Au bord du Styx

17 avril 2010

Compte-rendu : Ensemble Orchestral de Paris (TCE – 13/04/2010)

Filed under: Compte-rendu,Musique — Catherine @ 20:36

L’idée du concert donné par l’Ensemble Orchestral de Paris, cet orchestre de chambre dirigé ce soir là par Joseph Swensen, était un aperçu de la place de la musique baroque italienne et de son influence jusqu’à aujourd’hui.

Le programme proposait donc quatre œuvres, deux baroques et deux modernes qui se correspondaient.

La soirée  débuta avec Folia, une chaconne symphonique pour violon alto et orchestre à cordes de Nicolas Bacri, créée à Pleyel en 1992. Monsieur Bacri, qui est le compositeur associé de la formation, était dans la salle. La difficulté avec la musique contemporaine, à mon avis, est qu’on ne peut pas l’appréhender à la première écoute. Ou peut-être si on a l’oreille très éduquée pour ce style musical, ce qui n’est pas mon cas. L’œuvre n’était pas très longue : 8 minutes. Certaines phrases ont retenu mon attention. Je ne me sens toutefois pas capable de me prononcer objectivement. Il faudrait que je réécoute ce morceau plusieurs fois. Mais ça me fait pareil avec l’art abstrait : il faut que je passe du temps devant une œuvre abstraite avant de pouvoir dire si elle me parle ou pas.

Venait ensuite l’œuvre qui m’avait « vendu » le concert, le Stabat Mater de Pergolèse. Là, petite déception. En effet, au moment de la réservation, il y a quelques semaines encore, l’une des deux interprètes devaient être Marijana Mijanovic. Il y eut cependant changement il y a peu de temps (puisque le programme portait le nom de sa remplaçante) et le Stabat Mater fut donc interprété par Sylvia Schwartz (soprano) et Mary-Ellen Nesi (Alto). A noter que Sylvia Schwartz a remporté une beau succès à l’automne dernier en interprétant le rôle de Maria dans la version pour la scène de la Mélodie du Bonheur qu’avait programmé le Théâtre du Châtelet.

Lorsque l’orchestre attaqua les premières mesures, mes oreilles se transformèrent en point d’interrogation (si, si, c’est possible : c’est très rapide, ça ne dure pas longtemps… j’essayerai de vous trouver une photo du phénomène). Puis je compris la cause de ma surprise : toute la musique baroque entendue ces derniers mois était jouée sur instruments anciens. Ce n’était pas le cas de ce soir, d’où une sonorité franchement différente.

L’interprétation en fut agréable. Mademoiselle Schwartz a une belle voix claire puissante et une bonne projection. Elle n’a pas eu à craindre d’être couverte par l’orchestre. Mademoiselle Nesi projetait peut-être un peu moins bien sur ses notes les plus graves. Mais sa voix était également agréable et elle avait le souffle nécessaire sur certaines des notes les plus longues. Un beau moment.

Sylvia Schwartz – ‘Du bist die Ruh’ (Schubert) – vidéo de AskonasHolt – Je n’ai pas trouvé une vidéo du Stabat Mater (avec Soprano et Contralto) qui me plaise)

Après l’entracte, second morceau baroque qui répondait au premier : d’Arcangelo Corelli, Sonata N°11 et Follia pour violon et basse continue (en l’occurrence ici, un clavecin seul),  interprété par Deborah Nemtanu, violon solo super soliste de la formation et Bruno Procopio, claveciniste brésilien. Il y avait dans cette musique des accents qui annonçaient Vivaldi.

Enfin, pour conclure, la suite d’orchestre Pulcinella de Stravinski, le compositeur s’étant inspiré de Pergolèse pour cette œuvre (certains à l’époque ayant parlé de pastiche éhonté). Belle direction, interprétation incisive, chacun des solistes a répondu présent.

vidéo de asuka0soryu

Une légère critique pour la personne dans le publique (dans les premiers rangs à l’orchestre) qui pensait que pendant Stravinski, on ne l’entendrait pas tripoter un papier de bonbon (ou quelque chose de ce genre).

Quand je suis rentrée chez moi, alors qu’il pleuvait (ce que je n’avais pas prévu), l’air sentait bon la terre mouillée et l’herbe fraîchement coupée. J’ai pensé que cela faisait une belle conclusion à la soirée.

That’s all, Folks !

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4 commentaires »

  1. Marijana Mijanovic se fait rare…
    Elle devrait être au festival d’Aix en Provence en juillet pour le Rossignol de Stravinsky :
    http://www.radio-canada.ca/espace_musique/webRadioClassique.asp#section%3Dmagazine&idRubrique%3D125475

    Commentaire par Murielle — 17 avril 2010 @ 21:53 | Réponse

    • j’ai une collègue qui va à Aix tous les étés pour le Festival….

      Commentaire par Styx — 25 mai 2010 @ 17:24 | Réponse

  2. Nous étions aussi à ce récital… Ce qui nous y a amené est la présence (lumineuse) de Sylvia Schwartz que nous suivons de près depuis que nous l’ avons entendu il y a 2 ans dans Welcome To The Voice » au Châtelet… Même si elle chantait du Marcel Amont nous irions !! Et la réécoute du Stabat Mater a été très agréable (le reste m’ a moins touché… Je pense que le programme aurait dû se terminer par le Pergolèse…)
    Belle et bonne fin de saison musicale…

    Commentaire par Thomas Vincent — 19 avril 2010 @ 18:27 | Réponse

    • Désolée du retard à commenter, ce dernier mois a été pourri. Le Stabat Mater était vraiment l’œuvre principale de ce concert et l’argument qui reliait les trois autres morceaux était peut-être un peu lâche. En tous les cas, merci de m’avoir signalé cette représentation, je ne regrette pas d’avoir suivi vos conseils. 🙂

      Commentaire par Styx — 25 mai 2010 @ 17:27 | Réponse


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