Au bord du Styx

22 mai 2009

Traduction – Light Up (Bêta – 6/11)

Version complète et relue dans les Archives ici

La suite

Light Up

Fin de la 5ème partie

Miranda espéra qu’elle avait raison. Mais au lieu de laisser l’inquiétude gâcher sa soirée, elle s’assit sur le canapé et enveloppa Andrea dans une chaleureuse étreinte.

6ème Partie

Andrea semblait perdue quand Miranda s’approcha et elle inspira brusquement quand leurs mains se touchèrent. « Je t’ai vue, » dit Andrea. « Je t’ai vue aux infos. Il avait allumé la TV pendant un certain temps et tu étais dans la foule. Je t’ai vue tout de suite. Tes cheveux, » dit-elle alors que sa voix se brisait. « Je savais que c’était toi. Tu étais comme une balise. Et quand je t’ai vue, j’ai su que ça allait bien se passer. Tu n’accepterais rien d’autre. »

Miranda s’assit avec précaution à côté d’Andrea, prenant délicatement sa main, ne voulant pas l’effaroucher. « C’est vrai. J’aurais vraiment été mécontente. »

Andrea se mit à respirer un peu plus vite. « J’ai vraiment eu peur pendant un moment. J’avais si peur. Il m’a frappée quand ça a commencé et il a frappé Maria aussi, mais ce n’était pas grave. Je veux dire, ça ne l’était pas. J’avais juste si peur et au bout de quelques temps, je t’ai vue. Ca m’a fait me se sentir mieux, même plus tard. Quand… je veux dire, ce n’était pas grave. C’était juste affreux, » bredouilla-t-elle. Sa respiration était rapide maintenant. Elle était en train de perdre le contrôle qui lui avait permis de garder la tête froide au cours des dernières six heures.

Miranda acquiesça de la tête. « Tout va bien, ma Chérie. Tu vas bien. Tu es en sécurité maintenant. »

Le visage d’Andrea se défit alors et elle éclata en sanglots tout en s’appuyant contre Miranda qui la tint tout en caressant son dos et en embrassant ses cheveux. Pendant ce temps, les infirmiers et les policiers essayaient d’avoir l’air occupé à d’autre choses plus importantes.

La neige tombait, plus épaisse maintenant et le bruit autour d’elles commença à diminuer autour d’elles alors que les minutes s’écoulaient. Miranda changea de position, passant ses bras sous la couverture pour pouvoir toucher la peau d’Andrea. Mais quand Andrea eut un geste de recul, Miranda s’écarta. « Quoi ? »

« Rien, » dit Andrea. « C’est juste… rien. »

Mais la main de Miranda revint couverte de sang et son estomac se serra. Immédiatement, elle écarta la couverture et réalisa que le bras gauche d’Andrea était effectivement blessé comme Samuelson l’avait indiqué. Elle ne pouvait pas bien voir les plaies, mais elles étaient là et elles nécessitaient des soins immédiats. « Tu es blessée, Andrea, » dit-elle, incapable d’attendre plus longtemps. « Allons dans l’ambulance… »

« Non ! » aboya Andrea tout en saisissant le col du manteau de Miranda. « Non, je ne veux pas monter. Ils peuvent me soigner ici. N’est-ce pas ? »

« Chérie, il faut aller à l’hôpital… »

« Je ne veux pas monter là-dedans ! » s’écria Andrea, sa voix soudain frénétique. « S’il te plaît, » supplia-t-elle. « S’il te plaît ! »

Samuelson fit le tour pour se retrouver dans le champ de vision de Miranda et il fit un geste de la main invitant au calme.

« OK, » dit Miranda, presque pour elle-même. « OK. Peut-être que nos amis ici peuvent faire quelque chose… » Miranda ne savait pas quoi faire.

« Peut-être que si on allume la lumière à l’intérieur, » dit Samuelson, passant derrière un infirmier et allumant la lumière d’un blanc aveuglant à l’arrière de l’ambulance. « Vous voyez ? Il y a plein de place. Et c’est bien éclairé. Vous pourrez tout voir, mieux encore qu’à l’extérieur. De plus, avec la neige, la nuit va bientôt tomber. Je pense que ce serait mieux ici. »

La respiration d’Andy redevenait normale alors qu’elle jetait un coup d’oeil derrière elle, le regardant d’un air soupçonneux.

« Et il  y a des fenêtres, vous savez. Vous pouvez voir au dehors, » fit-il remarquer.

« Je ne suis pas une imbécile, » dit Andrea, la voix pleine de sarcasme. « Je vais bien. J’ai juste… » Elle ne put finir.

Samuelson l’encouragea de la tête. « Vous pouvez le dire. Allez-y ! »

« J’ai été enfermée dans un placard pendant un bon bout de temps. » Miranda serra sa main un peu plus fort. « Je n’arrêtais pas de lui parler, de lui dire que ce serait mieux de discuter avec les flics parce qu’avec deux cents policiers au dehors, il n’allait pas s’en sortir. Je veux dire… c’était évident, non ? » Elle rit amèrement. « Alors il m’a enfermée dans le placard. Et il a bloqué la porte avec quelque chose. Je ne sais pas quoi. » Quelques larmes s’échappèrent et Andrea les essuya d’un geste furieux. « J’avais peur. Je pensais qu’il allait me tuer à travers la porte. Et qu’il allait tuer Maria et Pedro et Lucy. »

« Mais ils ne sont pas morts, » dit Samuelson. « Ils sont là-bas. » Il pointa du doigt et Miranda se retourna pour voir les trois autres otages ensemble en train de se faire examiner par les SAMU. Un amas de policiers se tenaient également autour d’eux. « Quoi que vous ayez fait ou dit, ça a marché. Cela vous a gardé en vie. OK ? » Il jeta un coup d’oeil à l’autre inspecteur qui n’avait pas dit un mot et qui écrivait des choses sur un petit bloc. « Vous avez noté ? » demanda Samuelson.

L’inspecteur silencieux fit oui de la tête.

Miranda proposa. « Si on s’installait à l’intérieur avec les portes ouvertes ? Tu es en train de saigner. Et il fait très froid. Tu as besoin d’être au chaud. »

A point nommé, Andrea se mit à grelotter. « Tu resteras avec moi. »

« Oh oui ! » dit Miranda. Il faudrait qu’ils la traînent maintenant pour l’éloigner.

« OK, je peux essayer. »

Alors que les ambulanciers aidaient Andrea à monter, Miranda regarda Samuelson qui lui fit un signe de tête en une silencieuse conversation. Des larmes naissantes lui serrèrent la gorge, mais elle les combattit vaillamment.

Après un moment, il regarda dans une autre direction, bougeant inconfortablement dans le froid.

« Vous serez à l’hôpital ? » demanda-t-elle.

« J’ai une autre affaire. Mais je passerai. Plus tard. »

Miranda tendit sa main gauche et Samuelson la serra brièvement. « Merci, » dit-elle.

« Ouais. » Il lâcha ses doigts et regarda vers l’autre inspecteur silencieux. « C’est l’inspecteur Rodine. Il prendra la déposition d’Andy quand elle sera prête. On n’est pas pressé. Mais le plus tôt sera le mieux, tant que c’est frais. C’est bon pour elle et c’est bon pour nous. Elle va avoir besoin de parler. Et trouvez-lui un psy, OK ? »

« Bien sûr. »

« Bien. »

« Miranda ? » appela Andrea d’une voix nerveuse.

« J’arrive, » dit Miranda avant de regarder Samuelson une dernière fois.

« A plus. » Alors qu’il passait à côté d’elle, elle crût qu’il toucha son épaule, mais c’était difficile d’être affirmatif.

De façon peu délicate, Miranda essuya son nez qui coulait avec sa main. Elle devait tout à cet homme. Il était étrange comme une crise pouvait lier à jamais deux personnes en un si court laps de temps.

Mais il n’était pas temps de se plonger dans ses pensées. Andrea avait besoin d’elle. Elle grimpa à l’arrière de l’ambulance et détourna les yeux du sang qui dégoulinait le long d’un bras délicat. Un des infirmiers lui fit de la place près d’Andrea et elle s’assit avec précaution. « Je suis là, Chérie. »

« Miranda, » dit Andrea. « Je vais bien. » Elle semblait presque surprise.

« Oui. »

« Je ne voulais pas mourir. »

« Je sais. »

« Oh merde ! » fit Andrea, réagissant quand un morceau de verre particulièrement douloureux glissa hors de sa chair.

« Désolé, » répondit l’infirmier, qui grimaça par sympathie. « Ecoutez… pouvez-vous boire un peu d’eau ? Je sais que vous n’en vouliez pas, mais ça va aider. Je vous promets. »

Miranda la regarda d’un air encourageant et Andrea accepta la bouteille. Elle but, lentement, pendant que Miranda passait gentiment ses doigts le long du cou froid d’Andrea. « Il faut que j’appelle la maison, et le bureau, et tes parents. »

« Mes parents ? Est-ce qu’ils… »

« Ton rédacteur en chef les a appelés. » Miranda jeta un coup d’oeil à sa montre. « Par chance, ils devraient avoir atterri maintenant. » Elle adressa sa question suivante à l’infirmier. « J’imagine que nous allons à l’Hôpital Presbytérien de New York ? »

« Oui Madame. J’aimerais bien que l’on se mette en route si possible. »

Andrea regarda d’un air tendu les portes de l’ambulance, mais elle accepta. L’inspecteur Rodine ouvrit enfin la bouche. « Je vous retrouverai là-bas. Voici ma carte pour le cas où on ne se retrouverait pas. Il peut y avoir du monde. » Après avoir passé sa carte, il releva le col de son manteau et il s’éloigna dans la nuit.

Quand une infirmière se leva pour fermer les portes, Andrea se raidit, mais Miranda se pencha vers elle. « Je vais appeler tes parents en premier. Si tu veux leur parler, fais-moi signe ! »

« OK. »

Miranda composa le numéro, mais elle tomba sur la boîte vocale. Andrea lui fit signe et elle prit le combiné. Elle grimaça quand elle entendit la voix de son père. « Salut P’pa, » dit-elle d’une voix tremblante. « J’ai été secourue. On va à l’hôpital, mais je vais bien. Appelle ce numéro dès que tu as ce message. Je t’aime. Au revoir. » Une larme coula le long de sa joue quand elle rendit le téléphone à Miranda. « Leur as-tu parlés ? »

« Juste à ton père. »

« Qu’as-tu dit ? »

« Pas grand chose. Il m’a dit qu’il arrivait et où. Maintenant que j’y pense, je dois joindre Emily. » Miranda utilisa le chiffre 3 de sa numérotation rapide et Emily fut en ligne. « Appelez la voiture et dites-leur d’amener les parents d’Andrea à l’Hôpital Presbytérien de New York. »

« Mais elle va bien ? » demanda Emily. « Nous avons entendu aux infos que la police avait tiré sur le preneur d’otages, mais ils n’ont rien dit d’autre. »

« Elle va bien. Un peu amochée, mais elle est vivante et elle va bien. » Le sourire de Miranda   répondit à celui d’Andrea, plus tremblant.

« Oh, Dieu merci ! Nigel, elle va bien. » dit Emily. Miranda crut entendre un « Alléluia » lointain. « Je m’en occupe. »

Un accès inattendu de gratitude emplit le coeur de Miranda. Elle dit doucement. « Merci, Emily. » Pour tout.

Il y eut un court silence. « Je vous en prie. »

« Je reste en contact. Au revoir. » Elle raccrocha et appela immédiatement Caroline.

« Maman ? »

« Elle va bien, » dit Miranda et il y eut une série de cris pleins d’entrain que même Andrea put entendre malgré le petit haut-parleur du téléphone. « Chérie ? » interrompit Miranda.

« Ouais ? » dit Caroline, essoufflée.

« Nous allons à l’hôpital. Je ne sais pas quand je serai de retour à la maison. Elissa va devoir rester. S’il y a un problème, dis-lui de m’appeler.

« Bien sûr, Maman. Elle a déjà dit qu’elle pouvait rester. Quand pouvons nous venir voir Andy ? »

« Je ne suis pas sûre. Nous devrons voir ce que vont dire les médecins si elle doit rester »

« Je ne reste pas à l’hôpital, » dit Andrea d’une voix ferme.

Miranda regarda l’un des infirmiers qui haussa des épaules et répondit. « Elle n’a pas de commotion cérébrale et en dehors de quelques points de suture, elle n’a besoin de rien. »

Cela voulait dire qu’elles pourraient dormir l’une contre l’autre cette nuit. Si elle pouvait seulement dormir.

Cela prit à Miranda une semaine entière pour organiser le dîner d’anniversaire. Lors d’une nuit sans sommeil, elle établit quatre menus différents et se retrouva à comparer l’intérêt de garder les choses simples ou au contraire de plonger dans l’extravagance. Quand elle commença enfin à discuter avec Curtis, elle passa et repassa en revue le moindre détail. « Pas d’oignon rouge dans la salade ou n’importe où ailleurs, » lui rappela-t-elle.

« Oui, Madame Priestly. »

« Et elle est allergique à la chair de crabe, alors pas de fruits de mer. »

« Oui Madame Priestly. »

« Eviter la sauce Worcester ! J’ai lu qu’il pouvait y avoir des anchois dedans. »

« Les anchois ne sont pas des fruits de mer, Madame Priestly. »

Elle plissa ses yeux. « Pas de sauce Worcester. »

Curtis dégluti nerveusement. « Pas de sauce Worcester. »

Cette nuit-là, les jumelles avaient l’air adorable dans leurs robes Ella Moss, similaires, mais pas identiques. Miranda les avait averties d’avoir à bien se tenir et elles firent oui solennellement de la tête. Elle s’était également excusée auprès d’Andrea d’avoir à rester à la maison pour l’occasion. Elle ne voulait pas que les filles ruinent ce qu’elle souhaitait être une agréable soirée. »

Les jumelles n’avaient pas vu Andrea depuis qu’elles les avaient surprises à s’embrasser. Elles n’avaient pas non plus parlé de la nouvelle « petite amie » de leur mère. Miranda était bien plus nerveuse qu’une femme de 51 ans devrait l’être à propos d’un dîner avec les trois personnes qui lui étaient les plus chères au monde. Mais elle était nerveuse. Si les filles n’apprenaient pas à apprécier Andrea, comment le supporterait-elle? Elle pouvait à peine envisager la question.

Elles allèrent toutes s’asseoir pour le repas et Miranda commençait juste à se détendre quand Andrea sursauta sur sa chaise avec un petit cri aigu. Ses yeux étaient écarquillés et elle frotta son arrière-train.

« Quoi ? » dit immédiatement Miranda en soupçonnant un sabotage. Les fillettes tentèrent de prendre un air innocent.

Andrea leva ses sourcils et jeta un coup d’oeil aux jumelles. « Suis-je supposée dire qu’il s’agit d’un rhumatisme ? »

« Quoi ? » répéta Miranda.

« Tu sais, « dit Andrea, tapotant son derrière et s’éclaircissant la gorge. « Rhumatisme. » Elle leva une pomme de pin qu’elle avait pris sur son siège. « Cela vient d’un de mes films préférés. »

Cassidy regarda bouche bée. « Vraiment ? »

« Qu’est-ce ? » dit Miranda en levant la voix.

Andrea roula des yeux et l’ignora. « Bien sûr. J’ai très bon goût. » Elle lança la pomme de pin à Caroline, la bouche grande ouverte, qui l’attrapa. « Quoi ? Vous pensez que personne de plus de 15 ans n’a vu ce film ? Je vous en prie ! »

« Peut-on le voir ce soir ? Maman ne le regarde jamais avec nous » demanda Caroline avec empressement.

« Bien sûr. Cela fait un certain temps. » Andrea se tourna finalement vers Miranda. « Alors, qu’y a-t-il pour dîner ? Je meurs de faim ! »

Miranda se tint bouche bée alors que ses filles partageaient un sourire complice et qu’Andrea lui faisait un clin d’oeil. A ce moment, son inquiétude disparut.

7ème partie

Bien que Miranda soit plus calme qu’elle ne l’avait été de toute la journée, elle fit les cent pas au pied du lit où un chirurgien finissait de poser les derniers points de suture. Elle avait du mal à regarder les blessures même s’ils avaient donné un anesthésique à Andrea. Andrea la regardait tout en tenant un sac de glace sur son oeil abîmé. « Tu grelottes. » dit Andrea et le médecin jeta un coup d’oeil avant de reprendre sa tâche.

(à suivre)

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