Au bord du Styx

20 novembre 2008

Projet 12 – Chapitre 10

Filed under: Ecriture,femslash,Heroic Fantasy,Projet 12 — Catherine @ 14:44

Voici le chapitre suivant. Il est un peu plus court que les précédents, mais il est plus une fin du chapitre 9 qu’autre chose. J’ai failli vous mettre aussi la nouvelle partie de la traduction car j’ai un peu d’avance, mais je préfère garder cette avance en cas de coup dur.

Et n’oubliez pas d’aller voir Mon Beau Sapin !  😀

Chapitre 10

Calidia soupira. « Ca pourrait être long… Je pourrais dire que la déesse m’a parlée. Peut-être est-elle derrière cette intuition… L’empire s’intéresse de près à ce qui se passe en Ysharmir, même s’il est très dur d’avoir des  renseignements fiables. Comme novice, et compte tenu de mes dons particuliers, on m’a fait travailler sur cette province… »

Tamoryn l’interrompit. « On t’a fait travailler… On t’a obligée ? »

Calidia soupira à nouveau, puis secoua la tête. « Tu n’as pas idée de ce qui peut se passer dans les temples ? »

« Pas vraiment, je suis marin, fille de marin. Ma vie et celle de ma famille avant a toujours été sur le bateau et dans les ports… on peut entendre parfois quelques histoires folles qui viennent de la ville… mais la plupart du temps, ça nous dépasse. Et il faudra que tu fasses attention, petite sœur, à ne pas montrer ce que tu sais. Même si tu es celle qui discute et trouve les marchés, tout ce qui concerne les temples n’appartient pas à notre monde. L’histoire des jeux… que tu en aies entendu parler dans un port… ça peut passer. Mais si ça venait à se répéter, ça pourrait devenir suspect.

Tamoryn laissa errer son regard par la fenêtre avant de le ramener vers Calidia. « Mais tu as raison, ne parlons pas d’Ysharmir, des temples ou de l’empire. Il fait d’abord penser à notre survie et cela veut dire accorder notre histoire. Je ne sais pas combien de temps on va nous laisser tranquilles.  Le point le plus important, à mon avis, est de savoir si ta disparition va vite se faire savoir et si, d’une façon ou d’une autre, tu es connue. »

« Si tu veux dire que quelqu’un peut me reconnaître, alors la réponse est non. J’ai vécu au temple depuis que je suis petite fille. Je ne connais personne en dehors et personne ne me connaît. Maintenant, est-ce que ma disparition va faire du bruit… je ne sais pas… je ne sais vraiment pas. »

Tamoryn était choquée à l’idée que la fille d’un haut conseiller ne soit pas certaine que son père allait tout mettre en œuvre pour la retrouver. Elle tenta cependant de cacher sa détresse.

« Le plus simple est de coller à la réalité. Le haut conseiller Kron nous a versées une forte somme pour que nous transportions sa fille et sa… femme de chambre jusqu’à Oranul. Après le passage des colonnes, une tempête a pris le bateau. J’avais demandé à Track, matelot d’expérience de veiller sur nos passagères. Ils sont passés par dessus bord après que le mât se soit brisé. Tu es ma petite sœur et nous nous occupions comme nous pouvions du bateau. Nous avons toujours vécu sur le Prince d’Akkorah, faisant du transport de marchandises dans tous les ports de la mer intérieure. Notre père est mort, il y a un an. Ma mère a disparu un jour dans un port quand j’avais deux ans… »

Calidia l’interrompit. « C’est vrai ? »

« Oui. La vie est dure sur un bateau. Alors si tu n’aimes pas ça… »

Calidia se fit rêveuse. « Je crois que j’aimerais vivre en mer comme on a fait… Mais pour l’instant, ce n’est pas la peine d’y penser. On dira que ma mère est morte à ma naissance. Et avant que tu ne demandes, c’est aussi la vérité. Le souvenir que tu en auras est qu’elle était douce, qu’elle chantait toujours et que je lui ressemble énormément. »

« D’accord… »

Tamoryn demanda soudain, un peu agressive. « Le naufrage… il était prévu ? »

Calidia poussa un profond soupir. « Non, je te le promets. En tous les cas, je ne le savais pas. Quand je suis montée sur ce bateau, c’était pour aller me marier. »

« D’accord, je te crois. Et cette histoire de mariage, c’est bizarre. Retirer une novice du temple, la faire partir en bateau alors que la mauvaise saison va commencer. Et quel bateau… »

« Je sais, mais c’était la volonté de mon père. »

« Le mien ne m’aurait jamais forcée, mais j’imagine que les choses sont différentes chez les marins et chez les hauts conseillers.  Tu regrettes ton fiancé ? »

« Je ne le connaissais pas. »

« Oh !…  Mais comment ? » Tamoryn allait d’étonnement en étonnement et rien de ce qu’elle entendait ne lui faisait regretter sa vie modeste.

« Tout c’est passé assez rapidement. La veille de l’embarquement, la Grande Prêtresse est venue me dire que j’étais libérée de mes vœux et que mon père m’avait trouvé un bon parti. Ensuite, on m’a mise en isolement dans ma cellule et je n’ai même pas pu dire adieu à mes amies au temple. Depuis, je n’ai eu que ces visions réconfortantes de la déesse. Difficile de dire s’il y a un grand dessein derrière tout cela. »

« Donc, il s’agit pour nous de prendre les choses comme elles viennent et notre objectif prioritaire est de survivre. »

« Oui. De ce que je sais, Ysaharmir est vraiment très différent du reste de l’empire. Mais nos expériences au temple et sur un bateau nous ont tenues assez éloignées de la vie commune dans l’empire pour que nous ayons peut-être plus de chance de nous adapter ici. »

Tamoryn se leva du lit et alla près de la fenêtre qui donnait dans la grande cour. Elle regarda les serviteurs s’activer malgré la chaleur du début d’après-midi.

« Crois-tu vraiment que je vais pouvoir nous maintenir en vie ? »

« Oui. Ce ne sera pas facile, mais j’en suis persuadée. »

Elle se retourna vars sa nouvelle petite sœur. « Alors, il vaut mieux nous reposer. Je ne sais pas ce qui va se passer avec le retour de Ledrik. »

Calidia se leva à son tour. « Alors prends le lit ! Moi, je vais prier… »

« Veux-tu que je te laisse la place ? »

« Non. C’est d’avantage une forme de méditation. Si tu ne fais pas de bruit, ça ira. » Elle rit soudain. « Et même si tu faisais du bruit, je crois qu’à partir d’un certain moment, je ne l’entendrais plus. »

« Très bien. Alors, bonne méditation ! »

« Et bonne sieste à toi ! »

Tamoryn s’installa sur le lit, le corps un peu raide de ne pas reconnaître les couchettes plutôt dures des bateaux. Calidia parcourut l’espace libre de la chambre avant de revenir près de la fenêtre. Elle s’assit par terre, les jambes croisées. Elle ferma les yeux et ses lèvres se mirent à former des mots que seule la déesse pouvait entendre.

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