Au bord du Styx

1 mai 2011

Anne Sofie von Otter (TCE – 27/04/2011)

Filed under: Compte-rendu,Musique,Opéra — Catherine @ 12:13
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Il y a des jours où l’on ferait mieux de rester au lit. C’était le cas vendredi. Je sentais depuis quelques jours que quelque chose se préparait ; maintenant, je sais : sous deux mois, je n’ai plus de boulot. Mon poste disparait à la suite du rapprochement du cabinet juridique dans le quel je travaille avec un autre, plus important. Par chance, je n’ai pas lancé de grosse dépense du style départ en vacances ou abonnement au théâtre (faudra que je sélectionne bien mes sorties si je veux toujours un billet bien placé !) Enfin…. J’en  entends certaines qui vont dire que ça va peut-être me laisser du temps pour me remettre à écrire. 😉

J’avais prévu d’aller au ciné, cet après-midi là. En arrivant devant la salle, je constatais qu’ils avaient supprimé (ou était-ce déjà complet ?) la séance de 14 h pour voir le Juge Ti Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme de Tsui Hark. Je me rabats sur le premier film qui passe et qui ne soit pas prise de tête. Ça tombe sur Thor (en 3D). C’est juste ce qu’il me fallait (et le bien triomphe du mal, mais est-ce vraiment un spoiler ?). Accessoirement, Thor n’est pas trop mauvais dans le genre si vous aimez les films adaptés de comics.  Une fois rentrée, je me suis passé du rock  et ça n’arrête pas (je dois avoir un peu d’agressivité à faire sortir).

Enfin, cette mauvaise nouvelle n’a en rien atténué  le plaisir de la soirée de mercredi au TCE pour écouter Anne Sofie von Otter (même si, la tête embrumée par 2 jours de formation, je me suis trompée de théâtre !! Heureusement que Pleyel et le TCE ne sont pas trop loin l’un de l’autre et que j’avais un peu d’avance).

A l’arrivée, tel un heureux présage, une revue distribuée gratuitement devant le théâtre sur l’actualité lyrique du moment avait cette  couverture (cliquer sur les images pour des documents en haute résolution)…..

AS von Otter était accompagnée par la Cappella Mediterranea dirigée par Leonardo Garcia Alarcon pour un programme entièrement baroque (de Monteverdi à Haendel).

Premières œuvres interprétées extraites de Il ritorno d’Ulisse in patria de Moneverdi. D’abord une sinfonia, puis Di misera Regina, la complainte de Pénélope. Comme souvent, le temps que tous se mettent en place (les voix, l’orchestre, la salle), l’accueil est un peu mitigé (et puis toujours la grande question, applaudit-on après chaque air ou quoi ? certains artistes organisent cette situation. Pour les concerts de Joyce DiDonato, il y a toujours un commentaire en début de concert demandant que le public contienne son enthousiasme pour chaque fin de « cycle » soit en gros 2 ou 3 fois avant et après l’entracte).

L’œuvre suivante – Che si puo fare de Barbara Strozzi –  est interprétée par le chœur de la Cappella Mediterranea (8 personnes soit  deux soprannos, une mezzo, un alto, deux ténors et deux basses). Tout le concert se déroulera ainsi avec un heureux équilibre entre les airs chanté par ASvO seule ou avec le chœur et  ceux chantés par le chœur seul. Et j’insiste sur heureux équilibre. Cela n’avait rien à voir avec les concerts de « Pavarotti and Friends » (où le maestro ne chantait à peine qu’une fois sur quatre…. j’ai toujours en travers de la gorge ma place à 700 francs… et c’était au Palais omnisport de Bercy : beaucoup plus de places assises que le TCE ou Pleyel…)

A la suite, quelques madrigaux de Monteverdi (sans se soucier des questions de genre comme avec Sì dolce è il tormento que je n’ai vu chanté que par des hommes sur YT  comme Philippe Jaroussky).

Donc pour avoir ASvO chantant un madrigal de Monteverdi, je vous propose cette vidéo (l’œuvre n’était pas au programme du concert) :

Claudio Monteverdi – Madrigal – O rosetta, che rosetta, SV.237 (vidéo de Meyerbeer1)

Vont suivre des airs de Purcell, de Marc-Antoine Charpentier (extraits de Médée que l’on retrouve sur son album “Ombre de mon amant”) et enfin du Haendel.

A noter qu’à ce moment du concert, l’accueil du public n’était plus mitigé et chaque nouvel air était reçu avec enthousiasme. Un enthousiasme qui ne baissera pas au point que les artistes nous offriront quatre bis.

C’est là que l’on voit combien ASvO n’a pas la “grosse tête”. Elle explique (en français) qu’elle voulait une œuvre qu’elle pourrait chanter avec tout le chœur. N’en ayant pas trouvé à son gout et rappelant qu’à 16 ans, elle chantait dans un chœur, elle a donc décidé de se fondre dans la masse et a chanté un canon (dont je n’ai pas retenu le titre). Elle avait annoncé la chose comme un essai sans la moindre préparation… Mais la seule chose que l’on pouvait noté était qu’elle était bien plus grande (d’au moins une tête) que les trois chanteuses qu’elle avait rejoint.

Puis elle nous menaça de 4 extraits d’Ariodante avant de chanter la berceuse de Poppée (du Couronnement de Poppée) pour nous aider à dormir.

Adagiati, Poppea – Oblivion soave (la berceuse) interprétée par Bernarda Fink

Comme on ne semblait pas prêts à aller se coucher, elle  a chanté un air d’un compositeur anonyme sur un texte datant du début du 17e siècle, qu’elle entreprit de traduire pour nous montrer que ça ne volait pas haut :

The dark is my delight:
So ’tis the nightingale’s.
My music’s in the night;
So is the nightingale’s.
My body is but little;
So is the nightingale’s.
I love to sleep against the prickle;
So doth the nightingale.

Je ne vais pas tenter de reproduire la traduction qu’elle nous a donnée, mais le public a grandement apprécié. Comme il a apprécié ensuite l’interprétation pendant laquelle ASvO nous a fait la grâce de quelques pas de danse.

Elle a finit avec un autre air (également dans l’album “Ombre de mon amant”) : Vos mépris chaque jour de Michel Lambert.

Même si quelques spectateurs avaient commencé à partir, la majorité était bien assise, applaudissant à tout rompre. Alors, après quelques rappels supplémentaires,  pour montrer qu’il était temps de rentrer, elle a passé son bras sous celui du  1er violon, lui demandant ainsi  de l’escorter dans les coulisses, et obligeant  l’orchestre à les suivre.

Franchement, quelques jours après, je suis encore sous le charme de cette soirée où tout, de la programmation à l’orchestre (très agréable) et aux voix, a concouru  pour mettre la beauté sur un agenda un peu sombre.

Pour réentendre ASvO sur France Musique : tous les liens sur cette page. Chaque lien renvoie au programme du jour et un lien (en haut à droite) permet d’écouter l’émission.

Bon 1er mai pour ceusses qui le fêtent et bon dimanche pour les autres !

That’s all, Folks !

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2 commentaires »

  1. Glorieuse! Mais elle n’a pas chanté « Hor che ‘l ciel » avec le choeur, par hasard?

    Bonne chance avec le boulot. Peut-etre on trouve quelque chose de plus intéressent ou convenable, qui sait.

    Commentaire par Definitely the Opera — 2 mai 2011 @ 03:18 | Réponse

    • Non, « Hor che ‘l ciel » était au programme normal et chanté par le chœur. Et merci pour le lien 😉

      Commentaire par Styx — 2 mai 2011 @ 09:25 | Réponse


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