Au bord du Styx

24 septembre 2009

No white shirt for the mezzo

Filed under: blabla,Compte-rendu,Musique,Opéra — Catherine @ 12:16
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(In english in the second part of this post, after the picture)

Wow !  Je ne réalisais pas que je n’avais rien mis en ligne depuis plus d’un mois !

Alors… tout va bien. Le mois d’août a été chargé au boulot comme quand votre entreprise ne ferme pas, doit fonctionner presque normalement avec seulement 25 % de son personnel (et quand ledit personnel est normalement inférieur à 10, ça ne fait vraiment pas beaucoup de monde).

Je continue l’écriture du Chevalier, lentement. Vous pouvez remercier Ze Doc (soit Fanfan l’unique) qui m’aide bien à débroussailler les idées farfelues de celles qui sont un peu plus cohérentes.

Et comme dans mon secteur d’activité, on a plus de travail en ce moment, mon boss m’a demandé de travailler un jour de plus, ce que j’ai obtenu de faire depuis la maison, donc un peu moins de temps libre (et un problème d’organisation pour moi, mais pour l’instant, ça marche).

La suite de ce billet a été écrit au brouillon, il y a une dizaine de jours. J’ai promis de le mettre également en anglais et j’y travaille. Mais pas de raison de frustrer ceusses qui causent que le français. 😉

Le titre est un clin d’oeil aux deux sites qui parlent d’opéra et de mezzo et qui se trouvent dans mon blog-roll.

Après deux ans de ma vie mis entre parenthèses, puis 18 mois à essayer de retrouver une forme de normalité, l’un de mes objectifs était de voir un peu plus de spectacles classiques. J’ai bien commencé mon année avec le récital A.-S. von Otter en mai, puis la Compagnie Alvin Ailey en juillet.

Dans les semaines à venir, il va y avoir une double « Flûte Enchantée » au Châtelet (version traditionnelle et une relecture par des artistes sud-africains) et il devait y avoir un récital Cecilia Bartoli, mais je m’y suis prise trop tard pour les billets (je me contenterai de son nouveau CD – MàJ du 26/9/09 : j’ai pu avoir un billet finalement). Et j’attends déjà le mois de mars prochain pour une Pastorale par le Philharmonique de Vienne dirigé par L. Maazel (l’une de mes formations préférée dirigée par un de mes chefs préférés jouant un de mes compositeurs préférés : nirvana assuré !)

Mais j’ai commencé les festivités il y a 10 jours avec la représentation de deux œuvres courtes de Kurt Weill : « Mahagonny Songspiel » et « Les Sept Péchés Capitaux » avec en vedette la mezzo Angelika Kirchschlager.

La découverte de Kurt Weill doit remonter au collège, pendant un cours d’allemand. Sous le charme, je demandais vite conseil à mon cousin pourvoyeur d’opéras, qui ne pouvant plus trouver les disques qu’il voulait, me copia sur une K7 l’Opéra de Quat’sous dans la version enregistrée dans les années 50 par Lotte Lenya, créatrice du rôle à la fin des années 20 et veuve de Kurt Weill. Et cette K7, je l’ai écoutée jusqu’à l’usure. Plus tard, je me suis procuré ce même enregistrement en CD, ainsi que plusieurs autres œuvres créées dans les années 20 et 30 par L. Lenya a et enregistrées par elle dans les années 50.

Suivez ce lien pour avoir une idée ! (on ne peut pas incruster la vidéo)

C’est sûr que sa voix est particulière… Elle a une superbe diction qui me rappelle encore maintenant que j’ai étudié l’allemand à une époque et que malgré mon manque de pratique, je n’ai pas tout oublié.

Donc, en résumé, K. Weill = enregistrements L. Lenya. Et sans contester le droit à d’autres de reprendre certaines des mélodies les plus connues (L’Alabama Song par Jim Morrison ou David Bowie ou Marianne Faithfull et autre Nina Hagen ou M.Manson et n’oublions pas Ute Lemper), il y a quelque chose dans cette première interprétation qui restera toujours à part pour moi.

Donc la représentation plus classique que j’allais voir m’inquiétait un peu. Allais-je réussir à suivre les artistes et faire abstraction de ce que je connaissais et aimais ?

Je vous rassure, l’interprétation « classique » était assez éloignée de ce que j’avais « dans l’oreille » pour pouvoir l’apprécier pour elle-même.

Le décor était minimaliste (quelques bancs de tailles diverses, peints dans des couleurs vives et un fond de scène en cloisonné où des photos et films seront projetés). Les artistes sont habillés dans ce qui peut passer pour des costumes des années 30 ou 40 (version revisitée pour les hommes avec leurs trench-coats ou manteaux de couleur vives et leur chapeaux mous). Pour les femmes, robes et chaussures un peu plus datées années 30, impers en skaï (couleur prune pour l’une et moutarde pour l’autre) et coiffures à la Louise Brooks.

une vidéo des répétitions ici

J’ai trouvé la mise en scène intéressante, expressive, absolument pas statique, parfois à la limite du burlesque pour accompagner les textes de Bertolt Brecht (qui ne faisait pas dans la dentelle dans sa critique du capitalisme, de la bourgeoisie et de la religion).

Il faut noter ici que Les Sept péchés Capitaux, créé en 1933 dans ce même Théâtre des Champs Elysées, est à l’origine un ballet chanté. Il tourne autour d’un double personnage féminin, deux sœurs comme le dit une des chansons ou les deux facettes d’une même femme, interprétés par une danseuse pour celle qui ne voudrait que suivre ses envies et une chanteuse qui rappelle la morale –dévoyée- à sa sœur, la danseuse se rendant toujours finalement à la « raison ».

Dans la représentation de samedi, il n’y avait pas de danseuse, mais un personnage féminin avec la même coiffure à la Louise Brooks, passée en films et photos sur le fond de scène et au cours des divers tableaux, soit la chanteuse, soit sa sœur se confrontaient aux divers péchés.

L’idée était astucieuse et ça fonctionnait plutôt bien. Là où quelques spectateurs n’ont pas suivi, c’est quand la mise en scène a changé la fin : Au lieu d’un dernier « Ja, Anna. » résigné prononcé par la « danseuse », on voit apparaître un revolver et la danseuse se suicide (compte tenu de ce qu’elle a vécu pour honorer la volonté et la « morale » familiale, on pourrait le comprendre, mais c’est tellement à l’opposée de la démonstration de Brecht que… si l’on ne connaît par l’œuvre de Brecht ou qu’on s’en souvient mal et qu’on n’a pas assisté à la conférence d’introduction à l’œuvre avant le spectacle, on n’a plus idée de son principe de distanciation qui veut que le public ne s’investisse pas émotionnellement dans le spectacle, mais conserve ses distances pour réfléchir à ce qu’il voit.)

Au final, outre Angelika Kirchschlager, Graeme Broadbent, basse, a été particulièrement applaudi ainsi que le jeune chef Jérémie Rhorer (ancien assistant de Marc Minkowski et William Christie) à la tête de l’Ensemble Modern.

Par contre, Juliette Deschamps qui a assuré la mise en scène a été huée par une petite partie du public (elle y a répondu par un pied de nez) pendant que le reste de la salle essayait d’applaudir un peu plus fort.

(Mais j’ai lu quelque part que le public du Th. des Champs Elysées était snob ! Peut-être en était-ce une nouvelle preuve.)

Au bout du compte, une agréable soirée qui me fait piaffer d’impatience pour le reste de mes sorties.

That’s all, Folks !

LotteLenya

(…)

After 2 years of my life that weren’t really mine then 18 months to try and put back things in order, one of my goals was to see more classical performances. I had a good start this year with Anne-Sofie von Otter in May and the Alvin Ailey Dance Theater in July.

In the following weeks, there will be a double Zauberflöte (a traditional one and a south-african one) and a Cecilia Bartoli’s concert (I managed to book a ticket). And I’m waiting for March to hear the Pastoral Symphony by the Wiener Philharmoniker conducted by L. Maazel : one of my favourite Orchestras with one my favourite conductors and one of my top five composers : a promise of nirvana !)

But I began this program last Saturday with two short pieces by Kurt Weill : « Mahagonny Songspiel » and « Die sieben Todsünden » starring the mezzo Angelika Kirchschlager.

I discovered Kurt Weill in junior high school during a german class. Under the spell of this music, I talked to one of my cousins (who provided me with everything opera) and who gave me for the following Christmas a tape of  « Die Dreigroschenoper » recorded in the 50’s with and supervised by Lotte Lenya who had created the part in the 20’s  and was Kurt Weill’s widow. And I listened to this tape until it was impossible to hear anything but some noise.

Later, I bought the CD and some of the other Lotte Lenya’s  recordings of K. Weill’s music.

Follow this link if you don’t know what I’m talking about ! (It can’t be embedded.)

OK, the voice is really apart, but the diction is great and reminds me that I studied German at one time in my life and in spite of a great lack of practice, I still understand some bits here and there.

So to make short, for me, K. Weill = Lotte Lenya’s recordings!

And if I don’t contest the right of other singers to sing K. Weill as the Alabama Song of Jim Morrison, David Bowie or Marianne Faithfull, Nina Hagen or M. Manson and don’t forget Ute Lemper, there always will be something in this recording that will set it apart for me.

So I was a bit wincing as I was waiting for a classical rendition.

But there was no reason to worry. It was very different from what I knew and I managed to enjoy myself without any trouble.

The sets were minimalist: just a few benches of different lengths and in joyful colours and the back of the stage in white for the screening of short movie scenes and photographs.

All the artists wore some kinds of 30’s or 40’s clothes: some long coats (in red, blue, green) and fedoras for the men, 30’s dresses and shoes, raincoats in imitation leather (plum and mustard) and wigs ala Louise Brooks.

a video here

I found the staging interesting: the artists were all expressive, no static at all. It was sometime almost burlesque to go with the words of Bertolt Brecht who didn’t hold anything in his critic of capitalism, bourgeoisie and religion.

At this point, I have to explain that « Die sieben Todsünden » were created in Paris in 1933 in this same Théâtre des Champs-Elysées and was a ballet chanté (sung ballet). At the centre of the story are two women, two sisters or one woman with split personality. The dancer wants to follow her dreams, but the singer is here to remind her of their duties toward their family (to bring back enough money to build a house in Louisiana).

In this staging, there was no dancer but some movies or photographs of a woman with the same Louise Brooks hair-do and it was the singer (AK) or her double who had to live or survive through the different sins.

I thought that this part of the staging was really clever and it went well with the libretto.

What didn’t go as well for some part of the audience was the ending (well… I think it was the ending). In place of a last resigned « Ja Anna », the Anna on film committed suicide. In our politically correct world, we may understand. After everything she endured, against her own will, she hadn’t anything left.

But it went against everything B. Brecht advocated in his writing. He wanted the spectators to keep some distance from the actors and to not involve themselves emotionally in the story in order for them to think about what they were seeing (to stay short : how bad is capitalism !!) 😉

When it was time to show our appreciation to the artists, Angelika Kirchschlager and Graeme Broadbent, bass, were warmly applauded. So was the young conductor, Jérémie Rhorer (former assistant of Marc Minkowski and William Christie) conducting the Ensemble Modern.

But when AK called Juliette Deschamps, the Director, on stage, a small part of the audience booed as the best part of the spectators tried to applaud louder.

Her only reaction was to laugh and to make grimaces at the unhappy people.

(But I read somewhere that the Théâtre des Champs Elysées’ audience is snobbish. It was maybe another proof of that fact)

My conclusion ? A very nice evening and I can’t wait for my next classical night out.

That’s all, Folks !

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9 commentaires »

  1. wahoo le retour de styx

    Commentaire par mouse — 25 septembre 2009 @ 19:46 | Réponse

  2. Quel plaisir de trouver une blog lez intelligent…

    A propos: Je viens de decouvrir qu’il restent encore quelques billets pour le concert Bartoli le 22 novembre TCE 1 a 3 categorie. J’avais le plaisir d’entendere le programme deja une fois et c’est incomparable audacieux et emouvant…

    Commentaire par flo — 26 septembre 2009 @ 12:00 | Réponse

    • Merci pour l’info : je viens de réserver ma place. J’avais vu que c’était complet vendredi soir et j’en avais déduit que c’était pareil dimanche. Mais il ne reste vraiment pas beaucoup de place.

      Quant au blog lez intelligent… j’essaie 😉 mais il y en a quand même un peu sur le Net, non ?

      Merci d’avoir laissé un mot.

      Commentaire par Styx — 26 septembre 2009 @ 22:03 | Réponse

      • Oui – for music it’s eye bags and se vuoi pace …

        Enjoy the concert !

        Commentaire par flo — 26 septembre 2009 @ 22:58 | Réponse

        • Of course, there’s Eye bags and Se vuoi pace… 😉

          Commentaire par Styx — 27 septembre 2009 @ 10:43 | Réponse

  3. Merci Styx – c’est merveilleux! Quelle revue évocatrice, et naturellement le détail de costume est très intéressant pour moi au moins 🙂

    Oh dear, you and flo getting to see La Bartoli, well my jealousy is at least tempered by the knowledge that there’s a good chance of 2 excellent, fair and balanced accounts of her performances on the horizon. Et oui, je suis avec Flo, votre blog est merveilleusement interesant (et très bon pour mon mauvais Français!). So glad you are getting more and more opportunity to indulge your passion for music, especially if it means more reviews like this! Looks like I’ll be in Paris in January (hoping to catch Kasarova if cheap tickets can be found) and would be lovely to catch up for a coffee (with the euro – pound rate the way it is I think whisky in Paris will be a thing of the past for some time to come!!)

    Commentaire par puritymccall — 27 septembre 2009 @ 09:15 | Réponse

  4. Speaking of Idoménée in January, I know that your main interest is VK but did you see that it will be without Villazon (because of surgery) and Netrebko ? And do you have an idea of when you’ll be in Paris (in order for me to find my own ticket) ?

    And don’t worry about the euro-pound rate. We’ll find a way… 😉

    Commentaire par Styx — 27 septembre 2009 @ 11:03 | Réponse

  5. Yeah, actually that’s what made me think of coming; I have to be in Paris for work anyway around then but with Netrebko and Villazon had thought no chance of cheap tickets, but now looks more hopeful! Was looking at Saturday Jan 23rd though booking not open yet so not sure what chances are really . And a certain tender smile is hoping to come too .. I think this could qualify as an actual gathering of the White Shirt clan, must alert Anik 🙂 But VK or not I’ll be in town that weekend so would be great to meet up.

    Bit nervous though of that mean Paris audience and VK… It’s odd, in Switzerland and Munich the audience and the critics love her, in Paris the audience is hostile, in UK the critics (though audience love her)… Ah well, she was never going to be a ‘safe’ singer I guess.

    PS If you could manufacture a French banking crisis the week before I’d appreciate it 🙂

    Commentaire par puritymccall — 27 septembre 2009 @ 12:00 | Réponse

  6. January the 23rd looks good to me whatever happens with the ticket or not question. And if we get tickets and the french publlic is too nasty, we’ll just have to be louder.

    As for the French banking system, we’ve been hearing for a year now from our omni-president and others ministres that they were solid as rocks so a crisis in doubtful. Or it’ll have been manufactured by the own stupidity of these said bankers. 😀

    Commentaire par Styx — 27 septembre 2009 @ 12:32 | Réponse


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