Au bord du Styx

11 avril 2009

Traduction – Light Up (bêta – 1/11)

Version complète et relue dans les Archives ici

Bonsoir,

Voici le début d’une nouvelle histoire née de l’imagination de Harriet, histoire un peu plus longue comme vous avez pu le déduire du nombre total de parties.

Le titre restera en l’état un peu comme « Blow-Up » d’Antonioni 🙂

Light up peut vouloir dire allumer ou illuminer : « allumer la lumière dans une pièce » ou « les feux d’artifice illuminent le ciel ». C’est la même expression dans « le visage de l’enfant s’éclaira quand il vit les paquets sous le sapin » Le terme est également employé pour « allumer une cigarette ».

Vous comprenez pourquoi il vaut mieux garder « Light Up » ?

Light Up de Harriet

1ère partie

« Bonjour marmotte, » dit une voix très près de l’oreille de Miranda.

Miranda grogna. « N’aie pas l’air si vive ! C’est agaçant. »

« Tu dois être au Café Luxembourg à 8 heures 30 pour voir Diane. »

Bien que les rideaux soient encore en place, il y avait assez de lumière dans la chambre pour reconnaître Andrea accroupie à côté d’elle. « Quelle heure est-il ? »

« Presque 7 heures. »

« Très bien. N’as-tu pas ce… truc… je ne sais où… »

« C’est une interview et oui, je dois être à Washington Heights à 8 heures. » Andrea se pencha en avant et caressa la joue de Miranda avec son nez. « Tu veux qu’on batifole un peu avant que je parte ? »

Miranda ferma ses yeux. Elle voulait dire oui parce que batifoler avec Andrea était l’un de ses passe-temps favoris. Cela étant dit, elle était grognonne. Et fatiguée. « Non. Nous n’avons pas le temps. Et tu sais que j’aime mon café en premier. »

Andrea gloussa, le son profond et séduisant. « Tu sais, mon cœur, l’une des choses que j’aime le mieux chez toi est ta prédictibilité. » Andrea glissa hors du lit, disparut de son champ de vision, puis réapparut avec quelque chose dans la main. Quelque chose en forme de tasse de café. « Juste comme tu l’aimes. »

L’odeur parvint jusqu’à son nez et Miranda se demanda comment elle avait pu ne pas la remarquer avant. Juste la promesse d’un café la faisait se sentir mieux. Elle tendit la main et prit sa première petite gorgée. Chaud, si chaud que cela faisait presque mal, cela brûla depuis sa gorge jusque dans son ventre. Divin. Elle grogna. Elle prit une autre petite gorgée. Cela brûla encore et sa tête se réchauffa tandis qu’un frisson parcourait son corps. Même ses mamelons se dressèrent. Après une autre gorgée, elle ajouta. « Nous n’avons toujours pas beaucoup de temps. »

« Nous n’en avons pas besoin. »

« Oh ? » Et Miranda entendit alors un bourdonnement, qui lui était de plus en plus familier alors que les semaines passaient. Elle mordilla sa lèvre, intriguée. « Oh ! »

« Je ferai tout le travail. Tu n’as juste qu’à t’allonger et à penser à l’Angleterre. »

Miranda éclata de rire. Elle avala à grandes goulées son café avant de poser la tasse sur la table de chevet. Cet adorable visage, en partie dans l’ombre, était près du sien. « Je sens le café. »

Les lèvres fraîches d’Andrea se collèrent contre les siennes et le contraste était merveilleux. « Tu sais que je n’ai jamais trop de café, » murmura Andrea contre la bouche de Miranda.

Miranda passa un bras autour du cou d’Andrea et l’attira à elle.

« Alors les échantillons sont arrivés tard, mais je les ai regardés la nuit dernière et je pense que nous sommes parés. Tu avais dit que tu en voulais dix pour pouvoir choisir parmi eux ? »

Miranda cligna des yeux. « Mmm..? »

Nigel la regarda. « Les modèles d’Azrouël. Tu en voulais dix ? »

« Oh ! » Miranda agita une main. « Bien. »

« Okaay. Est-ce que maintenant te conviendrait ? »

« Oui, oui, » dit-elle, s’appuyant contre le dossier de son fauteuil et croisant les jambes. Nigel disparut et Miranda frotta son mollet contre son genou, savourant les derniers vestiges de son souvenir. Elle se sentait réchauffée et satisfaite et contente d’elle. Son réveil avait été spectaculaire. Elle se demanda comment avait été celui de Nigel. Pas aussi bon. Personne n’aurait pu avoir un réveil aussi bon que le sien.

Même après des mois… comment dirait sa mère ?… à se faire des mamours, pensa-t-elle. Six mois à se faire des mamours etc… et les choses allaient exceptionnellement bien. Le sexe était fantastique et fréquent. Soit l’arrivée d’Andrea dans sa chambre à coucher avait retardé la ménopause ou bien Miranda n’avait que peu de symptômes malgré les avertissements gaiement austères de son médecin. En dehors du sexe, Miranda était amoureuse. Profondément. Cela ressemblait à un premier amour, lumineux et plein d’espoir et brillant. Elle avait choisi de ne pas se soucier des conséquences pour une fois dans sa vie, décidant que quand les répercussions se présenteraient, elle les gérerait simplement comme elle gérait toutes les crises. Elle passait donc du temps dans l’appartement minuscule et miteux d’Andrea certains week-ends. Mais elles restaient bien plus souvent dans la maison de Miranda. C’était bien sûr à cause des filles qui n’étaient plus aussi méfiantes de la présence d’Andrea dans leur vie. Elles s’étaient mises à l’apprécier énormément malgré leur réticence initiale à accueillir un nouvel adulte dans leur vie. Particulièrement après le brusque départ de Stephen.

Mais Andrea facilitait la vie de Miranda, même encore maintenant. Elle avait été une assistante spectaculaire une fois qu’elle avait appris les tenants et les aboutissants du poste et comme amante, elle était encore meilleure. C’était quelque peu choquant pour Miranda qui ne s’attendait pas à être aussi entichée de quelqu’un à ce stade de sa vie. Etant la plus âgée du couple, elle avait pensé qu’elle ressentirait de l’affection ou même une douce condescendance alors qu’elle guiderait une Andrea jeune et inexpérimentée à travers leur liaison.

Avait-elle été bête !

Andrea s’avéra être particulièrement expérimentée, ben tiens ! Et bien plus mûre que Miranda en ce qui concerne l’aspect  pratique d’une relation. Il était essentiel de savoir compromettre selon elle, bien que Miranda ait luté pied à pied contre cette idée. Elle s’était cependant rendue à la raison même si parfois, c’était désagréable.

Elle aimait sincèrement Andrea et elle avait des projets pour son avenir. Alors qu’importe si elle avait tout d’une manipulatrice un peu vieux jeu ? Elle avait droit à sa part de plaisir. Et cela ne ferait pas de mal à sa mystique. Enfin, c’est ce qu’elle se disait.

Serrant ses mains ensembles, elle se détendit dans son fauteuil et regarda Nigel revenir avec un portant contenant les modèles de vêtements. Elle aurait pu dire immédiatement quelles pièces elle voulait utiliser, mais elle allait permettre à Nigel de la guider à travers ses propres réflexions et faire en sorte qu’il croit qu’il avait eu le dernier mot. C’était son habitude ces temps-ci parce que Nigel avait besoin d’un surplus de confiance. Elle avait décidé qu’il quitterait bientôt Runway. Miranda était tombée sur quelque chose d’intéressant qui pourrait lui convenir, mais elle voulait le façonner avant. De plus, un jour, il prendrait les rênes de Runway et il avait besoin de voir comment ça se passait ailleurs avant que le conseil d’administration ne l’accepte.

Quelque part au plus profond d’elle-même, Miranda pensait que l’influence d’Andrea l’adoucissait. Mais elle ne pouvait trouver aucun motif de regret.

Alors qu’elle bougeait dans son siège, l’un de ses muscles fessiers se plaignit. Pensant à la façon dont elle avait été réveillée ce matin-là, elle ne pouvait pas non plus trouver le moindre motif de regret.

« Emily ! » dit Miranda pour la deuxième fois. Cela devenait ridicule. Elle sortit de son bureau. Où est-elle ? » demanda-t-elle.

« Aux toilettes ? » répondit Monique. Miranda pensa que les mains de la fille tremblaient de terreur.

« Encore ? Souffre-t-elle de quelque maladie ? »

« Je ne suis pas sûre, Madame… Miranda. »

« Eh bien, dites-lui que j’ai besoin d’elle. Maintenant. Sinon plus tôt. »

« Oui Miranda. »

Miranda retourna à son bureau. Elle regarda la pendule. Quand cinq minutes se furent écoulées et qu’Emilie n’était toujours pas là, elle jeta son stylo de frustration. Entre l’absence de sa première assistante et le fait que Nigel soit en retard pour leur réunion de 11 heures, elle était prête à exploser. « Emily ! » cria-t-elle. Monique se précipita, bloc en main.

« Vous n’êtes pas Emily? Où est Emily ? »

« Si vous me laissez deux minutes, je vais la chercher. »

Pas aux toilettes alors. « Allez ! Et je viens avec vous. »

« Oh ! » Monique déglutit. « Ce n’est pas la peine. Cela va me prendre que quelques secondes. »

Miranda inspira et ses narines frémirent.

Monique fléchit. « Euh… je veux dire, OK. » La fille fit demi-tour et parcourut le couloir au claquement de ses talons. Miranda la suivit.

Elles dépassèrent un coin, puis un autre jusqu’à la salle de conférence principale de Runway. Monique ouvrit la porte et Miranda réalisa qu’un quart de son personnel était là, regardant ce qui semblait être un journal télévisé sur le grand écran. « Bonjour, anciens employés ! » gronda Miranda et toutes les têtes se tournèrent dans sa direction. Ils ne semblaient même pas paniqués. « Qui y a-t-il de si important ? »

Nigel se détendit dans l’une des chaises. « Il y a une prise d’otages. Un type avec une arme s’est barricadé avec quatre personnes dans une maison. Nous… regardons. » Il jeta un coup d’oeil à sa montre.  « Oh ! Bon Dieu ! Je suis désolé. C’est juste que… tu sais… ça se passe en direct. J’arrive. »

Regardant le groupe, elle se demanda si elle avait perdu la main. Un an plus tôt, ceci ne serait jamais arrivé. Le reste de ses employés  se leva et ils s’éclipsèrent un par un. « Scandaleux ! » maugréa-t-elle alors qu’ils passaient devant Miranda.

La voix du journaliste était forte maintenant dans la salle devenue silencieuse. « A nouveau, une dépêche est tombée ce matin à 9 h 20 faisant état d’une prise d’otages en cours à Washington Heights, où un homme armé a pénétré dans une maison et retient au moins quatre personnes contre leur gré.

Le journaliste continuait de parler, mais le cerveau de Miranda s’était figé. Les mots Washington Heights sonnaient dans ses oreilles. Mais c’était ridicule. Washington Heights était une énorme banlieue avec des milliers de résidents. La probabilité que ceci soit lié à Andrea était des plus minces. Miranda en aurait entendu parler. Elle aurait eu un appel. Andrea était une femme intelligente. Elle ne se retrouverait pas dans une situation à laquelle elle ne pouvait faire face.

Et de toutes façons, quels étaient les risques ?

Miranda cligna des yeux, le regard collé à l’écran de télévision.

Ce matin-là, Andrea avait dit que la femme avec qui elle devait parler avait été victime de violences conjugales. Si Miranda se souvenait correctement, elle avait déposé une demande pour qu’il soit enjoint à son abusif ex-compagnon de ne pas s’approcher d’elle alors qu’il sortait de prison. Et l’article d’Andrea avait, en fait, pour objet de montrer l’inutilité de ces injonctions. Pendant le dîner, seulement deux soirs plus tôt, elle avait clairement indiqué que les 24 heures suivant la demande d’injonction étaient les plus dangereuses.

« Miranda ? » demanda Nigel.

Le journaliste continuait. « Nous croyons que la police a identifié les otages, mais ils n’ont pas encore rendu publics leurs noms en raison de l’enquête en cours. Il a également été rapporté  que des coups de feu avaient été tirés, mais nous n’avons pas de nouvelles informations sur le statut des otages. Walter, je crois savoir que vous avez du nouveau sur la violence des gangs dans le quartier. »

Miranda regarda Nigel. « Donne-moi ton téléphone ! »

Il ne bougea pas pendant un moment, puis fouilla sa veste et tendit l’appareil. Elle composa de mémoire le numéro d’Andrea. Elle s’attendait à ce qu’Andrea décroche après deux sonneries comme elle faisait toujours quand Miranda appelait. Elle s’attendait à ce qu’Andrea s’excuse, mais qu’elle était déjà de retour au bureau où elle couvrait la prise d’otages à Washington Heights et pouvait-elle rappeler plus tard ?

Cependant, le téléphone ne sonna pas. L’appel alla directement vers la boîte vocale. Miranda écouta le message joyeux. « Salut, vous êtes en communication avec Andy Sachs du New York Mirror. Je ne suis pas disponible pour l’instant. Aussi, merci de laisser un message avec votre nom et votre numéro et je serai heureuse de vous rappeler dès que possible. Merci et passez une bonne journée ! »

Miranda raccrocha et recomposa le numéro. Une deuxième fois, elle obtint la boîte vocale.

Elle appela six fois d’affilée avec le même résultat. Finalement, elle laissa un message. « Rappelle-moi ! Immédiatement ! » Elle adoucit sa voix, réalisant qu’elle semblait terrifiée. « S’il te plaît ! Appelle-moi dès que possible ! » Elle raccrocha.

Jetant un coup d’oeil à la télévision, elle vit qu’ils répétaient en boucle la même information, de la façon dont ils procédaient quand ils voulaient conserver leur audience en ayant rien de neuf à rapporter. Elle appela le poste d’Emily.

« Nigel, essaies-tu de me… »

« Emily, » aboya Miranda. « J’ai besoin de deux numéros de téléphone. Un : celui de l’inspecteur Marcus Samuelson du commissariat du 22ème secteur. Il est dans ma base de données. Deux : le numéro du rédacteur en chef du New York Mirror. Je crois que son nom est Aaron Edmunds. Apportez-les dans la salle de conférence ainsi que mon Blackberry ! J’ai besoin de ça immédiatement. Immédiatement ! C’est clair ? »

« Oui Miranda. » Emily raccrocha.

Miranda ne bougea pas, regardant le bandeau lumineux qui s’affichait lentement en bas de l’écran de télévision. C’était toujours la même information.

Andrea allait bien. Miranda en était sûre. Elle s’inquiétait pour rien.

Elle recomposa le numéro d’Andrea, sans succès.

Nigel fit un pas vers Miranda. « Le New York Mirror ? »

Miranda ne répondit pas.

« Je connais quelqu’un qui y travaille. » Miranda croisa son regard, confus et incertain. « Tu connais aussi quelqu’un qui y travaille. »

Emily apparut et jeta presque le Blackberry à Miranda. Elle lui tendit un post-it avec les deux numéros. Miranda l’ignora et Emily retourna d’où elle venait. D’abord Aaron Edmunds. La ligne était occupée. Elle réessaya. Occupé. Elle jura. « Est-ce que personne ne travaille le mercredi ? » Elle rit, faisant comme s’il ne s’y mêlait pas une note d’hystérie. Ensuite, elle essaya le numéro de l’inspecteur Samuleson.

« Samuelson, » répondit une voix bourrue.

« Inspecteur, Miranda Priestly à l’appareil. Il est impératif que nous parlions. »

« Eh, content de vous entendre, Miranda. Mais vous tombez mal… Je suis en plein dans… »

« Inspecteur, j’ai besoin de savoir le nom des otages retenus actuellement à Washington Heights. »

Il y eut une longue période de silence. « Je ne vois pas pourquoi vous pensez que je pourrais avoir cette information. Ce n’est pas mon secteur. »

« Cela m’est égal, Inspecteur. Tous les yeux dans la ville sont tournés sur cette histoire et je suis certaine que si vous ne connaissez pas les noms, vous pouvez les obtenir. »

« Miranda, pas question. C’est contre le règlement. »

« Je ne peux accepter cette réponse. Je dois avoir les noms. Tout de suite. »

L’homme soupira. « Nous ne sommes pas sûr de qui est dans la maison… »

« Je sais tout comme vous quand on me raconte des conneries, Inspecteur. Je sais que vous savez. » Elle attendit, mais sentit qu’il allait rester sur ses positions. « Très bien. Faisons autrement ! Si je vous donnais un nom et vous me répondez par oui ou non. Ce n’est pas me donner une information. C’est juste un mot. Oui ou non. Alors ? »

« Miranda… »

« S’il vous plaît, Marcus. Je vous en prie. » Sa voix était irrégulière et elle se sentait elle-même partir en lambeaux. Désespérée. « Je vous serai redevable. Et cela signifie quelque chose, venant de moi. »

Les yeux fermés, elle retint sa respiration. Finalement, l’homme répondit. « Allez-y ! »

Miranda jeta un coup d’oeil à Nigel et dit « Andrea Sachs. »

Il n’y eut pas de réponse. Le cœur de Miranda se glaça et elle crut que son corps se vidait de son sang. Une veine avait dû s’ouvrir sans qu’elle le sache.

« Est-elle connue sous le nom de Andy ? » dit Marcus.

« Oui, » fit Miranda d’une voix étouffée.

« Merde ! »

La pièce bascula et quand elle ouvrit les yeux, Nigel se tenait au-dessus d’elle et la regardait. Elle réalisa qu’elle était assise dans un fauteuil et le téléphone était toujours à son oreille. « Miranda ? » était en train de dire Marcus.

« Je suis là. »

« Je ne peux pas vous en dire plus. »

« Attendez une seconde ! Attendez ! » fit Miranda tout en posant sa main sur la table de conférence. Elle la regarda et s’étonna de la voir si sûre. Toujours attachée au reste de son corps. Cela semblait bizarre. « Attendez ! » répéta-t-elle.

« Je dois y aller… »

Inacceptable. Andrea était en danger. Miranda ne pouvait pas perdre la tête maintenant. « Inspecteur, j’ai besoin que vous veniez me prendre dans 10 minutes au pied de l’immeuble Ellias-Clarke. »

Il y eut un reniflement de surprise. « Miranda, je ne peux pas faire ça. J’ai d’autres affaires… »

« Si vous n’êtes pas là dans les dix minutes pour m’amener là-bas, je vais appeler chacune des stations de TV locales de la zone des Trois Etats (NDT : région autour de New York où les états de New York, New Jersey et Connecticut se rencontrent) et je vais leur dire qu’une journaliste à l’intérieur de la maison suivait une histoire à propos de l’inefficacité des injonctions du Département de la Police de New York ainsi que de la protection inefficace des victimes de violence conjugale… »

« Putain de bordel de merde, Miranda, vous ne pouvez pas faire ça… »

« Neuf minutes, Inspecteur. J’aurai tous les journalistes à travers la ville à votre porte en train de vous poser des questions si vous ne m’aidez pas. »

« Allez vous faire voir, Priestly ! »

« Allez vous faire voir, Samuelson ! » Il y eut une pause et Miranda pria qu’elle n’avait pas raté sa meilleure chance de se retrouver sur les lieux de la prise d’otages.

« Putain ! J’arrive. »

Miranda raccrocha le téléphone. Quand elle regarda à nouveau Nigel, maintenant assis à quelques centimètres d’elle, il la regardait fixement.

« Bien, » fit-elle.

« Tu veux vraiment aller là-bas ? » demanda-t-il.

Miranda l’observa et pensa que peut-être quelque chose d’inhabituel se produisait avec sa vue car la peau de Nigel avait une drôle de couleur. Tout semblait étrange en fait? Peut-être était-ce une crise de panique. « Quoi ? »

« Es-tu sûre que tu veux t’impliquer ? Et comment sais-tu seulement ce qui se passe ? »

Miranda secoua la tête, incrédule. « Andrea est mon amante, » dit-elle. « Je suis impliquée, que je le veuille ou non. »

« Ton amante. Mon Dieu ! » Il se rejeta en arrière et porta une main à son front. « Mon Dieu. Tu ne peux pas aller là-bas, Miranda. »

« Pourquoi ? »

« N’est-ce pas évident ? Tu seras entourée par la presse et les gens vont poser des questions et tu ne pourras rien faire de toutes façons… »

« Qu’en sais-tu ? Et crois-tu vraiment que je me soucie de ce que les gens peuvent dire à mon propos ? » Elle le regarda comme si elle ne l’avait jamais vu avant. « Que ferais-tu si quelqu’un que tu aimes plus que tout au monde était en danger ? T’inquiéterais-tu pour ta précieuse carrière ? En aurais-tu quelque chose à cirer si tu te retrouvais sur la couverture du New York Post tous les jours pour le restant de ta vie ? » Elle se leva, prenant un moment pour retrouver son équilibre. « Parce que moi, je n’en ai rien à faire. Je pars. Tu t’occupes de tout. Cela m’est égal si tu dois annuler quelque chose.  Fais ce que tu veux ! »

« Quand reviens-tu ? » demanda-t-il.

« Je ne sais pas. » Quand Andrea sera saine et sauve, pensa-t-elle. Ou pas du tout.

2ème partie

La voiture l’attendait, le moteur au ralenti, mais alors qu’elle se dirigeait vers elle, Miranda rentra dans quelque chose de grand et de solide qui semblait être venu de nulle part.

« Oups ! Désolée… »

Miranda réalisa que cette chose solide était une personne. Andrea. Andrea qui avait quitté Runway il y a presque un an et que Miranda avait vue une fois à cet endroit précis. Elle leva un sourcil.

(à suivre)

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