Au bord du Styx

6 novembre 2008

Projet 12 – Chapitre 9

Filed under: Ecriture,femslash,Heroic Fantasy,Projet 12 — Catherine @ 12:43

Comme promis, voici le chapitre suivant du Projet 12. Je me dis que j’aurais mieux fait d’écrire une histoire de SF ou un thriller : Projet 12 ferait un super titre, alors que pour un récit d’heroic-fantasy… 😉

La semaine prochaine, je pourrai encore remplir le contrat de la mise à jour. Par contre après, je ne sais pas. Avec deux semaines difficiles, les choses n’ont pas avancé comme je l’avais prévu. Et là, je vais passer une partie de mon après-midi chez le vétérinaire… Par contre, la semaine prochaine, je vais enfin avoir la chance qu’un jour férié tombe un des jours où je travaille (cette année, ce n’était que lundi, jeudi ou week-end : not fun !!) donc je pourrai peut-être redresser la barre. On verra.

Et sinon, je continue de rapatrier mes textes anciens dans les archives ici. Une occasion de relire ? 😀

Chapitre 9

Tamoryn n’eut aucun mal pour retrouver le chemin de la cour centrale, puis de la cuisine. Elles ne cherchaient pas spécialement à être discrètes, mais leur arrivée ne fut pas immédiatement remarquée et Tamoryn força Calidia à s’arrêter pour avoir une idée de ce qui pourrait les attendre dans cette demeure au moins. Il y avait là Leara la gouvernante, Tudoc le régisseur et tout un groupe de serviteurs qui entouraient un homme d’armes qui devait faire face à un feu roulant de questions.

« Mais tu n’es pas blessé, toi ? » Etait-ce la voix de Tudoc ?

« Je gardais l’entrepôt. Je n’ai vu la scène que de loin… »

« Et tu dis que ce sont des esclaves ? » Une voix féminine, mais pas celle de Leara.

« Des naufragées, oui… »

« Mais pourquoi les amener ici ? » Cette fois la servante qui leur avait montré les bains.

« Notre seigneur veut faire de la plus grande une combattante… »

« Une femme ! Mais ça ne s’est jamais vu !! » Tudoc à nouveau au milieu d’éclats venant de toutes parts.

« Le seigneur a dit que rien ne l’interdisait… »

« Et la petite alors, elle va se battre aussi ? » Leara enfin.

« Je ne crois pas, non. Si le contremaître a bien entendu, la grande se battra pour préserver sa sœur… Tu m’étonnes, il avait déjà dû recevoir sa gratification pour que la petite soit envoyée dans une des maisons de plaisir… »

Leara répondit alors. « Pour ça, je ne suis pas mécontente que ça lui passe sous le nez. C’est dévoyer la tradition que de faire des naufragés des esclaves et surtout d’envoyer les femmes plutôt jolies dans ces lieux de débauche. »

L’homme d’armes, ne distinguant pas le danger potentiel, répartit. « Et qui viendra nous faire une réflexion ? Les naufragés ne veulent que rarement retourner… et des femmes, il y en a si peu souvent… »

« Et tu ne vois rien de mal à ça ? Et tu ne crains pas les dieux ? Eh bien, tu vas pouvoir retourner à ton poste et tu ne remettras les pieds dans cette cuisine que quand tu auras réfléchi. » Leara croisa les bras sur sa poitrine et fixa son regard sur toute l’assemblée, les défiant de ne pas être d’accord avec elle. Personne n’était assez bête pour cela, sauf peut-être le garde, et tout le monde jugea plus sage de retourner travailler.

Tudoc retient le malheureux par l’épaule pour une dernière question. « Et les armes ? Sont-elles dangereuses ? Doit-on poster des gardes ou les surveiller ? »

Le soldat se retourna une dernière fois. « Le contremaître a dit qu’elles avaient donné leur parole de ne pas faire d’histoires. »

Leara prit alors un ton plus conciliant. « Tudoc, calme-toi ! Si elles ont donné leur parole et que notre seigneur en est satisfait, que veux-tu faire ? Pour le coup, tu pourrais les mettre en colère et les pousser à faire quelques chose que nous regretterions tous. Et moi, ces naufragées, elles me font penser aux filles de mon frère. Des gens comme nous qui n’ont juste pas eu de chance. Alors on fera comme le seigneur l’a dit. On les nourrit, on leur montre leur chambre et on attend de nouveaux ordres. De toutes façons, où pourraient-elles aller ? »

Tudoc sembla se résigner. « Tu as raison, Leara… comme d’habitude. » Il se redressa ensuite et, frappant dans ses mains, il s’adressa aux  retardataires. « Eh bien, vous autres ! Il n’y a pas de tâches qui vous attendent ? Sinon, je vais trouver à vous occuper… »

Tout le monde se dispersa et Tamoryn s’avança. « Nous sommes désolées d’avoir tardé, Maîtresse Leara. Mais ce bain après nos épreuves semblait être un aperçu du repos divin. »

« Pas de problème…, euh…je ne crois pas avoir entendu vos noms ? »

« J’ai omis de nous présenter et je t’en demande pardon. Je suis Tamoryn Noriadas, capitaine du Prince d’Akkorah, parti pour d’autres aventures au fond de la Grande Mer et voici ma jeune sœur Calidia Noriadas. »

« Alors capitaine, jeune demoiselle, bienvenue dans ma cuisine. Venez vous asseoir à la table du coin ! »

Là, des viandes en brochettes et des légumes grillés leur furent rapidement servies. D’épaisses tranches de pain furent coupées devant elles. Elles finirent leur repas avec des fruits qu’elles n’avaient jamais vus, mais qui s’avérèrent très sucrés et très parfumés.

Devant leur évident régal, Leara en plaça quelques-uns dans une corbeille et leur tendit avant qu’elles ne partent pour leur chambre, accompagnées par une autre servante.

Comme Tudoc le leur avait montré quand elles étaient arrivées, celle-ci se trouvait dans l’aile gauche, pas très loin du bâtiment central. La chambre était vraiment petite et ne comprenait qu’un lit pouvant tenir deux personnes, si elles n’étaient pas trop grandes, une table et une chaise. La seule chose remarquable était une fresque sur l’un des murs représentant des oiseaux exotiques dans un paysage stylisé et qui avait donné son nom à la pièce.

La porte à peine refermée sur la servante, Tamoryn se jeta aux pieds de la novice.

« Maîtresse, pardonne mon insolence ! Je ne savais pas quoi faire pour te protéger… »

Calidia fit taire à nouveau Tamoryn qui resta immobile. Elle la vit alors faire le tour de la pièce en plaçant ses mains sur les murs, la porte, la fenêtre. Elle revint ensuite près du capitaine, un léger sourire aux lèvres.

« Cette pièce est sûre et nous pouvons parler librement. Tamoryn, relève-toi ! Tu n’as rien à te faire pardonner. Au contraire, je dois te remercier pour tes efforts afin de me préserver… »

« Mais maîtresse, j’aurais dû trouver autre chose… Te faire passer pour ma sœur… c’est un blasphème…. »

« Calme-toi, Tamoryn ! Je te promets que la déesse n’est pas fâchée. »

« Mais… »

« Je te le jure. Et maintenant lève-toi et viens t’asseoir à côté de moi ! Il faut que l’on parle. »

« Bien maîtresse. »

La novice s’installa sur le lit et fit signe à Tamoryn de venir près d’elle quand celle-ci fit mine d’aller vers la chaise.

« Tout d’abord, et je le dirais même si ce n’était pas pour notre sécurité, je ne suis plus ta maîtresse, mais ta sœur Calidia. Tu dois t’adresser à moi en conséquence. Je voulais également te féliciter pour le choix de mon nouveau nom. Prendre celui de la servante préférée de la déesse Menula… Très bonne idée. »

« C’est un nom qui est souvent donnée aux filles dans les familles de marins et je ne savais pas ton nom, maî… petite sœur. »

« Tu vois comme il est important que tu fasses attention. Quant à mon nom, il n’est pas important que tu le saches pour l’instant. Calidia est très bien. »

Un silence s’installa. Calidia tirait sur le bord de sa tunique, hésitante. Puis prenant une profonde inspiration, elle regarda Tamoryn.

« Je sais que je peux te faire confiance. Je le sens et… la déesse me l’a confirmé. »

Tamoryn, qui était perdue dans ses pensées, redressa vivement la tête.  « La déesse te parle ? »

« Oui. C’est pour ça que j’avais été placée au temple. »

« Sav…ais-tu que le voyage…. »

Calidia sourit. « Les messages de la déesse ne sont pas toujours très clairs à première vue. Je savais que j’allais entamer un grand périple, qui ne me mènerait pas où je pensais aller, mais que… en gros, si je reste fidèle à moi-même et son enseignement, nous surmonterons les embûches. »

« Nous ? » Tamoryn était un peu perdue. Le commerce avec les dieux était bien loin de son quotidien.

« Oui, nous. Tu es une part de mon avenir. Je ne sais pas dans quelle mesure encore. »

Tamoryn eut un petit rire dépréciateur. « Je suis la part qui te permet de rester en vie tant que je remplis ma part du contrat. »

Calidia se pencha vers elle. « Je sais que tu étais prête à donner ta vie sur ce quai et je me serais vraiment jetée sur la première épée si j’avais été réduite à cela. La déesse m’a dit de façon claire que maintenant, ma seule famille, c’est toi et réciproquement. »

« Mais tu as encore de la famille… »

« La déesse, quand elle parle, ne dit que ce qu’elle considère nécessaire. »

« D’accord, c’est une image pour insister que nous devons rester ensemble et nous soutenir… Au fait, pourquoi avoir proposé que je participe aux jeux ? Ce n’est pas de notre accrochage avec deux ou trois benêts que tu peux en déduire que je sais me battre… Je suis juste un capitaine… Non, même plus puisque Le Prince d’Akkorah est au fond de l’eau… » Sur ces derniers mots, Tamoryn ne put retenir ses larmes. « Vois ce capitaine ! Sa première véritable sortie et elle trouve le moyen de couler le navire de son père… »

Calidia l’attira vers elle et Tamoryn, sans trop de résistance, posa sa tête sur son épaule. « Tu ne dois pas penser à ça. Il n’y avait rien à faire contre les éléments. C’est presque miraculeux que tu aies pu nous garder en vie… Grande sœur, tu es fatiguée. Il vaudrait mieux que tu profites de ce lit et que tu te fasses un somme. On reparlera plus tard. Nous devrons au moins aligner nos histoires pour Ledrik ce soir. »

Tamoryn se redressa en frottant ses yeux. « Non, ça ira. Dis-moi ! »

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