Au bord du Styx

9 mai 2007

Projet 12 – Ch. 1

Filed under: Ecriture,femslash,Heroic Fantasy,Projet 12 — Catherine @ 19:49

Bonjour,

Voici un peu de lecture. Il a un titre provisoire, mais que je ne vais pas utiliser pour l’instant. C’est la fameuse dernière histoire que j’avais en tête depuis fort longtemps (comptez au moins plus de 15 ans !). Dans ma tête, elle est assez avancée et puisqu’elle demande à sortir…. Ma grande idée (si on peut dire) a été d’en faire un récit d’Heroic Fantasy, ce qu’il n’était pas au début (alors que tous les ingrédients y étaient déjà). Mais comme j’ai dit, je ne sais plus où, j’ai lu un peu d’Heroic Fantasy, mais relativement peu donc ce n’est pas oblogatoirement mon premier réflexe. Le texte va sûrement encore bouger avant d’être définitif si l’on considère que ce simple premier chapitre a déjà été repris et modifié à trois reprises.

Projet 12 – Chapitre 1

Le port de Kerima était particulièrement animé en ce milieu de matinée du septième jour du mois de Menula. L’un des principaux ports de la grande Mer Intérieure, il occupait toute la baie, surplombée par les cinq collines au sommet desquels on devinait les temples des cinq divinités tutélaires de l’empire : les dieux Bor et Kemo, également noms des deux soleils du système et noms des premier et dernier mois du cycle et les déesses Ylia, Furima et Menula, noms des trois lunes de la planète. Il y avait d’autres dieux qui veillaient à la destinée de l’empire, mais ils étaient de moindre importance et étaient considérés comme les assistants des cinq premiers.

Depuis le temple de Bor, les jours clairs, on pouvait deviner les contours de l’immense chaîne de montagnes qui coupait littéralement l’empire en deux.

Entre les collines et la mer s’étalait la ville, capitale de l’empire.

Toute la région, ainsi que le port, s’apprêtait à connaître la période de calme de la mauvaise saison. Seuls certains petits bateaux de pêche sortaient encore, mais uniquement pour la journée. Le transport de marchandises se limitait à de petits trajets de quelques jours vers les ports les plus proches et accessibles par cabotage. Tous les autres navires qui avaient fini leur saison se préparaient à un hivernage de quatre à cinq lunes.

Tamoryn Noriadas faisait partie des marins qui avaient fini leur saison et elle réparait tranquillement un cordage sur le pont de son caboteur Le Prince d’Akkorah quand une voix hautaine l’interpella. Levant la tête pour voir de qui il s’agissait, elle réalisa qu’elle avait affaire à un majordome habitué à ce que la grandeur de ses maîtres rejaillisse sur lui, surtout à l’égard de personnes de rang inférieur.

On ne pouvait formellement dire qu’elle était de rang inférieur. Elle était libre. Elle appartenait à la guilde des marins et elle était propriétaire du navire sur lequel elle se trouvait. Elle y était née, y avait appris tout ce qu’elle savait et en avait hérité trois mois plus tôt, à la mort de son père. Depuis, elle n’avait reçu de contrats que pour du petit cabotage le long de la côte, transportant des marchandises d’un port à l’autre. Rien de bien passionnant et juste assez rémunéré pour survivre et ne pas avoir de dettes trop criantes. La seule chose en sa faveur était la réputation sans tâche de son père et l’espoir qu’elle suivrait dans son sillage.

Elle se redressa et se dirigea vers le bastingage. Elle était un peu plus grande que la moyenne pour une femme, ce qui lui permettait tout juste de ne pas être dominée par tous les hommes qu’elle rencontrait ou avec qui elle faisait affaire. La vie à bord du bateau lui avait également donné une belle quantité de muscles, gagnés à force de hisser des voiles, de monter et descendre le long du mat et transbahuter des marchandises. Et ces muscles, son père lui avait appris à en faire bon usage pour se défendre en cas de besoin.

Elle regarda le majordome de l’air de quelqu’un qui a franchement mieux à faire ailleurs.

« Tamoryn Noriadas ? »

« C’est moi. »

« Je pourrais avoir une mission délicate à vous confier… »

« Je vous arrête immédiatement. Je ne fais rien d’illégal. »

« Ce que j’ai à vous proposer est tout à fait légal. Prenez-vous des passagers ? »

« Ce n’est pas mon habitude, mais je peux le faire. Où voulez-vous aller ? »

« Il ne s’agit pas de moi, mais de la fille de mon maître, le haut conseiller Kron. Il faudrait la conduire, ainsi que sa suivante, en Myrilie. »

Tamoryn réalisa que les couleurs de la livrée du majordome étaient effectivement celles d’un haut conseiller, et l’un des plus puissants si sa mémoire était bonne. Mais elle s’occupait tellement peu des affaires de la ville et de l’empire tant que cela n’avait pas d’incidence sur sa vie.

« De l’autre côté de la mer intérieure ? Pourquoi ne pas faire le trajet par terre comme tout le monde ? »

« La saison des caravanes est passée et mon maître ne souhaite pas attendre. Il a promis sa fille en mariage. »

« La traversée pourrait s’avérer également dangereuse. Ne croyez-vous pas plus prudent d’attendre la réouverture des cols ? Ce n’est que l’affaire de quatre à cinq mois finalement. »

« On m’avait pourtant dit que vous ne refusiez aucune affaire ? »

« Dans la limite de la légalité, non. Et si le haut conseiller Kron et sa fille sont prêts à prendre ce risque et à payer le prix, je suis le capitaine dont vous avez besoin. »

« Et quel est votre prix ? »

« 50 orels et nous pouvons partir dans deux jours. »

« Mon maître double cette somme si vous partez dès ce soir. »

Tamoryn s’étonna d’une telle précipitation. Un mariage, surtout celui de la fille d’un haut conseiller, ne se décidait pas sur un coup de tête.

« Dès ce soir ! Vous êtes sûr ? »

« C’est le désir de mon maître. Qui sommes-nous pour critiquer ? »

Le regard du majordome se fit réprobateur, mais il ne fit pas mine de partir. Toute l’affaire semblait de plus en plus étrange à Tamoryn, mais si un haut conseiller avait voulu se lancer dans une activité un peu plus trouble, n’avait-il pas les moyens de faire autrement qu’en engageant un jeune capitaine sur le port ?

Réalisant qu’elle n’avait pas réagi à la dernière réponse du majordome, Tamoryn reprit le fil de la discussion.

« Les éléments sont favorables… Ce serait faisable… à condition que vous payiez le prix dès maintenant et que j’aille immédiatement m’occuper du ravitaillement… »

Le majordome tira une bourse des plis de sa tunique.

« Voici 50 orels ! Vous aurez le reste ce soir. »

Le capitaine soupesa la bourse, mais ne fit pas l’affront de recompter.

« Deux personnes ? Très bien ! Soyez là une heure avant le couché du soleil ! »

Elle avait accepté l’affaire avant d’y avoir vraiment réfléchi. Aller en Myrilie était toujours un voyage risqué et plus encore lors de la mauvaise saison. Que ça n’en soit que le début ne changeait rien. Au contraire, les variations de temps étaient bien plus violentes. Mais elle avait terriblement besoin de cet argent.

Dès que le majordome se fut éloigné, Tamoryn descendit à quai et se dirigea vers l’une des tavernes du port où elle pensait trouver son matelot, Track. Celui-ci avait toujours travaillé pour son père et elle le considérait comme une espèce d’oncle. A la mort de son père, il lui déclara que « Le Prince » avait été tout à la fois sa demeure, son gagne-pain et sa famille au cours des quelques trente derniers cycles et le fait que Tamoryn devienne son nouveau capitaine ne lui posait aucun problème malgré les quolibets dont il avait été la cible de la part d’autres matelots.

Track était assis à une table avec deux autres marins et ils semblaient échanger les habituelles histoires de ceux qui ne se sont pas vu depuis un certain temps.

Son teint commençait à prendre une couleur rouge vermillon, mais Tamoryn savait que c’était sa réaction à la moindre gouttelette d’alcool. Track n’avait pas pour habitude de s’enivrer.

Quand il la vit passer sa tête par la porte et lui faire signe de la rejoindre, il se leva, laissa une poignée de petite monnaie sur la table et quitta ses deux compagnons. Il retrouva son capitaine un peu plus loin.

« Quoi de neuf, Cap’taine ? »

« On a un nouveau contrat. »

Track la regarda, un peu étonné du manque de précision.

« D’accord… Que doit-on transporter et pour quelle destination ? »

« La fille du haut conseiller Kron et sa suivante sont attendues en Myrilie. »

« A cette période ? Mais… »

« Et on part ce soir. Le client paie le prix. »

Le visage de Track reflétait les doutes de Tamoryn.

« Track, je sais les risques, mais on a encore une chance avant que la mauvaise saison arrive… »

« Je suis plus inquiet par l’activité des pirates. Les gars avec qui je parlais m’ont dit en avoir aperçu lors de leur retour, à deux jours du port. C’est bien prêt à mon goût. »

« Ils ne s’intéresseront pas au Prince : il est trop petit… »

« Si tu l’dis… »

« Il faut tenter notre chance. Ma décision est prise. Prends la bourse et occupe-toi du ravitaillement ! Va également régler ce que je dois à Targas. Il a été plus que patient sur le prix de la nouvelle voile ! »

« Très bien. On se retrouve au bateau. »

=*=*=*=*=*=*=

L’heure du départ approchait et les deux passagères n’étaient toujours pas là. Tamoryn essaya à nouveau de s’assurer qu’elle n’avait rien oublié. Le Prince d’Akkorah servant d’abord au transport de marchandises, n’était pas adapté pour recevoir des passagers. Sa construction était simple. Le navire avait deux mâts qui supportaient deux grandes voiles triangulaires.. Un pont protégeait les marchandises situées dans la cale. A la poupe s’élevait une petite construction du toit duquel il était possible de tenir les deux grands avirons servant à diriger le navire. C’était cet espace qui avait été transformé en cabine de fortune en tirant une grande pièce de toile en son milieu pour préserver l’intimité des passagères. Sur l’autre moitié, les affaires de Tamoryn et de Track avaient été rassemblées.

Track avait pu payer les quelques factures qui traînaient et obtenir de la nourriture pour une vingtaine de jours soit le double de ce qui était nécessaire si tout se passait bien.

Le vieux matelot avait également essayé de se renseigner sur les mystérieuses voyageuses. Mais tout ce qu’il avait appris était que le haut conseiller Kron était puissant, mais discret quant à sa famille et ses affaires. Il était surprenant de ne rien pouvoir apprendre sur lui dans les tavernes du port. Toute personne d’importance dans l’empire était le héro d’une multitude d’anecdotes, la plupart fantaisistes et dont le fait originaire était depuis longtemps oublié. Dans le cas de Kron, il n’y avait rien. Il était riche, puissant et avait ses entrées auprès de l’empereur. Il était le chef d’une famille ancienne qui ne faisait pas parler d’elle, mais qui était incontournable parmi les gens qui comptaient. Cette réputation sans tâche aurait dû rassurer Tamoryn. Au contraire, l’absence de rumeur l’angoissait encore plus.

Une carriole attelée s’approcha enfin, toutes ses ouvertures obstruées par d’épais rideaux de cuir. Une fois arrêtée, le cocher descendit et ouvrit l’une des portes. Le majordome sortit de la voiture et se dirigea vers Tamoryn qui s’approcha. Il lui tendit une nouvelle bourse.

« Voici le solde du prix et vos passagères. Au port d’Oranul, vous ferez prévenir le marchand Graz qui viendra chercher sa promise. Bon voyage, que les dieux soient avec vous ! »

« Merci, messire. Qu’ils veillent sur la vie de votre maître et de sa maisonnée ! »

Le cocher, pendant ce temps, avait sorti deux coffres de taille moyenne de la carriole et aidait maintenant à descendre ce qui semblait être une femme lourdement charpentée. Tamoryn fit signe à Track de venir aider à transporter les malles.

Alors qu’il s’approchait à son tour, la dernière passagère descendit à son tour, aidée par le majordome.

Tamoryn avait la vue gênée par celui-ci et ne réalisa pas immédiatement le problème quand Track s’exclama :

« Mais, c’est une novice de Menula ! »

Publicités

2 commentaires »

  1. Styx !!! Si je te dis que tu éclaires ma fin de semaine, me croiras-tu ?? ;O)
    Tu écris de la Fantasy !!!
    Oh que j’attends la suite avec impatience !!!!!!

    Commentaire par kaktusch — 11 mai 2007 @ 21:28 | Réponse

  2. Heureuse de savoir que ça te fait plaisir. Pourvu que ça dure ! 😉

    Commentaire par styx63 — 11 mai 2007 @ 21:52 | Réponse


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :