Au bord du Styx

Indicible Bonheur

Avertissements :

Ceci est ma deuxième FF dans l’univers de « Le Diable s’habille en Prada » (le film), film produit par Fox 2000 Pictures, réalisé par David Frankel d’après un livre éponyme de Lauren Weisberger. Tous les noms, personnages et situations repris du film leur appartiennent. Aucun avantage financier n’en est tiré.

Genre : deathfic Allez voir la définition de ce mot (si vous ne le connaissez pas déjà) avant de lire ce court récit.

Violence : non

Subtext : non, maintext…

Situation chronologique : Ce texte n’est pas la fin de l’autre histoire en cours. C’est juste une possibilité dans un univers alternatif.

Spoilers : non

Orthographe : S’il y a des fautes, j’en suis responsable : Fanfan, mon estimée super-relectrice a retiré tout ce qu’elle a trouvé, mais je suis capable d’en avoir rajouté après son passage.

Commentaires à la fin de ce récit si vous le souhaitez…

Indicible bonheur

Il est probable que demain à la même heure, en ne nous voyant pas rentrer comme prévu et sans pouvoir nous joindre au téléphone, quelqu’un aura trouvé nos corps.

C’est une décision que nous avions prise très vite. Non. C’est une décision que Miranda avait prise très vite. Mais face à l’idée de vivre ne serait-ce qu’une journée sans elle après vingt-six ans d’indicible bonheur, il n’y avait aucune hésitation dans ma voix lorsque je lui ai dit que je partirais avec elle. Elle s’apprêtait à devoir défendre sa décision ; elle ne contesta pas la mienne.

Il y a deux ans, lorsque les médecins diagnostiquèrent ce nouveau fléau de nos sociétés modernes qu’est la maladie d’Alzheimer chez Miranda, nous sortions de six années difficiles où nous avions assisté, impuissantes, à la lente délitation de la personne qu’était mon père.

Miranda, même si elle n’est plus la rédactrice en chef de Runway, n’a pas changé pour autant. Tout doit toujours être parfait, elle la première. Cette inexorable déchéance, ce n’était pas pour elle. La maladie fut détectée rapidement et elle put bénéficier des derniers traitements. Mais ceux-ci ne font que ralentir la progression de la maladie. Et c’est ainsi qu’elle décida de partir selon ses propres termes.

Nous avons profité des deux dernières années au maximum. De ce que j’ai pu lire et discuter avec le neurologue qui a suivi Miranda, le traitement lui a particulièrement bien réussi. Mais ces dernières semaines, sa mémoire a commencé à lui jouer des tours et son humeur s’en est ressentie. Elle s’en est cependant vite rendue compte et un matin, elle m’a dit qu’il était temps, pendant qu’elle pouvait encore faire ce choix en parfaite connaissance de cause. Elle a modifié son testament, puisque je ne voulais pas lui survivre. J’ai aménagé le mien, même si mes possessions sont bien moindres. Nous avons préparé des lettres aux jumelles, organisé un dernier dîner avec elles et leur famille. Tout a été parfait. Miranda était dans un bon jour.

Puis nous sommes parties dans notre maison des Hamptons. Dernières promenades sur la plage, main dans la main. Dernières siestes dans les bras l’une de l’autre. Nous avions hésité sur la méthode, mais il était hors de question que celle-ci porte atteinte à l’intégrité du corps. Miranda a encore assez de puissance pour obtenir des bonnes sources la bonne molécule qui nous permettra de partir sans douleur.

Elle est déjà endormie et je sens mes paupières s’alourdir.

Je la prends dans mes bras une dernière fois.

Vingt-six ans d’indicible bonheur.

Fin

Paris – 4 juillet 2008

Et la version écrite en anglais :

It’s not my happiest story but it’s one of the shortest. Beta-ed in french, not in english. If someone wants to re-read it, be my guest !

Indescribable happiness

It is likely that tomorrow at the same time, as we won’t return as planned and without being able to join us on the phone, someone will have found our corpses.

It is a decision that we had taken very quickly. No. It is a decision that Miranda had taken very quickly. But faced with the idea to live even one day without her after twenty-six years of indescribable happiness, there was no hesitation in my voice when I told her that I would go with her. She was ready to defend her decision. She didn’t contest mine.

Two years ago, when doctors diagnosed Miranda with this new scourge of our modern societies that is Alzheimer’s, we were coming out of six difficult years where we had attended, impotent, to the slow falling-apart of the person who was my father.

Miranda, even if no longer the editor in chief of Runway, has not changed at all. Everything must always be perfect, Miranda first and foremost. This inexorable decline, it wasn’t for her. The disease was detected quickly and she was able to benefit from the latest treatments. But they only slow its evolution. And so she decided to leave on her own terms.

We took advantage of the last two years at most. From what I have read and discuss with the neurologist who has followed Miranda, the treatment has been particularly successful. But these last few weeks, her memory began to play tricks and her mood has been feeling the effects. She, however, quickly realized the situation and one morning, she told me that it was time, while she could still do so in full knowledge of the facts. She changed her will, because I didn’t want to survive her. I wrote mine, even if my possessions are much less. We have prepared letters to the twins, held a final dinner with them and their families. Everything was perfect. Miranda was in a good day.

Then we left for our house in the Hamptons.

Last walks on the beach, hand in hand.

Last naps in the arms of each other.

We hesitated on the method, but there was no question that it couldn’t affect her body’s integrity. Miranda still has enough power to get the right molecule from the right sources that will let us leave without any pain.

She is already asleep and I feel my eyelids grow heavy.

I take her in my arms one last time.

Twenty-six years of indescribable happiness

Retour aux Archives

© Styx63 – 2008

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :