite en avant avec révérence.

A son approche, Julie s’ouvrit à elle et elles échangèrent enfin, avec une symétrie parfaite, les mêmes attouchements, les mêmes baisers, les mêmes caresses qui les envoyèrent, en même temps, au nirvana.

*=*=*=*=*=*

La matinée était déjà bien avancée, mais les deux jeunes femmes n’avaient que peu dormi. Julie était réveillée depuis peu et tenait dans ses bras l’acrobate. Elle laissait glisser, rêveusement, ses doigts dans les mèches ébouriffées de Claire. Elle se demandait ce qu’il se passerait dans quelques heures, quand la magie de la nuit se serait totalement dissipée. Elle se remémorait tout ce qui s’était passé depuis la veille quand elle avait quitté son appartement pour aller faire un tour dans le jardin. Tout était tellement éloigné de ce qu’elle était habituellement. Elle était toujours sous le choc de la rencontre, bien trop exceptionnelle pour que ça ne reste qu’une affaire d’une nuit.

Elle sentit une larme perler au coin de son œil et resserra son étreinte autour de la petite acrobate blonde. Celle-ci remua un peu et chercha une meilleure position pour dormir, se blottissant un peu plus contre Julie. Elle dut sentir que quelque chose n’allait pas car elle se redressa doucement. Elle remonta lentement le long du corps de Julie pour se retrouver face à face avec elle.

D’un doigt hésitant, elle attrapa la larme. « Tu pleures ! Pourquoi ? »

Elle embrassa Julie avec toute la tendresse qu’elle ressentait pour la jeune femme, puis s’écarta légèrement tout en caressant du bout des doigts le visage de son amie.

« La chouette a dit que tu ne le regretterais pas. »

« Je ne regrette rien. »

« Et que ta vie en serait bouleversée… »

« Va-t-elle l’être ? »

Les deux jeunes femmes se regardèrent longuement, cherchant les réponses à toutes les questions non posées.

Claire se pencha à nouveau pour déposer un baiser délicat sur chacune des paupières, légèrement rougies par le manque de sommeil et les larmes.

Elle se redressa en souriant. « Moi dans ta vie ! Je peux te garantir que ce sera un bouleversement. »

Julie sourit à son tour, soulagée. « Je croyais que tu ne retenais pas les prophéties que tu prononçais. »

L’acrobate éclata de rire. « La Chouette a de nombreux mystères. Il n’est pas bon de tous les connaître. Cela t’ennuie ? »

« Absolument pas, tant qu’elle a raison. »

« Elle ne se trompe pas, je te le promets. »

Et un baiser scella cette promesse.

FIN
Paris – 23 mai 2001

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