Au bord du Styx

24 novembre 2009

Simplement Divine

Filed under: Compte-rendu,Opéra — Catherine @ 14:11
Tags:

Cecilia Bartoli sur le toit du Théâtre des Champs Elysées (Pour un article de Paris Match)

J’avais tranquillement commencé ce billet lundi quand mon ordinateur m’a soudain abandonnée. Je l’avais depuis près de huit ans et j’avais l’intention d’en changer. Et un pressentiment m’avait fait faire un back-up du disque il y a dix jours donc je n’ai pas tout perdu.

Ce qui m’ennuie le plus, c’est que comme je n’avais plus de connexion dans l’après-midi, j’avais repris l’écriture du Chevalier et j’avais écrit deux bonnes pages qui, elles, sont perdues.

J’ai réussi à brancher mon Notebook donc je ne suis pas entièrement coupée du monde (LOL) mais ce billet est mis en ligne ce mardi depuis depuis mon bureau.

Par contre, j’ai quelques mails auxquels je n’ai pas répondu dont un reçu samedi qui m’a beaucoup touchée (en commentaire à Adieux anticipés) et là, je n’ai pas d’adresse pour répondre : désolée.

Mais parlons du concert !

Le Concert de Dimanche est le genre d’évènement qui peut me faire croire à l’existence de Dieu ou à son inexistence, à l’instar de la philosophie bouddhiste : Des hommes êtres humains qui peuvent créer tant de beauté (et autant d’horreur par ailleurs) ont ils vraiment besoin en plus de(s) dieu(x) ?  Mes excuses à ceux que ça peut choquer, je ne fais pas de prosélytisme et je ne reviens plus sur ce point.

Donc j’ai enfin pu entendre Cecilia Bartoli dans sa tournée de concerts à la suite de la sortie de son nouveau disque Sacrificium.

Elle était pour deux soirs au Théâtre des Champs Elysées accompagnée par Il Giardino Armonico dirigé par Giovanni Antonini avec qui l’album a été enregistré.

Elle est entrée sur scène enveloppée d’une grande cape noire à doublure rouge vif, coiffée d’un petit tricorne à plume et les mains gantées de cuir rouge. Elle nous salua d’un geste ample qui n’aurait pas déparé à Versailles dans la première moitié du 18ème siècle. La cape laissait voir des bottes montantes et une jaquette en velours noir d’où dépassait le jabot d’une chemise blanche.

Au fur et à mesure du concert, elle laissera tomber la cape, puis la jaquette, puis le gilet.

Avant de revenir en scène dans la tenue ci-dessus.

En suivant ces liens, vous aurez différentes vues de son costume de scène :

quelques photos du concert de vendredi par un autre fan (merci à Flo et Anik pour le lien)

Lors du concert, elle a interprété 9 airs extraits de Sacrificium et 3 autres en plus : « Cervo in bosco » extrait de Medo et « Quanto invidio la sorte… Chi vive amante » extrait de Alessandro nelle Indie tous deux de Leonardo Vinci et « Chi non sente al moi dolore » extrait de Merope de Riccardo Broschi

(les airs non repris de l’album sont les pistes 2, 8, 10 et 11).

Il Giardino Armonico a également interprété plusieurs morceaux de la même période  et parfois des mêmes compositeurs pour permettre à Cecilia Bartoli de souffler un peu.

Car s’il y a bien quelque chose qui m’a frappée (mais je ne vais pas dire étonnée), c’est l’effort physique qu’a donné CB.

J’étais plutôt bien placée, dans une loge de côté avec une bonne vue sur la scène. Je voyais C Bartoli légèrement de côté.  Dès son entrée en scène, se présence est indéniable. Elle est là, chez elle et heureuse. Elle a pris possession de la scène à grande enjambées et coup de menton volontaire et la salle lui était acquise.

Les différents morceaux ont été joués en plus d’être interprétés, n’hésitant pas à jouer la comédie, à hurler une phrase à un moment qui l’exigeait. Elle était à 100 % dans chaque morceau.

Comme je l’ai disais plus haut, j’ai  vraiment remarqué  l’engagement physique de l’artiste. et j’avais une bonne vue sur la scène. Je pouvais voir sa main droite qu’elle gardait le long du corps. Parfois, la main était au repos, parfois les doigts se tendaient comme s’ils jouaient leur propre musique et parfois, il y avait une légère crispation qui annonçait une nouvelle tension dans tout le corps avant qu’elle ne se livre à  un passage exigeant encore plus de virtuosité.

On retient de l’écoute de Sacrificium tous ces morceaux de bravoure, mais il faut se souvenir qu’ils ont été enregistrés sur plusieurs jours, en gardant la meilleure prise et en laissant à l’artiste le temps de souffler à chaque fois. Un récital, c’est un marathon où le droit à l’erreur n’existe pas.

Et il n’y a pas eu d’erreur. Elle a fini la première partie sur « Cadro, ma qual si mira » et a eu droit à trois rappels avant l’entracte. Le public était debout.

La deuxième partie a été tout aussi enthousiasmante, achevant le concert sur « Nobil onda » de Porpora. Là encore, plusieurs rappels et salle debout, mais la cantatrice fit rapidement signe qu’il n’y aurait pas de bis. Et l’on pouvait voir la fatigue sur son visage. Mais en sortant du théâtre, j’ai réalisé que le concert avait duré 3 heures tout compris.

Une très bonne mention à l’orchestre qui, outre son talent que l’on a pu apprécier lors des intermèdes musicaux, a su se faire oublier quand Cecilia Bartoli chantait : il soutenait, accompagnait, mais ne recouvrait pas la voix.

Quant à Cecilia Bartoli, elle s’est donnée à fond, passant de la gaité à la mélancolie, de la fureur à la passion avec la même sincérité, prenant à bras le corps les difficultés techniques de chaque morceau sans lâcher prise.

Cependant, elle ne souhaitait pas juste aligner les défis techniques et elle a interprété chaque morceau avec une sensibilité que l’on ne discerne peut-être pas toujours dans un enregistrement au son calibré.

Ce n’était pas juste un bel écrin pour mettre son talent en valeur (talent indéniable bien sûr), c’était vraiment une tentative pour faire découvrire des répertoires, des oeuvres inconnus, oubliés parce que des artistes, tels ceux qui  ont créés ces oeuvres, n’existent plus. (Je ne sais d’ailleurs pas s’il faut rire ou grogner au jeu de mot utilisé par l’article de Paris Match (à qui j’ai piqué la photo en tête de ce billet) qui écrit Castrat Diva… mais bon, c’est Paris Match… on peut pas trop leur en demandé).

Cecilia Bartoli revient à Paris, à Playel en février pour deux représentations  de Giulio Cesare de Haendel en version  concert avec une affiche éblouissante, mais là, il n’y a plus de place. Il faut vraiment que je me prenne des abonnements la saison prochaine.

That’s all, Folks !

If somebody wants  a translation of this post in english, let me know in the comments section and I’ll work on it asap.

Publicités

6 commentaires »

  1. Enough awful school French to get the gist… big smiles all round then 🙂

    O god Christie and Stutzmann and Bartoli in Paris, it’s a dream – sadly one I can’t make as I’ll be off to Zurich for a week that month which is about as much leave from Mummy duty as I can manage in a single month!

    Thanks Styx…!

    Course an English translation one of these days would be lovely, my French will not extend as far as the subtleties of expression I am sure you employ!

    Commentaire par puritymccall — 24 novembre 2009 @ 14:18 | Réponse

    • About the other concert,you shouldn’t have any regret : it’s all booked and I didn’t manage to get a ticket.

      And OK, I’ll work on a translation in the coming days. 😉

      Commentaire par Styx — 24 novembre 2009 @ 20:41 | Réponse

  2. Ce devait être un « en-chant-ement » ! Musique et Voix Vivantes

    Une chroniqueuse sur Radio Classique témoignait du même ressenti que toi… un moment rare.
    Alors pourquoi j’y étais pas, moi !

    Et intéressant l’utilisation du vocabulaire religieux : qu’est -ce que de tels moments touchent en nous ?
    L’âme peut être ?

    Et un clin d’œil pour retrouver la trace d’une adresse mail … 😉

    Commentaire par Murielle — 25 novembre 2009 @ 23:55 | Réponse

    • Pourquoi tu n’y étais pas ?

      Euh… Je reconnais avoir de la chance de vivre à Paris, même si tout le monde ne vois pas ça comme ça. Mais moi, je suis une vieille parisienne (4e génération de parisienne même sur une des branches de ma famille).

      Quant au vocabulaire religieux… j’imagine que face à tout spectacle extra-ordinaire (que ce soit un paysage, une manifestation artistique), on se remet en cause (et on peut soit remercier (les) Dieu(x), soit s’émerveiller devant le génie humain). J’avoue que l’art m’amène toujours à philosopher. 😀

      Commentaire par Styx — 26 novembre 2009 @ 21:13 | Réponse

  3. Je l’ai vue sur le plateau de Ce soir ou jamais mercredi dernier, elle est vraiment formidable. Vous pouvez revoir son intervention sur le site culturebox de France 3 :
    http://culturebox.france3.fr/all/17410/Cecilia-Bartoli-sur-le-plateau-de-Ce-soir-ou-jamais-

    Commentaire par Coralie — 27 novembre 2009 @ 14:19 | Réponse

    • Merci pour l’info et le lien. Je viens de réussir à incruster la vidéo sur un autre billet puisque France 3 accepte qu’on diffuse cette séquence. 😀

      Commentaire par Styx — 27 novembre 2009 @ 17:36 | Réponse


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :