Au bord du Styx

18 décembre 2008

Projet 12 – Chapitre 12

Filed under: Ecriture,femslash,Heroic Fantasy,Projet 12 — Catherine @ 18:46

Bonsoir,

voici le chapitre 12. Je dois avouer que j’ai une petite inquiétude depuis 8 jours, c’est de ne plus tenir le rythme. Je vous ai parlé de mon genou qui débloque ? Il m’a fait passer tous mes jeudis (ou presque) depuis un mois en examens et mes vendredis chez la rhumato. Depuis vendredi dernier, j’ai encore un nouveau traitement et elle a rajouté des séances de kiné que j’ai placées les lundis et jeudis, jours où je ne bosse pas, mais où j’écris. Aujourd’hui, la séance m’a pris deux heures et après, je n’ai pas toujours le courage de faire grand-chose. Là, ç’a été. J’ai fini d’écrire le chapitre 12 avant de partir et je n’avais qu’à relire.

Et puis, je vais bientôt m’attaquer à un « gros morceau » dans le récit qui va peut-être m’obliger à faire une pause pour que je réfléchise bien à l’évolution de l’histoire. Tout ça pour dire que pour tenir le rendez-vous du jeudi… les prochains chapitres seront peut-être plus petits ou absents… je vous tiendrai au courant. Mais en attendant, voici le

Chapitre 12

La nuit sembla bien trop courte à Tamoryn quand les bruits qui accompagnaient le réveil de la grande propriété au lever des soleils se firent entendre. Les deux jeunes femmes se levèrent, se lavèrent rapidement et choisirent de quoi s’habiller parmi les deux piles de vêtements qu’elles avaient trouvées dans la chambre à leur retour du dîner. Calidia sélectionna une robe comme elle avait vu certaines servantes en porter. Tamoryn opta pour une tunique et des braies courtes en toile résistante, un peu ce qu’elle aurait mis si elle avait été encore au gouvernail de son navire.

Une fois prêtes, elles se dirigèrent vers la cuisine. Elles y furent accueillies avec un peu de réserve, mais beaucoup de curiosité. Il y avait deux places de libres en haut de table, à côté de Leara qui présidait le repas. Tudoc, à l’autre bout, organisait la journée de travail. Tout cela se faisait dans une relative bonne humeur, malgré les grognements de ceux qui se trouvaient affectés aux besognes les plus difficiles ou les moins agréables. Leara répartissait également les tâches à accomplir à l’intérieur de la demeure et elles étaient nombreuses. Pour elle-même, ce jour-là, il y avait jour de marché. Même si la propriété pouvait fonctionner en autosuffisance, il était toujours possible de trouver à l’extérieur des produits qui n’étaient pas cultivés par le seigneur Ledrik et qui pourraient améliorer le quotidien.

Calidia et Tamoryn échangèrent un rapide coup d’œil et le capitaine inclina la tête imperceptiblement. Quand la gouvernante la regarda, Calidia demanda alors la parole.

« Maîtresse Leara ! Puisque je n’ai pas d’occupation particulière ce jour, puis-je t’accompagner au marché ? »

Tout le monde se tut soudainement. Leara interrogea du regard Tudoc qui haussa les épaules.

« C’est que je ne vais pas te faire visiter la ville. J’ai du travail. »

« Oh ! Je ne demande pas à faire une visite guidée. Au contraire, si je peux t’aider au marché… C’est juste que j’ai passé tant de temps sur le bateau ou dans les ports… voir une vraie ville… »

Leara se gratta la tête. « Il faudrait peut-être demander au seigneur Ledrik… »

Tamoryn intervient. « Nous avons donné notre parole au seigneur. Nous pouvons faire de même devant vous tous. Vos coutumes sont différentes dans le reste de l’Empire, mais nous avons compris quelle était notre place et nous ne ferons rien qui puisse vous causer des ennuis. »

Calidia poursuivit. « Oui, vous avez tous notre parole. »

Leara et Tudoc se regardèrent à nouveau, puis la gouvernante prit sa décision.

« Très bien. Une paire de mains en plus, ça ne peut pas faire de mal. »

Alors que tout le monde finissait de manger, des bruits de bottes se firent entendre au dehors et s’approchant de la cuisine. La silhouette de Ledrik se découpa au centre de l’entrée.

« Capitaine, si tu as fini ici, suis-moi ! »

Tamoryn avala rapidement une dernière bouchée et se leva de table. Calidia la suivit jusqu’à la porte.

« Fais attention à toi ! »

Tamoryn sourit. « J’allais te dire la même chose. Ne montre pas tes connaissances ! En tous cas, pas celles qui ne peuvent provenir que du temple. Ne cherche pas à obtenir d’information, laisse-les juste parler ! »

Calidia prit la main du capitaine dans la sienne. « Je ferai attention. Et j’ai prié Menula hier pour qu’elle t’accorde sa protection. »

Tamoryn étreignit rapidement la jeune femme. « Si j’ai la protection de la déesse, alors il ne m’arrivera rien. Mais j’espère qu’elle gardera un œil sur toi également. Passe une bonne journée ! » Puis elle accéléra le pas pour rejoindre le seigneur Ledrik tout en ressentant un étrange serrement à l’estomac à l’idée d’être séparée de la jeune femme pour la première fois depuis leur rencontre.

**=*=**

Calidia ne savait où donner de la tête et des yeux au milieu de la foule qui parcourait le marché : Des étals partout où portaient le regard, les échoppes des marchands tout autour de la place, des bateleurs qui faisaient le spectacle. A la vue de ces derniers, Calidia avait faillit faire sa première erreur en demandant pourquoi ils n’étaient pas dans leurs temples respectifs. Ils avaient visiblement des talents spéciaux et dans l’Empire, ils n’auraient sûrement pas été vus dans la rue à amuser la galerie. Elle n’avait aperçu aucun bâtiment qui pouvait ressembler à un temple en fait. Mais comme Leara avait prévenu, le trajet avait été rapide et direct. Il serait temps pour elle de demander plus tard à faire ses dévotions.

Ysharmir n’avait rien de la société policée que l’on trouvait ailleurs dans l’Empire. Il semblait flotter dans l’air une forme de légèreté, ou plutôt non, c’était l’espèce de pesanteur que l’on trouvait partout dans la société de l’Empire, qui était absente à Ysharmir.

Calidia tentait de tout mémoriser pour pouvoir ensuite raconter à Tamoryn. Il était difficile de déterminer quelle information pourrait servir à leur sauver la vie ou tout au moins à améliorer leur sort. Et les messages de la déesse, pour rassurants qu’ils se veuillent, étaient surtout franchement hermétiques et absolument pas pratiques.

Elle eut une pensée pour le capitaine qui devait se préparer à remplir sa part du marché conclu avec Ledrik et se demanda ce qu’elle pourrait faire pour aider Tamoryn.

**=*=**

Tamoryn, pendant ce temps, tentait de retrouver son souffle. Elle était dans un coin de la salle d’exercice que prêtait Ledrik pour sa préparation. C’était un petit bâtiment à proximité de la maison principale. Là, elle avait fait la connaissance du maître d’armes Walekor qui venait de passer un temps certain à la faire courir, sauter et grimper avant de décider qu’il était peut-être possible de tirer quelque chose d’elle. Alors qu’elle commençait à respirer enfin plus normalement, il s’approcha d’elle avec deux sabres courts, peut-être un peu plus longs que ceux qu’elle avait toujours vus sur les bateaux, mais de bien meilleurs qualité. Ils avaient également une garde qui protégeait particulièrement bien la main sans toutefois gêner les mouvements de poignet occasionnés par un changement de prise.

Il lui tendit le premier, puis le second.

« Il n’y a pas vraiment de règles lors des combats. Chacun est libre du choix de ses armes et il n’est pas placé dans une catégorie plutôt qu’une autre en raison de ce choix. Si tu ne prends qu’une arme, tu as droit également à une protection supplémentaire comme un bouclier. Comme équipement, tu auras un plastron et un petit casque de cuire. La seule règle en fait est que la mort de l’adversaire n’est pas l’objectif. Les accidents sont toujours possibles, mais si les arbitres considéraient, en cas de décès, que la mort n’est pas accidentelle, tu pourrais être condamnée. Que puis-je dire d’autre ? Le combat s’arrête quand il y a un vainqueur donc certains combats peuvent être très longs et celui qui a le plus d’endurance est celui qui a le plus de chance de s’en sortir. Tous les coups sont permis y compris les coups de pied, de poing ou de tête, mais d’avantage en mode défensif. Il s’agit d’abord de duels armés et les arbitres pourraient donner la victoire à ton adversaire si tu ne te servais pas de tes armes… »

Tamoryn l’interrompit. « Maître Walekor, tu me dis qu’il n’y a pas de règles, mais pourtant tu sembles en trouver plusieurs qui dépendent de l’appréciation des arbitres. Est-ce en raison de l’origine de ces combats ? »

Walekor regarda longuement Tamoryn en ayant l’air de se dire qu’il avait peut-être sous-estimé cette improbable élève. « C’est exact. A l’origine, ces combats devaient montrer la capacité des jeunes guerriers à combattre avec honneur. Ils devaient montrer leurs talents au maniement des armes dans le respect du code des guerriers. Le vaincu ne devait pas se sentir humilié, mais uniquement poussé à s’améliorer. Le vainqueur n’avait pas à trouver gloriole dans sa victoire : il n’avait fait que prouver qu’il avait suivi l’enseignement de ses maîtres. »

Tamoryn hocha la tête. « Si tu me permets une autre question, Maître Walekor… Pourquoi Ysharmir ne suit plus ce code ? »

Le maître d’armes ne put retenir une grimace de dégoût. « Certains suivent toujours ce code et il sous-tend les lois d’Ysharmir. Mais une civilisation guerrière ne peut prospérer si elle ne peut pas occuper ses guerriers.  Du jour où Ysharmir a englobé, pacifiquement, les territoires du sud, il n’y avait plus de raison de garder la jeunesse sur le pied de guerre. Les montagnes qui empêchent l’Empire de venir jusqu’ici, nous interdisent également de quitter Ysharmir. Et en fait, nous n’en avons pas le désir. D’autant que les informations recueillies auprès des naufragés qui arrivent jusqu’à ces rivages ne sont pas encourageantes. Au fait, si le seigneur Ledrik ne l’a pas déjà dit, notre régent voudra sûrement vous rencontrer, toi et ta sœur. Mais trêve de bavardage, nous avons une rencontre à travailler. J’ai choisi ces sabres après que le Seigneur Ledrik m’ait raconté ta première rencontre avec ses gardes. Si ta première défense  instinctive a été de prendre deux lames dont un sabre, il faut encourager cet instinct. Mets-toi en garde ! Nous allons échanger quelques passes pour voir ce que tu vaux. »

**=*=**

Pendant ce temps, Calidia observait la notoriété de son nouveau seigneur et appréciait par elle-même l’impact de la nouvelle du prochain combat de Tamoryn dans la population. Il était clair que Ledrik et  sa famille avaient une place prééminente dans la ville de Terrajar. Ceci se reflétait dans la manière dont les commerçants s’adressaient à Maîtresse Leara, si la forte personnalité de la gouvernante n’avait pas déjà ordonné le respect. Quand, au détour de la conversation, Leara fit savoir qu’elle avait rencontré Tamoryn, son prestige personnel n’en devint que plus grand. Les histoires sur ce qui s’était passé la veille sur les quais avaient enflé et maintenant, il semblait que Tamoryn ait défait à elle seule un bataillon de soldats armés jusqu’aux dents. Les descriptions du capitaine la faisaient bien sûr plus grande, plus forte et fille des dieux sinon déesse elle-même. Son caractère divin était renforcé par le fait qu’elle allait combattre.

Calidia n’avait pas encore constaté de véritables différences de traitement entre hommes et femmes à Ysharmir. Il semblait y avoir autant d’hommes que de femmes derrière les étals à faire du commerce et une majorité de femmes entre ces mêmes étals à chercher la bonne affaire. Cependant, si la majorité des réactions était franchement marquée par de l’étonnement, il ne semblait pas y avoir d’opposition violente à l’idée d’une femme participant aux rencontres. C’était toujours un point de gagné.

Passant devant le magasin d’un herboriste, Calidia demanda la permission d’acheter quelques pommades et plantes pour soigner tout ce dont pourrait souffrir Tamoryn au cours de ses entraînements. Leara fit juste remarquer que la demeure de Ledrik était normalement pourvue, mais ne refusa pas de faire les achats quand Calidia releva que le capitaine allait sûrement en avoir plus besoin que tous les autres serviteurs de la demeure réunis dans les prochains jours.

Une fois qu’il apparut que Leara avait fait l’ensemble de ses achats et que la petite troupe allait retourner à la carriole, Calidia demanda la permission de s’arrêter au temple le plus proche pour remercier les dieux de lui avoir sauvé la vie.

Leara la regarda étrangement. « Il n’y a pas de… temple. Les esprits sont partout et tu peux remercier l’esprit de la mer qui vous a épargné ta sœur et toi où tu le souhaites. »

Calidia fronça des sourcils, ayant un peu de mal à appréhender une vie sans temple. « Mais comment faites-vous vos dévotions ? »

« Ici, les relations entre la population et les esprits relèvent du privé. Mais chaque demeure a son autel votif. Si tu veux, je te montrerai où il est en rentrant. Parfois, on peut trouver un petit autel dans la nature pour honorer l’esprit du lieu. Mais j’y pense, il y a le grand autel pour certaines manifestations officielles… si tu veux ? »

« Je te remercie. Ce n’est pas ainsi que les choses se pratiquent dans l’Empire, mais je peux comprendre… Pourra-t-on prendre la route de la mer en rentrant ? »

Leara réfléchit quelques instants. « Bien sûr et on pourra s’arrêter un peu. »

Calidia la remercia avec gratitude. Elle avait beaucoup appris en une matinée et ne savait pas quoi faire de toutes ces informations. Et pour avoir l’avis de Tamoryn, il y aurait tellement de choses à lui expliquer avant. Tous les messages rassurants de la déesse ne seraient pas assez pour l’aider à faire face à cette épreuve.

(suite vers le 1er janvier)

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