Au bord du Styx

16 octobre 2008

Traduction TDWP – Cinq Minutes – 2ème partie (version bêta)

Attention, version définitive : ici dans les archives

Voici la deuxième partie de mon travail de traduction en version bêta. Ma super-relectrice est submergée en ce moment et comme je ne mets rien sur mon site qu’elle n’ait relu avant… vous avez la version « brut de béton ». Donc si l’orthographe laisse à désirer ou que des passages semblent un peu bizarres, c’est normal et ce sera corrigé plus tard. Si ces derniers points vous ennuient, attendez la version relue sur le site pour… plus tard. 😉

Sinon, j’avance également le chapitre 8 du projet 12. Je le mettrai en ligne peut-être la semaine prochaine.

Cinq Minutes – 2ème partie. (traduction de « Five Minutes » par Harriet)

Fandom : Le Diable s’habille en Prada

Lundi matin, Andy prit rendez-vous avec John. Ce rendez-vous entraîna une réunion avec le service marketing en sous-effectif, qui lui-même mena à une autre réunion avec une agence de marketing externe qui était prête à travailler pour des clopinettes.

La semaine suivante, Andy décida qu’il était temps que le site du  Mirror ait sa propre page « people ». Lors de la réunion hebdomadaire de la rédaction, John leva juste les yeux au ciel et acquiesça. Ladite page ¨contiendrait des photos exclusives, naturelles et non-posées prises par quelqu’un qui participe à tous ces évènements nocturnes dans la ville, mais comme un membre des célébrités et non comme quelqu’un rêvant de faire partie de ce monde. Quand le site fut lancé, le crédit photo se fit sous un pseudonyme, mais tout le monde dans certains cercles savait qu’Andy Sachs avait maintenant deux jobs.

Un soir au restaurant Le Cirque (NDT : célèbre restaurant new-yorkais spécialisé dans les grandes cuisines française et italienne)  avec Bradley, elle aperçu Miranda à une table en compagnie de Donna Karan et Caroline Herrera (NDT – nom de deux créatrices de mode américaines). Bien qu’elle soit nerveuse, elle saisit son appareil photo Sony Finepix qu’elle transportait toujours dans son sac et prit son courage à deux mains. « Tu es sûre ? » Lui demanda Brad qui se souvenait de l’échange au vitriol auquel il avait assisté peu de temps auparavant.

« Autant essayer, » répondit Andy tout en se levant.

Alors qu’elle s’approchait de leur table, un responsable s’approcha d’elle et lui murmura.  » Pas de photos, s’il vous plaît. »

Andy soupira, mais sourit gaiement. « On ne peut pas me reprocher d’essayer. »

« Pierre, » une voix appela et le responsable se retourna vers elle. « C’est bon. » Dit Miranda, agitant une main comme si elle chassait une mouche.

Pierre leva les sourcils. « Hmmm ». Il regarda Andy. « J’imagine que vous êtes l’exception. »

Le cœur d’Andy battait bruyamment dans sa poitrine alors qu’elle saluait d’un signe de main les trois femmes les plues influentes du monde de la mode. « Prenez votre temps, » lui dit Miranda. « C’est sûrement le point culminant de ma soirée. Sinon de ma semaine. »

Le ton sec força Andy à bouger et elle leva son appareil photo. Elle prit une série de clichés rapides des trois femmes qui discutaient. Elles étaient de grandes habituées à être photographiées de façon naturelle dans les environnement les moins naturels qu’ils soient. Et Andy la première savait combien cette occasion était rare. Miranda n’aimait pas qu’on la prenne en photo.

Ce qui était criminel selon Andy.

Ce soir-là, Miranda avait l’air superbe, quelques rangs de perles attirant l’attention sur son décolleté à peine souligné par un chemisier vert foncé. Andy fut particulièrement chanceuse de prendre une photo de Miranda regardant directement l’objectif. Elle ne souriait pas vraiment, mais à voir son expression, Andy sentit une agréable chaleur l’envahir.

Le lendemain, alors qu’elle passait ses photos en revue avec le concepteur du site, elle exclut cette photo de la galerie malgré de violentes protestations. « Allons, Andy ! Ces jours-ci, il n’y a aucun photos de Miranda sinon celles de paparazzi. Elle est presque tombée sous le radar. S’il te plaît ? »

.

« Il n’y a pas de problème avec toutes les autres. Mais pas celle-ci. »

« Mais les autres sont surtout des clichés de profil… »

« Je fais les choix éditoriaux, Jimmy. C’est non. »

Andy conserva la photo à un endroit réservé sur son disque dur, enterré sous deux niveaux de dossiers de brouillons qu’elle n’ouvrait que  rarement. Elle ne se demanda pas pourquoi elle faisait ça. Elle ne le mentionna pas non plus à Brad avec qui tout allait très bien. En dehors du fait qu’elle passait plus de temps avec lui, au dehors qu’à la maison, en privé.

Non pas qu’il y ait eu beaucoup de sexe au début de leur relation. Andy travaillait toujours un nombre d’heures plutôt dément et Bradley était très compréhensif. Maintenant, Andy devenue une éminente photographe en ville, elle était plus épuisée que jamais. La plupart du temps, quand ils arrivaient à l’appartement de Brad sur la 71ème rue Ouest, elle s’était écroulée de fatigue alors qu’il finissait de se brosser les dents. Et presque tous les matins, elle était partie avant même qu’il soit réveillé.

Mais elle était plus heureuse que ‘elle ne l’avait été depuis longtemps. L’atmosphère dans la salle de rédaction s’était améliorée depuis que le plan d’Andy avait été mis en place. Même John était plus enjoué et elle découvrit pourquoi deux mois plus tard après ce premier dîner chez les Huntington.

Dans son bureau, John avait les mains croisés et le visage habituellement joyeux de Pete ne réfléchissait rien. « Andy, j’ai eu un appel du service des ventes ce matin. »

Elle se sentit soudain nerveuse. « Oh ? »

« Tu sais que la fréquentation du site a augmenté. Mais la semaine dernière, ta galerie photos a battu des records. Pete a eu des contacts avec Bluefly et ils veulent sponsoriser la section people du site. »

Andy  ne put empêcher sa bouche de s’ouvrir. « Tu plaisantes. »

Il secoua la tête.

« Combien ? »

« 150.000 pour une campagne de 60 jours. »

Les chiffres ne dignifiaient rien pour elle, mais ça semblait plutôt bon. « C’est bien ? »

Pete la regarda fixement. « C’est plus que ce que le site a rapporté l’année dernière. »

Elle agita la tête. « Cool. »

John eut un petit rire et frappa son front de la paume de la main. « Ecoute, je ne vais pas dire que tu as soudain sauvé le journal, mais ça… c’est énorme. Je m’y suis opposé pendant longtemps et tu sais pourquoi. Les infos people, c’est de la merde et ça détourne des véritables histoires que l’on essaye de raconter. Mais si une photo de Lindsay Lohan et de sa petite amie en train de prendre leur brunch chez Balthazar permet de garder le journal à flot un peu plus longtemps, je n’en ai plus rien à foutre.

Merde, Andy pensa, ça marche. « C’est formidable, John. Je ne sais pas quoi dire. »

« Dis-moi que tu sors ce soir avec ton appareil photo.

Elle gloussa. « Et mon petit ami. »

« Bien. Va faire rentrer l’argent et quand je pourrai te payer pour deux postes, je le ferai. Promis. Ah oui, et j’ai besoin de ton papier sur les modifications du POS pour 14 heures. »

« Ça marche, patron. » Andy quitta son bureau et voulait retourner à sa place en se pavanant, mais finalement, elle marcha la tête baissée. Elle se sentait incroyable. Comme si elle était la femme la plus puissante au monde. Elle décrocha son téléphone, mais réalisa que la personne qu’elle voulait appeler ne voulait sûrement pas entendre parler d’elle.

Miranda.

Aussi, à la place, elle appela sa mère qui s’exclama à la nouvelle et promit que son père l’appellerait pour la féliciter. Cette nuit là, Brad sourit fièrement et l’embrassa. Et alors que ses lèvres étaient contre les siennes, si le contact fut un peu moins électrique que d’habitude, elle ne s’en soucia pas vraiment.

Quelques semaines plus tard, Brad l’invita à nouveau chez son père pour dîner un samedi soir. Andy était excitée et s’assura d’acheter une nouvelle robe. Quand Brad lui dit que ce serait une réception, Andy ne demanda pas si Miranda serait là. Elle l’espérait juste.

Elle ne fut pas déçue.

Quand Andy pénétra dans le vaste espace de discussion (qu’elle appelait dans sa tête la « salle de bal »), Miranda tenait déjà sa cour. Les invités étaient d’un peu tous les âges et c’était agréable de ne pas être la plus jeune pour changer. Andy jeta un coup d’œil aux alentours, cherchant les diaboliques jumelles de Miranda, mais elles ne semblaient pas être là. Elle soupira de soulagement.

« Eh, » dit Brad derrière elle. Sa main glissa le long de son dos de manière possessive et il embrassa son oreille.

« Eh charmeur ! Comment était le conseil d’administration ? »

« Bien. Ennuyeux. »

Andy éclata de rire. « Il n’y a qu’un administrateur pour dire ça d’un conseil d’administration. J’espère que tu étais gentil. » Brad avait investi une somme relativement importante dans une start-up qui avait ses activités sur Internet et il assistait avec régularité à ces réunions mensuelles.

« Je serai plus gentil s’ils étaient plus près de rentrer dans leurs frais, mais tout va bien. »

« Je suis contente. » Elle regarda de l’autre côté de la pièce. « Je vois que ton père fréquente toujours la Reine Blanche ».

« Ouais. Il en pince vraiment pour elle. Pourtant, elle me semble un peu froide. »

« Tu n’es pas le seul. » Mais Andy ne sentait pas le froid quand elle regardait Miranda. Elle ne pouvait attendre de lui donner toutes ses bonnes nouvelles.

Alors que les invités arrivaient progressivement, Andy essaya de se rapprocher de Miranda, mais Brad était toujours pendu à ses basques. A un moment, Andy remarqua que Miranda regardait dans sa direction, mais elle se détourna et rit à ce que quelqu’un dit à côté d’elle. Andy se sentit à la fois ignorée et frissonnante. Ignorée car elle voulait se tenir dans le cercle de lumière dont Miranda était le centre et frissonnante parce que… eh bien, parce que Miranda donnait des frissons à tout le monde. Non ?

A ce moment, Andy décida de plus faire l’effort d’une autre tentative. Ce n’était pas important. Elle était sûre que Miranda ne se rappelait pas leur précédente conversation en dehors du fait qu’Andy s’était humiliée en perdant son calme. Elle s’était résigné à exprimer silencieusement sa gratitude et à passer la soirée à bavarder avec Brad et Jasmine.

« As-tu apporté ton appareil, Andy ? » Jasmine demanda. « Je veux figurer dans ta galerie demain. »

« Oui, mais je ne voulais pas risquer ma chance, » répondit-elle.

« Oh, voyons ! Tout le monde ici n’attend que ça. Je sais de source sûre que Janie Boudreaux a choisi ces chaussures spécifiquement pour que tu la prennes en photo. Je pense qu’elle s’attend à ce que Jimmy Choo lui-même lui distribue des échantillons si elle est vue en ville avec ce modèle. »

Andy leva les yeux au ciel. « Tu sais, j’espérai pouvoir profiter du dîner ce soir. Je ne te dis pas le nombre de repas que j’ai manqué parce que je travaillais. »

« Oh ! La vie est dure pour notre petite photographe, n’est-ce pas ? » Dit Jasmine. Andy essaya d’ignorer le soupçon d’irritation qu’elle ressentait aux manières blasées de Jasmine.

Jasmine était née dans une famille riche. Elle n’avait jamais connu la peur abrutissante de ne pas pouvoir payer le loyer  ou la honte d’avoir à demander à son père d’assurer le remboursement un mois ou deux de son prêt-étudiant. Brad l’avait soulagée en partie de ces soucis, mais ces souvenirs n’étaient jamais loin de la surface. Parfois, elle ressentait de la colère face à son incapacité à oublier combien c’était difficile d’être fauchée, mais au milieu d’une telle opulence, c’était difficile.

Ce n’est pas la faute de Jasmine, Andy releva. « Peut-être que je vais en prendre quelques-unes avant que l’on passe à table. Moins de travail plus tard, n’est-ce pas ? » Et ce serait bien d’avoir un peu de temps pour se reprendre  à l’écart de Brad et sa sœur. Elle récupéra l’un de ses deux nouveaux appareils achetés pour le travail. Le petit Canon était pour les petites réunions de ce style et le SLR plus sophistiqué était pour les nuits où tenir un appareil photo n’était pas importun. Depuis qu’elle l’avait acheté, elle avait dû renoncer au seul Balenciaga qui lui appartenait pour son sac Marc Jacobs, plus grand et acheté au rabais sur Canal Street.

Alors qu’elle faisait le tour de la pièce, elle réalisa qu’elle aurait pu prendre le bel appareil. Tout le monde semblait être attiré vers elle pour poser, certains même lui faisant signe pour prendre divers portraits de groupe. D’une certaine façon, Andy avait atteint cet échelon où les filles et fils et femmes et maris de ceux qui tenaient les rênes du pouvoir (et même parfois ceux qui tenaient les rênes) trouvaient naturel d’être le centre de son attention.

Alexander proposa même de poser avec Brad et Andy ne manqua pas de profiter de l’occasion. Alors qu’elle mitraillait avec son appareil, Alexander remarqua. « Tu es un peu notre Leibowitz locale, Andy. Je n’avais aucune idée de ton talent. »

Elle éclata de rire. « Du talent ? Je ne fais que pointer l’objectif et appuyer sur le déclencheur ». Elle pencha la tête sur le côté et se déplaça légèrement vers la gauche.

Alexander fronça les sourcils. « Ce n’est pas vrai. J’ai vu tes œuvres et elles bénéficient d’un très bon bouche à oreille. Pourquoi crois-tu que tout le monde est après toi ? Si tu ne faisais que prendre des photos, tu aurais nettement plus de problème. Mais toutes ces dames déclarent que tu trouves leur meilleur profil et j’espère que tu feras de même pour moi. » Il se tint un peu plus droit. « Comme ça, ça va ? »

Tout en essayant d’assimiler ce qu’il venait de lui dire, elle répondit. « Un peu raide. Discutez juste avec Brad quelques instants et nous en  aurons fini. »

« Je m’incline devant le maître, » dit en plaisantant Alexander tout en suivant sa recommandation.

Quelques minutes plus tard, le dîner était servi et Andy rangea son appareil. Prenant le bras de Brad, elle entra dans la salle à manger et alla s’asseoir vers le bout d’une longue et magnifique  table. Elle fut consternée de voir que Miranda était assise à l’autre bout avec Alexander. Mais Brad et Jasmine lui tinrent compagnie et le vin coula à flots. Après un dîner de cinq plats, elle se sentait un peu éméchée et donc un peu plus heureuse que d’habitude.

A la fin du dîner, tout le monde se retira au salon pour les cafés et digestifs. « Un déca, » demanda-t-elle à un serveur qui remplit généreusement sa tasse. Mais aussitôt qu’elle finit sa tasse, elle décida de visiter les toilettes. « Je reviens, » dit-elle à Brad et chercha son chemin dans un dédale de couloirs vers l’immense salle de bain. Elle y fit ce qu’elle avait à faire, puis se regarda dans le miroir tout en se lavant les mains. « Pas mal, » se dit-elle, malgré des marques sombres sous les yeux qui auraient pu nécessiter l’usage d’un anti-cernes. Les soirées prolongées et les réveils matinaux ne lui faisaient aucun cadeau.

Alors qu’elle sortait de la salle de bain, Miranda se dirigea vers elle. Le cœur d’Andy tressauta et elle dit dans un souffle. « Miranda, je suis si contente de vous voir. »

Miranda répondit platement. « Vraiment ? J’aurais dit que vous m’évitez comme la peste. »

« Quoi ? »

Miranda inspira. « Vous avez passé une demi-heure à photographier tout le monde à cette soirée sauf moi. Comment dois-je le prendre ? »

« Je… je ne voulais pas vous importuner. C’est juste que… je sais que vous haïssez que l’on vous prenne en photo. Vous avez déjà posez pour moi il y a quelques semaines et… Oh, Miranda, j’adorerai tirer… euh tirer votre portrait. »

Ceci apporta un semblant de sourire sur le visage de Miranda. « Tirer… Je suis sûre que ce n’est pas la première fois que quelqu’un voudrais tirer sur moi. »

Andy gloussa et mit sa main devant sa bouche. Elle s’éclaircit la gorge. Dieu, elle n’aurait pas dû boire ce dernier verre de vin. « Hmm… de toute manière, je ne voulais pas vous déranger. Mais j’aimerais beaucoup le faire. Parce que finalement, c’est grâce à vous que je fais ça. »

« Oh ? »

« Ouais… J’ai proposé à John d’apporter plus de sujets people au site web puisque c’est très populaire d’après une étude que j’ai lue et j’ai commencé à prendre des photos. Et imaginez-vous que l’on a obtenu un sponsor après seulement deux mois ! John a dit qu’on a déjà fait plus de chiffre maintenant qu’au cours de l’année dernière. Sur le site, je veux dire. Et puis… j’ai suivi votre avis. Je ne sais pas si ça nous mènera loin, mais j’ai fait quelque chose. Grâce à vous. » Elle bafouillait maintenant et il fallait qu’elle s’arrête. « Alors, voilà, je vous remercie. Vous n’étiez pas obligée, mais vous m’avez vraiment aidée. » Et parce que le vin avait amoindri le bon sens d’Andy, elle se jeta en avant et passa ses bras autour de Miranda et l’étreignit.

Il ne fallut qu’une milliseconde à Andy pour réaliser qu’elle avait fait une énorme erreur d’appréciation, mais c’était trop tard maintenant. Miranda était dans ses bras et elle sentait bon, vraiment bon. Si bon qu’Andy se rapprocha encore plus près pour respirer cette unique combinaison de parfum, de shampoing et de peau qu’elle avait gardé en mémoire même après tout ce temps.

Les mains de Miranda, bizarrement, vinrent se poser sur le dos d’Andy et la tinrent. Puis Andy soupira avant de s’écarter. Incapable de se retenir, elle effleura de ses lèvres la joue de Miranda. Il y eut un net petit hoquet de surprise. La chaleur envahit le corps d’Andy en entendant ce bruit et elle se  recula un peu. Le visage de Miranda était figé, mais il y avait deux taches de couleur sur ses joues. La respiration d’Andy se fit plus rapide alors qu’elle sentait l’énergie jaillir entre elles. Elle frissonna au contact de Miranda.

« Oh » Murmura-t-elle.

Miranda secoua la tête une fois. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit.

« Ah, vous êtes là ! » Andy entendit-elle venant de derrière Miranda. Alexander s’approchait d’elles tranquillement dans le couloir sombre. « Je me demandais où étaient passées mes deux femmes préférées. »

Andy se recula et déglutit, effrayée de seulement regarder Miranda de crainte de se mettre à rougir si fort que sa tête exploserait. « Hé, Alexander ! »

Miranda arrangea ses cheveux derrière son oreille et se retourna. »Hé, chéri ! » Lui dit-elle, et l’estomac d’Andy se serra. « Andrea était en train de me parler de la réussite de son dernier projet. »

« Oui, je suis au courant. Tu devrais la laisser prendre ton portrait. Elle est vraiment impressionnante. »

« C’est ce que j’ai entendu, » répondit Miranda en croisant finalement le regard d’Andy. « Nous verrons. »

« Ah ! » S’exclama Andy. « Mmm… je vais juste… euh… retrouver Brad. Encore Merci, Miranda. » Elle partit précipitamment, s’arrêtant dans un couloir vide pour reprendre son souffle.

« Oh merde, » se dit-elle. « Oh non. »

Le lendemain, les doigts d’Andy tremblaient alors qu’elle faisait défiler les photos de la soirée.

« Tu as la gueule de bois ? » Lui demanda Jimmy par-dessus son épaule.

« Hein ? »

« Tu sembles un peu crispée aujourd’hui. »

« Oh non, juste la fatigue. »

Jimmy se pencha un peu plus. « Elles sont superbes, Andy. Tu es plutôt… impressionnante. Tu as suivi une formation ? »

« Non. » Répondit-elle machinalement, toujours occupée à regarder l’écran de son ordinateur. Elle avait trouvé les photos de Brad et Alexander et fixant les fichiers jpeg, elle réalisa que peut-être Jimmy avait raison. Il aurait besoin d’en nettoyer certaines et d’utiliser la magie de Photoshop sur quelques-unes, mais même ainsi, elles étaient bonnes. « J’ai de la chance, j’imagine. »

« Tu as l’œil pour ce genre de chose. Je l’ai pensé dès la première semaine. Certaines sont assez bonnes pour figurer dans un magasine de mode. Tu n’as pas travaillé pour l’un d’entre eux ? Glamour ou quelque chose dans ce genre ? »

« Runway, » répondit-elle. Elle scrutait le visage de Brad à l’écran. Il était vraiment très beau, tellement semblable à son père. Elle l’aimait vraiment bien. Elle pensa qu’elle pourrait tomber amoureuse. Il était tout ce qu’elle voulait chez un homme, avec la richesse et les privilèges en primes. Sans parler du fait qu’elle pourrait le présenter à ses parents qui l’adoreraient.

Puis elle pensa à ce moment dans un couloir faiblement éclairé, l’odeur de Miranda terriblement alléchante. Le bruit de sa respiration… »Oh merde ! » bredouilla-t-elle.

« Eh, ça va ? Tu es toute pâle. »

Je dois rester concentrée. Ne penser qu’au travail. Tout va bien. « Ça va. Mettons-nous au boulot ! »

Cette nuit-là, elle annula son dîner avec Brad. Elle avait fait exprès de conserver certaines des meilleures photos de la soirée pour les utiliser sur le site le restant de la semaine pour le cas où elle n’aurait rien d’autre à proposer. Elle pensa qu’elle devrait faire une pause loin de la vie nocturne.

Et de tout le reste.

Il faisait sombre, mais Andy sentait qui était là, se frottant contre elle.

« Andrea, j’ai besoin que tu fasses ça pour moi. » Murmura Miranda.

« Oh Dieu, Miranda, pas ça, » supplia Andy.

« Si, Andrea. Ne veux-tu pas conserver ton travail ? Bradley serait si déçu si tu ne pouvais pas mener ça à bien. »

« Je ne veux pas. »

« Si, tu le veux, » dit Miranda tout en capturant sa bouche dans un baiser fulgurant.

Andy gémit. Elle avait l’impression que sa tête était en feu et les flammes s’approchaient de sa poitrine, puis se déplaçaient doucement plus bas, jusqu’à cette sensation de brûlure entre les jambes.  Andy pleurnicha. « Miranda, s’il te plaît. »

« C’est bien, j’aime ça. » La main de Miranda se tenait juste au-dessus de l’endroit où Andy en avait le plus besoin. « Supplie-moi de te toucher ! »

« Nan, je ne veux pas ça. »

« Tu le veux. Et n’oublie pas de m’apporter mon steak demain après-midi. »

« Non ! J’ai horreur du steak. J’ai toujours détesté le steak. »

« Cela m’est égal. Tu iras me le chercher et tu aimeras ça. »

« Je n’irai pas. »

« Allons Andrea, tu me dois bien ça. N’es-tu pas d’accord. ? »

Andy pensait qu’elle pourrait mourir si Miranda ne la touchait pas. Serait-ce si horrible ? « Bon, très bien. Fais-le ! »

« Et souviens-toi, Andrea, je le veux comme je l’aime. Rose et dégoulinant de jus. »

Andy ouvrit ses cuisses et la bouche de Miranda descendit.

Elle jouit dans un hurlement, le bruit la tirant immédiatement de son rêve.

Quand elle réalisa où elle était, Andy se sentit soulagée d’être seule. Sa main était dans sa culotte et son tee-shirt était collé contre son dos trempé de sueur. « Oh merde. »

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