Au bord du Styx

26 mai 2011

Ariodante – Haendel (TCE – 23/05/2011)

Filed under: Compte-rendu,Musique,Opéra — Catherine @ 22:11
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Bonjour,

Il faisait très beau et très chaud à Paris ce lundi 23 mai. Et j’étais sur un petit nuage, sortant tout juste de mon entretien avec mes futurs employeurs. En fait, la conversation s’est poursuivie dans un taxi, l’une de mes futures patronnes ayant rendez-vous dans le 8ème arrondissement. C’est la mélomane (je vous renvoie à mon autre billet du jour) et nous avons pu échanger quelques avis sur sur le Stabat Mater de Pergolèse et les symphonies de Chostakovitch. Vous voyez comme je vais me plaire ?

Cette représentation d’Ariodante, je l’attendais ! Je m’y étais prise un peu tard pour le billet, mais j’ai encore pu avoir un siège bien placé. La distribution faisait rêver :

Les trois premiers noms, à eux seuls, m’auraient fait venir à l’aveugle, sans avoir idée du programme. Par chance, Le programme était bon ainsi que le reste de la distribution.

Le concert faisait partie d’une série de trois (les deux autres donnés en Allemagne et à Londres) à l’occasion de la sortie de l’enregistrement d’Ariodante avec les mêmes artistes (à l’exception de Topi Lehtipuu remplacé sur scène par Nicholas Phan dans le rôle de Lurcanio).

De façon convenue, les cantatrices aux rôles masculins étaient en pantalon. Joyce DiDonato était en chemise blanche avec gilet et cravate (un peu dans le style du visuel de son dernier CD “Diva Divo”). Marie-Nicole Lemieux, plus surprenante portait un bustier à paillettes et ce qui semblait de loin une étole courte en (fausse ?) fourrure laissant apparaître bras nus et ample décolleté. Les autres artistes étaient plus traditionnels dans leur tenue.

Pas grand chose à dire sur l’orchestre et la direction : Ils ont accompagné, n’ont pas écrasé les chanteurs (mais ils n’étaient pas très nombreux).

Il s’agissait d’une vraie version de concert, donc très statique, chaque artiste retournant s’asseoir après son morceau. Ceci peut donner des passages involontairement comiques comme quand Ariodante sauve Dalinda dans la forêt et finit avec un “suis-moi !” sauf qu’Ariodante avait sa chaise côté jardin et Dalinda, côté cour. Mais passons (si ça trouve, il n’y a que moi que cela fait sourire). Le problème de cette version “statique” est que les interprètes esquissaient parfois un début de jeu, mais s’arrêtaient en cours de route, à l’exception de MN Lemieux qui nous a donné un Polinesso (le méchant de service) un peu bouffon avec froncement de sourcils, regards noirs ou au contraire, jouant la séduction quand il veut convaincre Dalinda (servante de Ginevra) de l’aider. Au contraire, Joyce DiDonato et Karina Gauvin étaient des plus réservées pour leurs grandes retrouvailles/réconciliations de la fin avec une main vaguement serrée (et à bout de bras). J’espère que pour une représentation normale, elles ont l’air moins “coincées”.

Mais je fais ma difficile. La grande performance pour qui tout le monde était venue était bien sûr celle de Joyce DiDonato, dans le rôle titre. Et la performance était au rendez-vous. Une interprétation magnifique tout en nuances grâce à ce qui me semble une technique parfaite. Son Scherza infida laissait ressentir le désespoir du héros qui croit être trahi par celle qu’il aime.

vidéo de gudrun74 – enregistrement live à Salzburg en 2009

L’autre morceau de bravoure pour JDD était Dopo Notte (quand l’horrible complot est enfin dévoilé) qu’elle a interprété tout aussi magistralement.

vidéo de gudrun74 – enregistrement live à Salzburg en 2009

Marie Nicole Lemieux était globalement plaisante à écouter, mais je me demande si elle n’a pas fait passer quelques bouffonneries pour masquer certaines faiblesses.

Karina Gauvin a une superbe voix, mais elle semblait plutôt dure dans les deux premiers actes, ce qui n’était pas toujours agréable. Elle s’est bien rattrapée dans le 3e acte avec Io ti bacio, interprété avec beaucoup plus de sensibilité.

Après un début assez sage, le public s’est vite mis à applaudir après chaque scène ce qui me trouble toujours un peu. Dans ma lointaine jeunesse, on m’avait expliqué lors de mes premières sorties au théâtre ou à l’opéra qu’on applaudissait à la fin de chaque acte et éventuellement à la fin des morceaux de bravoure, s’ils avaient été particulièrement bien interprétés. Je m’en suis toujours tenue  à cette règle, fort raisonnable au demeurant. Applaudir après chaque scène coupe le rythme de la représentation et franchement, les applaudissements ne s’imposent pas à tous les coups. Enfin, ceci explique en partie pourquoi le spectacle ne s’est fini que vers minuit moins le quart !

Mon sentiment après la soirée : très favorable. Vais-je acheter le coffret qui vient de sortir même si j’ai lu ça et là des critiques sur le jeu et la direction d’orchestre ? oui car l’interprétation de Joyce DiDonato est vraiment magistrale. Équivalente à celle d’ASvO avec Minkovski ? Je ne sais pas, il va falloir que je fasse des écoutes comparées, mais je crois qu’au bout du compte, ce sera uniquement une question de préférence, soit un point purement subjectif.

That’s all, Folks !

MàJ (01/06/2011) : le commentaire de Forum Opéra

quelques photos chez Opera Cake

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