Au bord du Styx

25 mai 2009

Traduction – Light Up (Bêta – 7/11)

Version complète et relue dans les Archives ici

Je me suis bien concentrée ce week-end et ça me permet de mettre en ligne la partie suivante. Je n’ai pas spécialement pour objectif de finir la traduction avant de partir en vacances, mais si ça avance bien, je mets les parties en ligne au fur et à mesure de leur achèvement.

Vu hier sur Arte (après le film) un documentaire très intéressant sur la photographe Annie Leibovitz (que j’apprécie tout particulièrement depuis fort longtemps) et en cherchant un peu, j’ai découvert que ce documentaire allait sortir en DVD (sous le titre « Life through a Lens ») le mois prochain pour ceusses que ça intéresserait et qui l’aurait manqué hier.

Et maintenant, lecture !!

Fin de la 6ème Partie

Miranda se tint bouche bée alors que ses filles partageaient un sourire complice et qu’Andrea lui faisait un clin d’oeil. A ce moment, son inquiétude disparut.


7ème partie

Bien que Miranda soit plus calme qu’elle ne l’avait été de toute la journée, elle fit les cent pas au pied du lit où un chirurgien finissait de poser les derniers points de suture. Elle avait du mal à regarder les blessures même s’ils avaient donné un anesthésique à Andrea. Andrea la regardait tout en tenant un sac de glace sur son oeil abîmé. « Tu grelottes. » dit Andrea et le médecin jeta un coup d’oeil avant de reprendre sa tâche.

Les pieds de Miranda étaient comme deux blocs de glace et ses cheveux mouillés par la neige n’avaient pas séché bien qu’il fasse plus chaud à l’hôpital que dans l’ambulance.

« Tu devrais te changer. »

Avec un petit rire, Miranda dit, « Je n’ai pas emmené de chaussures de rechange, malheureusement. »

« Nous pouvons vous passer des chaussons jetables, » proposa le médecin.

« Non merci, » répondit Miranda, un sourcil levé. « Nous serons bientôt rentrées. »

« Je ne veux pas avoir survécu à une prise d’otage pour te voir mourir d’une pneumonie, Miranda, » gronda Andrea.

Si cela n’avait pas été pour les quarante photographes en dehors de l’hôpital, Miranda aurait peut-être accepté, mais elle avait assez à s’occuper maintenant qu’ils avaient compris qu’il se passait quelque chose. Elle ne voulait pas penser aux gros titres que ça pourrait faire. « Ne t’inquiète pas pour moi, Chérie. Je suis plus résistante que je n’en ai l’air. »

« Comment as-tu fais pour passer au-delà de la barrière réservée à la presse ? » demanda Andrea. « Tu semblais être avec un groupe de flics. »

Miranda jeta un coup d’œil au médecin, sachant qu’il écoutait. « Je te raconterai plus tard. » Il y aurait assez de leur histoire dans les journaux : le monde n’avait pas besoin de connaître tous les détails. Peu après, alors que le médecin enveloppait de gaze les coupures, Miranda entendit des voix affolées provenant du couloir. Les yeux d’Andrea s’éclairèrent et Miranda alla à la porte pour faire signe à ses parents d’entrer. « Ici, » dit Miranda reconnaissant le couple d’après des photos qu’Andrea lui avait montrées.

Le couple se précipita en avant et dépassa Miranda dans la chambre et jusqu’au lit où ils étreignirent leur fille. En quelques secondes, tous pleuraient et Miranda sentit également quelques larmes lui piquer les yeux. Se sentant mal à l’aise, comme si elle était de trop, elle recula pour sortir de la chambre quand elle entendit Andrea l’appeler. « Miranda, viens-là ! »

Trois visages la regardèrent avec attention. Miranda jeta un coup d’œil au médecin qui traduisit correctement le message muet en « Sortez ! » et se retira.

« Ainsi voici la mystérieuse ‘M’ dont tu nous as parlé tout ce temps, » dit Charles. « Je pensais que c’était un raccourci pour ‘Emma’ ou ‘Emily’. »

Miranda, surprise, regarda Andrea. Elle ne savait pas qu’Andrea avait dit quoique se soit à ses parents sur le fait qu’elle fréquentait une femme. « Ouais. Je pensais que vous piqueriez une crise si vous saviez, euh…à propos de tout ça, » dit Andrea.

« Tu aurais eu raison, mais je pense que nous sommes prêts à laisser ça de côté aujourd’hui, » dit Isabelle Sachs. La mère d’Andrea s’approcha et tendit ses mains, que Miranda accepta. « Merci, Miranda. » Puis Miranda se retrouva au milieu d’une chaleureuse étreinte de quelqu’un très proche de son âge et qui ressemblait beaucoup à Andrea. « Je suis si heureuse que vous soyez là pour elle et pour vous être occupée de nous. Je ne peux pas vous dire comme ce que vous avez organisé pour nous a été utile. Emily a été une véritable envoyée du ciel. »

Miranda dut s’éclaircir la voix avant de parler. « J’avais peur que la météo ne retarde votre vol. »

« Nous n’avons eu aucun problème. Et recevoir ce message d’Andrea… Mon Dieu ! C’était un miracle. Je crois que le personnel de bord a pensé que nous allions arracher la porte de l’avion pour être ici plus vite. »

« J’en suis sûre, » dit Miranda, en tapotant maladroitement la main d’Isabelle.

« Venez vous asseoir ! Vous devez être épuisée et vos mains sont gelées. » Isabelle conduisit Miranda à côté du lit et la força presque à s’asseoir. Andrea essuya ses yeux et caressa la jambe de Miranda.

De l’autre côté du lit, Charles Sachs tendit la main pour toucher le bras de Miranda avec un peu d’incertitude. « Merci, » dit-il, ayant toujours un peu de mal à se contenir.

Miranda lui répondit d’un signe de tête. Elle ne comprenait pas pourquoi ils étaient si reconnaissants. Elle n’avait pas été celle qui avait sauvé Andrea, elle n’était que celle qui s’était arrangée pour qu’une voiture aille les chercher à l’aéroport.

Charles serra Andrea contre lui une fois de plus en faisant attention à son bras blessé. « Mon bébé, » dit-il. « Je suis si soulagé. Je ne sais ce que nous aurions fait. »

Miranda savait ce qu’il ressentait.

« Je vais bien, Papa. » Andrea essuya son nez avant de s’appuyer contre son torse.

Ils restèrent assis ensemble tranquillement, sans dire un mot. C’était étrangement paisible malgré l’odeur de désinfectant dans l’air et l’agitation bruyante au dehors de la chambre. Au bout d’un certain temps, on frappa  à la porte et l’inspecteur Rodine passa la tête dans l’entrebâillement. « Désolé de vous déranger, » dit-il. « Mais j’ai besoin de parler à Andy. »

Charles et Isabelle se regardèrent pendant que Miranda jetait un coup d’oeil à Andrea. Leurs regards se croisèrent et Andrea fit oui de la tête. « Très bien, » dit Miranda doucement. « Entrez, Inspecteur ! »

« Miranda peut-elle rester ? » demanda Andrea.

« Bien sûr. Je ferai en sorte que ce soit le moins pénible possible. »

Charles et Isabelle n’avaient pas envie de sortir, mais Andrea agita sa main. « C’est bon. Je peux tout vous raconter après. Je pense juste… que ça serait mieux si je faisais ça de mon côté. »

Charles embrassa Andrea sur le haut de sa tête. « On ne fera pas de bruit, » dit-il, plein d’espoir.

« Non Papa. Je peux y arriver. Miranda sera là. »

Miranda ne savait pas trop quoi dire à ça. Pourquoi ce privilège lui avait été accordé et non aux parents d’Andrea était un mystère ? Ils sortirent silencieusement et Isabelle fit un triste sourire à Andrea. « Nous serons juste dehors, » dit-elle.

« Merci, Maman. »

Miranda prit un siège à côté du lit et l’inspecteur s’assit à sa droite. « Je ne voulais pas qu’ils entendent tout, » dit Andrea doucement. « Mon père s’inquiète assez comme ça. Cela va leur rendre les choses encore plus difficiles. »

« Oh ! » fit Miranda. Elle n’avait pas pensé à ça. C’était bien d’Andrea de s’inquiéter plus pour ses parents que pour elle-même.

Rodine installa un dictaphone numérique pour prendre sa déposition et donna toute une série de renseignements pour son propre dossier. « Commençons ! Comment votre journée a-t-elle débuté ? »

Les yeux d’Andrea s’écarquillèrent en entendant la question et Miranda détourna son regard quand elle se souvint du début de sa matinée. Elles avaient fait l’amour moins de douze heures auparavant. Cela paraissait déjà faire un mois. Andrea s’éclaircit la gorge en rougissant légèrement. « Vous voulez dire… quand je suis arrivée à la maison ? »

« Bien sûr. Ca marche comme ça. »

Andrea prit une profonde inspiration et commença. « Eh bien… Je sis passée prendre de quoi faire un petit-déjeuner pour Maria et les enfants et je les ai retrouvés chez eux. Nous parlions de tout et de rien, vous savez ? Joey et comment elle voyait l’avenir. Elle était nerveuse et elle espérait qu’il la laisserait tranquille puisqu’ils avaient rompu avant qu’il aille en prison. Pedro jouait dans son berceau et Lucy faisait un puzzle dans un coin, puis nous avons entendu ce fracas. Joey est arrivé par la porte de derrière, il avait dû sauter la palissade. Qu’importe ! Il avait l’air… épouvantable. Comme s’il allait tuer Maria là, tout de suite.

Miranda prit une profonde inspiration et Andrea chercha sa main.

« Alors il est entré, » encouragea Rodine.

« Exact. Il était là et je n’ai d’abord pas vu son arme parce qu’il l’avait mise dans son dos. Lucy a tout de suite commencé à pleurer et je me suis levée de ma chaise. Et il m’a juste frappée. » Andrea porta la main à son oeil blessé. « Je n’ai jamais été frappée comme ça avant. Cela m’a choquée plus que tout. Je veux dire, tout ça. » Elle secoua la tête. « Cela faisait tellement mal et je ne pouvais pas croire qu’il m’avait frappée là devant les enfants. J’ai grandi avec des parents qui s’aimaient et qui m’aimaient et je n’ai jamais vu mon père lever la main sur quiconque. Ca m’a soudain permis de réaliser ce que Maria vivait en réalité, à cette seconde précise. Et Lucy plus encore. Elle n’a que quatre ans. »

Rodine acquiesça. « Que s’est-il passé ensuite ? »

« Il est allé après Maria. J’ai couru vers la porte de devant et il a pris son arme et a tiré une fois. Si vous allez à la maison, vous verrez une balle dans le mur à la droite du chambranle. » Andrea trembla. « Il a manqué ma tête de trente centimètres. Dieu merci, il était défoncé. »

« OK ! Je vais noter, » dit l’inspecteur et il inscrit ce détail dans son bloc.

Miranda était contente que les parents d’Andrea soient partis. Elle ne pensait pas vouloir en entendre plus, mais elle le ferait. Si Andrea  l’avait vécu, Miranda pourrait supporter d’entendre ce qui s’était passé.

« Alors évidemment, je ne suis allée nulle part et il a flanqué cette étagère devant la porte et il a fermé les fenêtres et tiré les volets et tout. Il nous a fait aller dans un coin avec les enfants et ils pleuraient comme des fous à ce moment et lui criait qu’ils la ferment, juste qu’ils la ferment, » répéta-t-elle comme si elle revivait la scène.  » ‘Que ces putains de gamins la ferment, espèce de conasse !’ Il a dit. ‘Bon Dieu, je vais tous vous tuer si ces foutus gamins ne la ferment pas.’  » Les yeux d’Andrea devinrent vitreux et elle cessa de parler. Quand elle ne dit plus rien, Miranda regarda le policier et il fit un signe de tête vers Andrea.

« Andrea, » dit Miranda d’une voix douce.

Cela sembla sortir Andrea de sa transe.

« Oui. Hmm… Alors on a réussi à les calmer et il a commencé à faire les cent pas. Dans un sens et dans l’autre. Puis des flics sont arrivés et il a pété un plomb. Il a tiré un deuxième coup de feu, à nouveau près de la porte et on savait que d’autres policiers allaient arriver. » Elle inspira profondément, puis souffla pour se calmer. « Il ne faisait qu’aller et venir tout en se parlant à lui-même et il se tapait un peu la tête avec le pistolet. Ca a duré un certain temps. Puis le téléphone sonna. » Elle tint serrée la main de Miranda. « C’était la police et il a raccroché immédiatement. Il recommença à faire les cent pas. »

« Quelle heure pouvait-il être ? »

« Probablement onze heures ? Oh oui ! Il devait être tout juste onze heures passées parce que juste après que les flics aient appelé, il a commencé à me poser des tas de questions du style qui j’étais et pourquoi j’étais là. Je lui ai juste dit que j’étais une amie de Maria. Il m’a obligée à lui donner mon téléphone et il l’a écrasé. » Elle croisa le regard de Miranda. « Le nouvel iPhone que tu m’avais donné avec toutes les photos que j’avais prises la semaine dernière. J’aurais dû les sauvegarder. »

« Ce n’est pas grave, » dit Miranda. « Nous aurons plein de temps pour en prendre d’autres. »

L’inspecteur attendit et Andrea recommença. « Je pense que nous sommes restés assis dans le coin pendant au moins une heure pendant qu’il se parlait. Le téléphone sonnait de temps en temps et il ne décrochait pas. Pas à ce moment en tout cas. Finalement, il a allumé la télévision et il a zappé de chaîne en chaîne et puis on a vu le journal télévisé. » Passant une main dans ses cheveux, Andrea soupira. « Ca n’a pas été une bonne chose. Il est devenu fou. Il a cassé tous les plats et les verres dans la cuisine. Il a jeté de trucs contre le mur et le bébé s’est remis à pleurer. Il a crié pendant un moment et il a bousculé Maria. Vous savez, il l’a poussée contre le mur. Je tenais Lucy et il ne s’est pas approché de nous. Enfin… il a laissé la TV allumée et je t’ai vue, » dit Andrea en regardant Miranda. Elle rit. « Je ne pouvais vraiment pas le croire. Tu étais avec  ce flic et je jure devant Dieu, je m’attendais à te voir débouler par la porte à un moment ou à un autre. » Miranda lui sourit. « Comment as-tu fait pour arriver là au fait ? Qui est ce type ? »

« Inspecteur Marcus Samuelson,  » dit Miranda. « Nous nous sommes rencontrés à un gala de charité pour le centre chirurgical Saint Vincent il y a quelques années. A cette occasion, Il avait parlé de son expérience lors du 11 septembre. Nous sommes restés en contact. Principalement quand il doit parler quelque part. »

Miranda ne précisa pas qu’elle établissait tous les ans un chèque à l’ordre du Centre chirurgical Saint Vincent à cause de l’inspecteur Samuelson. « C’est bien, » dit-elle. « Il semble sympa. »

« Oui. »

« Enfin… Il a regardé ça un moment, puis il a changé de chaîne et il a regardé un bout de film. Piège de Cristal passait sur TBS. Peux-tu croire ça ? Je suis retenue en otage par un cinglé et il veut regarder Bruce Willis en train de tuer un paquet de terroristes. Ca semblait… dingue. J’avais l’impression qu’il était fou et je n’étais pas loin de le devenir. Il y a eu une coupure publicitaire et j’ai commencé à lui poser des questions. Des trucs bêtes sur son enfance et son expérience en prison et ce qu’il faudrait pour qu’il nous laisse partir. Il ne disait pas grand chose et je continuais à parler. J’imagine parce que je pensais que ça pourrait l’aider à se calmer et finalement, il m’a juste traînée jusqu’au placard et il m’a jetée dedans. » Andrea s’arrêta alors et porta une main à son front.

Miranda attendit patiemment. Elle regarda Rodine qui était appuyé contre le dossier de sa chaise en plastique, pas pressé. Il croisa le regard de Miranda et lui fit un gentil signe de tête, l’air de dire tout va bien. Après quelques minutes de silence, Andrea releva la tête et essuya quelques larmes. « Tu pourrais croire que je me serais sentie plus en sécurité là, loin de lui, mais c’était bien, bien pire. Je ne sais pas pourquoi. J’étais toute seule. Je ne faisais qu’entendre des cris ou des coups de feu. Et je… Je pensais qu’il pourrait violer Maria. J’étais terrifiée. »

Miranda ravala ses larmes, souhaitant rester forte, mais elle perdit cette bataille et elles se mirent à couler. Andrea ne sembla pas faire attention et elle en fut contente.

« Je ne sais pas vraiment combine de temps j’ai pu rester là, mais ça a semblé durer une éternité. En tous cas, cela dut  être plusieurs heures parce que quand il m’a laissée sortir, tout était presque fini. Quand il a ouvert, il m’a tirée par le bras et m’a jetée en travers de la pièce. Je me suis cognée contre une fenêtre et c’est là que je me suis coupée. » Elle toucha son bras avec précaution. « Le téléphone sonna à nouveau et il a décroché. Pendant qu’il parlait, Maria m’a chuchoté qu’il essayait de négocier sa sortie. Il voulait tout un tas de trucs dingues comme de l’argent et une voiture et des choses qu’il n’aurait jamais. Mais à ce stade, il était désespéré et les policiers lui disaient tout ce qu’il voulait entendre. » Andrea serra à nouveau très fort la main de Miranda. « Puis tout s’est passé en même temps. Il avait son arme et il l’agitait dans tous les sens, se ventant du fait qu’il allait sortir et que Maria n’aurait plus rien de lui après tout ce qu’elle lui avait pris toutes ces années. Et il a pointé l’arme sur elle. Je crois que j’ai peut-être crié ‘Non » ou quelque chose comme ça, mais j’ai entendu ce fracas et deux types sont arrivés par la porte arrière. Je me suis laissée tomber par terre et j’ai poussé Lucy avec moi. Et j’imagine que Joey pointait son arme et ils ont tiré et il est tombé. » Elle prit une autre inspiration. « C’était fini. C’est tout. »

La pièce resta silencieuse jusqu’à ce que l’Inspecteur Rodine parle.

« C’est super, Andy. Vous vous en êtes bien sortie. Vous avez fait tout ce qu’il fallait. » Dans le dictaphone, il dit « Fin de la déposition, Sachs, Andrea ; heure : 18 h 06. » Il l’éteignît et il se leva. « Nous aurons encore besoin de vous avoir et vous devrez peut-être témoigner au tribunal. »

« Pas de problème, » dit Andrea immédiatement. « Je veux qu’il en prenne la perpétuité. »

L’inspeceur Rodine eut un petit rire. « OK. Ne vous inquiétez de rien. Je reste en contact. J’ai vos coordonnées ainsi que celles de Madame Priestly. Vous allez chez elle ce soir ? »

Andrea fit oui de la tête.

« Bien. Je suis content de voir que vous avez votre famille à vos côtés. Et si vous avez besoin de parler ou si vous vous souvenez de quelque chose, n’importe quoi, même le plus petit détail, appelez-moi ! De jour comme de nuit. » Il tendit sa carte. « Mon numéro de portable est dessus. »

« OK. Merci, » dit Andrea. « Vraiment. »

« Pas de problème. Soignez-vous et comme je vous l’ai dit, vous avez fait tout ce qu’il fallait. Prenez soin de vous, toutes les deux ! » Il se leva et Miranda serra sa main.

« Merci, Inspecteur. »

Robine fit un signe de tête et partit.

Miranda attendit que les parents d’Andrea réapparaissent, en vain. Elle regarda autour d’elle sans but jusqu’à ce qu’Andrea se pousse un peu sur le lit et tapote l’espace ainsi libéré près d’elle. A ce moment, Miranda se souvint qu’elles n’avaient pas eu un moment seules depuis le début de cette épreuve. Ce fut un soulagement que de s’installer sur le matelas et de poser ses lèvres sur la tempe d’Andrea. « Je t’aime. » Dit-elle dans un souffle.

Andrea passa un bras autour du dos de Miranda et l’attira dans une semi-étreinte. « Je t’aime aussi. Sais pas ce que je ferais sans toi. Je suis si contente que tu sois là. »

Miranda essaya de se retenir, mais elle se remit quand même à pleurer, cachant son visage dans le cou chaud et salé d’Andrea. Elle sentait la sueur et la peur et d’autres choses sans nom qui continueraient de vivre dans le futur comme des souvenirs de cette journée. Mais elle sentait aussi la vie, ce qui était plus important que tout le reste. Elle ne dit pas à Andrea comment elle avait prié et pleuré et fumé pour faire face à cette journée. Peut-être qu’un jour, elle le ferait. Mais pas ce soir. Ce soir, elle tiendrait près d’elle sa bien-aimée et se compterait parmi les personnes les plus chanceuses au monde.

Par un coup de chance, la soirée s’était mieux passée que dans les rêves les  plus fous de Miranda, malgré le fait qu’elle ait dû supporter deux heures et demi d’une comédie musicale avec Julie Andrews. Elle s’était distraite en travaillant et en écoutant de temps en temps la conversation d’Andrea et des fillettes. Elles l’avaient grandement amusée.

« Le Capitaine est siiiii mignon, » avait murmuré Caroline quelque part au milieu du film.

« Il est vieux, » avait réparti Cassidy.

« Parfois, vieux n’est pas si mal, » avait murmuré Andrea.

« Tu veux dire comme avec Maman ? » avait dit Caroline avec passion. « Elle est bien plus vieille que toi. »

Avec un ton bien plus sage que son âge, Andrea répondit. « C’est un exemple. Mais les gens qui sont plus vieux peuvent être très futés. J’aime bien les gens qui ont de l’expérience. Mais attention, ils ne sont pas toujours aussi gentils que votre Maman. Ils n’ont pas toujours de bonnes intentions alors faites confiance à votre instinct ! Mais le Capitaine von Trapp est vraiment gentil, sans parler de très mignon ! » Elle rit et les fillettes gloussèrent avec elle.

Plus tard, Andrea embrassa les filles pour leur souhaiter bonne nuit quand elles allèrent se coucher et dit « A demain matin ! »

Elles se donnèrent des petits coups de coude et quand elles embrassèrent Miranda, Cassidy murmura. « Elle est OK, M’man. »

« Va au lit ! » Répondit Miranda.

Quand Andrea la rejoignit sous les draps peu après, son visage portait une expression de suprême satisfaction. « Je m’en suis bien sortie, n’est-ce pas ? »

« Mm-hmmm, » dit Miranda sans la regarder.

« N’es-tu pas désolée de ne pas m’avoir fait confiance ? »

« Pas vraiment. Je voulais être prête. Juste pour le cas où. »

« Beaucoup d’inquiétude pour rien. Et comme je n’en ai jamais l’occasion, laisse-moi dire ‘je te l’avais bien dit !’ « 

« C’est la première et la dernière fois que tu es autorisée à dire une telle chose, » dit Miranda d’une voix traînante. Elle attira Andrea vers elle et glissa un genou entre ses jambes nues.

 » Pas de problème. Une fois me suffit. Je savourerai ce souvenir pour le restant de ma vie. »

Miranda mordilla sa clavicule. « Arrogante friponne ! » grommela-t-elle, mais la douceur de la peau d’Andrea l’encouragea à renoncer à sa prétendue irritation. Elle lécha le long du cou d’Andrea jusqu’à sa bouche avant de dire « Joyeux Anniversaire ! »

« Merci. » Andrea fit courir ses mains le long du dos de Miranda jusqu’à son derrière où elle commença à faire remonter le long du corps, centimètre par centimètre la chemise de nuit argentée. « Quand puis-je ouvrir mon cadeau ? » dit-elle dans un souffle, les lèvres pleines et entr’ouvertes.

« Maintenant pourrait être un bon moment, » répondit Miranda en tendant la main vers la table de chevet pour prendre une boîte enveloppée de papier argenté et d’un nœud.

« Ce n’est pas vraiment ce que j’avais en tête, » répondit Andrea en boudant.

« Patience, ma Chérie ! »

Andrea déballa la mince boîte et ouvrit le papier de soie qui recouvrait une simple feuille de papier. Elle lut à haute voix : « La présente vous donne droit à vous et l’invité de votre choix à un séjour de trois nuits au Mandarin Oriental pour un week-end romantique de remise en forme comprenant massages côte à côte, traitement à la pierre chaude, manucure, pédicure, soins du visage et tout autre traitement de votre choix. Profitez de votre séjour dans notre luxueuse suite avec vue sur Central Park West, avec sa cheminée, sa cuisine pour gastronomes, son sauna privé et sa vue incroyable sur la ville et le parc. » Elle tapota son menton avec la boîte. « Mmm… Je ne sais pas qui je devrais emmener. Lily adorerait les massages, mais Doug a toujours voulu un traitement à la pierre chaude… »

Miranda la fit rouler et bloqua ses deux bras contre le lit. « Prends ton temps pour décider, Très Chère. Je ne suis pas pressée. »

Andrea sourit d’un air séducteur. « Le premier week-end que tu as de libre, considère que tu es occupée ! »

« C’est mieux comme ça. » Miranda baissa la tête et l’embrassa lentement.

« Maintenant, puis-je ouvrir mon cadeau ? »

La chemise de nuit de Miranda fut alors relevée, puis enlevée et elle ne fit pas attention à l’endroit où elle tomba une fois qu’Andrea l’eut jeté à travers la chambre.


8ème partie

Enveloppée autour d’Andrea en toute sécurité, Miranda ne fit pas attention quand les parents d’Andrea revinrent. Elle ne remarqua pas quand ils se tinrent juste à l’entrée de la chambre. Mais d’une certaine façon, l’atmosphère changea et Miranda sut immédiatement pourquoi.

(à suivre)

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