Au bord du Styx

Et Khaless riait…

Avertissements :

Ceci est ma première FF dans l’univers de la série TV « Star Trek Voyager ». Tous les noms, personnages et situations repris de la série appartiennent à Paramount. Aucun avantage financier n’en est tiré.

Genre : romantique (face obscure du fandom soit Torres / Seven)

Violence : je ne sais pas… pas trop

Subtext : non, maintext… quand on en sera là !

Situation chronologique : 5ème saison de la série

Spoilers : quelques vagues références à la série, mais rien, pour l’instant, qui constitue un spoiler en tant que tel.

Orthographe : S’il y a des fautes, j’en suis responsable : Fanfan, mon estimée super-relectrice a retiré tout ce qu’elle a trouvé, mais je suis capable d’en avoir rajouté après son passage.

Commentaires à  la fin de ce récit si vous le souhaitez…

Et Khaless riait

« Lieutenant Torres, présentez-vous immédiatement à l’infirmerie ! »

Une bordée de jurons, la plupart en klingon et s’achevant par un « Khaless, donne-moi la force ! » se fit entendre tandis que le lieutenant Torres se dégageait péniblement du conduit où elle travaillait. Elle jeta un coup d’œil à la salle des machines qui n’était pas dans son état de netteté habituel, mais qui au moins n’avait plus l’air du total chaos qui était le sien moins de deux heures auparavant.

L’USS Voyager de la Fédération des Planètes Unies était perdu dans le Quadrant Delta depuis plus de cinq ans. Alors qu’il poursuivait un vaisseau maquisard dans une zone proche de la station Deep Space 9, il avait été attiré ainsi que l’autre vaisseau à l’autre bout de la galaxie par un système extraterrestre.

Quelques péripéties à l’arrivée avaient interdit de faire le voyage en sens inverse.

Cependant, si Voyager, après un certain nombre de réparations, pouvait continuer à naviguer, il avait perdu près de la moitié de son équipage. A l’inverse, le vaisseau maquisard n’avait pas supporté le transfert.

Le Capitaine Kathryn Janeway décida alors de retourner vers le Quadrant Alpha et la Terre par la route la plus directe, celle-ci, longue de près de 70.000 années-lumière, devant leur prendre près de 70 ans.

Seul, sans soutien technique ni allié, Voyager traça sa route avec son équipage recomposé d’officiers de Starfleet et de maquisards ainsi que de natifs du Quadrant Delta glanés en cours de route.

Et même si le hasard ou la chance lui avait permis de gagner parfois quelques années de voyage, le vaisseau était toujours aussi seul et susceptible de se faire attaquer par n’importe qui se considérant maître du coin d’espace traversé.

C’est à nouveau ce qui venait d’arriver, quelques heures plus tôt. Cette fois cependant, leurs agresseurs semblaient être une race de nomades pirates. Si leurs armements semblaient conventionnels et à la portée de l’équipement de Voyager, celui-ci avait été malgré tout débordé et n’avait dû son salut qu’à sa vitesse de distorsion supérieure à celle de ses assaillants. Le vaisseau était maintenant dissimulé dans la frange extérieure d’une nébuleuse dont l’environnement avait été jugé, somme toute, moins nocif que la bande de pirates à ses trousses.

Le Lieutenant B’Elanna Torres, de père terrien et de mère klingonne, ancien cadet de Starfleet, avait rejoint le Maquis avant d’avoir achevé le cursus à l’Académie. Là, son génie de l’ingénierie s’était épanoui à bricoler des moteurs antédiluviens sur des vaisseaux encore plus vieux. Le Capitaine Janeway, lors de la fusion des équipages, lui avait fait confiance et lui avait confié la salle des machines de Voyager.

Et après l’attaque subie et tout ce qui restait à faire, ce n’était vraiment pas le moment de se laisser déranger par l’infirmerie.

« Lieutenant Torres, répondez ! »

La voix du docteur se fit à nouveau entendre sur l’inter-comm.

« Je suis là, Doc. Quel est le problème ? Je vous envoie une équipe dès que je peux. »

« Je n’ai pas de problème, Lieutenant. J’ai juste besoin de votre présence à l’infirmerie. »

« Si quelqu’un vous a dit que j’étais couverte de sang, il exagérait. Les blessures sont superficielles et je passerai un coup de régénérateur dermal dès que je ferai une pause. »

« Je suis heureux de vous l’entendre dire, mais étant le médecin du bord, vous me laisserez juge… »

Le Capitaine interrompit la voix du Docteur.

« Assez discuté ! B’Elanna, venez ! »

« Mais Capitaine, je ne peux même pas vous donner pleine impulsion et je ne parle pas de distorsion, les boucliers sont à 10 % de leur niveau normal et… »

« Lieutenant, vous avez deux minutes pour vous présenter à l’infirmerie. Dois-je envoyer la sécurité vous chercher ? »

« Non Capitaine, ce ne sera pas la peine. J’arrive. Torres terminé. »

Ce n’est qu’en sortant de la salle des machines que B’Elanna réalisa qu’elle n’avait pas attendu que le Capitaine achève la communication. Elle haussa les épaules en se précipitant vers le turbolift qui, pour une fois, faisait partie des rares systèmes à ne pas avoir souffert de la dernière attaque.

1 minute et 59 secondes plus tard, elle pénétrait dans l’infirmerie et se dirigea vers l’un des biolits qui était entouré du Docteur, du Capitaine et du commandant Tuvok.

En s’approchant, elle réalisa qu’il était occupé par Seven, jeune humaine enlevée par les Borgs alors qu’elle n’avait que six ans et qui était restée en leur pouvoir durant 18 ans. De ces longues années passées au sein de cette société à la pensée uniforme, il lui restait de nombreux implants régulant ses fonctions vitales, un bras et un œil artificiels.

La jeune femme avait été blessée pendant la dernière escarmouche lors d’une explosion en salle des machines alors qu’elle aidait à maintenir l’intégrité du noyau.

« Que se passe-t-il ? Est-ce que Seven est… »

Malgré l’animosité qui caractérisait normalement les relations entre les deux jeunes femmes, B’Elanna ne put achever sa question. Elle ne pouvait nier la brillance de sa némésis et savait la perte irremplaçable que serait sa disparition pour Voyager. Et puis, elle avait été blessée en salle des machines. Si le chef-ingénieur disait à qui voulait l’entendre que la borg n’avait rien à faire auprès de ses chers moteurs, elle ne pouvait nier que Seven appartenait, au fond, à la famille des ingénieurs.

Le capitaine Janeway s’avança et posa une main qui se voulait rassurante sur le bras de B’Elanna, malgré les plis d’inquiétude visibles sur son visage.

« Non, le Docteur a pu soigner toutes les blessures de Seven, mais nous avons une inquiétude. Quand elle a été réanimée, elle s’est mise à parler en klingon et a voulu retourner aider en salle des machines. Comme elle devenait agressive, on a dû lui administrer un calmant. »

Le Docteur poursuivit. « Son électroencéphalogramme est normal et nous n’avons pas affaire au fils de K’Vor. »

B’Elanna remarqua. « Elle a été blessée à la tête lors de l’explosion, ça ne pourrait pas être ça ? »

Le Docteur répondit d’un ton hautain, celui qu’il adoptait dès que ses compétences médicales semblaient être mises en cause. « Il y avait effectivement un hématome interne, mais j’ai fait le nécessaire. »

« Alors, si ce n’est pas physique, c’est psychologique et je ne vois toujours pas pourquoi je suis là. »

Le Docteur, qui piaffait presque d’être ignoré, profita d’un court silence pour reprendre la conversation.

« Il y a eu des cas d’amnésie où le malade se mettait à s’exprimer dans une langue étrangère à son réveil, parfois même une langue qu’il n’était pas supposé connaître. »

« Oui, mais dans le cas de Seven, elle connaît le klingon. En fait, elle le parle bien mieux que moi, comme une née native. Cela fait partie de ses banques de mémoires. »

Le Capitaine reprit la parole. « Mais alors, comment peut-elle se servir de sa mémoire eidétique d’une part tout en souffrant d’une forme d’amnésie ? »

« Capitaine, c’est peut-être là qu’intervient la cause psychologique. Et son esprit a profité du choc lié à l’explosion pour se fermer partiellement. Mais je ne suis pas médecin. »

« Et il serait temps que l’on s’en souvienne ! » répliqua le Docteur qui continuait d’examiner Seven avec son tricordeur médical.

« Oh Doc ! Pour une fois, on ne vous entend pas trop. Dépassé ? » B’Elanna commençait à s’énerver, pensant à tout ce qu’elle pourrait faire d’utile plutôt que de perdre son temps à discuter vainement.

« Tout ce qui concerne Seven est particulier. Il ne faut pas prendre de risque. »

Le Capitaine, ne voulant pas voir la discussion dégénérer entre le Docteur à l’orgueil démesuré et la demi-klingonne au sang chaud, s’interposa.

« Très bien, je crois que l’on a compris. Mais que proposez-vous ? »

« La laisser inconsciente et faire d’autres examens… »

« La ranimer et l’interroger… »

Les deux réponses fusèrent, puis leurs auteurs se défièrent du regard.

« Capitaine, puis-je vous rappeler que Seven s’est montrée violente quand elle est revenue à elle la première fois ? »

« Votre remarque est notée, Docteur, mais je pense que Monsieur Tuvok pourra la maîtriser si cela devenait nécessaire. Qu’en pensez-vous, Tuvok ? »

« Je partage l’avis du lieutenant Torres, Capitaine. Sans savoir l’étendue des dommages, il n’est pas possible d’envisager un traitement puisque le Docteur affirme avoir tout fait pour le physique. »

« Très bien ! Docteur, réveillez-la ! »

Très peu de temps après que le Docteur ait injecté un stimulant dans le cou de Seven, celle-ci ouvrit les yeux et se redressa.

« Ah Capitaine ! Pourquoi m’empêche-t-on de retourner en salle des machines ? Je suis certaine que ma place est là-bas. J’entends bien que les moteurs ne fonctionnent pas encore au maximum de leur efficacité. »

Les quatre autres officiers se regardèrent. Malgré l’habitude d’utiliser le traducteur universel, qui faisait que l’on n’entendait plus la langue d’origine d’un interlocuteur, il était possible, en écoutant vraiment, de la distinguer. Et en l’occurrence, Seven parlait effectivement en klingon.

Le Capitaine Janeway se porta volontaire pour tenter d’expliquer la situation à sa jeune protégée.

« Seven, de quoi te souviens-tu en dernier ? »

« J’aidais à rétablir l’équilibre du moteur à distorsion. Quelque chose a explosé, j’imagine et je me suis réveillée à l’infirmerie où le Docteur a refusé que je reprenne mon poste. Il a dû utiliser un sédatif. Et pourquoi m’appelez-vous Seven ? Mon nom est Soch. »

Janeway jeta un coup d’œil à B’Elanna.

Celle-ci confirma. « Oui, Soch signifie sept. Mais à partir du moment où le traducteur enregistre le mot comme un nom ou un prénom, il ne le traduit pas. »

Tuvok poursuivit. « Avez-vous remarqué que si pour un klingon, Seven utilise un langage châtié à l’extrême, son discours est cependant plus relâché que d’habitude ? »

B’Elanna reprit la conversation là où elle avait été abandonnée un peu plus tôt. « Capitaine, pour reprendre votre idée… Je ne suis pas sûre qu’elle soit bonne. Seven doit en savoir beaucoup plus que moi sur la civilisation et la culture klingonne, sans compter qu’elle le parle couramment et sans accent, ce qui n’est pas mon cas ! En quoi puis-je l’aider ? Et nos relations ont toujours été si mauvaises. Elle va devoir s’en rappeler… »

Le capitaine Janeway attira son ingénieur en chef à l’écart du groupe. Elle sentait l’agitation monter chez la jeune femme et personne n’avait besoin de cela.

« B’Elanna, je ne sais pas par où commencer…J’ai toujours eu le sentiment que vous étiez faites pour vous entendre, mais dès le début, tout est parti de travers. »

Le capitaine leva la main, intimant le silence alors que la jeune femme allait répliquer.

« Laissez-moi continuer ! Je partage votre analyse, quoi qu’en pense le docteur, d’une origine psychologique à la forme d’amnésie qui affecte Seven. Et pour ma part, je trouve très curieux, mais très révélateur, que sa nouvelle personnalité se veuille klingonne.

« On aurait pu penser que son inconscient aurait choisi une personnalité vulcaine, proche de ce qu’elle est ou au contraire, une personnalité terrienne qui n’aurait jamais connu les borgs… » poursuivit B’Elanna.

Le capitaine reprit. « Nous avons trop besoin d’elle en ce moment. Vous êtes d’accord ? Et physiquement, elle semble bien. En fait, outre son passé borg, elle a oublié tout ce qui allait avec… la régénération dans son alcôve, la nourriture… »

B’Elanna fronça les sourcils, doutant qu’elle allait aimer ce qui allait suivre. « Mais si elle ne se régénère pas, comment va-t-elle survivre ? »

« Comme nous, en mangeant et en dormant. Le Docteur a tenté de l’y adapter, mais elle a toujours refusé. »

« Où a-t-il pratiqué ses essais ? »

« A l’infirmerie, je pense. Pourquoi ? »

« Parce que vous arrivez à dormir ici si vous n’êtes pas inconsciente ? »

La réponse de B’Elanna fut arrêtée par un appel sur l’intercom de B’Elanna. La voix de Carey s’éleva, franchement stressée.

« Lieutenant ? Désolé de vous déranger ! »

« Pas de problème, Carey ! Que se passe-t-il ? »

« Nous avons retrouvé la pleine impulsion. Par contre, le moteur à distorsion nous pause toujours des problèmes. Il présente toujours ces variations dont on ne peut trouver la cause. »

« Et les boucliers ? »

« Même problème. Cette espèce d’onde électromagnétique était plus complexe qu’elle n’en avait l’air… »

« Ne touchez plus à rien ! J’arrive. Torres terminé. »

B’Elanna se tourna ensuite vers le capitaine. « Je dois vraiment y aller. Et on ne sait pas ce que cette nébuleuse peut nous faire à long terme. »

« Bien sûr lieutenant et… »

« Oui capitaine. Seven vient avec moi. »

==^==

Les deux jeunes femmes arrivèrent peu après en salle des machines. Celle-ci avait perdu son aspect chaotique, mais il restait visiblement beaucoup à faire. La console qui avait explosé alors que Seven se trouvait à côté, béait toujours, éventrée.

Carey se rapprocha en voyant les regards jetés au matériel.

« Lieutenant, j’ai donné l’ordre qu’on n’y touche pas avant votre retour. Alors qu’on allait la remplacer, j’ai eu une lecture suspecte sur mon tricordeur. J’ai préféré que vous voyez par vous-mêmes. »

« Très bien. Où en sont les réparations ? »

« Les boucliers et le moteur à distorsion sont HS. Toujours cette instabilité dont je ne peux trouver l’origine. Donc on s’est concentré sur l’identification et le remplacement de tous les éléments grillés. » Il tendit un padd à B’Elanna qui commença à le consulter.

Carey continua. « Repérer tous les circuits défaillants reste cependant hasardeux. Certains senseurs sont toujours hors lignes. »

« Ok. Progressez secteur par secteur. Contrôlez, remplacez, vérifiez et passez au secteur suivant ! Et que fait Vorik ? »

« Il vérifie l’intégrité de la coque. Plusieurs microfissures ont été repérées aux niveaux 7, 8 et 13. »

« Très bien. Vous avez vos ordres. On fait le point dans deux heures sauf s’il y a du nouveau avant. »

Alors que Carey s’éloignait, B’Elanna chercha Seven du regard et la trouva en train d’analyser les restes de la console.

Elle commença. « Sev… » Puis se reprit. « Soch, tu trouves quelque chose ? » Entre Klingon de rang équivalent, le tutoiement était de rigueur. Toute autre forme de politesse ou d’absence de politesse aurait été considérée comme hypocrisie ou insulte : inacceptable dans les deux cas.

« Il y a des traces résiduelles de rayonnement. Or l’attaque que l’on a subie était de nature électromagnétique. »

A son tour B’Elanna alluma son tricordeur. « Oui, je l’ai. Cela ressemble aux restes d’un rayon tach… »

« …yon. Oui, un rayon tachyon ou un dérivé pourrait laisser de telles traces. Mais comment ? »

« Sev… Soch, te souviens-tu de ce que tu faisais juste avant l’explosion ? »

« Je tentais de maintenir l’intégrité du noyau. Et juste au moment où je pensais y être arrivée, il y a eu une nouvelle décharge et… et…. Il me semble avoir distingué une brève fluctuation sur l’écran de contrôle… »

Seven semblait faire un effort particulier pour se souvenir.

« Cette fluctuation s’est produite 0,04 millisecondes après l’impact de la dernière onde électromagnétique. »

« Veux-tu dire que l’onde EM et le rayon étaient synchronisés ? »

« Je n’en ai pas la preuve, mais ce pourrait être une conclusion logique : l’onde EM pour altérer les boucliers et une majorité des circuits et, alors que les systèmes sont faibles, le rayon qui vient achever le travail… »

B’Elanna regarda la jeune femme. Si son langage était toujours aussi châtié, il s’y glissait maintenant des locutions plus familières. Un premier signe de l’amnésie ? En tous les cas, rien de la violence verbale que l’on pouvait trouver dans un discours klingon traditionnel. Par contre, son esprit était toujours aussi brillant. Sa capacité à tirer une conclusion logique de quelques faits sans lien apparents l’avait toujours sidérée.

Après quelques essais sur les restes de la console, elles avaient trouvé un moyen de nettoyer les circuits qui n’avaient pas simplement été grillés par les décharges. Une fois les diverses équipes averties, les réparations progressèrent à un rythme soutenu et au bout de seize heures, tous les circuits de première nécessité ainsi que la propulsion à distorsion étaient restaurés.

Seven voulut s’attaquer aux senseurs du laboratoire d’astrométrique, mais B’Elanna s’y opposa.

Voyager avait retrouvé ses boucliers, sa mobilité et sa vision proche et moyenne. Le vaisseau pouvait se passer sans risque pendant quelques heures des analyses fines des senseurs à longue portée.

Cependant, la conversation pour convaincre Seven de s’arrêter rappela au jeune chef ingénieur la gravité de la situation quand la jeune femme se rendit enfin à ses arguments sans rappeler qu’elle pouvait se régénérer quelques heures avant de revenir.

Une seconde vague de tristesse l’étreignit quand Seven avec un peu d’étonnement dans la voix, indiqua qu’elle ne se souvenait pas où étaient ses quartiers. Elle marmonna une vague explication de quartiers endommagés pendant l’attaque et l’entraîna chez elle. Comment expliquer à la jeune femme qu’au bout de deux ans, elle n’avait pas de quartiers à elle et que son espace réservé se trouvait dans la soute N°2, là où les borgs avaient d’abord installé les alcôves de régénération ?

Arrivée dans ses quartiers, elle jeta un coup d’oeil à son canapé, mais réalise vite que le petit « deux places » serait un peu court pour permettre à son invitée de s’y reposer vraiment.

Soudain, une vague d’inquiétude l’assaillit quand elle comprit qu’elle abordait une véritable terra incognita. Seven, en tant que Seven, n’avait jamais dormi. Est-ce que Soch retrouverait les automatismes de l’enfant Annika ? Elle décida de jouer la normalité.

« Je crois que je vais te laisser ma chambre car le canapé est vraiment trop petit pour que tu y dormes confortablement. À moins que j’appelle la maintenance pour voir s’ils ont un lit de camp qui traîne… »

Seven s’était assise lourdement dans le dit canapé. « Ce n’est pas la peine d’appeler quelqu’un et je n’ai soudain plus la moindre force. Est-ce ce que tu appelles fatigue ? »

B’Elanna sourit. « Oui. C’est exactement ça. Il faut juste espérer que nous ne serons pas trop fatiguées au point de ne pouvoir dormir. Avec quoi dors-tu ? »

Seven la regarda avec de grands yeux ronds. « Avec quoi ? »

« Mais oui. Dans quelle tenue ? Pyjama, chemise de nuit ? » B’Elanna se retint d’ajouter à sa liste rien du tout.

Il était toujours curieux d’observer Seven tenter de se rappeler quelque chose. Elle entrait visiblement en elle-même et consultait sa mémoire eidétique, qui semblait plutôt lui faire défaut.

« Je ne me souviens pas… Que peux-tu me conseiller ? Que portes-tu toi-même ? »

B’Elanna admira la réponse et surtout le calme avec lequel Seven semblait accepter les trous conséquents dans sa mémoire. Elle était sûre qu’à sa place, elle aurait agi avec rage. Mais qui pouvait dire comment Seven réagirait. Enfin… quand elle aurait le temps de réfléchir à sa situation.

Voyant un sourcil de Seven se lever, elle réalisa que ses réflexions avaient duré un peu. Elle fit un petit sourire et se dirigea vers le réplicateur en faisant signe à Seven de la suivre.

Elle navigua rapidement à travers les menus de l’habillement, puis montra à Seven la fiche qu’elle avait sélectionnée.

« Voici ce que je porte. Un short et un tee-shirt en mailles de coton. C’est léger. Ça ne gêne pas les mouvements. Ça ne tient pas trop chaud non plus. »

Seven hocha la tête. « J’ai remarqué que tu maintiens dons tes quartiers une température supérieure à celle du reste du vaisseau, ainsi qu’un degré d’humidité également un peu plus élevé. »

« Oui, mon métabolisme klingon le préfère ainsi, même s’il ne fait pas aussi chaud que sur Qo’nos. » (NDA : Qo’nos – prononcé Kronos – nom de la planète d’origine des Klingons).

« Je trouve moi-même cet environnement plus agréable et je pense que ton choix de vêtements de nuit est parfaitement adapté à son usage. » (NDA : il est ici rappelé que l’atmosphère d’un cube borg est plus humide et sa température plus élevée que la « normale » d’où l’appréciation inconsciente de Seven pour le nouvel environnement).

Seven s’approcha du clavier, rentra sa taille, hésita un instant sur le choix de la couleur, puis saisit son code d’identification afin que son compte soit débité du nombre de rations correspondant.

Deux secondes plus tard, un vêtement plié d’un magnifique bleu-roi apparut dans l’ouverture du réplicateur.

B’Elanna s’écarta et montra la porte de la chambre. « La salle d’eau se trouve au bout. Vas-y en premier pendant que je change les draps du lit ! »

Les deux jeunes femmes marchèrent vers la chambre et Seven poursuivit jusqu’à la salle d’eau. B’Elanna commença à tirer les draps du lit quand elle entendit le bruit caractéristique des vibrations de la douche sonique. Elle tira d’une armoire une nouvelle paire de draps ainsi qu’une deuxième couverture. Elle venait juste de finir le lit et remettait une nouvelle taie à l’un des oreillers quand Seven retourna dans la chambre. Elle resta en arrêt devant la vision de Seven en short et tee-shirt alors que depuis son arrivée sur Voyager, elle n’avait porté que son armure Borg, puis ses biocombinaisons.

La tenue laissait apparaître des implants sur le haut du bras droit, les cuisses et les jambes. Mais à l’instar de ceux qui étaient visibles sur son visage, ils ne déparaient en rien sa beauté naturelle. Au contraire, ils semblaient rehausser sa grâce.

Un sourcil levé indiqua à B’Elanna qu’elle était à nouveau pas loin de se ridiculiser et se rattrapa par la première chose qui lui vint à l’esprit.

« Ça fait du bien, une douche, après les heures qu’on vient de faire ? »

« C’est vrai. Le sentiment de propreté apporte un certain réconfort. Je voudrais te demander… »

Là, Seven s’arrêta, hésitante, puis elle reprit. « Sais-tu si j’ai été victime d’un accident ? J’ai relevé de nombreux implants dans tout mon corps qui viennent renforcer ou parfois remplacer les membres existants. Mais la technologie utilisée ne m’est pas familière. »

B’Elanna se sentit pâlir. Rien n’avait été décidé sur ce qui serait dit à Seven si elle se mettait à poser des questions. Visiblement tout ce qui touchait de près ou de loin aux Borgs avait été effacé de sa mémoire. Elle décida de s’en tenir à la vérité, mais avec un léger aménagement.

« Je ne sais pas exactement. Tu les avais quand tu es arrivée à bord, mais tu ne parlais jamais de ta vie d’avant. »

« Pourquoi ? » La question fusa.

« Pourquoi tu n’en parlais pas ? Peut-être que les souvenirs en étaient trop pénibles. Et je dois avouer que tu n’avais pas beaucoup de contacts avec l’équipage. Tu passais beaucoup de temps à travailler. »

Seven sembla un peu perdue devant cette révélation. « Avec qui avais-je le plus de contacts ? »

« Mmmm…. Le Capitaine, le Docteur, Tuvok et Nahomi bien sûr ! »

« Pas avec toi ? »

« Mmmm…. Notre relation a été assez antagoniste dès le départ. »

« Les deux seules klingonnes à bord… »

« Euh Se… Soch, tu as vu que tu n’avais pas vraiment le type klingon… ? »

Seven ne sembla pas perturbée par la question.

« Oui, j’ai remarqué. Mais même si je ne peux m’en souvenir avec précision, il me semble avoir été adoptée toute petite par une famille klingonne… Et ça n’explique pas les implants qui ne sont pas d’une technologie de l’Empire. »

Elle s’arrêta un instant, pensive. Elle alla s’asseoir sur le lit et fit signe à B’Elanna d’en faire autant.

Le chef ingénieur hésita un instant. La conversation se dirigeait à toute allure vers des terrains qu’elle ne souhaitait pas aborder. Mais en même temps, l’innocence avec laquelle Seven posait ces questions exigeait qu’elle réponde honnêtement. En fait, l’honneur exigeait qu’elle se comporte enfin honnêtement à l’égard de Seven. Si elle y réfléchissait bien, la situation intellectuelle et émotionnelle de Seven après cette perte de mémoire était grandement similaire à son retour à la civilisation humaine après ses années de vie forcée au sein du collectif borg. Alors pourquoi pouvait-elle être patiente à l’égard d’une Seven amnésique quand elle n’avait pu l’être à l’égard d’une Seven dont le dernier souvenir « humain » datait de quand elle avait six ans ? Elle s’assit sur le lit à côté d’elle.

« Pourquoi notre relation était-elle antagoniste ? »

B’Elanna retint un grognement. On pouvait compter sur Seven, quelque fût sa personnalité, pour être brutalement honnête. Mais la question obligea la jeune femme à réfléchir.

« C’est difficile à expliquer… Je sais qu’au départ, j’ai eu du mal à t’accepter pour ce que tu représentais… »

« Quelqu’un se faisant passer pour klingon ? »

« Non, Soch. Tu étais très différente. »

« Comment ? »

B’Elanna sourit. « Finalement, tu n’es peut-être pas si différente. Tu étais d’une honnêteté brutale. C’était difficile. Tu m’obligeais à confronter mes propres contradictions. Je n’y étais pas préparée et je t’en voulais. »

Seven hocha doucement la tête, absorbant tout ce que B’Elanna lui disait, mais aussi ce qu’elle ne disait pas. Elle sembla réfléchir, hésita un instant, puis se décida.

« Avions-nous entamé un processus matrimonial ? »

B’Elanna ouvrit la bouche pour répondre, puis fut prise d’une violente quinte de toux. Seven se leva et se dirigea vers le living, puis en revient avec un verre d’eau. B’Elanna, à bout de souffle, s’en saisit avec gratitude. Quelques gorgées l’aidèrent à retrouver ses esprits.

« Quelle drôle d’idée ! Je t’ai dit que je ne pouvais pas te sentir… »

« Et moi ? Quel était mon attitude ? »

« Toi ? Tu restais imperturbable. J’ai l’impression que parfois même, tu me cherchais. »

« J’étais attirée par toi. »

B’Elanna, qui avait repris une gorgée d’eau, avala à nouveau de travers. Cette fois, Seven se mit à lui tapoter le dos.

« Tu… Tu étais attirée par moi ? »

Seven répondit sérieusement. « Je ne m’en souviens pas, mais c’est une solution logique qui explique également le confort et le plaisir que j’éprouve lorsque je suis en ta compagnie. »

B’Elanna ne savait plus que penser. « Mais… Mais… ce n’est pas possible. J’étais une véritable garce. Je ne te passais rien. Je t’avoue que je pouvais même être injuste, de mauvaise foi… »

« Et ça ne m’a pas éloignée ? » Un léger sourire affleurait sur les lèvres de Seven quand elle posa la question.

« Non. Tu revenais toujours. Mais je t’assure que de mon côté, il n’y avait rien. »

Seven répondit. « Il devait y avoir quelque chose pour expliquer cette agressivité. Et pourquoi ne se manifeste-t-elle plus ? Même si j’ai perdu une partie de mes souvenirs, je suis toujours la même. Non ? »

B’ Elanna hésita à répondre immédiatement, puis se décida enfin en remarquant le regard curieux et ouvert que lui jetait Seven.

« Je t’ai déjà dit que je t’en ai voulu pour l’endroit d’où tu venais. » Elle arrêta d’un mouvement de la main Seven qui allait l’interroger. « Non, plus tard pour ça… Où en étais-je ?… D’une certaine façon, tu me renvoyais à mes propres doutes… Ton attitude est très klingonne, même si avant, tu ne le revendiquais pas en tant que tel. Et j’ai beaucoup de mal à accepter cette partie de mon héritage… Ensuite je pense honnêtement que j’étais jalouse. »

 » Jalouse ? Mais pourquoi ? Tu es brillante, respectée. Tout le monde t’apprécie… »

« M’ouais, on pourrait discuter ces points. Mais le fait est que dès ton arrivée, le capitaine s’est occupée presque exclusivement de toi. Elle a passé presque toutes tes… incartade et puis, tu es si brillante, si intelligente. J’avais peut-être peur qu’elle te confie la salle des machines. En fait, je t’envie ton esprit logique qui te permet d’atteindre une conclusion avec deux ou trois indices sans le moindre rapport entre eux. »

« Comme j’envie ton intuition fulgurante qui te fait imaginer une solution à partir de rien. »

« Peut-être que j’ai l’intuition, mais tu es la seule à bord du vaisseau à comprendre le cheminement qui me fait arriver à cette conclusion et à voir éventuellement les faiblesses et les améliorations possibles… De dire tout ça à haute voix, je ne comprends pas comment j’ai pu me conduire avec toi comme je l’ai fait jusqu’à maintenant… Tu as raison : tu n’as pas tant changé que ça. Je vois seulement maintenant que nous nous ressemblons plus que je ne l’aurais pensé… »

« Et nos différences sont admirablement complémentaires. »

« Oui. Tu as raison… Wow, heureusement que personne n’est là pour m’entendre. À force de dire que tu as raison, on pourrait croire que j’ai changé. Bon, il faudrait mieux que l’on se couche… Oh, je ne t’ai même pas demander si tu voulais manger quelque chose. »

 » J’ai effectivement une sensation étrange au niveau de mon estomac. »

 » Tu as une préférence ? »

 » Je… je ne me souviens pas. »

B’Elanna se leva et se dirigea vers le coin cuisine dans le living où Seven la suivit.

 » Alors je te propose la même chose que moi. C’est un secret bien gardé, mais le soir ou à je ne sais quelle heure après une journée comme celle-ci, j’aime bien prendre un bol de müesli avec du lait. »

« Müesli ? »

« Des céréales. »

En fait, ce que B’Elanna aimait se faire, le soir, quand elle n’avait envie de rien d’autre et surtout pas les concoctions de Neelix, c’était de se faire des pancakes à la banane selon la recette de sa grand-mère. Mais ils étaient meilleurs quand ils étaient confectionnés selon la méthode traditionnelle et non entièrement répliqués. Et ce soir-là, elle était beaucoup trop fatiguée pour se lancer dans de la cuisine. Par ailleurs, le müesli avait l’avantage d’être relativement neutre comme aliment et devrait être facilement ingéré par Seven qui, même si elle ne s’en souvenait pas, n’avait pas l’habitude de manger des aliments solides.

« Je rajoute du lait. Tu peux aussi mettre des morceaux de fruits et puis du sucre, du miel ou du sirop d’érable… »

« Je ne sais pas… je vais faire comme toi… »

B’Elanna sourit en entendent l’hésitation dans la voix de Sevan. Elle sortit un second bol d’un placard qu’elle plaça à côté du sien. Elle versa les céréales dans les bols, puis le lait qu’elle avait demandé chaud, mais buvable. « Alors ce soir, ce sera tout simple… du lait et un soupçon de sirop d’érable… » Elle compléta sa préparation tout en parlant. Elle rajouta quelques raisins secs et une cuillère dans chaque bol, puis les posa sur la table basse près du petit canapé où elle s’écroula à côté de Seven.

« Je sais que je le dis à chaque fois, mais je ne crois pas que je pourrai survivre à une autre journée comme celle-ci. »

Seven s’apprêtait à prendre l’un des bols quand les derniers mots de B’Elanna l’arrêtèrent net. Elle se tourna vers elle en fronçant les sourcils et déclara de sa voix la plus intransigeante. « Tu me feras le plaisir de faire de ton mieux pour survivre si nous devons faire face à nouveau à une telle situation, ce qui est plus que probable… »

B’Ellana se redressa. « Eh ! Je plaisantais… C’était juste une façon de parler… »

La voix de Seven se fit à nouveau incertaine. « L’idée que tu ne puisses survivre à une journée difficile… m’est… insupportable… Es-tu sûre que nous n’avions pas entamé un processus matrimonial ? »

B’Elanna la regarda longuement avant de répondre. « De ton côté, je ne sais pas. Pour moi, je n’y ai jamais songé et je n’ai jamais pensé que tu avais ça en tête. Mais pour ce que peut valoir ce que je pensais de toi avant… Je dois reconnaître maintenant que nos discussions et disputes me plaisaient bien… Quoique j’aie pu en dire… Tu es la seule avec qui je peux vraiment parler et aller au bout… Le capitaine et Chakotay me rappelleront qu’ils sont mes supérieurs. Tuvok également, mais j’ai rarement eu l’occasion d’avoir une discussion qui soit allée trop loin avec lui… Tom et Harry… il y a un moment où ils arrêteront de peur de porter atteinte à notre amitié… Les autres ici… ont un peu peur de moi et de mon tempérament incontrôlable… S’ils savaient combien je travaille à le contrôler… Il n’y a que toi qui réponde coup pour coup… Que d’occasions manquées par ma faute à cause de mes colères ! »

Seven posa une main réconfortante sur son bras. « Comme je ne peux me souvenir d’avant, mettons-nous d’accord sur le fait que des erreurs ont pu être commises et tournons la page ! Nous étions deux à nous disputer… Je n’ai aucun souvenir de mes motivations… mais nous avons pu travailler ensemble aujourd’hui et nous pouvons parler ce soir… cette nuit. Rien ne nous empêche de continuer… »

B’Elanna sentit l’émotion l’étreindre. Seven semblait avoir également conservé sa capacité à pardonner. « Je… je suis d’accord, mais il se fait maintenant vraiment tard. Il vaudrait mieux finir de manger avant d’aller se coucher. »

Quelques minutes plus tard, la vaisselle nettoyée et rangée, B’Elanna entraîna Seven vers sa chambre.

« Je prends une couverture et un oreiller et je te laisse la place. »

Seven regarda le lit, puis le jeune ingénieur.

« B’Elanna ? Je ne me souviens pas comment je dors… »

La jeune femme se retourna lentement. Ce qu’elle avait craint se réalisait. Elle avait passé l’épreuve du repas, mais comment aider Seven à passer celle du sommeil ? Elle se voulut faussement rassurante.

« Ne t’inquiète pas ! Même si tu ne t’en souviens pas, ton corps s’en souviendra et trouvera sa position préférée. Allonge-toi ! »

Seven suivit le conseil et s’allongea sur le dos, toute raide, les yeux fixés au plafond.

B’Elanna ne put empêcher un petit rire de lui échapper. « Le but de l’opération est de se détendre, Soch. »

Seven la regarda d’un air pitoyable. B’Elanna posa sur un siège les articles de literie qu’elle avait sortis d’une armoire. Elle fit le tour du lit et alla s’asseoir à côté de la jeune borg. Elle lui caressa doucement le front, écartant une mèche de cheveux qui masquait en partie son implant oculaire, puis elle prit sa main reconstruite entre la sienne, passant et repassant son pouce sur les bandes de métal souple et chaud qui enserraient la main gauche de Seven.

« N’as-tu aucun souvenir, une image qui remonterait à ta petite enfance ? Peut-être tes parents qui te racontent une histoire… »

« Vas-tu me raconter une histoire ? »

« Désolée, je ne suis pas très bonne à ça et je suis franchement trop fatiguée… »

Seven ne tenta pas de libérer sa main, mais elle tourna légèrement la tête vers B’Elanna.

« Quelle est ta routine au moment de t’endormir ? »

« Je me mets dans ma position préférée, sur le côté gauche… Je ferme les yeux… je pense à ma salle des machines… j’écoute le bourdonnement du moteur… La vibration est assez basse quand il tourne normalement et je m’endors en un rien de temps… Tu vois, ce bruit… c’est comme…. »

Elle s’arrêta quand elle constata que Seven semblait s’être endormie.

« Tu étais effectivement très fatiguée… »

Elle libéra sa main avec précaution et remonta machinalement la couverture sur la jeune femme. Elle alla reprendre la literie qu’elle avait laissée et sortit doucement de la chambre en indiquant à l’ordinateur d’éteindre la lumière.

==^==

Au milieu de la nuit, ou peut-être était-ce déjà le petit matin, B’Elanna jura après s’être retrouvée par terre pour la seconde fois. Elle ne pensait pas que le canapé soit vraiment trop étroit. Elle avait juste besoin de place alors qu’elle bougeait toujours beaucoup dans son sommeil. Alors qu’elle se redressait et allait remonter sur le canapé, elle entendit la porte de la chambre s’ouvrir. Sans un bruit, et sans allumer la lumière, Seven s’avança vers elle, puis elle se baissa et, un bras autour des épaules et l’autre sous ses jambes, elle la ramassa comme un parent le ferait à un bébé qui apprend à marcher et qui vient de s’abîmer un genou. B’Elanna était trop sidérée pour dire quoique ce soit. Sa morphologie klingonne faisait que son poids était plus élevé que sa stature ne le laissait penser et il n’était pas donné à grand monde, de non-klingon, de pouvoir ainsi la soulever. En fait, les humains ne pouvaient normalement pas. Les vulcains, par contre, n’avaient pas trop de difficultés. Les borgs également semblait-il !

Le temps que B’Elanna réagisse, elle était déjà dans sa chambre, puis dans son lit. Quelques secondes après, Seven était couchée derrière elle et la maintenant contre son torse d’un bras autour de la taille. Elle réalisa que le bras était ferme quand elle tenta de se retourner pour parler à la jeune borg. Un bruit de respiration un peu plus fort lui apprit que Seven dormait à nouveau.

Il fallait bien que ça tombe sur elle : une borg amnésique et somnambule. Elle était sûre d’entendre le rire de Khaless au loin.

==^==

(à suivre)

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4 commentaires »

  1. J’aime bien l’intrigue se met doucement en place.
    Vivement la suite :p

    Commentaire par Isendrina — 4 décembre 2010 @ 22:12 | Réponse

    • Merci d’avoir laissé un petit mot. Je continue de travailler dessus même si ça va lentement. 😉

      Commentaire par Styx — 5 décembre 2010 @ 13:07 | Réponse

  2. Lentement mais sûrement j’espère :p

    Commentaire par Isendrina — 6 décembre 2010 @ 00:49 | Réponse

  3. J’aime. Surtout que je ne suis pas familière de cette série (j’ai des problèmes avec les séries de sciences fictions, je préfère cet univers à la lecture).
    Le rythme est suffisamment soutenu mais laisse le temps d’enregistrer les décors et les références.
    Et puis, Seven-Sorg est drôle 🙂

    Vivement la suite, oui

    Commentaire par LeeLoo — 15 décembre 2011 @ 14:38 | Réponse


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