Au bord du Styx

12 mai 2007

Projet 12 – Ch. 2

Filed under: Ecriture,femslash,Heroic Fantasy,Projet 12 — Catherine @ 17:32

Carte de l’Empire (version 1)

Et voici la suite du projet 12. Ainsi qu’une première ébauche de la carte de l’Empire. Celle-ci va évoluer avec l’histoire. Mais en même temps, cela aide de voir à quoi ressemble le pays.

Chapitre 2

Le Prince d’Akkorah était en mer depuis maintenant cinq jours. L’atmosphère qui régnait à bord était étrange. Track restait sur ses gardes, à peine remis de son émotion à voir une novice de Menula. Les futures prêtresses n’étaient pas autorisées à sortir du temple tant qu’elles n’avaient pas achevé leur noviciat. Enlever une novice était passible de la peine capitale. Voir une novice hors du temple et ne pas avertir immédiatement les autorités était passible de la peine capitale.

Enfin, Menula était la déesse de la Mer, la protectrice des marins, des voyageurs et des commerçants. Un affront à Menula de la part d’un marin ne pouvait avoir comme conséquence qu’un sort bien pire que la mort.

Si la réaction de Tamoryn n’avait pas été aussi violente que celle de son matelot, il avait fallu tous les talents de persuasion du majordome et surtout une attestation de la part de la Grande Prêtresse relevant de ses vœux la fille du Haut Conseiller Kron pour la convaincre que le marché était tout ce qu’il y avait de légitime. Le jeune capitaine exigea cependant que l’attestation lui soit remise le temps du voyage, ce que le majordome ne semblait pas avoir prévu de faire initialement.

Track avait porté à bord les deux malles en exprimant à voix haute sa désapprobation. Puis Tamoryn avait aidé la jeune novice et sa suivante à embarquer. Avec les dernières lueurs du jour et les voiles spécifiques de la prêtrise, elle n’avait pu distinguer qu’une silhouette mince et quelques mèches de cheveux noirs.

Depuis lors, la jeune fille était restée enfermée dans la cabine et sa suivante, Daroh, montait la garde.

Le temps était beau et les vents favorables. Tamoryn espérait atteindre les Colonnes du Ciel le lendemain. Si le temps se maintenait, le passage se ferait peut-être facilement.

Track fit sonner la petite cloche annonçant que le repas de mi-journée était prêt. Un petit brasero à un endroit abrité du pont permettait au matelot de faire mijoter des ragoûts qui tenaient bien au corps.

Cependant, une fois de plus, seule Daroh se présenta avec deux gamelles. Tamoryn essaya encore une fois d’entamer la conversation.

« Il fait beau. Le bon air ferait du bien à votre maîtresse. »

« La jeune demoiselle préfère rester à l’abri. »

« Elle n’est pas incommodée par le mouvement de la mer, j’espère… »

« La jeune demoiselle se porte bien. »

« La nourriture lui convient-elle ou a-t-elle des préférences… »

« La jeune demoiselle est très satisfaite. »

Sur ces derniers mots, la suivante repartit vers la cabine avec les deux repas.

Tamoryn soupira en se servant à son tour. Depuis le toit de la cabine, Track avait pris le gouvernail. Ils échangèrent un regard. L’affaire semblait de plus en plus étrange et même le poids de la seconde bourse qui avait été versée le soir du départ ne suffisait plus à calmer les craintes les plus folles qui germaient dans l’esprit du jeune capitaine.

Elle avait lu et relu l’attestation de la prêtresse de Menula, l’avait étudiée sous toutes les coutures et celle-ci semblait authentique. La déesse n’avait pas manifesté son courroux après cinq jours de navigation. On aurait pu penser qu’elle aurait fait quelque chose pour empêcher le départ de la novice si elle s’y opposait.

La jeune fille, Tamoryn ne connaissait même pas son nom – il n’avait jamais été mentionné – n’apparaissait pas opposée à sa réclusion et il n’y avait même pas moyen d’aller dans la cabine depuis que Daroh avait obligé Track à emporter les affaires de l’équipage dans la cale. Aucun bruit ne traversait les minces cloisons. Les deux femmes ne semblaient pas parler entre elles. Etait-elle droguée ?

Ayant fini de manger, Tamoryn eut soudain une idée. Elle se dirigea d’un air décidé vers la cabine et frappa trois coups sonores à la porte. Comme elle s’y attendait, Daroh vint ouvrir. Elle ne lui laissa pas le temps de parler.

« Je vous prierais de sortir toutes les deux un instant. » Elle instilla une dose de commandement tout en restant extrêmement polie.

« C’est notre cabine… Je ne vois pas d’où vient cette insolence… » Daroh, visiblement, souffrait du même syndrome que le majordome. Lui manquer de respect était manquer de respect à son maître.

« Avant d’être votre cabine, c’était celle du capitaine et j’ai besoin d’y prendre quelque chose. » Etait-ce l’endroit où rappeler que seule Menula avait préséance sur un capitaine sur son propre navire ?

« Votre matelot à pris toutes vos affaires. »

« Ce dont j’ai besoin n’a pas été emporté. » Tamoryn s’obligeait à rester calme pour voir son plan mené à terme. Mais l’envie de boxer cette suivante était très forte. Elle avait dû apprendre son art dans la prison pour femmes de Kerima… comme détenue ou garde-chiourme, cela restait à voir.

« Alors dites-moi où ça se trouve et je vous l’apporte. »

« Désolée, je ne peux dire à tout le monde où se trouve le coffre privé du capitaine. Je n’en aurai que pour très peu de temps. »

« Il n’y a pas de… » Peut-être comme détenue. Pourquoi fouiller une cabine à la recherche de compartiment secret sinon ?

« Vous avez fouillé ? »

Les esprits s’échauffaient quand une voix claire les interrompit.

« Laisse Daroh ! Nous pouvons parfaitement sortir quelques minutes. »

« Mais maîtresse… »

Daroh n’eut pas le temps de finir sa phrase. La fille du Haut Conseiller Kron était déjà à la porte. Celle-ci portait toujours sa robe de novice et le voile traditionnel qui recouvrait sa chevelure. Un coup de vent au moment où elle sortait révéla de lourdes mèches brunes entourant un visage fin et allongé où dominaient deux yeux noirs. La bouche était ferme, le menton volontaire.

Son regard croisa celui de Tamoryn. « Je veux croire que vous n’en aurez pas pour très longtemps. »

Le capitaine s’inclina respectueusement. Novice ou pas, il ne fallait pas prendre de risque. « Non, maîtresse. Quelques minutes tout au plus. »

Tamoryn entra dans la cabine et se dirigea rapidement vers le fond. Là, elle s’agenouilla et passant un doigt dans ce qui semblait un nœud du bois, elle souleva une petite partie du plancher. Puis, laissant glisser sa main le long de l’étrave, elle trouva la petite ouverture qui servait de cachette. Elle en tira une serviette en cuir. Elle remit tout en place et sortit de la cabine.

Daroh l’attendait, suspicieuse. Elle montra le porte-documents.

« Mes cartes pour passer les Colonnes. » Expliqua le capitaine. Le détroit était très dangereux. Tout possesseur d’une carte montrant un passage, la conservait avec précaution.

Avant de s’éloigner, elle lança à la suivante qui venait de faire rentrer sa maîtresse dans la cabine. « Si elle n’est plus une novice, il serait plus prudent, pour tout le monde, qu’elle change de tenue. »

That’s all, Folks !

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