Au bord du Styx

23 octobre 2008

Projet 12 : Chapitre 8

Filed under: Ecriture,femslash,Heroic Fantasy,Projet 12 — Catherine @ 15:35

Comme promis :

Chapitre 8

Ledrik les mena à une carriole qui était pleine de caisses et de ballots et leur fit signe de s’installer à l’arrière. Dès qu’elles furent montées, un cocher fit mettre en marche l’attelage. Ledrik suivait à cheval. Il se rapprocha assez pour pouvoir leur parler sans crier et montra les bâtiments devant lesquels s’était déroulée l’incident. « Ce sont mes entrepôts. Nous allons longer la côte et contourner la ville pour rejoindre mon domaine. Traverser la ville dans la matinée n’est bon que pour ceux qui ont du temps à perdre. »

Le domaine, comme l’avait appelé Ledrik, n’était pas très éloigné de la ville. Une belle propriété à un étage en forme de U se trouvait au milieu de champs et de vergers. Arrivés dans la grande cour, Tamoryn descendit de la carriole, puis aida sa jeune protégée. Un homme s’approchait à grandes enjambées. Ledrik, toujours en selle, appela.

« Holà, Tudoc ! Ton seigneur a besoin de toi. »

Légèrement  essoufflé, le dénommé Tudoc répondit. « Seigneur, on ne t’attendait pas avant ce soir. »

« Je ne reste pas. Voici deux… convives. Dis à Leara de les installer dans l’une des petites chambres de l’aile des invités. Qu’on leur donne de quoi se laver et des vêtements propres  et qu’on les nourrisse, mais que personne ne leur adresse la parole en dehors de ce que nécessitera l’accomplissement de ces tâches. Je vous en tiendrai tous les deux responsables… Capitaine, demoiselle, ai-je votre parole que vous attendrez tranquillement mon retour ? Je n’ai pas besoin de demander que vous soyez enfermées ? »

Tudoc jeta un coup d’œil aux deux jeunes femmes et surtout aux armes de la plus grande, puis leva un sourcil interrogateur à son maître, mais celui-ci l’ignora.

Tamoryn n’hésita pas. « Tu as notre parole, seigneur. Tu sais que nous sommes à ta merci. »

Ledrik éclata de rire. « Oui, je le sais, mais je voulais être sûre que ta sœur et toi le saviez aussi. Alors puisque nous sommes d’accord, à ce soir ! Tudoc, tu as tes ordres. »

Le seigneur repartit au galop vers la ville. Le cocher était allé chercher plusieurs hommes de peine qui commencèrent à décharger les marchandises.

Tudoc regarda, incertain, les deux hôtes de son maître. La remarque sur la possibilité de les enfermer et les armes l’inquiétaient. Mais il n’avait pas donné de consigne particulière. Il devait donc se contenter de cette parole donnée qui semblait satisfaire le seigneur.

Tamoryn prit pitié de celui qui devait être le régisseur du domaine et qui lui rappelait Track. Son cœur se serra à l’idée de son vieil ami, sans doute englouti dans la grande mer.

« L’aile des invités… ? »

L’homme se ressaisit et montrant l’aile gauche, il répondit. « C’est celle-ci, mais il faut d’abord trouver Leara. A cette heure, elle sera sûrement aux cuisines. »

Il hésita un instant et Tamoryn le regarda en souriant. « Nous te suivons alors. Peut-être pourrons-nous y manger et éviter de déranger tout le monde plus tard. »

« On pourra le proposer à Leara, mais je doute qu’elle soit d’accord. Ce n’est pas la place des invités. »

« Mais nous ne sommes pas des invitées ordinaires… » Comme Tudoc se raidissait, Tamoryn s’arrêta. « Mais je ne veux pas te gêner. Nous ferons comme tu le juges préférable. »

Le groupe se dirigea vers le bâtiment central. A l’entrée, une femme imposante interpella le régisseur.

« Tudoc, je n’ai pas besoin de personnel à la maison. Pourquoi m’amènes-tu du monde ? »

« Mmmm, Leara, ce sont des invités de notre seigneur Ledrik. Il vient de les déposer avec ses ordres. »

La gouvernante jeta un coup d’œil aux deux jeunes femmes et à leurs tenue qui avaient vu des jours meilleurs. « Désolée, jeunes dames. N’y voyez pas offense ! »

Tamoryn répondit pour les deux. « Il n’y a pas de mal, maîtresse. Maître Tudoc, nous t’attendons ici pendant que tu expliques les ordres du seigneur à maîtresse Leara ? »

Tudoc parut soulagé devant la proposition, mais hésita un instant. Un signe de tête de Tamoryn qui se voulait rassurant le fit rentrer dans la résidence en tirant la gouvernante derrière lui. Les explications semblèrent un peu difficiles à Leara à en croire les éclats de voix venant de l’intérieur.

Le capitaine voulut profiter de l’occasion pour parler à la jeune novice, mais celle-ci la fit taire d’un doigt sur les lèvres. « Nous aurons le temps dans notre chambre. »

Assez vite, Leara revint accompagnée de Tudoc et de deux servantes.

La gouvernante semblait plus réservée et les regardait avec suspicion. Elle avait cependant ses ordres et devait s’y conformer.

« Je vais vous emmener à la salle d’eau, puis on vous conduira à votre chambre. Je vous ferai apporter à manger. »

C’est Calidia qui prit alors la parole avec son ton raisonnable et son air réservé.

« Maîtresse Leara, nous comprenons combien notre arrivée inattendue peut poser problème quand tu dois gérer une telle maisonnée. Nous pourrons très bien  manger sur un coin table dans la cuisine si tu n’y vois pas d’inconvénient. Et après nos mésaventures des derniers jours, je crois surtout que nous souhaitons surtout nous reposer. Ainsi, nous te causerons le moins de désagrément possible. »

Leara se renfrogna. « Ce ne sont pas les habitudes de la demeure du seigneur Ledrik… »

« Mais maîtresse, nous sommes des gens simples. Nous n’avons pas l’habitude que l’on s’occupe de nous ainsi. Cela nous gêne même un peu. Cela serait dommage de détourner quelqu’un de ses tâches quotidiennes juste pour nous servir. Je recevrais ton approbation comme une faveur personnelle. »

Tamoryn ne savait pas ce que l’on pouvait enseigner aux novices dans les temples de Menula, mais elle devait faire un  effort pour ne pas rire en voyant comment Calidia, de la façon la plus raisonnable, était en train de mener la gouvernante à faire comme elle le désirait.

Celle-ci s’arrêta et regarda les deux jeunes femmes. Ce qu’elle vit, dut le rassurer car elle fit un petit hochement de tête, comme pour conclure une conversation, puis fit signe aux deux servantes.

« Toi, va préparer la chambre aux oiseaux et toi, montre aux invitées de notre seigneur où sont les bains et comment ils fonctionnent ! Tu reviendras ensuite me voir ; j’aurais sorti deux tuniques propres que tu leur apporteras. » Elle se tourna ensuite vers Tamoryn et Calidia. « Quand vous aurez fini, revenez à la cuisine, une collation vous y attendra. » Sur ces mots, elle se retourna sans même attendre de voir si ses ordres étaient obéis. Mais le capitaine doutait que quiconque dans la demeure s’amusât à ne pas faire ce que disait la gouvernante.

Les bains étaient situés dans le bâtiment central et après avoir pris plusieurs couloirs et passages, Tamoryn pensa que ceux-ci devaient être derrière la cuisine. La servante le confirma bien vite quand elle expliqua qu’il y avait de l’eau chaude presque tout le temps, chauffée par les feux de la cuisine qui brûlaient presque constamment. Il y avait des vasques et des bassins plus ou moins larges qui pouvaient accueillir différents nombres de personnes à la fois. La pièce était vraiment immense pour une demeure particulière. Tamoryn se sentait un peu dépassée par tant d’opulence. Quand elle avait quelques pièces de côté, il lui était arrivé d’aller aux bains publics, mais les établissements situés près du port qu’elle fréquentait ne ressemblaient en rien de ce qu’elle avait sous les yeux. Peut-être que Calidia était plus habituée à cette sophistication. Après s’être fait montrer le fonctionnement des leviers qui permettaient de faire couler l’eau et l’emplacement des produits de toilette et des serviettes, la servante les laissa.

Sans se soucier de Tamoryn, Calidia ôta sa tunique et ses sous-vêtements et s’approcha d’une vasque munie du même système de leviers, puis fit laisser couler de l’eau, prit une pierre lavante et se mit à nettoyer ses vêtements. Tamoryn qui se dirigeait vers le bain le plus proche, s’arrêta net, puis retourna prendre sa vieille tunique et se plaça à côté de la novice. Cette dernière avait raison. Il était impossible de savoir ce que les dieux avaient en réserve pour elles et il ne fallait pas gaspiller les ressources, même s’il s’agissait de vieilles tuniques usées.

La petite lessive achevée, Tamoryn alla vers le plus petit bain (qui lui semblait pourtant aussi grand que la cabine du Prince d’Akkorah, mais la fatigue devait commencer à lui jouer des tours). Calidia la rejoignit très vite et elles entreprirent très vite de se nettoyer.

Une fois de plus, Tamoryn voulut parler, mais elle en fut empêchée. A la place, Calidia entretint un léger babillage, semblant s’émerveiller de tout ce qu’elle voyait, demandant à sa ‘sœur’ de l’aider à laver ses cheveux qu’elle avait longs et épais ou proposant le frotter le dos du capitaine. Entre temps, la servante était revenue avec deux balluchons de vêtements et deux paires de sandales. Elle leur indiqua qu’un repas les attendait à la cuisine et repartit aussitôt après s’être assurée que les deux jeunes femmes pourraient retrouver leur chemin.

Leur bain rapidement fini, Tamoryn découvrit la contenu des baluchons : des sous-vêtements, une tunique simple, mais coupée dans un tissu de bonne qualité. L’ensemble était complété d’une ceinture de cuir et d’un manteau léger de coton selon la mode locale telle que Tamoryn avait pu l’apercevoir sur  les quais le matin même. Les sandales étaient également d’un modèle simple, mais le cuir était suffisamment épais et les coutures semblaient solides.

Elle rassembla leurs vieux vêtements dans sa tunique qui commençait à sécher et en fit un ballot. Puis après un échange de regards, elles quittèrent les bains.

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2 commentaires »

  1. Ecriture blanche sur fond foncé… On ne va pas pouvoir lire longtemps, trop de contraste. Mais bonne idée de changer.

    Commentaire par Fausta — 27 octobre 2008 @ 22:40 | Réponse

  2. j’ai tenu compte de ton avis : nouveau changement, mais après ça, il ne me reste plus trop de choix 🙂

    Commentaire par Styx — 28 octobre 2008 @ 01:37 | Réponse


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