Au bord du Styx

12 mai 2007

Projet 11 (inachevé)

Filed under: Ecriture,femslash,Projet 11,Science Fiction,Star Trek Voyager — Catherine @ 20:14

Voici ce que j’ai écrit pendant que j’étais à l’hôpital et en convalescence. C’est une fanfic dans l’univers trekkien et plus spécialement la série Star Trek Voyager. La dernière particularité de cette FF est qu’elle s’attache au couple formé par B’Elanna Torres et Seven alors que le courant traditionnel apparie Seven au capitaine. Je vous renvoie au site Fanfics-Revues (autant faire de la pub !) pour avoir plus de précisions sur la série et des fanfics à lire (en anglais).  C’est du brut, non relu et c’est inachevé. Il n’y a pas encore de titre. Mais il y a déjà une dizaine de pages. C’est un projet qui ira au bout. Bonne lecture ! 😉


Projet 11 :

« Lieutenant Torres, présentez-vous immédiatement à l’infirmerie ! »

Une bordée de jurons, la plupart en klingon, s’achevant par un « Khaless, donne-moi la force ! » se fit entendre et le lieutenant Torres se dégagea péniblement du conduit où elle travaillait. Elle jeta un coup d’œil à la salle des machines qui n’était pas dans son état de netteté habituel, mais qui au moins n’avais plus l’air de total chaos qui était le sien moins de deux heures auparavant.

L’USS Voyager de la Fédération des Planètes Unies était perdu dans le Quadrant Delta depuis plus de cinq ans. Alors qu’il poursuivait un vaisseau maquisard dans une zone proche de la station Deep Space 9, il avait été attiré ainsi que l’autre vaisseau à l’autre bout de la galaxie par un système extraterrestre.

Quelques péripéties à l’arrivée avaient interdit de faire le voyage en sens inverse.

Cependant, si Voyager, après un certain nombre de réparations, pourrait continuer à naviguer, il avait perdu près de la moitié de son équipage. A l’inverse, le vaisseau maquisard n’avait pas supporté le transfert.

Le Capitaine Kathryn Janeway décida alors de retourner vers le Quadrant Alpha et la Terre par la route la plus directe, celle-ci, longue de près de 70.000 années-lumière, devait leur prendre près de 70 ans.

Seul, sans soutien technique ni allié, Voyager traça sa route avec son équipage recomposé d’officiers de Starfleet et de maquisards ainsi que de natifs du Quadrant Delta glanés en cours de route.

Et même si le hasard ou la chance lui avaient permis de gagner parfois quelques années de voyage, le vaisseau était toujours aussi seul et susceptible de se faire attaquer par n’importe qui se considérant maître du coin d’espace traversé.

C’est à nouveau ce qui venait d’arriver, quelques heures plus tôt. Cette fois cependant, leurs agresseurs semblaient être une race de nomades pirates. Si leurs armements semblaient conventionnels et à la portée de l’équipement de Voyager, celui-ci avait été malgré tout débordé et n’avait dû son salut qu’à sa vitesse de distorsion supérieure à celle de ses assaillants. Le vaisseau était maintenant dissimulé dans la frange extérieure d’une nébuleuse dont l’environnement avait été jugé, somme toute, moins nocif que la bande de pirates à ses trousses.

Le Lieutenant B’Elanna Torres, de père terrien et de mère klingonne, ancien cadet de Starfleet, avait rejoint le Maquis avant d’avoir achevé le cursus à l’Académie. Là, son génie de l’ingénierie s’était épanoui à bricoler des moteurs antédiluviens sur des vaisseaux encore plus vieux. Le Capitaine Janeway, lors de la fusion des équipages, lui avait fait confiance et lui avait confié la salle des machines de Voyager.

Et après l’attaque subie et tout ce qui restait à faire, ce n’était vraiment pas le moment de se laisser déranger par l’infirmerie.

« Lieutenant Torres, répondez ! »

La voix du docteur se fit à nouveau entendre sur l’inter-comm.

« Je suis là, Doc. Quel est le problème ? Je vous envoie une équipe dès que je peux. »

« Je n’ai pas de problème, Lieutenant. J’ai juste besoin de votre présence à l’infirmerie. »

« Si quelqu’un vous a dit que j’étais couverte de sang, il exagérait. Les blessures sont superficielles et je passerai un coup de régénérateur dermal dès que je ferai une pause. »

« Je suis heureux de vous l’entendre dire, mais étant le médecin du bord, vous me laisserez juge… »

Le Capitaine interrompit la voix du Docteur.

« Assez discuté ! B’Elanna, venez ! »

« Mais Capitaine, je ne peux même pas vous donner pleine impulsion et je ne parle pas de distorsion, les boucliers sont à 10 % de leur niveau normal et… »

« Lieutenant, vous avez deux minutes pour vous présenter à l’infirmerie. Dois-je envoyer la sécurité vous chercher ? »

« Non Capitaine, ce ne sera pas la peine. J’arrive. Torres terminé. »

Ce n’est qu’en sortant de la salle des machines que B’Elanna réalisa qu’elle n’avait pas attendu que le Capitaine achève la communication. Elle haussa les épaules en se précipitant vers le turbolift qui, pour une fois, faisait partie des rares systèmes à ne pas avoir souffert de la dernière attaque.

1 minute et 59 secondes plus tard, elle pénétrait dans l’infirmerie et se dirigea vers l’un des biolits qui était entouré du Docteur, du Capitaine et du commandant Tuvok.

En s’approchant, elle réalisa qu’il était occupé par Seven, jeune humaine enlevée par les Borgs alors qu’elle n’avait que six ans et qui était restée en leur pouvoir durant 18 ans. De ces longues années passées au sein de cette société à la pensée uniforme, il lui restait de nombreux implants régulant ses fonctions vitales, un bras et un Œil artificiels.

La jeune femme avait été blessée lors d’une explosion en salle des machines alors qu’elle aidait à maintenir l’intégrité du noyau.

« Que se passe-t-il ? Est-ce que Seven est… »

Malgré l’animosité qui caractérisait normalement les relations entre les deux jeunes femmes, B’Elanna ne put achever sa question. Elle ne pouvait nier la brillance de sa némésis et savait la perte irremplaçable que serait sa disparition pour Voyager. Et puis, elle avait été blessée en salle des machines. Si le chef-ingénieur disait à qui voulait l’entendre que la borg n’avait rien à faire auprès de ses chers moteurs, elle ne pouvait nier que Seven appartenait, au fond, à la famille des ingénieurs.

Le capitaine Janeway s’avança et posa une main qui se voulait rassurante sur le bras de B’Elanna, malgré les plis d’inquiétude visibles sur son visage.

« Non, le Docteur a pu soigner toutes les blessures de Seven, mais nous avons une inquiétude. Quand elle a été réanimée, elle s’est mise à parler en klingon et a voulu retourner aider en salle des machines. Comme elle devenait agressive, on a dû lui administrer un calmant. »

Le Docteur poursuivit. « Son électroencéphalogramme est normal et nous n’avons pas affaire au fils de K’Vor. »

« Elle a été blessée à la tête lors de l’explosion, ça ne pourrait pas être ça ? »

« Il y avait effectivement un hématome interne, mais j’ai fait le nécessaire. »

« Alors, si ce n’est pas physique, c’est psychologique et je ne vois toujours pas pourquoi je suis là. »

Le Docteur, qui piaffait presque d’être ignoré, profita d’un court silence pour reprendre la conversation.

« Il y a eu des cas d’amnésie où le malade se mettait à s’exprimer dans une langue étrangère à son réveil, parfois même une langue qu’il n’était pas supposé connaître. »

« Oui, mais dans le cas de Seven, elle connaît le klingon. En fait, elle le parle bien mieux que moi, comme une née native. Cela fait partie de ses banques de mémoires. »

« Mais alors, comment peut-elle se servir de sa mémoire eidétique d’une part tout en souffrant d’une forme d’amnésie ? »

« Capitaine, c’est peut-être là qu’intervient la cause psychologique. Et son esprit a profité du choc lié à l’explosion pour se fermer partiellement. Mais je ne suis pas médecin. »

« Et il serait temps que l’on s’en souvienne ! »

« Oh Doc ! Pour une fois, on ne vous entend pas trop. Dépassé ? »

« Tout ce qui concerne Seven est particulier. Il ne faut pas prendre de risque. »

Le Capitaine, ne voulant pas voir la discussion dégénérer entre le Docteur à l’orgueil démesuré et la demi-klingonne au sang chaud, s’interposa.

« Très bien, je crois que l’on a compris. Mais que proposez-vous ? »

« La laisser inconsciente et faire d’autres examens… »

« La ranimer et l’interroger… »

Les deux réponses fusèrent, puis leurs auteurs se défièrent du regard.

« Capitaine, puis-je vous rappeler que Seven s’est montrée violente quand elle est revenue à elle la première fois ? »

« Votre remarque est notée, Docteur, mais je pense que Monsieur Tuvok pourra la maîtriser si cela devenait nécessaire. Qu’en pensez-vous, Tuvok ? »

« Je partage l’avis du lieutenant Torres, Capitaine. Sans savoir l’étendue des dommages, il n’est pas possible d’envisager un traitement puisque le Docteur affirme avoir tout fait pour le physique. »

« Très bien ! Docteur, réveillez-la ! »

Très peu de temps après que le Docteur ait injecté un stimulant dans le cou de Seven, celle-ci ouvrit les yeux et se redressa.

« Ah Capitaine ! Pourquoi m’empêche-t-on de retourner en salle des machines ? Je suis certaine que ma place est là-bas. J’entends bien que les moteurs ne fonctionnent pas encore au maximum de leur efficacité. »

Les quatre autres officiers se regardèrent. Malgré l’habitude d’utiliser le traducteur universel, qui faisait que l’on entendait plus la langue d’origine d’un interlocuteur, il était possible, en écoutant vraiment, de la distinguer. Et en l’occurrence, Seven parlait effectivement en klingon.

Le Capitaine Janeway se porta volontaire pour tenter d’expliquer la situation à sa jeune protégée.

« Seven, de quoi te souviens-tu en dernier ? »

« J’aidais de rétablir l’équilibre du moteur à distorsion. Quelque chose a explosé, j’imagine et je me suis réveillée à l’infirmerie où le Docteur a refusé que je reprenne mon poste. Il a dû utiliser un sédatif. Et pourquoi m’appelez-vous Seven ? Mon nom est Soch. »

Janeway jeta un coup d’œil à B’Elanna.

Celle-ci confirma. « Oui, Soch signifie sept. Mais à partir du moment où le traducteur enregistre le mot comme un nom ou un prénom, il ne le traduit pas. »

Tuvok poursuivit. « Avez-vous remarqué que si pour un klingon, Seven utilise un langage châtié à l’extrême, son discours est cependant plus relâché que d’habitude ? »

B’Elanna reprit la conversation là où elle avait été abandonnée un peu plus tôt. « Capitaine, pour reprendre votre idée… Je ne suis pas sûre qu’elle soit bonne. Seven doit en savoir beaucoup plus que moi sur la civilisation et la culture klingonne, sans compter qu’elle le parle couramment et sans accent, ce qui n’est pas mon cas ! A quoi puis-je l’aider ? Et nos relations ont toujours été si mauvaises. Elle va devoir s’en rappeler… »

Le capitaine Janeway attira son ingénieur en chef à l’écart du groupe. Elle sentait l’agitation monter chez la jeune femme et personne n’avait besoin de cela.

« B’Elanna, je ne sais pas par où commencer…J’ai toujours eu le sentiment que vous étiez faite pour vous entendre, mais dès le début, tout est parti de travers. »

Le capitaine leva la main, intimant le silence alors que la jeune femme allait répliquer.

« Laissez-moi continuer ! Je partage votre analyse, quoi qu’en pense le docteur, d’une origine psychologique à la forme d’amnésie qui affecte Seven. Et pour ma part, je trouve très curieux, mais très révélateur, que sa nouvelle personnalité se veuille klingonne.

« On aurait pu penser que son inconscient aurait choisi une personnalité vulcaine, proche de ce qu’elle est ou au contraire, une personnalité terrienne qui n’aurait jamais connu les borgs… » B’Elanna poursuivit.

Le capitaine reprit. « Nous avons trop besoin d’elle en ce moment. Vous êtes d’accord ? Et physiquement, elle semble bien. En fait, outre son passé borg, elle a oublié tout ce qui allait avec… la régénération dans son alcôve, la nourriture… »

B’Elanna fronça les sourcils, doutant qu’elle allait aimer ce qui allait suivre. « Mais si elle ne se régénère pas, comment va-t-elle survivre ? »

« Comme nous, en mangeant et en dormant. Le Docteur a tenté de l’y adapter, mais elle a toujours refusé. »

« Où a-t-il pratiqué ses essais ? »

« A l’infirmerie, je pense. Pourquoi ? »

« Parce que vous arrivez à dormir ici si vous n’êtes pas inconsciente ? »

La réponse de B’Elanna fut arrêtée par un appel sur l’intercom de B’Elanna. La voix de Casey s’éleva, franchement stressée.

« Lieutenant ? Désolé de vous déranger ! »

« Pas de problème, Carey ! Que se passe-t-il ? »

« Nous avons retrouvé pleine impulsion. Par contre, le moteur à distorsion nous pause toujours des problèmes. Il présente toujours ces variations dont on ne peut trouver la cause. »

« Et les boucliers ? »

« Même problème. Cette espèce d’onde électromagnétique était plus complexe qu’elle n’en avait l’air… »

« Ne touchez plus à rien ! J’arrive. Torres terminé. »

B’Elanna se tourna ensuite vers le capitaine. « Je dois vraiment y aller. Et on ne sait pas ce que cette nébuleuse peut nous faire à long terme. »

« Bien sûr lieutenant et… »

« Oui capitaine. Seven vient avec moi. »

*=*=*=*=*=*

Les deux jeunes femmes arrivèrent peu après en salle des machines. Celle-ci avait perdu son aspect chaotique, mais il restait visiblement beaucoup à faire. La console qui avait explosé alors que Seven se trouvait à côté, béait toujours, éventrée.

Carey se rapprocha en voyant les regards jetés au matériel.

« Lieutenant, j’ai donné l’ordre qu’on n’y touche pas avant votre retour. Alors qu’on allait la remplacer, j’ai eu une lecture suspecte sur mon tricordeur. J’ai préféré que vous voyez par vous-mêmes. »

« Très bien. Où en sont les réparations ? »

« Les boucliers et le moteur à distorsion sont HS. Toujours cette instabilité dont je ne peux trouver l’origine. Donc on s’est concentré sur l’identification et le remplacement de tous les éléments grillés. » Il tendit un pad à B’Elanna qui commença à le consulter.

Carey continua. « Repérer tous les circuits défaillants reste cependant hasardeux. Certains senseurs sont toujours hors lignes. »

« Ok. Progressez secteur par secteur. Contrôlez, remplacez, vérifiez et passez au secteur suivant ! Et que fait Vorik ? »

« Il vérifie l’intégrité de la coque. Plusieurs microfissures ont été repérées aux niveaux 7, 8 et 13. »

« Très bien. Vous avez vos ordres. On fait le point dans deux heures sauf s’il y a du nouveau avant. »

Alors que Carey s’éloignait, B’Elanna chercha Seven du regard et la trouva en train d’analyser les restes de la console.

Elle commença. « Sev… » Puis se reprit. « Soch, tu trouves quelque chose ? » Entre Klingon de rang équivalent, le tutoiement était de rigueur. Toute autre forme de politesse ou d’absence de politesse aurait été considérée comme hypocrisie ou insulte : inacceptable dans les deux cas.

« Il y a des traces résiduelles de rayonnement. Or l’attaque que l’on a subie était de nature électromagnétique. »

A son tour B’Elanna alluma son tricordeur. « Oui, je l’ai. Cela ressemble aux reste d’un rayon tach… »

« …yon. Oui, un rayon tachyon ou un dérivé pourrait laisser de telles traces. Mais comment ? »

« Sev… Soch, te souviens-tu de ce que tu faisais juste avant l’explosion ? »

« Je tentais de maintenir l’intégrité du noyau. Et juste au moment où je pensais y être arrivée, il y a eu une nouvelle décharge et… et…. Il me semble avoir distingué une brève fluctuation sur l’écran de contrôle… »

Seven semblait faire un effort particulier pour se souvenir.

« Cette fluctuation s’est produite 0,04 millisecondes après l’impact de la dernière onde électromagnétique. »

« Veux-tu dire que l’onde EM et le rayon étaient synchronisés ? »

« Je n’en ai pas la preuve, mais ce pourrait être une conclusion logique : l’onde EM pour altérer les boucliers et une majorité des circuits et, alors que les systèmes sont faibles, le rayon qui vient achever le travail… »

B’Elanna regarda la jeune femme. Si son langage était toujours aussi châtié, il s’y glissait maintenant des locutions plus familières. Un premier signe de l’amnésie ? En tous les cas, rien de la violence verbale que l’on pouvait trouver dans un discours klingon traditionnel. Par contre, son esprit était toujours aussi brillant. Sa capacité à tirer une conclusion logique de quelques faits sans lien apparants l’avait toujours sidérée.

Après quelques essais sur les reste de la console, elle avaient trouvés un moyen de nettoyer les circuits qui n’avaient pas simplement été grillés par les décharges. Une fois les diverses équipes averties, les réparations progressèrent sur un rythme soutenu et au bout de seize heures, tous les circuits de première nécessité ainsi que la propulsion à distorsion étaient restaurés.

Seven voulut s’attaquer aux senseurs du laboratoire d’astrométrique, mais B’Elanna s’y opposa.

Voyager avait retrouvé ses boucliers, sa mobilité et sa vision proche moyenne. Le vaisseau pouvait se passer sans risque pendant quelques heures des analyses fines des senseurs à longue portée.

Cependant, la conversation pour convaincre Seven de s’arrêter rappela au jeune chef ingénieur la gravité de la situation quand la jeune femme se rendit enfin à ces arguments sans rappeler qu’elle pouvait se régénérer quelques heures avant de revenir.

Une seconde vague de tristesse l’étreignit quand Sevenn avec un peu d’étonnement dans la voix, indiqua qu’elle ne se souvenait pas où étaient ses quartiers. Elle marmonna une vague explication de quartiers endommagés pendant l’attaque et l’entraîna chez elle.

Arrivée dans ses quartiers, elle jeta un coup d’oeil à son canapé, mais réalise vite que le petit « deux places » serait un peu court pour permettre à son invitée de s’y reposer vraiment.

Soudain, une vague d’inquiétude l’assaillit quand elle comprit qu’elle abordait une véritable terra incognita. Seven, en tant que Seven, n’avait jamais dormi. Est-ce que Soch retrouveraient les automatismes de l’enfant Annika ? Elle décida de jouer la normalité.

« Je crois que je vais te laisser ma chambre car le canapé est vraiment trop petit pour que tu y dormes confortablement. À moins que j’appelle la maintenance pour voir s’ils ont un lit de camp qui traîne… »

Seven s’était assise lourdement dans le dit canapé. « Ce n’est pas la peine d’appeler quelqu’un et je n’ai soudain plus la moindre force. Est-ce ce que tu appelles fatigue ? »

B’Elanna sourit. « Oui. C’est exactement ça. Il faut juste espérer que nous ne serons pas trop fatiguées au point de ne pouvoir dormir. Avec quoi dors-tu ? »

Seven la regarda avec de grands yeux ronds. « Avec quoi ? »

« Mais oui. Dans quelle tenue ? Pyjama, chemise de nuit ? » B’Elanna se retint d’ajouter à sa liste rien du tout.

Il était toujours curieux d’observer Seven tenter de se rappeler quelque chose. Elle entrait visiblement en elle-même est consultait sa mémoire eidétique, qui semblait plutôt lui faire défaut.

« Je ne me souviens pas… Que peux-tu me conseiller ? Que porte de-tu toi-même ? »

B’Elanna admira la réponse et surtout le calme avec lequel Seven semblait accepter les trous conséquents dans sa mémoire. Elle était sûre qu’à sa place, elle aurait agi avec rage. Mais qui pouvait dire comment Seven réagirait. Enfin… quand elle aurait le temps de réfléchir à sa situation.

Voyant un sourcil de Seven se lever, elle réalisa que ses réflexions avaient duré un peu. Elle fit un petit sourire et se dirigea vers le réplicateur en faisant signe à Seven de la suivre.

Elle navigua rapidement à travers les menus de l’habillement, puis montra à Seven la fiche qu’elle avait sélectionnée.

« Voici ce que je porte. Un short et un tee-shirt en maille de coton. C’est léger. Ça ne gêne pas les mouvements. Ça ne tient pas trop chaud non plus. »

Seven hocha la tête. « J’ai remarqué que tu maintiens dons tes quartiers une température supérieure à celle du reste du vaisseau, ainsi qu’un degré d’humidité également un peu plus élevé. »

« Oui, mon métabolisme klingon le préfère ainsi, même s’il ne fait pas aussi chaud que sur Qo’nos. »

« Je trouve moi-même cet environnement plus agréable et je pense que ton choix de vêtements de nuit est parfaitement adapté à son usage. »

Seven s’approcha du clavier, rentra sa taille, hésita un instant sur le choix de la couleur, puis saisit son code d’identification afin que son compte soit débité du nombre de rations correspondant.

Deux secondes plus tard, un vêtement plié d’un magnifique bleu-roi apparut dans l’ouverture du réplicateur.

B’Elanna s’écarta et montra la porte de la chambre. « La salle d’eau se trouve au bout. Vas-y en premier pendant que je change les draps du lit ! »

Les deux jeunes femmes marchèrent vers la chambre et Seven poursuivit jusqu’à la salle d’eau. B’Elanna commença à tirer les draps du lit quand elle entendit le bruit caractéristique des vibrations de la douche sonique. Elle tira d’une armoire une nouvelle paire de draps ainsi qu’une deuxième couverture. Elle venait juste de finir le lit et remettait eu une nouvelle taie à l’un des oreillers quand Seven retourna dans la chambre. Elle resta en arrêt devant la vision de Seven en short et tee-shirt alors que depuis son arrivée sur Voyager, elle n’avait porté que son armure Borg, puis ses biocombinaison.

La tenue laissait apparaître des implants sur le haut du bras droit, les cuisses et les jambes. Mais à l’instar de ceux qui étaient visibles sur son visage, ils ne déparaient en rien sa beauté naturelle. Au contraire, ils semblaient rehausser sa grâce.

Un sourcil levé indiqua à B’Elanna qu’elle était à nouveau pas loin de se ridiculiser et se rattrapa par la première chose qui lui vint à l’esprit.

« Ça fait du bien, une douche, après les heures convient de faire ? »

« C’est vrai. Le sentiment de propreté apporte un certain réconfort. Je voudrais te demander… »

Là, Seven s’arrêta, hésitante, puis elle reprit. « Sais-tu si j’ai été victime d’un accident ? J’ai relevé de nombreux implants dans tout mon corps qui viennent renforcer ou parfois remplacer les membres existants. Mais la technologie utilisée ne m’est pas familière. »

B’Elanna se sentit pâlir. Rien n’avait été décidé sur ce qui serait dit à Seven si elle se mettait à poser des questions. Visiblement tout ce qui touchait de près ou de loin aux Borgs avait été effacé de sa mémoire. Elle décida de s’en tenir à la vérité, mais avec un léger aménagement.

« Je ne sais pas exactement. Tu les avais quand tu es arrivée à bord, mais tu ne parlais jamais de ta vie d’avant. »

« Pourquoi ? » La question fusa.

« Pourquoi tu n’en parlais pas ? Peut-être que les souvenirs en étaient trop pénibles. Et je dois avouer que tu n’avais pas beaucoup de contacts avec l’équipage. Tu passais beaucoup de temps à travailler. »

Seven sembla un peu perdue devant cette révélation. « Avec qui avais-je le plus de contacts ? »

« Mmmm…. Le Capitaine, le Docteur, Tuvok et Nahomi bien sûr ! »

« Pas avec toi ? »

« Mmmm…. Notre relation a été assez antagoniste dès le départ. »

« Les deux seules klingonnes à bord… »

« Euh Se… Soch, tu as vu que tu n’avais pas vraiment le type klingon… ? »

Seven ne sembla pas perturbée par la question.

« Oui, j’ai remarqué. Mais même si je ne peux m’en souvenir avec précision, il me semble avoir été adoptée toute petite par une famille klingonne… Et ça n’explique pas les implants qui ne sont pas d’une technologie de l’Empire. »

Elle s’arrêta un instant, pensive. Elle alla s’asseoir sur le lit et fit signe à B’Elanna d’en faire autant.

Le chef ingénieur hésita un instant. La conversation se dirigeait à toute allure vers des terrains qu’elle ne souhaitait pas aborder. Mais en même temps, l’innocence avec laquelle Seven posait ces questions exigeait qu’elle réponde honnêtement. Elle s’assit sur le lit à côté d’elle.

« Pourquoi notre relation était-elle antagoniste ? »

B’Elanna retint un grognement. On pouvait compter sur Seven, quelque fût sa personnalité, pour être brutalement honnête. Mais la question obligea la jeune femme à réfléchir.

« C’est difficile à expliquer… Je sais qu’au départ, j’ai eu du mal à t’accepter pour ce que tu représentais… »

« Quelqu’un se faisant passer pour klingon ? »

« Non, Soch. Tu étais très différente. »

« Comment ? »

B’Elanna sourit. « Finalement, tu n’es peut-être pas si différente. Tu étais d’une honnêteté brutale. C’était difficile. Tu m’obligeais à confronter mes propres contradictions. Je n’y étais pas préparée et je t’en voulais. »

Seven hocha doucement la tête, absorbant tout ce que B’Elanna lui disait, mais aussi ce qu’elle ne disait pas. Elle sembla réfléchir, hésita un instant, puis se décida.

« Avions-nous entamé un processus matrimonial ? »

B’Elanna ouvrit la bouche pour répondre, puis fut prise d’une violente quinte de toux. Seven se leva et se dirigea vers le living, puis en revient avec un verre d’eau. B’Elanna, à bout de souffle, s’en saisit avec gratitude. Quelques gorgées l’aidèrent à retrouver ses esprits.

« Quelle drôle d’idée ! Je t’ai dit que je ne pouvais pas te sentir… »

« Et moi ? Quel était mon attitude ? »

« Toi ? Tu restais imperturbable. J’ai l’impression que parfois même, tu me cherchais. »

« J’étais attirée par toi. »

B’Elanna, qui avait repris une gorgée d’eau, avala à nouveau de travers. Cette fois, Seven se mit à lui tapoter le dos.

« Tu… Tu étais attirée par moi ? »

Seven répondit sérieusement. « C’est une solution logique qui explique également le confort et le plaisir que j’éprouve depuis que je suis en ta présence. »

B’Elanna ne savait plus que penser. « Mais… Mais… ce n’est pas possible. J’étais une véritable garce. Je ne te passais rien. Je t’avoue que je pouvais même être injuste, de mauvaise fois… »

« Et ça ne m’a pas éloignée ? » Un léger sourire effleurait sur les lèvres de Seven quand elle posa la question.

« Non. Tu revenais toujours. Mais je t’assure que de mon côté, il n’y avait rien. »

Seven répondit. « Il devait y avoir quelque chose pour expliquer cette agressivité. Et pourquoi ne se manifeste-t-elle plus ? Même si j’ai perdu une partie de mes souvenirs, je suis toujours la même. Non ? »

B’ Elanna hésite à répondre immédiatement, puis se décida enfin en remarquant le regard curieux et ouvert que lui jetait Seven.

« Je t’ai déjà dit que je t’en ai voulu pour l’endroit dont tu venais. » Elle arrêta d’un mouvement de la main Seven qui allait l’interroger. « Non, plus tard pour ça… Où en étais-je ? Oui… Ensuite je pense honnêtement que j’étais jalouse. »

 » Jalouse ? Mais pourquoi ? Tu es brillante, respectée. Tout le monde t’apprécie… »

« M’ouais, on pourrait discuter ces points. Mais le fait est que dès ton arrivée, le capitaine s’est occupée presque exclusivement de toi. Elle a passé presque toutes tes… incartade et puis, tu es si brillante, si intelligente. J’avais peut-être peur qu’elle te confie la salle des machines. En fait, je t’envie ton esprit logique qui te permet d’atteindre une conclusion avec deux ou trois indices sans le moindre rapport entre eux. »

« Comme j’envie ton intuition fulgurante qui te fait imaginer une solution à partir de rien. »

« Peut-être que j’ai l’intuition, mais tu es la seule à bord du vaisseau à comprendre le cheminement qui me fait arriver à cette conclusion et à voir éventuellement les faiblesses et les améliorations possibles… De dire tout ça à haute voix, je ne comprends pas comment j’ai pu me conduire avec toi comme je l’ai fait jusqu’à maintenant… Tu as raison : tu n’as pas tant changé que ça. Je vois seulement maintenant que nous nous ressemblons plus que je ne l’aurais pensé… »

« Et nos différences sont admirablement complémentaires. »

« Oui. Tu as raison… Wow, heureusement que personne n’est là pour m’entendre. À force de dire que tu as raison, on pourrait croire que j’ai changé. Bon, il faudrait mieux que l’on se couche… Oh, je ne t’ai même pas demander si tu voulais manger quelque chose. »

 » J’ai effectivement une sensation étrange au niveau de mon estomac. »

 » Tu as une préférence ? »

 » Je… je ne me souviens pas. »

 » Alors je te propose la même chose que moi. C’est un secret bien gardé, mais le soir ou à je ne sais quelle heure après une journée comme celle-ci; j’aime bien prendre un bol de müesli avec du lait. »

« Müesli ? »

« Des céréales. »

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