Au bord du Styx

17 janvier 2009

Traduction – Cinq Minutes – Dernière partie (bêta)

Attention, version définitive : ici dans les archives

Bonsoir,

j’ai bossé toute la journée pour pouvoir finir cette traduction de Cinq Minutes. C’est toujours une version bêta donc ne faites pas attention aux fautes et bizarreries (j’ai fini à 21 h et j’ai fait deux relectures à 23 h… ça me donne quelques excuses).

Je mettrai un mot quand la version définitive sera mise en ligne. Des quelques messages et commentaires que j’ai lus, j’ai l’impression que l’histoire vous a plu. Si j’en traduis d’autres, ça vous dit ?

Et sans plus attendre (comme pour la 9ème partie, à ne pas lire si vous n’avez pas l’âge ou si vous êtes au boulot 😉  )

10ème partie

Quand Miranda se réveilla, elle remarqua deux choses : d’abord, qu’elle ne portrait aucun vêtement et ensuite, qu’elle était seule dans le lit. La chambre était brillamment éclairée par comparaison à la nuit précédente : les rideaux sombres avaient été tirés laissant les voilages blancs voleter devant une fenêtre ouverte. Le plafond était haut, donnant beaucoup plus d’espace à la pièce  et les murs blancs apportaient du calme à l’esprit de Miranda. Sa peau était fraîche, mais la couette en duvet d’oies enveloppée d’une housse outrageusement douce enveloppait son corps comme un nuage. Andrea n’était peut-être pas riche, mais elle savait dépenser son argent pour ce qui était essentiel.

« Andrea ? »

Pas de réponse. Elle jeta un coup d’œil sur le côté du lit et aperçut une note écrite rapidement sur la table de nuit.

miranda,

ne pars pas ! sortie pour trouver café et p’tit-dèj’. je reviens vite. je répète : ne pars pas.

je t’aime, andrea

Il y avait un petit cœur  à côté de son nom et Miranda se surprit à sourire. Elle s’étira et fut contente de sentir certains muscles délicieusement douloureux pour ne pas avoir servi récemment. Sa vie sexuelle avec Alexander avait été raisonnablement réussie, mais cela se passait presque toujours comme après-coup, quand ils avaient tous les deux le temps. Maintenant que cette relation était finie, elle ne voulait pas le juger comme un piètre amant. Mais la différence était immense entre faire les choses machinalement et aimer et être aimée en retour.

Elle trembla un peu en pensant à la façon dont la langue d’Andrea avait tracé une délicieuse ligne depuis la base de sa colonne vertébrale jusqu’à sa nuque et de quelle manière elle avait tiré tant de plaisir du corps de Miranda avec facilité et délice. La première salve avait conduit à une deuxième, puis à une troisième après quelques heures de sommeil. Encore maintenant, Miranda ressentait le buzz de l’excitation qui avait maintenu Miranda sur les nerfs pendant tant de mois. Elle pensait que ça pourrait lui prendre un certain temps pour s’en débarrasser. Pour Andrea également. Par chance, elle avait une partenaire très enthousiaste.

Sentant l’odeur qu’elle dégageait sous les draps, Miranda décida qu’il était temps de passer sous la douche. Dans la salle de bain, elle trouva tout ce dont elle pouvait avoir besoin déjà sorti. L’utilisation du savon d’Andrea se révéla être un exercice de sensualité, son parfum lui rappelant leur nuit passée ensemble. Une fois sortie, elle s’enveloppa dans une serviette de bain et chercha, sans succès, un peignoir. Elle n’était pas prête à remettre ses vêtements de la veille et décida, à la place, d’aller voir dans le placard d’Andrea.

Quand elle ouvrit la porte, Miranda avait uniquement l’intention de trouver quelques chose qu’elle pourrait porter dans l’appartement. Mais elle n’en eut pas l’occasion, se trouvant distraite spectaculairement par plusieurs photographies qui avaient été collées à l’intérieur de la porte. Là, occupant environ un tiers d’un espace libre, se trouvait un montage de photos représentant Miranda. Toutes avaient été visiblement prises par Andrea. Certaines étaient en couleur, d’autres en noir et banc, il y avait des clichés de profil et des plans moyens avec de-ci de-là quelques gros plans.

A une époque, Miranda s’était sentie déçue de n’apparaître que rarement dans la galerie en ligne d’Andrea. En fait, son portrait n’avait figuré sur le site que deux fois en quatre mois. Cependant, il ne semblait pas que la cause soit l’absence de photos prises par Andrea. Loin de là. Il y avait peut-être une douzaine de clichés disposés artistiquement et selon Miranda, ils étaient tous de très bonne qualité. L’un en particulier se détachait des autres, un gros plan du dos de Miranda, ses épaules et sa nuque découverts par la coupe basse de l’encolure de la robe du soir qu’elle portait. D’après le dessin de la robe, elle était certaine qu’il s’agissait de celle qu’elle avait portée lors du gala de charité pour le centre Sloan-Kettering. Une nuit mémorable. Pour elles deux.

Elle tendit la main et toucha l’une des photos, ressentant un grand réconfort à les voir là. D’une certaine façon, ces photos rendaient l’affection d’Andrea plus réelle. Elles avaient été prises pour le plaisir particulier d’Andrea : preuves concrètes de son affection, cachées loin des regards curieux.

A ce moment, elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir et se refermer silencieusement. Il y eut un frottement de pieds qui se dirigeaient probablement vers la cuisine et Miranda suivit le bruit. Elle vit un conteneur de chez Starbucks sur le bar, pas juste des verres en plastiques, mais une carafe en carton à emporter. Un sac à dos plein d’articles d’épicerie atterrit à côté et Andrea était en train d’en sortir des œufs et des fruits quand elle réalisa qu’elle n’était pas seule.

« Oh ! » s’exclama-t-elle en portant une main à sa poitrine. « Tu m’as fait peur. Je n’étais pas sûre que tu sois réveillée. »

Miranda s’appuya contre le chambranle de la porte. « Je suis réveillée. »

« Bonjour, » fit Andrea en se rapprochant. Elle se pencha, un peu hésitante, pour un baiser. Elle semblait embarrassée, ce qui était surprenant après la nuit passée où elle avait été si libre. Mais Miranda ne se laissa pas troubler. Elle glissa sa main dans les cheveux  soyeux d’Andrea pour la serrer dans ses bras. Bien vite, elle se détendit et ses lèvres se fondirent délicieusement contre celles de Miranda.

De façon délibérée, Miranda commença à avancer, rapprochant petit à petit Andrea de la table de la cuisine. Celle-ci semblait assez solide pour au moins essayer. La bouche d’Andrea parcourait sa gorge mouillée, léchant les traces d’humidité qui tombaient en gouttes depuis l’extrémité de ses cheveux. Par chance, le la table était plus basse que le niveau des hanches et Miranda put y faire asseoir Andrea sans problème. La veste fut enlevée, suivie par sa chemise avant qu’Andrea réalise ce qu’elle faisait.

« Je t’ai trouvé ton café. Ton Latte, je veux dire. » Deux baisers suivirent. « Il est très chaud, » dit-elle dans un souffle. « Il va refroidir. »

Miranda défit la large ceinture et la retira des passants du pantalon. « Ça peut attendre. »

« Et des œufs, je peux te faire des œufs. » Un autre baiser, accompagné d’un petit cri d’étonnement qui fit redoubler les battements du cœur de Miranda. « N’as-tu pas faim ? »

« Oh si, » dit Miranda tout en laissant tomber à terre sa serviette de bain. Elle serait parfaite pour protéger ses genoux. Elle n’aurait pas pu mieux s’organiser si elle avait vraiment planifié la chose. « Soulève ! » Et les jeans d’Andrea se retrouvèrent de l’autre côté de la pièce, puis ses sous-vêtements atterrirent quelque part hors de vue. Elle était déjà mouillée. « Es-tu toujours excitée si rapidement ? »

Andrea rit d’une façon un peu hystérique. « J’ai fait la queue un certain temps chez Starbucks et je m’ennuyais. » Miranda lécha sa hanche et elle sursauta. « J’ai des fantasmes plutôt convaincants. »

« Tu veux en parler ? »

Miranda frotta sa main entre les jambes d’Andrea. « Oh ! Oui… Ah ! Ça… ça ressemble à l’un d’entre eux. Aaah ! » s’écria-t-elle et elle retomba de tout son long sur la table. Quand Miranda utilisa sa langue, avec laquelle elle était peu expérimentée, Andrea cria et attrapa les cheveux mouillés. Miranda continua ce qu’elle faisait, écoutant les bruits et les soupirs qui lui disaient ce qui était bon et ce qui était encore meilleur.  Bientôt, les hanches d’Andrea se mirent à se balancer et Miranda fut incapable de s’empêcher de glisser une main entre ses propres jambes. Son grognement avait été étouffé, mais Andrea releva la tête immédiatement. « Es-tu… » Elle ne put continuer. « Oh, mon Dieu ! » Miranda écarta sa bouche, regardant avec attention ce corps qu’elle s’était mise à adorer, mordant ses lèvres et goûtant l’humidité qui les recouvrait.

Maintenant, les yeux d’Andrea étaient désespérés alors que ses hanches se soulevaient à la recherche d’un contact. Mais Miranda resta à l’écart, voulant se retrouver dans le même état d’excitation. L’expression de désir sur le visage d’Andrea l’amena vite au bord du gouffre et elle retourna vite à ce qu’elle faisait, écartant du bout du nez des poils rêches à la recherche de son objectif. Andrea émit une sorte de glapissement, ses jambes s’ouvrirent encore plus, ses gémissements de « Oui, oui, oui… » se désintégrèrent en bruits incohérents. Une fois de plus, elle attrapa les cheveux de Miranda et maintint la tête alors que la langue de Miranda la caressait avec une gentille pression.

Elle le sentit quand il se produisit : la furieuse contraction, les pulsations qui suivirent, les cris de plaisir et de soulagement qui venaient d’au-dessus. Miranda insista entre ses jambes et jouit immédiatement, sa joue à l’intérieur des cuisses d’Andrea, douces et pâles comme de l’ivoire.

Les secondes s’écoulèrent  et elle inspira cette odeur de peau propre et de sexe. Une main alla inconsciemment caresser le flanc d’Andrea. Cela semblait décadent, d’être ici, d’être si heureuse d’un seul coup. Elle ferma les yeux et soupira.

Andrea se glissa en avant et se laissa tomber de la table sur les genoux de Miranda. Elles s’embrassèrent et les doigts d’Andrea parcoururent légèrement sa colonne vertébrale. « C’était… »

« Wow… » finit Miranda à sa place.

Les yeux bruns se remplirent de rire. « Exactement. »

Ce matin-là, Miranda prépara le petit-déjeuner malgré les doutes d’Andrea. Miranda pouvait cuisiner et le faisait bien : elle n’avait tout simplement ni le temps, ni l’envie la plupart du temps. Aujourd’hui, elle avait les deux et créa une omelette aux légumes si délicieuse que les yeux d’Andrea se fermèrent d’approbation.

Le reste de la journée fut entièrement gaspillé selon les standards habituels de Miranda. Elle ne fit rien de productif, ne passa aucun appel, ne regarda pas une fois le Book, éteignit son Blackberry. Andrea fit de même, bien que Miranda ait pu constater combien cela la rendait nerveuse de ne pas pouvoir être joignable par son journal pour une longue période de temps.

« Tu travailles trop, » gronda Miranda quand elle remarqua qu’Andrea n’arrivait pas à tenir en place à l’autre bout du canapé. Elle tourna une autre page du Times et la plia proprement.

« Absolument pas. » Avec un reniflement, elle ajouta. « C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Miranda ignora la remarque. « Tu as tenu deux jobs pendant des mois. As-tu reçu une augmentation ? »

Andrea grimaça. « Non. »

« Ils profitent de toi. »

« Je sais, » murmura-t-elle. « Je ne sais pas quoi faire. »

« Que veux-tu faire ? Ou plutôt, que voudrais-tu faire si tu avais le choix ? »

Andrea baissa son exemplaire du Mirror et le posa sur la table basse. « Je n’en suis plus tout à fait sûre. J’ai toujours voulu écrire, depuis que je suis môme. Et j’aime ça. Je suis bonne. Je veux raconter des histoires importantes que les gens ont besoin d’entendre même si ils ne le veulent pas. Mais… » Elle regarda Miranda. « J’ai mentionné le photojournalisme hier soir et je le pensais. Je pense que je deviens meilleure avec un appareil photo et je veux continuer. »

Miranda acquiesça. « Bien. Peut-être est-il temps de mettre à jour ton CV. Tu es restée au journal plus d’une année et ils survivront sans toi maintenant. Ils devront embaucher deux personnes pour te remplacer, mais je pense que la fréquentation de ton site continue d’augmenter. »

« Ouais. »

« Envisage d’autres possibilités, » proposa Miranda en retournant à son journal. Il ne fallait pas qu’elle montre trop d’importance à la suggestion qu’elle allait faire. « J’ai de nombreuses relations, Chérie. Autant que le clan Huntington, sinon plus. Et même si tu penses que tu m’utilises pour grimper dans l’échelle professionnelle, tu te trompes. »

« Oh ? »

« Je regretterais que tu ne puisses pas développer ton potentiel à cause d’un malencontreux sens de l’indépendance. Il est sage de profiter des opportunités qui se présentent, quelque en soit l’origine. » Elle fit très attention à garder ses yeux fixés sur les caractères imprimés de son journal.

Puis Miranda se tut et laissa Andrea ruminer cette idée. Elle ne la pousserait pas plus, mais espérerait.

Quelques minutes plus tard, un pied recouvert d’une ridicule chaussette pelucheuse frotta affectueusement son mollet et Miranda se détendit. « Ok, » fit Andrea. « Je vais faire une liste. »

« Très bien, » répondit Miranda. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que ça voulait dire, mais ça semblait prometteur.

TOUS LES AUTRES

Un mois plus tard, tout et rien n’avais changé. Mais les vents étaient sur le point de tourner.

Des listes furent établies, déchirées et refaites par Andy qui décida à la fin qu’elle allait donner son préavis de deux semaines au Mirror. Après un long débat interne, elle choisit également de « profiter » de l’un des contacts de Miranda au New York Magazine. Le rédacteur en chef du service photo avait besoin d’un coordinateur qui avait de l’expérience aussi bien dans la presse écrite que la publication en ligne. Ainsi, entre son CV et la recommandation de Miranda, elle avait choisi sa voie.

Miranda était très contente de cet arrangement. Par contre, elle n’était pas enthousiasmée par le peu de temps qu’elle arrivait à passer avec son amante. Andy commença à travailler au Mirror des heures de plus en plus longues du moment où elle décida de partir. Le sentiment de culpabilité à l’idée de quitter ce que Miranda avait une fois baptisé une « épave » était très fort. Mais elle n’abandonna pas la nouvelle idée de ce qu’elle pourrait être. Elle évoluait. Et Miranda avec.

Miranda, qui pour les huit dernières années, avait oublié ce que ça signifiait que d’être heureuse. Elle n’avait pas toujours mené une existence dénuée de joie et la dernière fois dont elle se souvenait où ce sentiment avait été plus que passager était pendant les premières années de la vie de ses filles. Elles avaient rendu chaque nouvelle journée belle et excitante. Miranda avait installé son bureau à la maison et avait réussit à y travailler la plupart du temps. Mais quand les filles avaient rejoint le jardin d’enfants, Miranda avait passé plus de temps au bureau. Puis un peu plus et encore plus. Et bientôt, son travail était devenu sa vie. Le bonheur devint insaisissable, puis superflu.

D’une certaine façon, être avec Andrea avait rappelé à Miranda ce qu’il y avait de bien au travail. Mettre au point une mise en page avec son équipe n’était plus un processus épuisant de conquête de l’imbécillité, mais un exercice créatif où elle combinait ses propres talents avec ceux des autres. Elle ne souriait pas plus, mais elle se sentait plus légère. Le soir, elle se trouvait à anticiper l’arrivée du Book plutôt qu’à la redouter. Parfois, elle et Andrea le parcourraient ensemble. Ces soirées étaient ses préférées.

Quant aux filles de Miranda, elles aimaient bien Andy, la plupart du temps. Au début, elles ne comprenaient pas ce que leur mère pouvait voir en elle. Pour elles, elle était trop grosse et snobinarde et riait toujours un peu trop fort. Mais au fur et à mesure qu’elles apprirent à la connaître, elles réalisèrent, chacune de leur côté, qu’elle était jolie et aimable et qu’elle avait de beaux cheveux et un sourire facile. Elle était gentille avec elles même quand elles étaient mal polies à son égard. Mieux, elle ne levait jamais les yeux au ciel et elle ne les ignorait pas.

Quand leur mère les fit asseoir un mardi soir avec un air incertain sur le visage, Cassidy devint nerveuse. Caroline également. Elles pensaient que c’était fini et que leur mère, et elles avec, allaient se retrouver comme avant. Ça aurait vraiment été la barbe !

Au lieu de cela, Miranda déclara. « Andrea et moi allons… rendre notre relation publique. »

Les filles clignèrent des yeux et soupirèrent en même temps. « Vous ne rompez pas ? » demanda Caroline.

« Non, » répondit Miranda en fronçant des sourcils. « Est-ce… ce que vous préféreriez ? »

Cassidy secoua la tête. « Absolument pas. »

« On l’aime bien, » fit Caroline. « Elle nous prête son attention. »

« Bien, » fit Miranda tout en essayant de dissimuler son soulagement. « Il y aura beaucoup de discussions. Vos amis vont le découvrir, ainsi que leurs parents. Et toute l’école va savoir. Que puis-je… que pouvons-nous faire pour vous aider à affronter tout ça. »

Caroline regarda Cassidy. De quoi parle-t-elle ? pensèrent-elles.

« Il n’y aura pas de problème, » dit Cassidy.

Caroline ajouta obligeamment. « Le père de River Jackson a été condamné pour fraude électronique la semaine dernière et sa mère à conduit leur Mercedes jusqu’en dans le New Jersey  et y a mis le feu au milieu d’un jardin public.

Miranda leva ses sourcils. C’était une nouvelle information. « Oh ? »

Cassidy fit oui de la tête. « Ce n’est rien. De toutes façons,  les lesbiennes sont très à la mode en ce moment. »

Et voila.

Le plus difficile fut de dire la vérité à Alexander. Quand Miranda décida de le lui expliquer, Andrea ne vint pas ce soir-là. Au lieu de ça, elle alla dans un bar avec Brad qu’elle avait commencé à voir de moins en moins souvent.

Comme il se doit, Alexander était scandalisé. Moins à propos de la différence d’âge, naturellement, et plus à cause du fait qu’elle avait volé la femme qu’il voyait comme la possible fiancée de Brad. Bien que cela aurait été plus facile, Miranda ne révéla pas le secret de Bradley. Alexander hurla, la calomniant pour briser le cœur de son fils.  Miranda accepta chacun de ses mots calmement. Elle l’écouta, attendant qu’il en finisse. Finalement, Alexander partit de la maison comme une trombe en claquant la porte. Miranda fut très contente d’avoir envoyé les jumelles chez leur père pour la nuit.

De l’autre côté de la ville, Bradley était également furieux. Moins par le fait qu’Andrea était lesbienne, bien sûr, mais surtout parce qu’elle avait volé la femme qu’il avait imaginé comme étant sa possible belle-mère. « Elle a brisé le cœur de mon père ! » déclara-t-il.

Andy répondit doucement. « Non, ce n’est pas le cas. Ils s’aimaient bien. Ça n’a pas été plus loin. »

« Comment le saurais-tu ? » répartit Brad.

« Parce que Alex a dit à Miranda qu’elle lui rappelait ta mère. Ce n’était pas vraiment Miranda qu’il voyait. Pas entièrement. »

Les yeux de Brad s’écarquillèrent sous le choc. Quelques secondes s’écoulèrent. « Oh mon Dieu ! Je n’avais jamais réalisé. » Il couvrit sa bouche. « Elles se ressemblent… beaucoup. »

Andy tapota son épaule. « Je sais que ta mère est morte, il y a longtemps. Il a dû l’aimer énormément. » Andy était embarrassée en entendant sa voix voilée par l’émotion, mais elle imagina que si Miranda mourait, elle serait impossible à oublier. A jamais.

A la fin, ils burent à la santé l’un de l’autre. Andy promit à Brad qu’elle irait avec lui à un dîner quelques semaines plus tard pour l’aider à révéler son homosexualité à son père. C’était le minimum qu’elle pouvait faire, particulièrement alors qu’elle était si merveilleusement amoureuse de Miranda.

Ses parents et la mère de Miranda ne prirent pas bien la nouvelle malheureusement. Le père d’Andy raccrocha après qu’elle l’ait dit et sa mère pleura. Andy fit ce qu’elle put pour rester de bonne humeur et espéra que les choses s’amélioreraient avec le temps. Il le fallait, croyait-elle. Les gens pouvaient s’habituer à presque tout en leur donnant le temps.

De son côté, le mère de Miranda renifla de façon déplaisante comme si quelque chose de dégoûtant avait agressé ses narines. « Comme c’est fâcheux ! » dit-elle alors qu’elle était assise en face de Miranda pour déjeuner.

« Je suis très heureuse, Mère, » répondit Miranda alors que son cœur se serrait.

« Heureuse, » répondit sa mère d’un ton méprisant. « La vie n’a rien à voir avec le bonheur. »

A ces mots, une profonde tristesse envahit Miranda. Elle ressentit des flots de compassion pour sa mère qui n’avait pas souri véritablement depuis des décades.

Si, ça peut l’être, pensa-t-elle. Ça l’est pour moi.

Plus tard, Miranda souffrit de la première migraine qu’elle ait eut depuis longtemps et se souvint alors combien elle avait été malheureuse seulement quelques mois plus tôt. Ce soir-là, alors qu’elle rentrait chez elle, elle se sentit découragée même si elle se disait que la réaction de sa mère n’avait rien à y voir. Andy avait anticipé cet accès de mélancolie et avait incité les filles à rester en bas et à l’attendre avec elle dans le cabinet de travail. Et c’est là que Miranda les trouva toutes les trois, en train de travailler sur leurs ordinateurs portables respectifs. Elles levèrent toutes la tête, portant un sourire identique quand elle passa la porte.

« Eh bien, ça change, » dit Miranda.

« Salut, M’man, » fit Cassidy d’un ton joyeux. « On fait nos devoirs. »

« Je vois ça. » Elle embrassa Cassidy et Caroline rapidement l’une à la suite de l’autre avant de repousser les chevilles croisées d’Andrea du dessus du bureau et de s’asseoir juste au bord. « Vous vous êtes  mises à l’aise. »

« Mmm, » Andy répondit avec un petit sourire satisfait. « Alors, comment c’était ? Le tremblement de terre de San Francisco ou le Grand Incendie de Londres ? »

Miranda considéra ses options, passant un temps surprenant à penser à chacune d’elles. « Ni l’un, ni l’autre. Juste une journée difficile. Aucun désastre. »

Andy fut satisfaite d’entendre ça. Elle se pencha en avant et reposa son bras en travers des cuisses de Miranda, se sentant envahie d’une douce chaleur. « Je suis contente que tu sois à la maison. »

Miranda se baissa et repoussa une mèche de cheveux du front d’Andrea avant d’y poser un doux baiser. Alors que sa tristesse commençait à disparaître, elle plaça tendrement sa main sur la joue d’Andrea. « Moi aussi. »

FIN

Publicités

7 commentaires »

  1. Magnifique histoire et très belle traduction merci à toi.
    Et à bientôt pour d’autre histoire

    Commentaire par Harper-Lee — 18 janvier 2009 @ 11:06 | Réponse

  2. Je suis contente que tu aies aimé. Et merci d’avoir commenté (je transmets tous les messages d’appréciation à l’auteure)

    Commentaire par Styx — 18 janvier 2009 @ 11:51 | Réponse

  3. j’ai beaucoup aimé moi aussi. Merci pour la traduction et si tu as envie d’en faire d’autres, n’hésite surtout pas !

    Commentaire par Gaxé — 18 janvier 2009 @ 13:23 | Réponse

  4. On verra ce qu’en dit l’auteure, mais il n’y a pas de raison pour qu’elle refuse. 😀

    Commentaire par Styx — 19 janvier 2009 @ 11:32 | Réponse

  5. Merci pour la trad et ce plaisir à la lire(plus que 5mns!!!)
    et un conseil à retenir..

    Commentaire par lmrio — 19 janvier 2009 @ 19:03 | Réponse

  6. Wow …

    J’ai globalement adoré, même si la dernière partie est un peu trop fleur bleue pour moi … J’préfére Miranda en reine des glaces Grrr !

    C’est une très bonne fic.
    D’ailleurs, j’ai failli commer en cours de lecture, en me disant que les pensées de Miranda manquaient, et Pif, j’ouvre la suite et Paf, POV de Miranda ^^
    Tout ça pour dire que, outre le fait que j’aime beaucoup les personnages et toute leur relation, la façon de conter l’histoire me semble tout à fait adaptée, le système de parties est très bien pensé, et les parties sont bien coupées … Rien n’est frustrant, mais tout a un goût de « j’en veux encore » très bien dosé.

    Bref, j’aime ^^

    Commentaire par LeeLoo — 19 janvier 2009 @ 20:33 | Réponse

  7. @ Imrio : pour faire durer le plaisir, j’en traduirai d’autres (et ça doit durer effectivement plus de 5 minutes.

    @ LeeLoo : merci pour le commentaire. J’aime les histoires qui se finissent bien donc je n’ai pas de pb avec la fin « fleur bleue » 😉
    Pour d’autres histoires bien construites, attends de voir celles auxquelles je vais m’attaquer ensuite.

    Commentaire par Styx — 22 janvier 2009 @ 23:08 | Réponse


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :