Au bord du Styx

7 mars 2009

Comme un Jardin la Nuit

Filed under: Musique — Catherine @ 18:05

Y a-t-il quelque chose de plus beau qu’un spectacle vivant ? Quand l’artiste est à quelques mètres de son public ? Que sa voix, son souffle, ses rires passent en direct juste amplifiés par un peu de technique ?

Le récital d’Angélique Ionatos, hier soir, au Café de la Danse à Paris, était une pure merveille. Accompagnée d’une jeune artiste grecque, Katerina Fotinakis, et de deux guitares chacune, mêlant poésie grecque ancienne et contemporaine (Sappho et O. Elytis), Pablo Neruda et Colette, Barbara et Léo Ferré, elle n’a pu laisser personne insensible. Et si la plainte traditionnelle de l’oiseau qui ne peut plus chanter après la chute de Constantinople (air traditionnel) sur laquelle fut récité un poème de Colette vous laisse de marbre, allez voir un ORL, vous avez sûrement un problème auditif ! 😀

Si vous ne connaissiez pas cette artiste, l’album de ce récital Comme un jardin la Nuit est une bonne introduction à son œuvre. Et mieux encore si vous prenez la version CD + DVD (enregistrement du concert à l’automne à Lyon – certains morceaux sont sur le CD et pas le DVD et vice-versa). Bien sûr, il n’y aura pas certains dialogues alors qu’A. Ionatos passait du temps à réaccorder sa guitare après chaque chanson et certaines improvisations se semblent s’être rallongées avec le temps.

Enfin, elle cite O. Elytis qui a écrit « la nature crée ses propres parentés, parfois bien plus puissantes que celles que forge le sang », et le cœur des xenites ne peut que faire un bond. 😉

Un extrait du DVD/concert pour vous mettre l’eau à la bouche

Et pour être complète, voici la critique du spectacle dans Le Monde d’il y a un jour ou deux.

Angélique Ionatos délaisse pour un temps ses hommes. La chanteuse grecque se présente au Café de la Danse, à Paris, jusqu’au 15 mars, sans musiciens. Elle les retrouvera plus tard, continuant à mener sur les routes sa précédente création, Eros y Muerte. En ce mois de mars, qu’entre deux accordages de guitares capricieuses, elle dit détester pour ses humeurs cyclothymiques (« Ce mois pourrait être grec… Il fait semblant d’offrir le printemps et subitement on a froid. »), la chanteuse se produit en duo avec sa jeune compatriote et soeur de coeur, Katerina Fotinaki.

Elle l’a rencontrée en Grèce, élève d’un de ses amis, le baryton grec Spyros Sakkas. C’est pour lui qu’elle avait mis en musique le poème scénique Maria Nefeli (« Marie des Brumes »), d’Odhysséas Elytis, dans les années 1980. Elle l’avait ensuite retrouvée en 1995, avec la création Parole de juillet, toujours d’après un poème d’Elytis.

Les deux chanteuses viennent d’enregistrer ensemble un album d’une belle délicatesse, Comme un jardin la nuit (Accords croisés/Harmonia Mundi). Le titre a été choisi en pensant à Léo Ferré. Dans Cette blessure, Ferré écrit « cette blessure… comme un jardin qu’on ouvre que la nuit ».

CONSTELLÉE DE BOUGIES

La poésie est depuis toujours l’amie d’Angélique Ionatos. Dès 1976, quelques années après son installation en France, elle compose sur des textes de poètes grecs. Elle continue à les chanter : Odhysséas Elytis, Manos Hadjidakis, Sappho de Mytilène, poétesse grecque de l’Antiquité (VIIe siècle av. J.-C.). Dans ce tour de chant, elle enserre Septembre (Quel joli temps), de Barbara, interprété avec une grâce fragile par Katerina Fotinaki.

Ces rapprochements peuvent surprendre. « Ne m’en voulez pas si je vous parle de Sappho comme d’une contemporaine, justifie en souriant Angélique Ionatos. La poésie c’est comme les rêves, personne ne vieillit jamais. » Guitare en main, chacune assise sur une estrade constellée de bougies, pieds nus, les deux chanteuses alternent leur voix (mate et ombrée pour Angélique Ionatos, évanescente et aérienne pour Katerina Fotinaki), les croisent ou les superposent, s’amusent comme deux adolescentes, rapprochant, par exemple, un chant traditionnel grec avec un texte de Colette. Dans un jardin, la nuit, toutes les audaces sont permises.
Angélique Ionatos et Katerina Fotinaki, Café de la Danse, 5, passage Louis-Philippe, Paris-11e. Tél. : 01-47-00-57-59. Jusqu’au 15 mars (relâche les 9 et 10). 20 heures ; dimanche 8 et 15, à 17 heures. 24 €. Les 19 et 20 mars à Sèvres (Théâtre), le 28 aux Lilas (Le Triton).

Patrick Labesse

Demain, basket…

That’s all, Folks !

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Un commentaire »

  1. Wow! On se laisse bercer par votre musique!
    Louis, chanteur de First Exit

    Commentaire par firstexitband — 7 mars 2009 @ 18:11 | Réponse


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