Au bord du Styx

16 juillet 2011

IDF – 4ème Journée Internationale du Femslash

Montage de Radak

Bonsoir,

Je ne vous ai pas oublié, même si je n’ai pas été aidée par la technique. J’ai un problème d’ordinateur depuis le mercredi. Par chance, j’ai le notebook (même si passer d’un écran de 24″ à un écran de 13″, c’est fatiguant).

J’avais trois projets en train, inspirés de prompts mis en ligne sur la Communauté LiveJournal du Diable s’habille en Prada. Ne pouvant accéder aux deux premiers, j’ai repris le 3ème que je n’avais que vaguement esquissé. Dès que j’ai à nouveau la maîtrise de mon ordinateur habituel, je finirai les deux autres.

Body Painting

su un prompt de pure_extasy6 (le prompt : body painting)

(pas sûre qu’elle pensait à ça avec ce sujet)

En version bêta pour l’instant.

~*~

Andy entra dans la pièce vide avec révérence.

Elle essaya de se donner un peu de courage. C’était stupide. Elle avait le droit d’être là.

En fait, on lui avait demandé de venir. « On » signifiant Caroline et Cassidy. Mais ce n’était pas une nouvelle blague des jumelles. Elles étaient en train de préparer un exposé pour l’école et avaient recruté leur mère et Andy pour leur servir de public et de conseil. Les jumelles avaient vite remarqué combien il était facile d’obtenir la participation à un projet de leur mère, la formidable Miranda Priestly, quand elles avaient déjà obtenu celle d’Andréa « Andy » Sachs, la jeune compagne de leur mère depuis un peu plus d’un an. Celle-ci ne vivait pas encore chez les Priestly, mais vu tout le temps qu’elle y passait, ce n’était qu’une affaire de mois, sinon de semaines, avant que Miranda ne décide qu’elle ne pouvait se passer de la présence de sa compagne plus que ce qui était nécessaire.

Andy trouva l’interrupteur et alluma la lumière. Miranda avait bien précisé sur quelle étagère se trouvait le livre dont les filles avaient besoin. Elle entra plus avant dans le bureau privé de Miranda. C’était l’antre de Miranda, où personne ne pénétrait sans une invitation expresse. Même les jumelles respectaient cette règle.

La première surprise passée, Andy avait reconnu la marque de confiance implicite, tant Miranda préservait une partie de sa personne même à l’égard de ceux qui étaient le plus proche d’elle.

Andréa s’approcha de la bibliothèque au fond de la pièce. Un pan de mur à côté était recouvert de photographies, comme un peu partout dans la maison et dans le bureau de Miranda dans les locaux de Runway. Par contre, alors que les autres photos de la maison étaient des photos de famille ou des portraits, parfois par des artistes très réputés. Les œuvres sur ce mur avaient été également prises par les plus grands photographes de la seconde moitié du 20e siècle. Andy avait reconnu deux clichés de Robert Mapplethorpe qui, sans être parmi parmi les plus polémiques , n’étaient pas obligatoirement à mettre entre toutes les mains. Quelques nus dont au moins un qu’elle put attribuer à Helmut Newton. Pourtant, c’est une image en couleurs au milieu de tous les tirages en noir et blanc qui retint son attention.

Il représentait le corps nu d’une femme entièrement peint et représentant un dragon. Le travail sur les écailles était phénoménal. Puis soudain, en s’approchant un peu, Andy se mit à douter. N’était-ce pas…

Une voix derrière elle la fit sursauter. « Je me demandais ce qui te prenais tant de temps. »

Miranda rejoignit Andréa devant la photo. Elle passa un bras autour de sa taille comme pour lui dire qu’elle n’avait rien fait de mal. « J’étais bien jeune à l’époque, si tu te posais la question… »

« Je venais de reconnaître ton regard… la peinture masque plutôt bien tes traits. » Andréa oubliait parfois que Miranda dans ses plus jeunes années, avant ses trois maris et les jumelles, avait toujours été à la pointe des modes, et pas seulement vestimentaires, que ce soit à Paris ou Londres, puis plus tard à New York.

« Je me demande parfois pourquoi j’ai gardé cette photo. Dieu sait que je n’ai pas besoin que l’on me rappelle que je n’ai plus vingt ans et on m’appelle la femme dragon assez fréquemment. »

Andy savait que Miranda n’avait pas besoin de souvenirs matériels. Elle savait d’où elle venait et qui elle était. En dehors des photos de ses filles, il n’y avait aucun bibelot rappelant un voyage ou une personne ou un événement du passé. Les récompenses professionnelles qu’elle avait remportées se trouvaient dans la salle de réunion principale de Runway. Cela impressionnait les nouveaux administrateurs quand Irv leur faisait visiter les murs du magasine le plus rentable du groupe de presse.

Andy prit la main à son côté. « Je crois que tu l’as gardée parce que comme les autres, elle représente une forme de beauté, proche de la perfection dans son genre. Et je ne dis pas ça parce que tu en es le modèle… bien que ta simple présente donne déjà à cette œuvre une longueur d’avance quant à sa beauté. »

Andy éclata de rire en essayant d’échapper à une chatouille. Elle attrapa les doigts menaçants et attira Miranda contre elle. « Tu veux me raconter dans quelles circonstances cela s’est passé ? »

Miranda haussa des épaules. « Ce sont de vieilles histoires. Qui cela peut-il intéresser? »

« Moi, peut-être. Tout ce qui te concerne m’intéresse. »

Miranda décrocha le cadre et emmena Andy vers le canapé. Elle se blottit contre la jeune femme tout en regardant la photo. C’était à Paris au début des années 80. C’est un peintre d’origine russe, Serge Diakonoff, qui a le premier créé ce type de peinture corporelle. A l’époque, il était très demandé par toutes les scènes européennes pour créer décors et costumes pour des pièces de théâtre, des ballets… »

Andy demanda alors. « Et ce dragon est tiré de quel spectacle ? »

« D’aucun. Serge avait un modèle avec qui il travaillait souvent. Elle s’appelait Miranda également. C’était une rousse flamboyante. Il avait fait une superbe peinture de tigresse pour elle. Et il a trouvé amusant d’y associer un dragon dans la grande tradition extrême orientale. »

Andy prit le cadre pour mieux le regarder. « Et tu l’as rencontré comment, ce Diakonoff ? »

« Par l’autre Miranda. Elle travaillait parfois comme mannequin. »

« Tiens donc ! Tu la connaissais bien ? Devrais-je être jalouse ? »

Miranda sourit. Elle savait que la jeune femme plaisantait en partie. S’il devait y avoir une jalouse dans leur couple, Miranda savait que c’était elle. D’ailleurs, l’idée que son Andréa puisse encore passer quelques nuits hors de la maison Priestly la dérangeait au plus haut point. Comment pourrait-elle présenter la chose à Andréa pour que celle-ci accepte d’emménager définitivement avec elle et les jumelles…

« Je la connaissais plutôt bien, mais tu n’as aucune raison d’être jalouse. »

Andy posa la photo sur une petite table à côté du divan et enlaça Miranda. « Je suis toujours jalouse quand tu es loin de moi. Tous ceux qui ont la chance d’être en ta présence et qui ne se rendent pas compte de cette chance. »

Miranda étouffa un petit rire. « Tout le monde ne serait pas de ton avis. La dernière Emily en date te croirait folle pour le moins. »

« Tant pis pour les Emily. Je sais que je suis gagnante. »

Miranda ouvrait la bouche quand deux hurlements du fond de la maison, mais qui s’approchaient, se firent entendre.

« Maman ! »

« Andy ! Vous avez trouvé le livre ? »

Deux cavalcades en écho et deux têtes rousses apparurent dans l’entrebâillement de la porte.

« Que faites-vous sur le divan ? » demanda Caroline.

« Elles se font encore un câlin. »répondit Cassidy.

« Pourtant Ashley a dit que la période de câlins entre sa mère et sa nouvelle copine, ça n’avait pas duré plus de six mois. » Caroline reprit.

« Oui, mais Maman n’a jamais rien fait comme les autres. Vous avez trouvé le livre ? » finit Cassidy.

Les deux femmes se séparèrent et Miranda se dirigea vers la bonne étagère. « Le voici ! Allez-y, nous vous rejoignons. »

Caroline prit le livre alors que Cassidy regardait les deux femmes d’un air suspicieux. « Gardez les câlins pour plus tard ! On a encore besoin de vous pour notre exposé. »

Miranda embrassa légèrement Andy au grand embarras des jumelles qui partirent en riant.

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4 commentaires »

  1. J’avais oublié que c’était aujourd’hui la journée internationale du femslash, ça m’a fait une jolie surprise en trouvant cette histoire. Merci.

    Commentaire par Gaxé — 17 juillet 2011 @ 21:00 | Réponse

    • Surprise ! Pourtant, j’avais mis des petites affiches…. 😀

      Commentaire par Styx — 19 juillet 2011 @ 00:36 | Réponse

  2. Belle surprise, et superbe histoire.

    Vivement la suite.

    Merci

    Commentaire par Huet Patricia — 18 juillet 2011 @ 12:10 | Réponse

    • Merci d’avoir laissé un commentaire. Une suite à celle-ci… je ne crois pas. Mais d’autres histoires dans cet univers : oui, sans le moindre doute.

      Commentaire par Styx — 19 juillet 2011 @ 00:38 | Réponse


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