Au bord du Styx

9 mai 2007

29/09/2006 : Le Mannequin Chinois – fin

Filed under: Ecriture,femslash,Le Mannequin Chinois — Catherine @ 16:50

Version complète et définitive de ce récit ici

Il y a longtemps que je n’avais pas mis « fin » sur quelque chose. Voila qui est fait. Pour ne pas vous faire attendre, je vous ai retranscrit mon « premier jet ». Je retravaillerai dessus pour la version en ligne.

Bonne lecture et merci de votre soutien ces derniers mois ! Image
Elle n’entendit pas Sandy revenir et ne se retourna qu’en sentant une main sur son épaule. Les questions se bousculaient dans son esprit sans qu’elle puisse en formuler aucune. Elle reprit le bloc et remarqua que certains dessins, les plus aboutis, étaient datés. Le plus ancien remontait à leur première rencontre. Tout y était dans les moindres détails : les boucles souples, les yeux sombres légèrement enfoncés, les sourcils un peu plus marqués que ne le voudrait la mode.


Sandy opta finalement pour l’humour. « On ne rencontre pas tous les jours un pâtre grec. L’occasion était trop belle. »

Eleni la regarda, blessée. « C’est tout ce que je suis ? Un modèle ? »

« Pardonne-moi ! Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire… »

Sandy se recula d’un pas, cherchant soudain que faire de ses mains.

« Je crois que c’est ce que tu voulais dire. Ce bloc en est la preuve, non ? »

« Non. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Tu ne m’as pas servi de modèle. Tu as été mon inspiration ! Ma muse… muse et mécène en une rencontre. Je voulais t’en parler… J’allais le faire… I swear… je jure ! Please, let’s sit down… Asseyons-nous ! On va parler, please… »

Sandy était au bord des larmes et Eleni se demanda soudain d’où venait son mouvement d’humeur. Elle devrait se sentir honorée d’avoir ainsi retenu l’attention d’une artiste qu’elle admirait. Elle accepta la main que Sandy lui tendait et alla s’asseoir à côté d’elle.

« Désolé… Je ne sais pas ce qui m’a pris. »

« Tu n’aimes pas les surprises. » Ce n’était pas une question.

Eleni ne put s’empêcher de sourire. « Je crains que non. »

« Je voulais vraiment en parler cet après-midi. Tu vois, il y a deux ans, tu m’as vraiment sauvé la vie. Tu m’as guérie de mes douleurs, tu m’as donné les moyens matériels de me remettre à mon art, mais surtout, tu m’as rendu l’inspiration. Il y a ces dessins et ce buste et si tu vas voir dans ce coin, tu trouveras aussi une dizaine de toiles. Je pourrais monter une exposition dont tu serais unique objet. »

« Je ne sais pas quoi dire… »

« Dis-moi d’abord que tu ne m’en veux pas ! »

« Non, bien sûr ! »

« Je voudrais aussi que tu poses pour moi… »

« Que je pose ? tu n’es pas lassée de me représenter ? »

« Non. En fait, j’ai un certain nombre d’idées que je ne peux réaliser comme ça… »

« Quelles idées ? »

« J’aimerais aussi que l’on apprenne à mieux se connaître… »

« Sandy, quelles idées ? »

« …L’autre soir, au vernissage, j’ai vraiment aimé notre conversation et la façon dont tu étais, en fait, très proche de l’idée que je m’étais faite de toi… »

« Sandy ! »

« Oui ? »

« Quelles idées as-tu que tu ne peux réaliser avec cette multitude de croquis ? »

« Mmm… Il est peut-être un peu tôt pour en parler… »

« Quoi ! Tu ne veux pas parler de nu ? »

« Mmmm… Pourquoi pas ? »

« Il n’en est pas question ! »

« Ça resterait dans la collection privée… »

« Ce n’est même pas la peine d’y penser ! »

« Mais je ne te demande pas de poser nue dès demain… »

« Encore heureux ! »

« …Mais plus tard, quand tu seras plus à l’aise… »

« … »

« Tu vois, tu es d’accord ! Je vois là le début d’une merveilleuse association. »

« Sandy !!! »

« Et maintenant que je t’ai dévoilé mon terrible secret numéro deux, je vais passer au numéro un. »

« Mais de quoi parles-tu ? »

« De ceci… »

Et prenant le visage d’Eleni entre ses mains, Sandy l’embrassa, d’abord avec délicatesse, puis, l’effet de surprise passé, avec plus de fougue quand elle sentit qu’il était répondu à son baiser.

Elle s’écarta doucement et se blottit contre Eleni.

« J’y pense depuis deux ans… »

Eleni enlaça la jeune artiste. « J’y pense depuis l’autre soir… j’ai du retard à rattraper… »

« Tu t’y feras. Don’t worry ! « 

« Don’t worry, be happy ? « 

« Exactement, don’t worry, be happy ! « 

Fin

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