Au bord du Styx

5 février 2010

Compte-rendu : Orfeo 55

Filed under: Compte-rendu,Musique,Opéra — Catherine @ 12:09
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Ma semaine lyrique s’est achevée hier soir en apothéose avec, Salle Gaveau, Orfeo 55 dirigé par Nathalie Stutzmann dans un programme Vivaldi / Haendel soit de Vivaldi :

– Concerto en sol mineur op. 3 N° 2 RV 578 (extrait de L’Estro Armonico), puis le Stabat Mater,

Et en deuxième partie, de Haendel :

Concerto grosso en fa majeur op. 3 N° 4 pour corde et basse continue, suivi de trois airs d’opéra, « Pena Tiranna » extrait d’Amadigi di Gaula, « Cara sposa » extrait de Rinaldo et « Vivi Tiranno » extrait de Rodelinda.

Les applaudissements du public furent tels que l’on eut droit à trois bis : « Ombra mai fu », puis un air extrait de l’Atenaide de Vivaldi, l’air de Marziano (vous pouvez en écouter un petit bout sur le site officiel de N. Stutzmann dans la section discographie) et un dernier air de Vivaldi de musique sacrée (je crois et il me semblait le connaître, mais je ne situe plus. Si un visiteur de passage peut l’identifier, il peut le mettre en commentaire).

merci à Murielle qui m’a signalé l’existence de cette vidéo

Mes impressions…

D’abord la surprise de voir une femme diriger. C’est bête. Je le savais à l’avance (bien sûr !), mais c’est la preuve que la situation n’est pas normale si moi, féministe normalement constituée, je dois mettre une ou deux minutes pour me remettre de cette émotion.

J’ai bien aimé sa sobriété dans sa façon de diriger (pour ne pas parler directement d’une autre chef d’orchestre spécialisée dans le baroque et qui a fait parler d’elle il y a peu de temps après une expérience malheureuse à l’Opéra de Paris).

Attention, sobriété ne veut pas dire laisser la formation faire ce qu’elle veut. Elle conduit vraiment ses musiciens. Même quand elle chante, elle continue de donner ses indications d’un geste de la main, un coup à droite, un coup à gauche, quand elle ne se retourne pas pour quelques mesures avant de reprendre sa propre interprétation.

Sobriété ne veut pas dire non plus qu’elle ne vit pas la musique. La musique passe par son corps, elle vient d’elle. Pendant l’entracte, j’en suis venue à réfléchir à l’état d’esprit d’une interprète qui a dû suivre les indications des chefs divers et variés (même si je me doute que l’on doit davantage parler de collaboration) et qui, parce qu’elle passe derrière le pupitre, va enfin donner sa version non seulement pour la partie chant, mais également pour la musique qui l’accompagne.

J’ai également noté la façon différente qu’elle a eu de diriger Vivaldi et Haendel et après le concert, dans le métro qui me ramenait chez moi, j’ai pensé que j’aimerais bien l’écouter diriger du Beethoven (Je vous renvoie pour cela à une interview très intéressante qu’elle a donnée à Forum Opéra).

Quant à ses prestations lyriques, j’ai encore des frissons en pensant à son « Stabat Mater » et son interprétation de « Cara Sposa ».

Alors, sans aucun doute, ça vaut la peine de se déplacer et d’entendre Orfeo 55.

A noter que dans l’interview mentionnée un peu plus haut, elle parle également des trois concerts Giulio Cesare à Pleyel dans 10 jours.

A noter également qu’il est possible de voir la retransmission de I Capuleti e i Montecchi jusqu’au 12 février (il ya quelques jours en plus pour en profiter).

That’s all, Folks !

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10 commentaires »

  1. Merci, Styx ! Vos remarques sont très intéressantes (Par ailleurs – je vous remercie pour ce merveilleux Otter-compte-rendu . Il m’a vraiment aidé 😉 )
    et l’interview de Forum Opéra est généralement formidable. Néanmoins – à mon avis – cette « maestra-remarque » est un peu déplacée :
    «Du reste, je ne connais pas de femme qui ait vraiment réussi à percer au plus haut niveau symphonique et qui est aujourd’hui reconnue dans le
    grand répertoire romantique. »
    l y a des femmes qui ont vraiment réussi comme chefs et dans le répertoire symphonique : par exemple Marin Alsop, qui a récemment gagné le Grammy avec l’Orchestre Philharmonique de Londres ou Simone Young qui est vraiment un pionnier en ce qui concerne ce métier. Mais bien: probablement ni Alsop ni Young
    est une bonne chanteuse 😉 .

    Commentaire par Bergerchef — 5 février 2010 @ 14:20 | Réponse

    • Pas de problème pour le concert von Otter (même si après coup, j’ai vu sur le Net des avis partagés, mais je ne suis pas la seule à penser qu’ASvO nous avait fait passer à elle seule un bon moment ce soir-là).

      En ce qui concerne la remarque de NS sur les chefs femmes, Je n’avais pas relevé car aucun nom ne me venait à l’esprit. Mais en regardant les discographies de M. Aslop et S. Young, je réalise que j’ai au moins un CD enregistré par Marin Aslop. (je crois surtout que je n’avais pas tilté sur le fait qu’elle soit une femme… j’ai honte !!) 😉

      Commentaire par Styx — 5 février 2010 @ 16:49 | Réponse

  2. Styx merci! Vos commentaires sont toujours aussi charmante et instructive. Naturellement je suis très jaloux 😉

    Commentaire par puritymccall — 5 février 2010 @ 17:11 | Réponse

    • It is my greatest pleasure to review those concerts for gentlewomen of taste such as the members of the White Shirts Gang. 😉

      Commentaire par Styx — 5 février 2010 @ 19:34 | Réponse

  3. […] Anik is finally writing a good storyline for it) is spreading. Head on to Styx’s place to read a fantastic review of the Orfeo 55 concert in Paris the other night (some white shirts have all the luck… Orfeo […]

    Ping par The Contralto in a Velvet Jacket « Se Vuoi Pace — 6 février 2010 @ 10:16 | Réponse

  4. Merci beaucoup, Styx!

    Both for the words, and for the video links — and for the white shirt karma, of course.
    And jealous doesn’t even begin to cover it… 😉

    Commentaire par Anik LaChev — 6 février 2010 @ 11:13 | Réponse

    • I know that I’m lucky, but there’ll be times when I’ll be the jealous one. 😉

      Commentaire par Styx — 6 février 2010 @ 18:18 | Réponse

      • Hmm… I don’t know Styx, Orfeo 55 and the Cesare one after the other… that’s pretty hard to beat. PS White Shirts: Gentlewomen of Taste… Ka’chin! Anik fire up the fridge magnet ovens we have work to do!

        Commentaire par puritymccall — 6 février 2010 @ 22:19 | Réponse

  5. […] Cara Sposa – Haendel  enregistré au concert donné à Gaveau le 4/2/2010 (vidéo de APTLY […]

    Ping par Contrairement aux apparences… « Au bord du Styx — 18 avril 2011 @ 20:14 | Réponse

  6. J’ai pleuré hier soir 25 avril 2011 mon Bach, sali, abimé, avili par cet ensemble Orfeo 55 dirigé par Nathalie Stutzman, conceptuellement dans l’erreur de A à Z ( retransmission sur Mezzo d’un concert vendu à l’Arsenal de Metz).
    Je n’ai entendu que la fin de la première pièce que j’ai eu du mal à reconnaitre. A suivi une sévère révision du concerto pour 2 violons BWV 1043 avec un orchestre ne plaignant pas les pains, les 2 solistes n’yant aucune notion de discours- dialogue, chacun racontant – si mal – sa propre histoire.
    A suivi une interprétation, ça oui, interprétation d’une cantate pour alto la 33 je crois. Intellectuellement fausse, quand ce n’était pas des « savonnages » de passage de notes – tellement plus facile; il faut dire que le tempo trop vif choisi ne facilitait pas la vie.
    la suite ? « Erbarme dich », là oui, je sais c’est facile, j’ai eu pitié de cette femme pathétique tellement dépassée par le propos, à mille lieues des mots dits.

    Lamentable !!

    Commentaire par Franklin — 26 avril 2011 @ 17:25 | Réponse


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