Au bord du Styx

30 mars 2009

Traduction – Quatre Coins (bêta – 1/3)

La version relue et corrigée de Quatre Coins est en ligne dans les archives ici.

Le début d’une nouveau récit de Harriet. La suite je ne sais pas quand.

Quatre Coins de Harriet


1ère partie

A six ans, Caroline et Cassidy partagent  leur chambre comme elles le font depuis la naissance. Leurs lits sont étroits et proches l’un de l’autre parce qu’elles n’aiment pas être éloignées l’une de l’autre. Souvent, l’une ira se glisser dans le lit de l’autre quand leurs parents vont se coucher, mais elles s’assurent de ne pas être ensembles au matin pour que Maman ne se mette pas en colère. Maman aime que chacune d’elles ait son propre « espace » parce que le Docteur Rosen a dit qu’il le fallait.

De la même façon, elles ne s’habillent plus pareil, mais si elles aimaient bien ça. C’était amusant de s’habiller pareil et parfois, leurs maîtresses les confondaient à l’école. C’était génial. Une fois, elles ont même échangé leurs noms toute une journée pour voir ce qui se passerait. La seule personne à avoir remarqué avait été l’autre meilleure amie de Cassidy, Janie. Elle avait cependant gardé le secret. Janie est sympa, même si parfois, elle est jalouse de Caroline.

Mais Cassidy ne choisirait jamais Janie avant Caroline. Elle ne choisirait jamais personne avant Caroline, peut-être même pas Maman et sûrement pas Papa.

Elle et sa soeur sont très semblables, mais Cassidy est la plus courageuse des deux. Elle l’a toujours été. Caroline le sait probablement aussi, mais elles n’en ont jamais discuté. Cassidy est la protectrice et elle prendra Caroline tout contre elle quand celle-ci a un mauvais rêve ou quand elle est malade ou quand elles entendent des bruits désagréables provenant de la chambre de Maman et Papa.

Elles entendent souvent des bruits à travers les murs. Parfois, ce sont des paroles ou de la musique car leur maman aime chanter quand elle est seule. D’autres fois, c’est complètement silencieux.

Ce soir, ce n’est pas comme ça.

Ce soir, il y a des cris de colère, des voix qui hurlent. Même si Cassidy ne peut pas comprendre ce qu’ils disent; elle sait que quelque chose de terrible est en train de se passer. Elle espère qu’elle ne va pas entendre un objet se casser comme la semaine d’avant. Cette fois-là, un de ses parents avait jeté quelque chose de gros et bruyant contre le mur et cela avait fait crier un peu Cassidy et Caroline. Les genoux de Caroline s’enfoncent vraiment fort dans l’estomac de Cassidy, mais elle tient encore plus serrée sa sœur contre elle et jure de prendre soin d’elle. C’est ce qu’elle fait toujours.

Les cris de colère n’ont commencé que quand Cassidy et Caroline sont entrées au jardin d’enfants ou, du moins, c’est ce dont Cassidy se souvient. Cela a pu commencer avant aussi, mais elle n’est pas sûre. Elle pense que ses parents ne se rendent pas compte que les murs ne sont pas si épais, particulièrement parce que Caroline et elle essaient d’être très silencieuses quand leurs parents sont dans leur chambre. Pendant un temps, c’était bien quand Cassidy pouvait les entendre parler ensemble. Maintenant, elle souhaite qu’ils puissent la fermer pour que Caroline ne soit pas effrayée.

Ce soir, les bruits sont de plus en plus forts. « Je te tiens, » murmure Cassidy. Elle essaie vraiment de comprendre les mots que prononce sa mère. Maman ne crie jamais après elles, mais elle crie après leur père et lui aussi crie.

Le bruit d’une porte ouverte violement les fait sursauter toutes les deux. Cassidy pense que la poignée de la porte a dû faire un trou dans le mur. « Tu peux aller au diable, Miranda ! » crie leur père. Il n’essaie même pas de ne pas faire de bruit. « J’en ai fini avec cette putain de maison. J’en ai fini avec ce putain de mariage. »

« Je changerai les serrures si tu pars d’ici, » crie Maman. Cassidy se recroqueville. On dirait qu’elle pleure.

« Bon Dieu, fais ce que tu veux… tu fais toujours ce que tu veux de toutes façons. Je prendrai les filles ce week-end. »

« Je ne le permettrai pas, » dit leur mère.

« Va te faire foutre, Miriam. Appelle mon avocat ! » répond leur père d’une voix rageuse. Sa voix est plus éloignée maintenant. Il y a un bruit de pas, puis une autre porte claque. Quelque chose tombe en bas des escaliers et se casse car Cassidy entend le bruit du verre qui se fracasse.

Elle pleure et Caroline aussi. Leur père les quitte. Toutes.

Cassidy sait que « foutre » est vraiment un mot pas beau parce qu’elle l’entend beaucoup à l’école. Elle est furieuse que son papa ait dit ce mot à sa maman. Elle est furieuse aussi qu’il n’ait pas dit bonne nuit avant qu’elles aillent se coucher et maintenant, il n’a même pas dit au revoir.

Cassidy s’est demandée pendant un temps combien de fois ils se sont disputés à son sujet. Elle y pense tout le temps, mais elle ne le dit pas à leur maman. Maman est très occupée et Cassidy ne veut pas la mettre en colère.

Le couloir est silencieux à nouveau jusqu’à ce que leur porte s’entrouvre de quelques centimètres. La lueur bleutée de la veilleuse qui projette la constellation au plafond rend la chambre assez lumineuse pour permettre à Cassidy de voir que sa mère pleure. « Les filles ? »

« Oui ? » répond Cassidy. Elle ne va pas faire semblant de ne pas avoir Caroline dans son lit avec elle. Pas cette fois.

Leur maman s’approche et soupire. Ça sonne drôle, comme un sanglot. Elle les pousse toutes les deux un peu et se met au lit avec elles où elle les tient serrées. Cassidy pleure encore un peu, mais elle aime être tenue. Elle se sent en sécurité ici avec sa mère contre elle. Même si tout n’ira plus bien, elle aime sa maman et elle aime beaucoup que sa maman l’aime. Plus personne ne la prend vraiment dans ses bras sauf Caroline. Elle est trop grande ou du moins, c’est ce que ses parents disent. Mais ça lui manque. Elle en a la nostalgie.

Ce soir, elle est comblée parce que leur maman reste toute la nuit avec elles dans le petit lit.

Plus de deux ans ont passé et deux ou trois choses ont changé depuis que leur papa est parti.

Cassidy pense que sa maman ne sait toujours pas qu’elle peut entendre à travers le mur. Sa maman est maligne alors elle ne peut pas être sûre, mais c’est ce qu’elle croit. La chambre de Caroline est de l’autre côté du couloir, là où se trouvait le bureau de Papa. Stephen a un bureau aussi, mais il est au deuxième étage, à la place d’une chambre d’ami.

Ces jours-ci, sa soeur et elle ne partagent un lit qu’une fois de temps en temps, principalement quand Caroline a fait un mauvais rêve. Cassidy fait des cauchemars également, mais elle ne demande jamais à Caroline si elle peut la rejoindre. Au lieu de ça, elle se lève et elle écrit dans un journal qu’elle garde fermé à clef et fourré sous une lame du parquet en sachant que sa mère la tuerait pour avoir défait cette planche. Personne, y compris Caroline, ne sait où elle garde son journal ou bien la clef. Même si elle et Caroline savent presque tout l’une de l’autre, Cassidy aime avoir une chose qui n’est qu’à elle. Cass soupçonne que Caroline tient un journal aussi, mais elle n’en a pas parlé. Pour l’instant. Bientôt, elles en parleront, mais maintenant, elles s’habituent à avoir des choses rien que pour chacune d’elles.

Caroline n’a vu aucun inconvénient à déménager de leur chambre. Après que leur papa est parti, elles entendent parfois leur maman pleurer à travers le mur. C’était pire que ce qui avait pu se passer avant, pire encore que les disputes. Mais Cassidy voulait rester et elle est contente d’être restée. Elle aime savoir ce qui se passe avec Maman, aussi difficile que ce soit. C’est important de savoir.

Cela n’a pas pris trop de temps après que Papa soit parti pour que leur maman cesse de pleurer. Les choses sont redevenues normales ou aussi normales qu’elle pouvaient l’être alors que tout était devenu différent. Quand leur maman parlait au téléphone, c’était bon d’entendre sa voix tout en s’endormant.

Puis Stephen a commencé à venir. Cela fait un an qu’il va et vient. Cassidy les entend parler le soir, mais doucement et pas pour très longtemps.

Ça ne l’ennuie pas. Stephen est sympa avec elles et il apporte tout le temps des fleurs à leur maman. Du moment que ça  peut faire sourire leur maman, Cassidy est d’accord, même si Stephen ne fait pas trop attention à Caroline et elle.

Ce soir, Cassidy ouvre son placard et regarde d’un air mauvais la robe de demoiselle d’honneur qu’elle portera pour leur mariage dans deux semaines. Elle pense que c’est stupide d’être demoiselle d’honneur parce qu’elle et Caroline sont trop vieilles pour être demoiselle d’honneur. Mais leur maman veut qu’elles participent au mariage et c’est le seul truc qu’elles peuvent faire puisqu’elles sont trop jeunes pour être témoin de la mariée. Alors elles marcheront jusqu’à l’autel tout en jetant des poignées de pétales de rose dans une immense église et leur maman va à nouveau se marier.

Papa était en colère quand il l’a appris, mais il s’est remarié l’année d’avant alors il ne peut pas dire grand chose de méchant. Leur belle-mère, Karen, dit que c’est mieux ainsi car tout le monde a le droit d’être heureux, même leur maman. Mais la chose bizarre est que Cassidy sait que leur papa voudrait qu’il soit toujours marié avec Maman. Il l’a dit à Cassidy un soir, après avoir bu trop de vin alors qu’il commençait à somnoler. Cassidy se souvient comme c’était étrange  d’entendre son papa dire qu’il aimait toujours sa maman et détester le fait qu’il ne pourrait plus jamais l’avoir comme il voulait.

Cassidy ne racontera pas ça à Caroline. Caroline ne voudrait pas savoir ça.

Comme belle-mère, Karen est OK. Elle semble un peu bête avec toutes ses discussions sur l’astrologie et son obsession des aliments sans gluten, mais elle est cool. Elle enseigne à Cassidy et Caroline des poses de yoga quand elles sont ensembles et elle essaie de les aider avec leurs devoirs quand leur papa n’est pas dans les parages.

Cassidy pense que Karen veut avoir un bébé à elle et c’est probablement une bonne idée. Cass ne voit pas d’inconvénient à avoir une autre sœur ou un frère, même si ce n’est qu’un demi. Maman n’aura pas d’autre enfant. Elle est trop occupée au travail et Stephen ne semble pas avoir la fibre paternelle.

Elle peut entendre Stephen et leur maman parler maintenant tout bas. C’est sympa. Elle est contente d’avoir une quatrième personne à la maison, même s’il n’est pas parfait ou fantastique ou vraiment spécial. Peut-être qu’il apprendra à mieux les connaître, elle et Caroline et ils formeront une famille.

Caroline ne peut se souvenir quand leur maman a cessé de chanter.

Elle pense que ça a pu se passer avant qu’elle se marie avec Stephen, mais il y a longtemps qu’elle n’a pas entendu sa jolie voix. Ce n’est pas comme si elle chantait tout le temps, mais quand Cassidy et Caroline étaient petites, leur mère leur chantait quelque chose pour les aider à s’endormir. Tous les soirs, vraiment. Elle chantait des vieilles chansons que Cassidy n’avait jamais entendu à la radio ou ailleurs sauf sur la chaîne hi-fi de leur maison. Maman dit que ce sont des chansons que sa propre mère lui chantait quand elle était petite et d’autres qu’elle a appris à la fac. Celles-ci étaient ses préférées.

Cassidy n’entend plus aucune de ces chansons. Et elle n’entend plus de bruit venant de la chambre de sa maman. Celle qu’elle partage avec Stephen qui n’est pas devenu un papa comme Cassidy l’aurait souhaité. Elle ne les entend pas parler ou crier ou rien du tout.

La chose vraiment épouvantable est que dès le début, Cassidy a su que ça ne marcherait pas. Stephen ne les a jamais aimées comme il aurait dû quand on veut former une famille. Il aimait leur maman et il l’aime toujours parce que qui ne l’aime pas ? Cassidy est assez grande pour savoir que leur mère est spéciale, quelqu’un à part. Elle est unique et importante. Tout le monde l’écoute. A cause de ça, Cassidy et Caroline peuvent faire presque tout ce qu’elles veulent. Elles obtiennent tout ce qu’elles demandent. Elles peuvent négliger leurs devoirs d’école quand elles veulent et les assistantes de Maman préparent leurs exposés quand elles ne sont pas d’humeur à les faire. C’est à dire tout le temps en ce moment.

A part ça, Stephen peut être méchant à un point que ni Cassidy ni Caroline n’avaient cru possible. Des années avant, elles avaient vu leur papa se mettre en colère, avant le divorce. Il disait plein de choses qui n’étaient pas gentilles. Mais Stephen peut franchement être cruel. Cassidy en était arrivée à un point où elle préférait être loin de la maison, avec son père ou sa grand-mère parce que c’est épouvantable d’être autour de sa mère et de Stephen quand ils sont ensembles. Quand ils sont loin l’un de l’autre, Maman est juste triste.

Cassidy et Caroline aiment reporter leur propre tristesse sur les autres. Principalement, les assistantes de Maman. Les assistantes doivent faire tout ce que leur maman dit et Caroline fut la première à réaliser qu’elles devaient également faire tout ce qu’elle et sa sœur disaient. C’est drôle d’obliger quelqu’un à faire ce qu’on veut, même quand on sait que c’est mal. Même quand on sait que c’est la pire chose qui soit.

Il y a quelques jours à peine, Cassidy et Caroline ont fourré la dernière des assistantes de leur maman dans un sacré pétrin. Elles l’ont fait exprès et Cassidy est sûre qu’elles recommenceront à la prochaine opportunité. C’est plutôt triste, vraiment, parce que la fille qui a eu des problèmes semble gentille. Elle est jolie, avec de grands yeux et de longs cheveux sombres qui semblent très doux. Elle a été gentille pour elles pendant une minute. Mais c’était le plus gros problème. La gentillesse de l’assistante donnait envie à Cassidy de lui faire encore plus de mal.

Ce n’est que le soir, quand Cassidy est seule dans sa chambre, après avoir rangé son journal dans sa cachette, qu’elle pense qu’elle ne devrait pas faire ces choses. Mais elle mérite de pouvoir s’amuser quand elle le peut parce que sa maman ne chante pas et ne l’embrasse pas pour lui souhaiter bonne nuit.

Stephen n’est plus là depuis quelques temps. Cassidy ne s’était pas rendue compte qu’il était parti jusqu’au retour de sa mère de Paris quand elle leur a dit qu’ils divorçaient. Comme d’habitude, Caroline a pleuré. Cassidy a juste croisé les bras et se répète  que ça ne fait pas mal parce qu’elle savait que ça allait arriver.

En attendant, c’est moche. Stephen n’était pas vraiment un papa, mais il faisait le quatrième coin du carré parfait que forme une famille comme pense Cassidy. Sans lui, elles ne sont plus qu’un triangle. Et qui plus est, un triangle tout de guingois.

L’humeur de leur maman est toujours le même maintenant : triste, mais prétendant que tout va bien. Cassidy déteste ça. Elle préfèrerait savoir ce que sa maman pense vraiment plutôt que devoir deviner tout le temps.

Mais la chose la plus étrange est qu’hier, Cassidy pourrait jurer qu’elle a entendu sa mère fredonner. Cass a reconnu un bout de la chanson : c’était une chanson que sa maman connaissait de la fac, chantée par une dame avec de longs cheveux blonds et qui jouait du piano. Ou peut-être de la guitare… Cassidy ne pouvait se souvenir de tout. Mais c’était une chanson que Cassidy avait toujours bien aimé et dont elle se souvenait.

C’est pourquoi Cassidy pense que quelque chose de bizarre est en train de se passer. Il y a d’autres raisons qui viennent nourrir ses questions, mais elles ne peut pas encore déterminer ce que ça veut dire. Il y a un lien avec la drôle d’expression sur le visage de sa mère quand elle reçoit un SMS le soir ou le matin. Et Cassidy est sûre qu’elle a vu sa maman rougir quand elle a récupéré un paquet dans la pile de courrier la veille. Cassidy mourrait de curiosité de savoir ce qu’il y avait dedans, mais elle n’a jamais pu trouver parce que sa mère a pris le paquet et l’a monté à l’étage dans sa chambre.

Ce soir, Cassidy entend la voix de sa mère à travers le mur de sa chambre pour la première fois depuis très longtemps. Sa maman parle à quelqu’un au téléphone. Cassidy n’a pas idée de qui ça peut être. Mais il y a quelque chose dans la façon dont elle parle, lentement et tranquillement : ça donne à Cassidy une impression étrange dans son ventre. Elle n’est pas en colère alors Cassidy ne pense pas que ça se rapporte au magazine. D’habitude, les conversations de Maman à propos du travail sont très rapides. Elle appelle quelqu’un, lui dit de faire quelque chose et raccroche. Mais maintenant, elle ne fait que bavarder. Cassidy regarde sa pendule, à partir de 21 h 57. Quand elle s’endort enfin, entre 22 h 28 et 22 h 29, sa mère est toujours en train de parler de cette voix lente et calme qui envoie Cassidy au pays des rêves heureux.

Il est 22 heures passées et Caroline est assise avec Cassidy dans sa chambre. Caroline ne la croit pas, mais Cassidy est sûre d’avoir raison.

Andy Sachs, l’ancienne assistante de Maman qui l’a quittée l’année dernière, est venue dîner ce soir. Cassidy est convaincue que c’est la personne avec qui sa mère a discuté au téléphone pendant les trois derniers mois. En fait, elle en est absolument certaine. Leur mère était très nerveuse ce soir pendant le dîner, ne parlant pas beaucoup, mais observant de quelle façon Caroline et elle se comportait à l’égard d’Andy. Cass pense qu’Andy était nerveuse également parce qu’elle a parlé beaucoup et elle a ri vraiment très fort. Andy pourrait être comme ça tout le temps, mais Cassidy en doute. Si Andy était si ennuyeuse, leur maman ne se serait pas liée d’amitié avec elle.

Et c’est ce qu’a dit leur maman, qu’Andy était une amie. Une amie. Cassidy sait que ça va plus loin.

Le truc vraiment pénible est qu’elle ne peut en parler à personne d’autre en dehors de Caroline. Le Docteur Rosen ne peut pas savoir que leur maman est gay ou bi ou n’importe quoi parce que c’est définitivement un secret. Elle ne fait confiance à personne en dehors de Caroline ou de sa mère ou du Docteur Rosen alors elle est coincée. Elle doit trouver un moyen de convaincre Caroline qu’elle n’est pas folle. Sa mère n’a jamais invité personne du bureau à dîner à la maison. Jamais. Même pas Nigel qu’elle est Cassidy ont rencontré plusieurs fois et qu’elles adorent littéralement. Il est gay. Peut-être est-il au courant pour Maman et Andy.

Cassidy regarde fixement le mur un peu plus et attend.

« Tu es cinglée, » dit Caroline dans un sifflement. « Ce n’est pas possible. Je vais me coucher. »

« Encore cinq minutes, » supplie Cassidy. « Je te jure. »

Elles attendant d’entendre la voix de leur mère. Andy est partie une demi-heure plus tôt. Cassidy sait que quelque chose va se passer ce soir. Elle le croit de tout son cœur.

Elle est récompensée quelques minutes plus tard quand elles entendent le petit bruit de la sonnerie du téléphone portable de leur mère. Il y a trente secondes de silence et Cassidy se demande si elle est cinglée comme le dit sa sœur.

Jusqu’à ce qu’elle entende sa mère rire et rire encore.

Caroline en a le soufflé coupé. Elle porte une de ses mains à son cœur.

Cassidy roule des yeux. « Ce n’est pas comme si elle ne riait jamais. Allez ! »

« Es-tu sûre qu’elle parle à Andy ? »

« Non, » admet Cassidy, « mais je pense que c’est elle. Je l’ai pensé dès qu’elle nous a dit qu’elle l’avait invitée à dîner à la maison. » Pendant des semaines, Cassidy a attendu le moindre indice sur l’identité du correspondant nocturne de sa maman et l’invitation à dîner était la réponse.

« Que fait-on ? » demande Caroline dans un murmure.

« Je ne sais pas, » répond Cassidy. « On va voir ce qui se passe, j’imagine. »

Elles restent assises encore quelques minutes à écouter le rythme agréable de la voix de leur mère.

« Est-ce que je peux rester avec toi cette nuit ? » demande enfin Caroline.

« Ouais, » dit Cassidy. Ça la fait se sentir bien.

Elle et Caroline se préparent pour aller se coucher comme elle font toujours et quand elles sont enfin prêtes à éteindre, elles pensent que leur mère va se taire dans sa chambre. Mais à la surprise de Cassidy, elles continuent de l’entendre à travers le mur, de façon très atténuée. Elles se couchent dans le lit et se blottissent l’une contre l’autre, la tête de Caroline bien calée sous son menton.

2ème Partie

Publicités

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :