Au bord du Styx

22 janvier 2010

J’aime pas les épinards !

Filed under: blabla,Opéra — Catherine @ 19:17

Le titre de ce billet est un clin d’œil. Mes parents on tenté de me donner ce que l’on appelle une bonne éducation et globalement, je pense que j’ai tout retenu.

Une règle que j’utilise toujours, et plus encore à notre époque numérique où l’on peut se prononcer sur tous les sujets ou presque derrière un relatif anonymat, c’est de ne pas dire « C’est nul ! » mais « Je n’aime pas ça ! » (A l’époque, ça s’appliquait aux épinards que je ne peux vraiment pas avaler après que j’aie dit que les épinards, c’était vraiment pas bon.)

Dans cet ordre d’idée, j’ai toujours considéré que mes petits comptes rendus de spectacles de ces derniers mois, c’était ma façon de dire j’aime ou je n’aime pas et surtout pas la volonté de rendre un jugement catégorique et à portée universelle. Franchement, je ne suis pas musicienne, tout juste amatrice. Je peux, au mieux, reconnaître une fausse note (et j’en ai entendu), mais dire si l’orchestre était ceci ou cela…

En fait, ceusses qui viennent régulièrement se sont peut-être rendu compte que je suis plutôt « bon public ».

Les commentaires qui ont été fait après mon précédent billet à propos de la Norma au Châtelet m’ont fait réfléchir. J’ai relu mon billet et il ne m’a pas semblé dire que la mise en scène était ceci ou cela, j’ai juste dit que je n’avais pas accroché et que par moment, ça m’avait dérangée.

Et ces deux commentaires de personnes ayant apprécié la mise en scène m’ont plongé dans une réflexion quasi-philosophique sur l’appréciation de la beauté, l’universalité (ou non) du beau etc…

Ensuite, j’ai cherché un peu sur le Net si je ne trouvais pas d’autres commentaires sur ce spectacle qui m’aurait éventuellement éclairée sur ce qui m’avait échappé. Franchement, l’histoire des sphères me tourmente.

Le metteur en scène, dans une petite séquence filmée sur le site du théâtre, explique que l’œuvre montre l’opposition entre la sphère privée du couple Norma/Pollione et de la sphère publique de la société, la religion, les obligations etc…. Mais n’est-ce pas le cas de tous les opéras ou presque ? Prenons le couple central de chaque opéra… tout se passerait bien s’il n’y avait pas le monde extérieur, de Tosca à Rigoletto, de Roméo et Juliette à la Traviata, c’est toujours pareil et ça se finit toujours mal !

Il faudrait presque que je revoie cette Norma pour déterminer si les sphères sont mise en mouvement sur scène à des moments bien précis de l’action, comme pour en amplifier la symbolique du moment.

Un reportage que je viens de trouver sur youtube (après avoir écrit ce billet), mais je ne suis pas plus convaincue – Vidéo de Pollione2 / Classic News

Par ailleurs, tout le monde semble s’accorder à dire que oui, le chœur se comportait bien comme le pensionnaire d’un asile de fou. Mais la situation est déjà suffisamment dramatique comme ça. La position de Norma, en tant que prêtresse et les obligations qui lui incombent la torturent assez sans en plus rajouter la folie.

Alors, je suis peut-être passée à côté de quelque chose, mais je continue de penser qu’une mise en scène pour laquelle on a besoin d’un mode d’emploi, ce n’est pas pour moi. Une mise en scène qui veut penser à ma place en disant, ça c’est important, parce qu’une sphère menace d’écraser un des protagonistes ou que les chœurs sont pris de la danse de Saint-Guy, ce n’est pas pour moi.

Je me considère assez ouverte en terme de mise en scène. En fait, j’aime bien les mises en scène minimalistes qui font aussi travailler le spectateur en repoussant les limites de son imagination et en même temps qui obligent à se concentrer sur les chanteurs, ce qu’ils disent et comment ils le disent parce que tout vient d’eux.

A ce stade de ma réflexion, j’étais prête à me draper dans ma toge de minoritaire incapable de goûter au génie du spectacle que j’avais vu, ressortant des phrases comme « la beauté est dans l’œil de celui qui regarde » ou rappelant le fait que tous les mannequins d’origine chinoise, appréciées en Europe et aux USA, ne correspondent absolument pas aux critères de beauté retenus par la population chinoise en général (et ils sont plus d’un milliard !). Alors, qui a raison ?

Puis, en continuant de fouiller sur le Net, j’ai lu qu’à la première de Norma, le metteur en scène avait été sifflé/hué. Je ne vais pas dire que ça me rassure.

De même que je ne dis pas que « les épinards, c’est  dégueu… », je ne vais pas dire que le chef est nul parce qu’il cuisine des épinards.

Et j’en reviens à ce que j’écrivais en commençant : Je ne fais pas de critique à portée universelle. J’admets que le public soit emballé (ou non) par ce spectacle. Moi, je n’ai juste pas accroché.

Et je ferai bien attention en exprimant mes sentiments sur les prochains spectacles que je vais voir – Février sera très chargé.

That’s all, Folks !

PS : toutes ces recherches m’ont permis de trouver d’autres blogs en français d’amateurs d’art lyrique. Si certains sont intéressés, je donnerai les liens.

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4 commentaires »

  1. Je ne peux pas m’empêcher de répondre au premier commentaire que je trouve particulièrement prétentieux et grossier, qui ne livre strictement rien d’autre que « son » avis, forcément le bon vous l’aurez compris comme moi. Aucun argument recevable et argumenté, juste la fatuité de son auteur.

    Comme Styx, je fais partie de la génération à qui on a appris à dire « je n’aime pas » à la place de « c’est dégueu » et on m’a également appris à écouter (beaucoup), à confronter (au sens de comparer) à ce que je sais ou crois savoir, ce qui me permet soit de modifier mon point de vue soit de me conforter dans mon idée première. Cela s’appelle « grandir et évoluer » je crois.

    Ce que j’apprécie dans les billets de Styx, et je ne dis pas cela parce que c’est mon amie, c’est qu’elle permet à une provinciale comme moi de vivre ces spectacles par les peintures qu’elle en fait, passionnées et passionnantes mais je le sais objectives ; elle décrit pour la visuelle que je suis la scène et les décors, elle détaille la mise en scène que je vois par ses yeux et j’arrive même à transposer les interprétations que je connais par ailleurs dans ce qu’elle a vu/entendu/ressenti grâce justement à ses descriptions fidèles des variations, placements, etc.

    Un peu comme Thomas qui livre sa perception du spectacle, sans aucun jugement de valeur mais apporte un autre « point of view », sans jeu de mot sur sa place dans la salle, situe les choix scéniques dans le déroulement du livret, nous faisant ainsi partager son émotion, son ressenti ce dont je le remercie.

    En tous les cas, on m’a appris à ne pas dire « Comment pouvez vous penser que… » ou « En bref je ne suis pas du tout d’accord » parce que, comme je l’ai dit d’entrée, c’est péremptoire et prétentieux et que cela ne révèle in fine qu’un problème d’éducation et d’égo.

    Mais ce n’est que mon avis…

    Commentaire par Chaton Fripon — 25 janvier 2010 @ 14:47 | Réponse

  2. Petite précision, mon commentaire devait se situer dans le billet « Des sorties comme s’il en pleuvait ! », mais comme Styx a répondu ici…

    Commentaire par Chaton Fripon — 25 janvier 2010 @ 14:50 | Réponse

  3. J’ajoute quelques lignes

    Ce blog est vivant… et a pris là un détour inattendu. Aventure d’un blog !

    Styx, face à une confrontation ouverte (Paul.D) et à un autre point de vue très intéressant (Thomas), s’est, et c’est à son honneur, réinterrogée sur sa pensée, son écriture, en fait sa façon aussi de voir le monde.

    Je crois, ne la connaissant pas, que c’est un trait de sa personnalité : approfondir, chercher, exprimer au plus juste, être ouverte à la discussion, avec sa touche d’humour.

    Je lis régulièrement son blog depuis quelques mois : je n’ai jamais ressenti dans ses propos sa volonté de s’ériger en critique avertie, en donneuse de leçons ; elle est vigilante.
    Simplement, elle témoigne et fait partager ses passions et ses émotions : et quand elle écrit elle me donne envie de bouger, rechercher, découvrir !

    Alors, la réponse de Styx, et ce, directement en billet, est visiblement ce qu’il fallait dire…à certains qui visiblement en ont besoin !

    On verra si Paul D. répond…mais j’en doute. Je sais c’est de la provoc.
    Mais c’est trop facile de « tacler » et de dégager en touche.
    Styx a assumé, elle !

    Au fait, moi j’aime les épinards ! ;D

    Murielle

    Commentaire par Murielle — 26 janvier 2010 @ 11:09 | Réponse

  4. Merci les filles pour votre soutien ;-). J’avoue que le commentaire (de Paul D.) m’avait un peu perturbée, me faisant vraiment me demander si je ne passais pas à côté de quelque chose. Maintenant, la politique de la maison, c’est qu’on peut aimer tout ce qu’on veut, l’important étant de ne forcer ses choix sur quiconque (un peu la définition de la liberté de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »)

    Ici, c’est un espace de liberté donc on peut ne pas être d’accord avec mes choix esthétiques. La preuve, j’ai accepté que ce commentaire soit mis en ligne. On peut dès lors me le dire en argumentant, mais le ton doit rester civilisé.

    Je continuerai donc mes petits comptes-rendus et la semaine prochaine sera chargée !

    Commentaire par Styx — 26 janvier 2010 @ 22:36 | Réponse


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