Au bord du Styx

10 janvier 2009

Traduction – Cinq Minutes – 9ème partie (bêta)

Attention, version définitive : ici dans les archives

Et voici la neuvième et avant-dernière partie de notre récit Cinq Minutes.  Je ne sais pas quand je mettrai en ligne la dernière. Mais les romantiques (et les autres 😉 ) devraient être contentes avec ce qui suit. Attention, à ne pas lire au bureau ou si vous n’avez pas l’âge requis.

9ème partie

Alors que la voiture roulait vers le sud sur Broadway, Miranda regardait fixement son téléphone pour l’obliger à sonner.

« Toujours rien ? » demanda Roy.

« Non, » répondit Miranda. « C’est par ici, quelque part. Elle ne peut pas être au-delà de Canal Street. Restez dans le quartier ! »

Le téléphone sonna et Miranda le porta à son oreille. « Oui ? »

« 1ère Rue Est au numéro 46, Appartement 6C, entre la 1ère et la 2ème avenue », fit Chelsea dans un seul souffle. « En sens unique en allant vers l’ouest. »

Miranda répéta l’adresse à Roy qui accéléra en direction de Houston Avenue.

« Merci, Chelsea. »

« Pas de problème. Elle a envoyé une carte de vœux à Noël cette année. C’est comme ça que j’ai eu sa nouvelle adresse. »

« Très bien. Retournez à ce que vous étiez en train de faire ! »

« Merci. Passez une excellente soirée ! »

Miranda raccrocha et espéra que la soirée devienne effectivement bonne. Elle avait essayé à plusieurs reprises d’appeler Andrea, mais elle était tombée à chaque fois sur la messagerie vocale. Cela ne l’arrêterait pas. Si Andrea n’était pas chez elle, elle la pourchasserait jusqu’à ce qu’elles puissent se parler et se dire enfin la vérité pour changer. Maintenant que Miranda avait pris sa décision, elle n’hésiterait pas à agir. La patience n’avait jamais été son fort.

Roy prit un virage serré, puis un autre. Quelques instants plus tard, il s’arrêta au pied d’un immeuble qui ne semblait pas aussi terrible que ce qu’avait craint Miranda. La rue était relativement tranquille pour un samedi soir. « Attendez jusqu’à ce que je sois

entrée dans l’immeuble. Ensuite, vous aurez votre week-end de libre. »

« Vous n’aurez pas besoin…? »

« Je prendrai un taxi. » Elle sortit de la voiture et claqua la porte. Roy savait déjà qu’il se passait quelque chose de bizarre, mais elle n’avait pas besoin que son intention soit trop évidente. Il y avait toute une série de boutons sur un boîtier d’interphone usé à l’extérieur de l’immeuble et elle appuya sur le 6C. Pas de réponse. Elle attendit trente secondes avant de réessayer. A nouveau rien. Finalement, elle pressa le bouton avec son pouce et ne le retira pas, écoutant le bruit désagréable jusqu’à ce qu’une voix l’interrompe.

« Allez-vous en ! »

« Andrea, Laisse-moi entrer ! »

Il y eut un temps d’arrêt. « Qui est-ce ? »

« La Reine de Saba. Ouvre ! »

« Tu… Tu ne devrais pas… »

Se penchant vers l’interphone, Miranda utilisa alors son ton le plus autoritaire. « Ouvre. Cette. Porte. Maintenant ! »

Il y eut un fort bourdonnement et elle soupira. A l’intérieur, elle trouva un ascenseur de petite taille, mais parfaitement fonctionnel qui l’amena au sixième étage. Au bout du couloir, elle frappa à une porte peinte en rouge et attendit. Elle s’entrouvrit de quelques centimètres. La pièce était sombre à l’intérieur et Miranda distinguait à peine le visage d’Andrea. « Tu ne devrais pas être là, Miranda. Rentre chez toi ! »

« Est-ce ta façon de me dire que tu ne veux pas me voir ? »

« Non. C’est ma façon de te dire que tu ne devrais pas être là. S’il te plaît, » supplia-t-elle et Miranda fut choquée d’entendre le désespoir dans sa voix. « Ne rends pas les choses plus difficiles ! »

« Laisse-moi entrer ! »

Au moins, elle savait reconnaître quand elle était battue. Andrea se recula et ouvrit tout grand la porte. Miranda pénétra à l’intérieur. Il n’y avait qu’une seule petite lampe allumée et un foulard rouge sombre jeté par-dessus donnait à la pièce une lumière irréelle. Il y avait un canapé et une table basse, un fauteuil à oreillettes et deux étagères débordant de livres et de journaux. Simple, mais cela correspondait parfaitement à Andrea. Des estampes décoraient les murs, l’une d’entre elles semblant être un original d’un nouvel artiste que Miranda avait vu à SoHo l’année précédente. « J’aime ton appartement. »

Andrea frotta son front avec deux doigts. « Génial. C’est tout ? »

« Non. J’aimerais un verre de vin. J’ai eu une soirée plutôt inhabituelle. »

Avec un soupir, Andrea se tourna et dépassa un coin qui devait mener à la cuisine, supposa Miranda. Elle la suivit. Otant le bouchon d’une bouteille de vin rouge déjà entamée, Andrea versa deux verres. Il faisait plus clair ici et quand Andrea se retourna pour lui tendre son verre, Miranda réalisa combien elle avait l’air terrible. Sa peau était pâle et son teint brouillé, ses yeux étaient cerclés de rose. Même son nez était rouge. Miranda en resta bouche bée et se sentit honteuse. Elle tendit la main pour recouvrir la joue d’Andrea, mais celle-ci tressaillit.

« Arrête, Miranda ! C’est fini. »

« On non, ce n’est pas fini. Loin de là. »

« Quoi ? Tu envisages de commencer quelque chose avec moi alors que tu es fiancée ? »

Ah ! Elle avait vu juste. « Non, je pensais que ce serait bien de te rendre visite maintenant que je suis libre. »

Le visage d’Andrea demeura impassible. « Libre, » répéta-t-elle.

Miranda fit oui de la tête.

« Libre de quoi ? »

Levant sa main gauche, Miranda montra son annulaire sans le moindre bijou. « Libre de toute autre obligation. »

La confusion rendait Andrea vraiment adorable. « Est-ce qu’Alexander ne t’a pas demandé ta main ce soir ? »

« Il ne l’a pas fait. Et ne le fera pas. »

« Mais Brad m’a dit… »

« Bradley, » fit Miranda. « Un délicieux garcon. J’aurais dû reconnaître les signes bien plus tôt, mais il joue bien le jeu. »

Andrea déglutit. « De quoi parles-tu ? »

« Oh Chérie, toujours à protéger les autres même quand ce n’est pas dans ton intérêt. Tu es une anomalie et j’ai tant de chance de t’avoir trouvée. »

« Euh…reviens en arrière, » dit Andrea avant d’avaler une grosse gorgée de vin. « Pourrais-tu parler… tu sais… clairement pour une fois et me dire ce qu’il se passe ? »

Miranda avait fait assez de dégâts ce soir-là. Ce regard malheureux en était la preuve. « Très bien. Primo, je sais que Bradley est gay et que votre relation n’existe que pour satisfaire son père. Secundo, Alexander n’a pas demandé ma main parce que je l’ai arrêté avant qu’il le puisse. Donc, comme on dit, je suis disponible. » Miranda sirota son vin alors que l’information faisait son effet en Andrea. Brièvement, elle pensa qu’elle avait mal apprécié la situation. Les yeux d’Andrea étaient écarquillés, mais elle ne semblait pas heureuse. « Si tu es intéressée, » ajouta-t-elle.

Quand Andrea se décida à parler, c’était en un chuchotement étouffé. « Toi et Alex… »

« Ne sommes plus un couple. »

« Et vous avez… »

« Rompu. »

En un cours laps de temps, les yeux d’Andrea s’emplir de larmes qui coulèrent sur ses joues. « Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Je ne peux pas le croire. »

Pourtant, elle ne bougeait toujours pas et Miranda n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle devait faire. Cela devenait inquiétant. Au temps pour elle de croire qu’Andrea se serait simplement jetée dans les bras de Miranda en entendant la nouvelle. « Eh bien, si tu dois passer la nuit à me regarder, je peux juste… »

La voix de Miranda sembla pousser Andrea à agir car ces mots avaient à peine quitté sa bouche qu’Andrea se débarrassa de son verre de vin dans l’évier et se jeta dans les bras de Miranda. Juste comme elle l’avait espéré. « Oh mon Dieu ! » sanglota-t-elle dans l’oreille de Miranda alors que son corps tremblait d’émotion. « Oh mon Dieu ! Oh Dieu ! Miranda, » dit-elle dans un souffle tout en l’étreignant très fort.

C’est mieux comme ça. Elle posa son verre sur le bar et ramena ses bras autour de la taille étroite. Des frissons parcouraient son dos jusque dans sa tête. La sensation était inhabituelle, comme si une bande de tension qui tenait son corps ensemble s’était soudain relâchée. Elle se détendit, se fondant dans l’étreinte qu’elle avait tant attendue. C’était tellement, tellement bon. Son odeur, sa douceur étaient de merveilleuses surprises. Elles avaient été proches deux fois, s’étaient embrassées et frottées l’une contre l’autre et plus, mais cela semblait différent. Miranda voulait arrêter le temps et rester ainsi. Faire durer l’instant bien plus que les cinq minutes qu’elle s’était accordée pour être heureuse.

Andrea serra son visage dans le creux du cou de Miranda et des larmes glissèrent le long de sa peau. Le filet d’humidité la fit frissonner et elle posa sa main sur la tête d’Andrea, caressant cette douce chevelure qu’elle adorait. Après quelques minutes, Andrea frotta sa joue humide contre celle de Miranda. « Peut-on rester comme ça pour toujours ? » demanda-t-elle doucement.

Miranda sourit. « Oh oui, » dit-elle, voulant croire à un rêve pour une fois dans sa vie. « J’aimerais beaucoup ça. »

« Je ne peux pas croire que tu sois là. Je ne peux pas croire… » Elle s’arrêta de parler.

« Que je te choisisse ? » Miranda finit pour elle.

Andrea se dégagea, les yeux encore rouges et pleins de larmes. Elle fit oui de la tête.

Miranda prit une grande inspiration. « Eh bien. Certains choix sont plus difficiles à faire que d’autres. »

« Je comprends. »

« Mais une fois qu’ils sont faits, c’est pour durer. »

Andrea acquiesça à nouveau et son sourire fut si éclatant que Miranda se sentit un peu étourdie de la transformation. Tant de joie l’émut. Elle était entrée dans un appartement lugubre où Andrea avait passé la soirée à pleurer et elle l’avait rendue heureuse avec quelques mots et un câlin. Bien sûr, il y avait plus que ça, mais c’était aussi très simple. Etre ensemble. Elle caressa la joue d’Andrea du revers de ses doigts. Il y avait tant de choses qu’elle voulait savoir, mais plus que tout, elle voulait embrasser ces lèvres. Extasiée, elle vacilla en avant et embrassa d’abord la joue d’Andrea. « Oh, » fit celle-ci, reprenant haleine et ce bruit fit quelque chose d’étrange à Miranda. « Oh oui, » murmura la jeune femme et puis elles s’embrassèrent. En quelques secondes, Miranda était haletante. Elle ouvrit la bouche pour respirer, mais se sentit envahie par la langue curieuse d’Andrea qui acheva de lui couper le souffle.

Bientôt, elles se mirent à bouger alors que Miranda restait aveugle à tout ce qui n’était pas la sensation de ces lèvres et de ses mains et de ce corps contre elle. Elle ne se souciait pas de l’endroit où elles allaient du moment que ça ne s’arrêtait pas. Andrea n’arrêtait pas de faire un petit bruit, comme si elle goûtait quelques chose de délicieux qui devenait meilleur encore à chaque bouchée. Plus le bruit continuait et plus le cœur de Miranda battait vite. Dieu, comme elle voulait cette fille ! Mais pas assez pour se détacher et demander où elles allaient.

Peu après, Andrea se dégagea difficilement. Elle retira le manteau des épaules de Miranda et le laissa tomber par terre. « On va le faire, » dit-elle, les lèvres rouge sang. Miranda trembla et acquiesça. Andrea tenta de défaire le chemisier cache-cœur que Miranda portait, mais ne put trouver par où il s’ouvrait. « Retire ça ! » Avec des mains mal assurées, Miranda trouva le nœud et réussit heureusement à le défaire. « Oh Dieu, » s’exclama Andrea, les yeux écarquillés quand elle aperçut l’article de lingerie que portait Miranda.

Embarrassée, Miranda eut, instinctivement, un mouvement de recul, mais il n’y eut pas assez de temps. Andrea passa à l’attaque, ses lèvres se fixant sur sa gorge, ses mains soutenant ses seins, les massant et effleurant les mamelons. Miranda cria ce qui enflamma encore plus Andrea, ses mains glissant sur la poitrine de Miranda avant de laisser tomber une bretelle du soutien-gorge et d’aller à sa cible. Miranda ressentit l’écho de ce contact sur ses seins jusqu’entre ses jambes. Elle agrippa la tête d’Andrea et se cambra sous le baiser. La pièce était silencieuse hormis les bruits humides de la bouche d’Andrea et ses bourdonnements de plaisir. Andrea retira sa tête, les yeux emplis de passion. « Je veux tout faire en même temps, » dit-elle. « Je veux tout te faire. »

Un tremblement parcourut la silhouette de Miranda. Elle essuya sa bouche. Elle se sentait toute retournée. « Dépêche-toi, » dit-elle finalement, commençant à retirer sa jupe. Elle regarda Andrea d’un air incrédule. D’un mouvement vif de la tête vers la jeune femme, elle ajouta. « Toi aussi. Je ne peux pas faire ça toute seule. »

Il fallut un moment pour que les mots s’enregistrent, mais Andrea était surtout très méticuleuse et elle retira son tee-shirt et son jeans en quelques secondes. Puis elles se retrouvèrent en sous-vêtements. Miranda ne se sentait pas encore prête à tout révéler. Elle était dans une forme excellente, mais Andrea avait naturellement la silhouette d’une danseuse avec des membres longs et élégants. Miranda fut rendue muette d’étonnement. Les vêtements allaient bien à la fille, mais elle était tellement plus belle sans. « Mon Dieu, » marmonna-t-elle.

« Oh oui, » fit Andrea en écho, les yeux fixés sur la silhouette de Miranda.  La pièce était faiblement éclairée. Miranda regarda autour d’elle et réalisa qu’elles étaient dans la chambre à coucher. Andrea se jeta sur le lit  et alluma une seconde lampe. Avec un large sourire, elle se retourna. « Je veux être capable de voir ce que je fais. »

Miranda se sentit exposée et ridicule avec son soutien-gorge à moitié défait. Finalement, elle le dégrafa elle-même et le laissa tomber à terre. Andrea ne bougea pas, mais elle se mordillait la lèvre. Elle se passa une main dans les cheveux. « Tu es… wow ! »

Miranda avança à quatre pattes sur le lit, laissant de côté son embarras. Andrea semblait contente et c’était suffisant. « Wow ? » demanda-t-elle. « Est-ce un nouvel adjectif ? »

« Pour toi. Tu es magnifique. »

Puis Miranda se retrouva au-dessus d’elle et se laissa aller entre les bras qui s’ouvraient pour elle, peau contre peau pour la première fois. Elle gémit et rechercha l’attache du soutien-gorge d’Andrea. Elle le défit d’une main experte et le jeta hors du lit, dévorant des yeux ce qui se présentait à elle avec une gratitude non dissimulée. « Oh oui, » gronda-t-elle, se penchant en avant pour savourer directement ce qui se présentait à elle. C’était son fantasme qui prenait vie, celui qu’elle avait imaginé bien avant le voyage en France. Mais c’était tellement mieux. Andrea se cambra, ses doigts s’agrippant à la base du crâne de Miranda. Miranda lécha délicatement, formant des cercles rapides, puis lents à la recherche de la bonne allure. « Dis-moi ce que tu aimes, » fit-elle en relevant les yeux.

« C’est bon, » haleta Andrea.

« Quoi ? »

« Tout, » répondit Andrea « Continue ! »

Miranda retourna vers l’autre sein et fut récompensée par un grognement lascif. Elle fut distraite par la sensation de soie humide. Elle dirigea sa main plus bas et elle appuya deux doigts entre ces longues jambes sans avertissement. Andrea ouvrit ses cuisses et s’offrit sans la moindre honte. Miranda frotta la soie avant de baisser le sous-vêtement et de le retirer hors du chemin. Andrea l’envoya balader d’un mouvement du pied et saisit la main de Miranda pour la remettre en place. Elle se cambra au-dessus du lit et Miranda fut époustouflée par tant de sensualité. Elle n’avait pas su à quoi s’attendre : de l’incertitude, de la gaucherie peut-être. Pas cette expression de pur désir. Les mots qu’elle prononça ensuite prouvèrent combien elle voulait Miranda : « En moi, je t’en prie ! »

Miranda obéit et cherchant au milieu de la chaleur moite, glissa deux doigts. La bouche d’Andrea s’ouvrit alors que ses yeux se fermaient. Miranda se rapprocha, chevauchant l’une des jambes  et frottant ses seins contre ceux d’Andrea. Elle l’embrassa, sa langue lapant à l’intérieur de la bouche de son amante, suivant chacun de ses mouvements.

Une main recouvrait toujours la sienne là où elle était demandée et la chaleur fit penser à Miranda que sa tête allait exploser. Elle grogna.

« Si bon, » balbutia Andrea tout contre la bouche de Miranda. « Si bon, bon, bon… Oh oui ! Juste… » Et soudain, elle se cambra fortement avant de s’immobiliser, le corps à moitié hors du lit. Miranda  sentit les pulsations des muscles au plus profond d’Andrea. Elle ne pouvait ôter son regard de la jeune femme alors qu’Andrea  laissait échapper un cri qui s’acheva en  un sanglot quand son corps s’écroula sur le matelas.

La bouche de Miranda était sèche. C’était une vision spectaculaire.

Les yeux d’Andrea restèrent fermés et Miranda crut voir le battement affolé de son cœur au-dessus du torse palpitant. « Tu es si belle, » murmura-t-elle en posant sa tête à cet endroit contre la poitrine d’Andrea pour sentir l’énergie qui parcourait ce corps.

« Miranda, » fit Andrea d’une voix faible. « Miranda. »

Miranda releva la tête pour la regarder. « Oui, chérie. »

« Embrasse-moi ! »

Elle l’embrassa. Lentement, Andrea s’assit sans interrompre le baiser languide alors que le désir de Miranda n’était pas encore satisfait. Avec précaution, Miranda retira sa main d’entre les cuisses d’Andrea et elle entendit le petit hoquet de surprise en réponse. Une fois de plus, Andrea promena sa bouche sur les seins de Miranda. « Ah ! » soupira cette dernière, se reposant sur ses talons avec une cuisse puissante entre les siennes. Avec curiosité, elle leva sa main et la renifla, secouée par la senteur musquée. Elle goûta une fois, puis une autre avant de perdre le fil de ses pensées. Toute son attention était maintenant dirigée vers son centre  où Andrea avait commencé à explorer, la caressant, l’ouvrant à elle.

« A ton tour, » sourit Andrea. « Dis-moi ce que tu aimes ! » Elle la pénétra juste un peu, juste assez pour que Miranda sente à nouveau la chaleur monter à sa tête. « Tu peux me montrer. »

Mais Miranda n’eut pas besoin de lui montrer parce que juste ces deux doigts qui exploraient, allaient et venaient, était exactement ce qu’elle voulait. « Comme ça, » fit Miranda dans un souffle.

« Comme ceci ? »

Miranda fit oui de la tête et plaça ses mains sur les épaules d’Andrea, ses hanches ondulant, déjà presque à la limite. « Oui, oui, » dit-elle et quand Andrea lécha l’un de ses seins, elle se laissa aller et hurla sans se soucier de qui pourraient entendre ses cris d’extase. A la fin, elle s’abattit  entre les bras d’Andrea et elles retombèrent sur le lit. Elle se sentit presque désolée pour Andrea quand elle l’entendit pousser un grognement de surprise. Presque.

Mais Andrea ne fit que glousser et gigota pour se dégager de dessous elle et du poids mort qu’elle devait sans aucun doute représenter. Quand Miranda ouvrit un œil, la jeune femme avait l’air satisfaite d’elle-même et heureuse. Sa tête reposait sur une de ses mains. « Wow. »

Miranda laissa échapper un profond soupir de satisfaction. « Wow, effectivement. »

Andrea cligna des yeux et eut, pour un court moment, l’air affligé. « Je dois te dire quelque chose. Ne t’énerve pas ! »

Dieu, ne pouvait-elle pas attendre un peu que Miranda profite un peu plus de ce sentiment de volupté avant d’entamer quelque chose de désagréable. « J’essayerai. »

Andrea inspira, retint sa respiration et dit, « Je t’aime. »

Miranda la regarda, attendant la suite. « C’est à cause de ça que je ne dois pas m’énerver ? »

Andrea ne répondit que d’un mouvement de la tête. « Je voulais juste le dire. Ce n’est pas quelque chose en passant pour moi. »

Miranda s’étrangla. « Tu as intérêt. »

« OK. Bien. Je suis contente de m’être débarrassée de ça. »

Miranda se sentit enfin capable de bouger et les endorphines circulaient à un bon niveau dans son corps. Entre le sexe et cette déclaration d’amour bizarrement non-romantique, elle se sentait parfaitement bien.  Elle attira Andrea au-dessus d’elle, appréciant la façon dont leurs corps humides de sueur allaient ensemble. « Si nous en sommes à nous débarrasser de choses et d’autres, alors, moi aussi, je t’aime. »

Andrea rougit à la grande surprise de Miranda. « Tu n’as pas à dire ça, tu sais. Pour me faire sentir mieux. »

« Tu n’es pas sérieuse. »

Elle agita la tête. « Si, si. C’est assez. Tu es là, on est ensemble. Je ne … je ne veux pas… »

« Je t’aime, » répéta Miranda. « Bien que de la façon dont tu agis maintenant, je ne suis pas sûre comment j’y suis arrivée. »

« Euh ? »

« Crois-tu vraiment que je mentirais à propos de quelque chose comme ça ? »

« Eh bien… je veux dire… pas vraiment, mais je n’attends rien… Mmm d’autre que… »

« Andrea Sachs ! Si tu crois que je vais m’engager dans une espèce de liaison clandestine avec toi, tu ferais mieux de réfléchir à deux fois. »

« Quoi ? »

« Ce soir, j’ai mis un terme à une relation avec un homme qui était sur le point de me demander ma main et qui, si l’envie le prend, peut causer un tort immense à ma réputation. J’ai pris ce risque, aussi fou qu’il paraisse. »

« Oh ! Je n’avais pas pensé à ça. »

« Moi si. Mais Alexander est un home bon en dehors de son pouvoir et de sa position dans la communauté. Bien sûr, je ne lui ai pas dit et que j’étais sur le point de rejoindre la petite amie de paille de son fils pour lui faire l’amour. Il aurait pu avoir un motif de se plaindre dans ce cas.

L’expression d’Andrea était comique, à mi-chemin entre allégresse et compassion.

« Mais je suis sérieuse à propos de ça. De toi. C’est exclusif. Je ne partage pas. »

« Non ? » demanda Andrea, tout ayant l’ai très satisfaite d’elle.

« Absolument pas. » Miranda fit courir une main collante le long d’une hanche ronde, puis caressant un mamelon qui devint rigide au contact. « Plus maintenant. »

« Cela me va très bien. » Puis elle réalisa de quoi Miranda voulait parler. « Tu veux dire avec Brad ? »

« Oui Mais je comprends que tu n’es pas prête à mettre fin à votre… comédie. »

« On n’a… euh… rien fait depuis un certain temps. Pas depuis la France. Et franchement, même avant. Il ne passait pas grand-chose entre nous de toutes façons : J’étais toujours trop occupée et il était plutôt… Mmm… ennuyeux. Pour des raisons qui sont devenues claires plus tard. »

« Quand as-tu appris ? »

Miranda se sentit soudain incertaine. « J’imagine que j’aurais dû te demander ça avant, mais as-tu eu des rapports protégés ? »

« Oh oui ! A chaque fois. »

Ceci rassura Miranda.

« Et toi et Alex ? » demanda Andrea, cachant à peine un sourire narquois.

Miranda pinça ses lèvres. « Eh bien, non. Mais nous en avons parlé. »

« Dois-je être inquiète ? »

« Non, » répondit Miranda d’un ton hautain.

« Tout va bien alors. » Elle leva les yeux au ciel. « Enfin, pour reprendre ce qu’on disait, je suis retournée à notre chambre après notre… truc, puis Brad est revenu et j’ai rompu avec lui. Il a pensé que j’avais deviné, ce qui n’était pas le cas, et nous avons décidé de garder les choses en l’état pour la galerie. Il rendait son père heureux et moi, j’avais les invitations pour les endroits où je devais être pour le journal. »

« Chérie, tu n’as plus besoin d’invitation. »

« Mmm ? »

« Tout le monde sait qui tu es. Et ils veulent tous être photographiés par toi. »

« Tu crois ? »

« Je le sais. »

Andrea réfléchit à ce qu’elle venait d’entendre. « Cool. Il y a un moment où je voudrais faire autre chose que ces sujets people. Du photojournalisme, je pense. »

Miranda tendit la main et repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille. « Cela ne m’étonne pas. Tu seras très bonne. »

« Vraiment ? »

Miranda acquiesça.

« J’aime que tu aies foi en moi, » dit Andrea doucement.

« J’ai toujours eu foi en toi. »

Sans avertissement, Andrea était au-dessus d’elle, avec un air émerveillé sur son visage. Elle se pencha et l’embrassa. La frénésie qui les avait prises au commencement, s’était calmée et maintenant, c’était doux et attentionné et chaud. Miranda mêla leurs jambes ensemble, étonnée de la douceur de la peau d’Andrea. « Fantastique, » dit Andrea quand leurs lèvres se séparèrent.

Miranda laissa le mot l’envelopper comme une couverture et l’embrassa à nouveau.

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