Au bord du Styx

3 mai 2009

Traduction – Light Up (bêta – 4/11)

Version complète et relue dans les Archives ici

Bonsoir,

j’ai enfin investi dans un mini ordinateur (un Samsung NC10) qui m’accompagnera en vacances et un peu partout pour pouvoir écrire. J’ai testé cet après-midi chez ma mère où j’ai presque fini la traduction de la 4ème partie de Light Up. Tout semble bien. J’ai fini la traduction ce soir et la voici.

La semaine qui vient va être dure encore. Je retourne bosser demain matin et j’ai hâte d’être à mercredi soir. Enfin, plus qu’un mois avant les vacances…. En attendant, bonne lecture !

Fin de la 3ème partie

Miranda sourit et mordit dans le fruit, savourant le frisson qui parcourut sa colonne vertébrale.

4ème partie

« Je ne veux pas manger. Je ne peux pas. » Miranda détourna la tête : l’odeur du hamburger lui soulevait le cœur.

« Il le faut. Si nous devons rester là toute la journée et toute la nuit, vous allez devenir insupportable et nous allons en souffrir tous le deux. Mangez, Priestly !  Ou vous repartez en ville. »

Elle plissa ses lèvres avant de prendre le sac blanc des mains de Samuelson. Elle le ferait pour Andrea. Et si elle devait vomir, elle s’arrangerait pour que ce soir sur les chaussures de Samuelson. Bien que vu leur aspect, elles avaient visiblement connu pire.

Retournant à son poste sur le capot de la voiture de Samuelson, elle grignota le sandwich, rendue muette quand la faim l’envahit après la première bouchée. Il était déjà 14 h 30. Elle était là depuis plus de deux heures et il ne s’était rien passé. Elle pouvait dire qu’il y avait des conversations téléphoniques entre diverses personnes : les bruits crissants des talkie-walkies étaient partout. Les journalistes se tenaient toujours à proximité et Miranda se demanda si quelqu’un l’avait déjà reconnue. Elle espérait que non. Elle ne voulait pas que les enfants…

Oh, Dieu ! Ses enfants. Et les parents d’Andrea. Ils n’étaient pas au courant !

Rapidement, elle dévora la plus grosse part de son hamburger, ignorant les frites graisseuses au font du sac. Quand elle eut fini, elle prit son téléphone, qui n’avait pas sonné de tout l’après-midi, et appela Emily.

« Trouvez-moi les personnes à appeler en cas d’urgence pour Andrea ! Nous devrions toujours les avoir en mémoire. »

« Oui Miranda. Ne quittez pas ! » Elle écouta leur musique d’attente, étonnée qu’Emily n’ait même pas sourcillé à sa demande. Nigel avait dut lui donner les nouvelles. Il avait dut en parler à tout le monde. Miranda ressentit un soupçon d’insatisfaction. Elle était officiellement sortie du placard, supposa-t-elle. « Je les ai, » dit Emily, interrompant le fil de ses pensées.

Miranda nota sur le sac blanc les numéros de téléphone. « Merci, » dit-elle d’un ton distant, pleine d’appréhension à l’idée de la conversation à venir.

« Comment allez-vous ? Que se passe-t-il ? »

Frappée par l’inquiétude dans la voix d’Emily, Miranda répondit, « Je vais bien. Il faut juste… attendre. »

« Je suis désolée. Nous sommes là si vous avez besoin de quoi que ce soit. N’importe quoi. »

Miranda sentit sa gorge se serer. Elle ne voulait pas d’avantage de cette gentillesse. « Bien. » Elle raccrocha et avala avec effort. Pas de larmes. Pas maintenant. Elle souhaita que Marcus soit de retour et lui ordonne à nouveau de se ressaisir. C’était bien plus utile.

Avant qu’elle craque, elle composa le premier numéro écrit sur le sac sous les mots Charles, portable. Avant que le téléphone ne sonne une fois, un homme décrocha. « Allô ? »  Il était affolé : il savait.

« Monsieur Sachs, Miranda Priestly à l’appareil. Je crois comprendre que vous êtes au courant de ce qui se passe ? »

Il y eut un long silence. « Miranda ? Qu’est ce que c’est ? Pourquoi appelez-vous ? Nous devons garder cette ligne disponible… »

« Je suis près de l’endroit où votre fille est retenue, Monsieur Sachs. Je voulais juste… » Alors qu’elle prononçait ces mots, elle n’était même pas sûre de la raison pour laquelle elle appelait. Pour communiquer avec quelqu’un qui connaissait et aimait Andrea. Pour se rapprocher de quelqu’un dont le monde s’effondrerait s’il lui arrivait quelque chose. « Pour être sûre que vous saviez. »

« Nous avons reçu un appel de son journal. Nous sommes à l’aéroport… notre vol décolle dans vingt minutes. »

« Bien. Est-ce que l’on vient vous chercher à l’arrivée ? La police ? »

« Non. Ils nous ont juste dit d’aller au commissariat… »

J’aurai une voiture qui vous attendra. Quel aéroport, le nom de la compagnie et le numéro de votre vol ? »

« Quoi ? » dit Charles, troublé. « Kennedy et Delta. Attendez Miranda ! Que faites-vous là-bas ? »

Miranda se crispa et espéra que si elle s’en tenait aux faits, il ne poserait pas trop de question. « Andrea et moi sommes très proches, Monsieur Sachs. Nous pourrons en parler plus tard. Mais la chose la plus importante est que vous soyez là. Le numéro duquel je vous appelle correspond à mon portable… appelez-moi dès que vous pourrez. Et s’il se passe quoique se soit, je vous appelle immédiatement. »

« OK, » dit-il. « C’est le vol 132. Et je vous remercie. Je suis content que quelqu’un… soit là pour elle. »

« Je suis là pour elle, Monsieur Sachs. Vraiment là. On reste en contact. »

« D’accord. »

Miranda entendit le clic qui indiquait qu’il avait raccroché et elle prit une profonde inspiration. Elle appela Emily avec les détails du vol des Sachs et de leur arrivée à new York. Emily accepta en toute hâte de s’occuper de tout y compris la réservation d’une chambre d’hôtel. Miranda se proposait de leur offrir des les héberger chez elle, mais elle ne voulait pas assumer qu’ils accepteraient. Surtout si les choses finissaient m… »

Elle retira cette pensée hors de sa tête. Son Blackberry vibra dans sa main, annonçant un message. Elle jeta un coup d’œil et soupira. Caroline.

Maman, que se passe-t-il ? Une de mes copines t’a vue aux infos.

Elle composa le numéro de sa fille qui devait probablement être sortie de l’école et sur le chemin de la maison. Les nouvelles voyageaient si vite à Dalton qu’elle était étonnée de na pas avoir été appelée plus tôt.

« Maman ! »

« Bonjour ma chérie. Cassidy est avec toi ? »

« Ouais. Que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu avec la police ? »

Elle voulait protéger ses enfants de cet incident ; elle-même pouvait à peine supporter l’idée de ce que devait supporter Andrea. Mais il fallait le faire et sinon, elles l’apprendraient en allant sur Internet. Peut-être pourraient-elles lui dire si le nom d’Andrea était cité à la télévision. « Je vais bien. Votre père va bien. Mais Andrea… »

« Est-ce qu’elle couvre ce truc avec les otages ? »

Eh bien, elles savaient déjà ça. Le cœur de Miranda se mit à battre plus fort. Les mots étaient très, très difficiles à dire. « Elle est à l’intérieur de la maison, ma chérie. »

« Que veux-tu dire ? »

« Elle.. » Miranda luta contre la boule dans sa gorge et secoua la tête. « Elle est l’un des otages. »

Il y eut des chuchotements et la voix de Cassidy vint en ligne, un peu plus aigue et un peu plus légère que celle de Caroline. « M’man, Andy est dedans ? Ils disent aux infos que le type est armé et qu’il retient sa petite amie et ses enfants? Ils ne mentionnent personne d’autre. »

« Alors tu ne dois en parler à personne, absolument personne, Cassidy. Ni à tes amies, ni à Elissa. Personne. Est-ce clair ? »

« OK, M’man. Je le jure. » Il y eut encore des chuchotements. « Caroline promet aussi. On veut juste qu’elle aille bien. Que vas-tu faire ? »

« Je vais rester là jusqu’à ce qu’Andrea soit secourue. Et je veux que vous rentriez à la maison et restiez avec Elissa. Vous voulez bien faire ça pour moi ? »

« Oui. » Le tremblement dans la voix de sa fille annonçait l’arrivée, rapide, des larmes. « Maman, tout ira bien, n’est-ce pas ? »

Je vous en prie, Seigneur, laissez-moi répondre avec conviction ! Aidez-moi à croire ! « Bien sûr, chérie. Nous l’aurons très vite avec nous à la maison. »

Cassidy commença alors à pleurer à chaudes larmes et Miranda prie une profonde inspiration tout en essayant de gardant son contrôle. Caroline revint en ligne. « M’man, nous sommes presque à la maison. Tu nous appelle bientôt, d’accord ? »

« Bien sûr. Maman vous… Je vous aime. »

« Nous aussi, on t ‘aime. »

Elle avait essayé de cesser de parler d’elle à la 3ème personne en s’adressant à ses filles, car elles devenaient grandes. Mais c’était difficile de rompre cette habitude, particulièrement maintenant.

La colère l’envahit, l’étouffant par son intensité. Elle souhaitait que l’homme à l’intérieur de la maison, qui qu’il soit, soit tué par la police quand cet incident viendrait à son terme. Elle ne voulait pas aller en prison pour meurtre avec préméditation.

Miranda voulait jeter un objet en verre contre le mur juste pour l’entendre se fracasser. Elle n’avait pas été aussi en colère depuis fort longtemps. Même pas quand Stephen avait tenté de l’accuser d’infidélité pendant la procédure de divorce.

« Je pensais que tu serais prise ! Tu as toujours cinquante invitations ! » hurla Andrea.

Miranda avait horreur des hurlements. Est-ce que cette fille voulait déclancher une guerre. « Change de ton ! J’ai dégagé mon emploi du temps. Pour toi. Je voulais passer la nuit de la Saint Sylvestre avec toi. Et maintenant, tu me dis que j’ai envoyé mes regrets à quatre soirées pour rien. Parce que tu es occupée. »

« Ce n’est rien. C’est juste une soirée avec mes amis. On peut fêter ça plus tard… je pensais que tu avais déjà quelque chose de prévu. »

Miranda expira profondément par le nez pour se calmer. La vérité était qu’elle avait décliné ces invitations parce qu’elle voulait passer le Nouvel An avec Andrea. Elle le voulait terriblement. Elle avait pensé qu’elle l’aurait pour elle seule pour au moins quelques jours. Miranda ayant la garde partagée des filles avec Jeffrey, elle les aurait pour Noël et il les aurait pour le Nouvel An, lui laissant son calendrier ouvert. Andrea devait revenir de l’Ohio le 29. C’était parfait. Mais maintenant, c’était foutu. « C’est… »Elle prononça presque ces mots terriblement cliché ‘notre premier Nouvel An ensemble’, mais elle ferma la bouche. Une pensée lui vint à l’esprit, qui la fit partir dans une autre direction.

Peut-être aimait-elle plus qu’Andrea; Peut-être que les sentiments n’étaient pas retournés aussi profondément. Peut-être n’était-ce qu’une passade. Andrea était si jeune et Miranda n’était que sa troisième relation. Il y avait toujours la possibilité qu’Andrea veuille faire cavalier seul. Voir d’autres gens. D’autres femmes.  Miranda gronda. « Bien. Va avec tes amis ! Ne t’oblige pas à m’appeler, je vois quelles sont tes priorités maintenant. Ne viens pas ce soir ! En fait, ne viens plus !

« Attends une putain de seconde, Miranda ! »

« Je t’ai dit de changer de ton, » fit Miranda. « Mieux encore, cette conversation est terminée. Au revoir. » Miranda raccrocha, ignorant le serrement de son estomac. Andrea lui donnait tant de bonheur, mais ça ne pouvait pas durer. C’était toujours comme ça.  Il valait mieux que ce soit maintenant que plus tard, quand il serait trop tard pour Miranda de s’en sortir avec un semblant de grâce.

Elle regarda sa montre. Il était six heures passées. Elle n’avait pas de projet pour la soirée. Elle allait rentrer chez elle, dîner avec ses enfants, puis boire jusqu’à s’abrutir. C’était la meilleure chose à faire. Elle sortit de son bureau. « Je m’en vais. » Monique se précipita pour prendre le manteau et le sac de Miranda.

Emily sauta de sa chaise, un bloc en main. « Mais les chemisiers de chez Prada viennent juste d’arriver. Devrais-je les apporter chez… »

« Non. Juste le Book. Je m’occuperai du reste demain matin. »

« Mais la séance photo est à 7 heures 45… Comment allez-vous… »

Miranda roula des yeux. « Bien. Allons les voir ! » Miranda passa tout en revue pendant cinq minutes, mais il était difficile de s’intéresser. « Celui-ci pour Janine. Marguerite pour porter le bleu, sauf si elle n’a pas perdu ces deux kilo et demi. Si ça ne lui va pas, vous avez ma permission de la bannir du studio photo. De façon permanente. » Jetant un coup d’œil à Emily, sa bouche forma un rictus. « Et débarrassez-vous de cette ombre à paupière ! Nous ne sommes pas sur le tournage de Priscilla, Folle du Désert ! »

La bouche d’Emily s’ouvrit d’étonnement et elle porta une main tremblante à son front. « Bien sûr, Miranda ! »

Miranda se sentit presque désolée de dire ces mots. Emily avait son propre style. C’était quelque chose que Miranda appréciait secrètement. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, elle en avait horreur. Elle avait horreur de tout et de tout le monde. Elle jeta son manteau par-dessus son épaule et déboula hors de son bureau.

Le trajet en ascenseur fut suffocant. Au dehors, le froid s’abattit sur elle de façon physique, mais la voiture conduite par Roy s’approchait déjà du trottoir.

« Eh ! Eh toi ! » cria quelqu’un. Miranda se retourna et vit Andrea qui courrait vers elle, les cheveux au vent. Avec son jeans et son gros pull, on aurait pu croire qu’elle était en retard à un match de football américain sur un campus universitaire. Encore une bonne raison pour Miranda de s’être réveillée à temps de ce rêve. Cette fille était beaucoup trop jeune pour elle, pour ne pas dire immature. « Je te défie de monter dans cette voiture ! » cria Andrea.

Miranda se dirigea tout droit vers la voiture et monta dedans sans une hésitation. Mais Andrea était trop près et avant que Miranda ait le temps de bloquer la porte, Andrea l’ouvrit avec force, repoussa Miranda et monta à son tour. « Sors de là ! » siffla Miranda.

« Tais-toi ! Roy, vous permettez ? »

« Nan. » La vitre de séparation monta aussitôt.

Quand celle-ci fut en place, Andrea se tourna vers Miranda, son beau visage rougi par la fatigue et le froid. « Bon Dieu, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? »

« Rien du tout. Je viens juste de comprendre ce que notre relation signifiait pour toi. C’est à dire pas grand chose. Tu es libre de faire comme tu veux, Andrea. » Les mots brisaient le cœur de Miranda. Mais elle ne plierait pas. C’était fini.

« Grand Dieu, tu es folle ! Je pensais que je te rendais service. Et tu ne m’as même pas laissé finir ! Je serais venue te retrouver après tes réceptions. Quand j’ai dit plus tard, je voulais dire plus tard dans la soirée, chez toi ou chez moi ou n’importe où. Je veux dire… Je sais que tu ne veux pas qu’on soit vues ensembles… »

« Je n’ai jamais dit, » interrompit Miranda.

« Tu n’as pas besoin. C’est implicite. On ne sort pas. Personne n’est au courant pour nous et ça me convient. Pour l’instant. Alors je pensais que tu sortirais de ton côté et moi du mien et qu’on se retrouverait après pour faire la fête. Faire ce que les gens amoureux font le soir de la Saint Sylvestre. Boire du champagne et faire l’amour et être heureuses. » Elle secoua la tête. « Qu’y a-t-il de si horrible dans tout ça ? »

Miranda avait écouté chacun des mots d’Andrea, mais son attention s’arrêta à deux mots en particulier. Elle essaya de les répéter, mais elle eut du mal.

« Quoi ? » demanda Andrea.

« Amoureux, » Dit finalement Miranda dans un souffle. « Tu as dit des gens amoureux. »

Andrea sembla reconnaître le changement d’attitude de Miranda et haussa les épaules. « Ouais. » Ses lèvres se plissèrent tristement. « Je t’aime. »

« Oh ! » fit Miranda. Quelque chose dans son cerveau n’était pas loin du court-circuit. « Oh ! »

« Sauf que maintenant, c’est plutôt dur. J’ai vraiment, vraiment horreur qu’on me raccroche au nez. Et si tu ne peux pas croire que je préférerais passer le Nouvel An avec toi plutôt qu’avec n’importe qui d’autre, tu es une imbécile. Toute ma vie est organisée autour de ton emploi du temps, Miranda. Même si je n’ai pas beaucoup dormi, ou si j’ai du travail, ou si je suis occupée, ou que ma famille veut me voir. Et maintenant que j’essaie de te laisser faire ce que tu as à faire tout en nous ménageant du temps ensemble, ça se retourne contre moi. » Elle essuya ses yeux. « Pourquoi es-tu si rapide à assumer que je ne veux pas être avec toi ? Est-ce que ce n’est pas ce que tu veux ? » Elle renifla et son visage se transforma soudain. « Est-ce que tu essaies de me laisser tomber ? Je pensais que tu m’aimais aussi. Oh mon Dieu, je suis si bête ! » dit-elle dans un sanglot et elle se mit à pleurer.

« Arrête ! » dit Miranda, posant une main sur l’épaule d’Andrea et relevant son menton de l’autre. « S’il te plaît. Bien sûr. Bien sûr que je t’aime. » C’était bien plus facile à dire qu’elle ne l’avait imaginé. « Je t’aime énormément. C’est seulement que… mon esprit me joue des tours… je croyais… oh juste !… peut-on oublier tout ça ? »

Une lueur d’espoir brilla dans les yeux d’Andrea. « Tu m’aimes ? »

Miranda fit oui de la tête. « Je suis une imbécile. Je suis désolée. »

Andrea se jeta au cou de Miranda, ses bras la serrant très fort. Elles s’agrippèrent l’une à l’autre et l’estomac de Miranda se dénoua alors que la tension la quittait rapidement.

« Ne me raccroche plus jamais au nez ! » insista Andrea. « Je ne le supporte pas. »

Miranda souffla de soulagement. Le souffle chaud dans son cou lui donnait la chair de poule. « Promis. »

« Je vais annuler avec Doug et Lily. »

« Non, » dit Miranda. « Vas-y ! Nous ferons comme tu as dit. Passe du temps avec tes amis ! J’irais à une réception ou deux et nous nous retrouverons cher moi. » Elle embrassa une petite surface de peau douce derrière l’oreille d’Andrea. « Mais ensuite, tu es à moi. Je ne vais pas te laisser sortir pendant trois jours entiers. D’accord ? »

Andrea trembla dans l’étreinte. « Ouais. »

L’obscurité se dissipa du regard de Miranda et les choses se remirent en place.

Les nuages étaient plus sombres que jamais dans le ciel et quelques flocons de neige commençaient à apparaître, fondus avant d’atteindre le sol. Cela aurait dû être un paisible après-midi. Miranda était censée être assise avec Mark et James dans leur bureau à étudier en avant-première leur nouvelle collection. Andrea était supposée être assise à son bureau, en train de taper tout en écoutant de la musique dans son casque. Elles échangeraient  quelques emails pour discuter ce qu’il y aurait à dîner et à quelle heure chacune serait à la maison. Miranda rappellerait qu’elle avait quelque chose de prévu le vendredi soir suivant, mais que les jumelles voulaient une soirée cinéma alors si Andrea pouvait passer du temps seule avec elles.

Andrea aurait dit oui. De ça, Miranda en était sûre. Andrea disait toujours oui.

Les larmes s’échappèrent des yeux de Miranda et coulèrent sur ses joues sans avertissement. Elle laissa ses lunettes de soleil en place, mais sa respiration se fit plus rapide. Elle couvrit sa bouche contre le cri de terreur qui menaçait d’envahir sa gorge. Ne pas savoir la rendait folle. Chaque seconde qui passait était plus difficile à supporter. « Je vous en prie, » supplia-t-elle vers l’espace vide devant elle. « Je vous en prie, faites qu’elle aille bien ! » Tout son corps fut pris de tremblements bien qu’elle ne sente plus le froid.

La neige se mit à tomber.

Miranda pleura pendant un temps indéterminé, seule. Elle vit les officiers de police se rassembler, se séparer, se déplacer, mais il semblait n’y avoir aucune différence après des heures à regarder. Pourquoi ne pouvez-vous juste pas entrer et la délivrer ?

Finalement, Marcus revint vers elle tout en buvant du café et en fumant. Il lui tendit une tasse qui était encore chaude et Miranda voulut l’étreindre. Il lui tendit aussi une cigarette allumée. « Il y a du progrès, » dit-il.

« Quoi ? » Le cœur de Miranda s’arrêta.

« Des conversations. Ils lui parlent régulièrement maintenant. Il est redescendu de son trip et le bébé n’arrête pas de pleurer et il essaie juste de ne pas craquer.

« Il n’est pas le seul, » grommela Miranda.

Il tira une bouffée de sa cigarette. « Je vous ai vu craqué un peu il y a quelques temps. Vous avez tenu le coup bien plus longtemps que d’autres. Vous avez des couilles en acier, femme ! »

Miranda s’étrangla. « C’est nouveau. Ne dites rien au New York Post ! Cela pourrait remplacer Femme Dragon ou même Reine de Glace comme surnom du jour. »

« Ils vous appellent comme ça ? Dans la presse ? »

« Vous ne sortez pas beaucoup. N’est-ce pas, Inspecteur ? »

« Pas dans votre monde. »

Ils continuèrent de fumer, en silence, alors qu’une neige plus épaisse tombait autour d’eux. Miranda regretta de ne pas avoir une capuche.

« C’est plutôt injuste, » dit Marcus.

« Pardon ? »

« Reine de Glace ou tout ce qu’ils peuvent vous appeler, » dit-il. « Je ne vous connais pas très bien, mais vous ne me semblez pas du tout comme ça. »

« Et comment je vous semble alors ? »

Il la regarda avec attention et retira ses lunettes de soleil avec précaution. Ses yeux s’adoucirent. « Humaine. Vous êtes humaine comme tout le monde. »

Elle attrapa ses lunettes de soleil et les remit en place. « Gardez ça pour vous, Samuelson ! J’ai une réputation à maintenir. »

Il rit et tapota son épaule. Miranda se sentit reconnaissante de ce froid réconfort.

Alors que Miranda aspirait sur le filtre de sa cigarette, souhaitant qu’elle ait duré un peu plus longtemps, elle entendit un bruit bizarre, comme le pop de ballons qui éclataient. Son corps réagit alors même que son esprit avait besoin d’un moment pour réaliser. Samuelson partit en courant et elle entendit deux autres pops, suivis d’une série de cris alors qu’une nuée de policiers se précipitait vers la maison.

Miranda lâcha son café, remarquant à peine qu’il s’était renversé sur ses chaussures.

5ème partie

« Pas sur le lit ! » s’écria Miranda, mais Andrea l’ignora et fit sauter le bouchon. Le champagne déborda, comme Miranda l’avait prédit et elle essaya de récupérer le vin  dans un verre alors qu’il dégoulinait sur ses draps en coton d’Egypte. « Grand Dieu, Andrea ! Tu n’as aucune manière ! »

(à suivre)

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3 commentaires »

  1. Jattendais cette suite avec impatience. Merci beaucoup.

    Commentaire par Gaxé — 4 mai 2009 @ 10:17 | Réponse

    • Je ne pouvais rien promettre. C’est venu plus tôt que je ne le pensais. 😉

      Commentaire par Styx — 4 mai 2009 @ 16:25 | Réponse

  2. merçi pour cette suite

    Commentaire par mouse — 4 mai 2009 @ 21:24 | Réponse


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