Au bord du Styx

9 mai 2007

17/12/2006 : Lectures choisies

Filed under: Lecture — Catherine @ 19:07

Rien de particulier depuis la dernière fois. C’est toujours plutôt raide. Je m’occupe. A partir de lundi, je vois à prendre tous les rendez-vous qu’il faut. J’ai bien progressé ce week-end sur le projet de site dont je vous avais parlé il y a quelques temps (le progrès est sur la partie conception/faisabilité).

Aujourd’hui, il y n’a aura que des lectures : ça parle de wikis (parce que ça m’occupe beaucoup en ce moment ), de Michel Déon (l’un de mes auteurs préférés), d’îles (ça renvoit à Michel Déon, mais également au fait que j’aime les îles. Si je fais le compte, j’ai dû passer plus de vacances dans des îles qu’ailleurs. Et puis je vis en Ile de France ) et le dernier, de la peine de mort aux USA (est-ce l' »absurdité » du sujet ou juste le fait que tout ce qui touche la société US m’intéresse… ?)

Wikia, un nouveau pavé dans la mare du Web payant

LEMONDE.FR | 13.12.06 | 16h39 • Mis à jour le 13.12.06 | 17h30
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-845035,0.html?xtor=RSS-65…
Le succès de l’encyclopédie interactive libre Wikipédia a fait des émules : les sites participatifs « wiki », développés avec des outils de construction et des logiciels libres, bousculent de plus en plus les modèles économiques payants, obligeant les gros acteurs du marché à réagir.
Wikipédia, sixième site le plus visité sur Internet, est devenu en quelques années la plus grande encyclopédie numérique du monde (cinq millions d’articles dans deux cent cinquante langues, cent millions de visites par mois), notamment grâce à la fondation Wikimédia à but non lucratif, financée uniquement par des dons. Mais les critiques sont également une constante dans la jeune vie de cette encyclopédie libre : des reproches allant de l’anonymat et l’amateurisme des rédacteurs, à l’absence de responsabilité juridique et aux plagiats ou autres moyens masqués de propagande, tout a été dit. Pourtant, au fur et à mesure des contributions, les erreurs se lissent et finissent par être corrigées. La communauté reste vigilante, mais il ne faut pas prendre toute l’encyclopédie pour argent comptant.

LE LIBRE LIBÉRÉ
D’argent, il ne sera bientôt plus question : Jimmy Wales, l’un des fondateurs de Wikipédia, et Angela Beesley, qui ont créé fin 2004 la société Wikia Inc., créateur et hébergeur de wiki, ont décidé lundi 11 décembre de mettre désormais gratuitement à disposition des internautes tous les outils nécessaires à la construction de sites wiki et de leur laisser la totalité des recettes publicitaires qui pourraient être générées par les sites ainsi créés. Wikia va rendre disponibles prochainement un ensemble d’outils (logiciels de conception) et de services gratuits (bande passante, stockage, contenu), baptisés « OpenServing ».AMAZON CROIT AU WIKI
Wikia, très impliquée dans le développement des logiciels libres, se rémunérait jusqu’à présent uniquement sur les revenus publicitaires générés par le site wikia.com. Mais un investisseur de taille vient de faire son entrée dans le capital de l’entreprise : Amazon, l’un des premiers sites de vente en ligne a décidé de participer à l’aventure wiki. Grâce à cette participation, dont le montant n’a pas été dévoilé, Amazon pourrait prochainement proposer des wiki relatifs aux produits de consommation qu’il vend. Cette technique de marketing est en plein développement sur le réseau, car plus ciblée.
Wikia a par ailleurs indiqué le même jour le rachat, pour plus de 2 millions de dollars, du site sportif collaboratif ArmchairGM (développé avec Mediawiki), de quoi augmenter un peu plus les domaines de compétences des sites participatifs hébergés : Wikia est devenu en quelques années un véritable portail du savoir, puisque actuellement, l’hébergeur compte plus de quatre cent mille articles écrits en quarante-cinq langues par soixante-cinq mille contributeurs, et répartis en plus de deux mille sujets. Gil Penchina, ancien directeur d’eBay, recruté il y a quelques mois par Wikia, a par ailleurs annoncé que d’autres rachats allaient intervenir prochainement. Le communiqué paru lundi se veut optimiste quant à l’avenir, mais toutefois sans certitudes économiques : « Les gens adoptent les nouvelles techniques pour travailler ensemble et réaliser de grandes choses, et Wikia est l’un des principaux bénéficiaires de cette tendance. Nous n’avons pas toutes les réponses concernant le modèle économique, mais nous sommes confiants que la sagesse de notre communauté prévaudra. » D’autres exemples de portails et sites wiki (« vite » en hawaïen) ont le vent en poupe, à l’image de Wetpaint – qui, six mois après son lancement, compte déjà plus de soixante mille wiki créés – ou de Wikihow – véritable manuel multilingue contributif en ligne.

Olivier Dumons

Larry Sanger, l’un des fondateurs de Wikipedia, vient de lancer, en octobre, le projet Citizendium, une encyclopédie rivale, où les contributions des internautes seront contrôlées par des experts, afin d’éviter tous les problèmes de fiabilité de l’information.

Entretien

Michel Déon : « J’ai pris le goût des îles »

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-845483,0.html
l connaît tous les chemins, et même tous les arbres de cette forêt où l’on pourrait si facilement se perdre, malgré les sentiers fléchés dont il est l’un des initiateurs. Il fait une longue marche chaque matin, ici ou dans un autre coin de sa campagne irlandaise, dans le comté de Galway. Michel Déon, qui porte ses 87 ans avec une élégance désinvolte, est une silhouette alerte – coiffée d’une casquette, maniant une grosse canne -, un promeneur solitaire – « généralement je suis avec mon chien, mais pour l’heure je n’en ai pas, il est mort récemment » – ou accompagné d’un ami, d’un visiteur qu’il initie aux beautés pacifiques des lieux.Voilà plus de trente ans que l’Irlande est le pays de ce Français arpenteur de l’Europe, et d’abord tourné vers le Sud. « Dès la Libération, après ces années de confinement dans les frontières françaises, j’ai eu envie d’espace, de voyage. » Il ira donc en Italie, en Espagne, au Portugal, au Maroc… – en Suisse et aux Etats-Unis aussi -, pour des séjours plus ou moins longs. « Mais je ne suis pas un nomade, précise Michel Déon, j’aime me fixer. » En outre, comme il l’écrit dans Mes arches de Noé – un livre ne figurant pas dans le volume « Quarto » qui vient de paraître (1) : « Dans Robinson, j’ai pris le goût des îles et ce goût m’a poursuivi la vie entière. »

Avant l’Irlande, « son » île sera grecque. L’année de ses 40 ans, en 1959, il découvre, non loin des côtes du Péloponnèse, Spetsai. Il s’y installe avec sa compagne, Chantal, qu’il épousera quelques années plus tard – et qui maintenant élève des chevaux en Irlande. Ils achèteront un terrain et feront construire leur maison, où Michel Déon écrira notamment les récits réunis plus tard sous le titre Pages grecques Le Balcon de Spetsai, Le Rendez-vous de Patmos, Spetsai revisité (2).

Comme les héros de certains de ses romans, Michel Déon est un séducteur, un amoureux de la vie, du Sud, de la mer, des femmes, des parfums de jasmin, des alcools doux et forts, des tabacs odorants… C’est pourtant dans cette grande île loin de la Méditerranée, l’Irlande, qu’il commence à séjourner, en 1969. En 1974, il achète le presbytère où il vit désormais, Old Rectory, et, dès lors, partage son temps entre la lumière de Spetsai et la verte campagne irlandaise. « Mais d’année en année Spetsai s’est transformée. On a beaucoup construit. L’endroit est devenu trop fréquenté, trop urbanisé, trop touristique. Je me suis décidé à vendre notre maison en 1988, ce qui n’a pas été sans douleur », dit-il aujourd’hui en montrant les photos de sa terrasse, surplombant une baie et un petit port.

« La Grèce m’aura obsédé, je ne cesserai jamais d’y penser, d’en remuer les souvenirs, de laisser sa lumière pénétrer dans mes livres, mais c’est l’Irlande qui m’aura gardé… enfin… jusqu’à aujourd’hui… laissons à demain ses libertés. L’Irlande est là tandis que j’écris devant la fenêtre et que monte le soir, rose encore à l’horizon, déjà sombre avec de lourds nuages bleuâtres que le vent pousse vers le grand Atlantique. » Ce sont les premières phrases de Cavalier passe ton chemin !, le dernier livre de Michel Déon, publié en 2005 et qui clôt ce « Quarto ». Un titre tiré de Yeats pour des « pages irlandaises », dédiées à sa fille, Alice Déon.

A ce « Quarto » manque l’Italie, et tout particulièrement Je vous écris d’Italie… (1984), « mais il faudrait un autre volume, indique Déon, pour rassembler mes romans méditerranéens ». Il s’agissait là, explique-t-il dans sa préface, de donner quelques jalons d’un long parcours.

Thomas et l’Infini (1975) est un bref conte que Michel Déon affectionne : « Comme je l’ai dit à Claude Gallimard, qui n’était pas seulement mon éditeur, mais mon ami et un conseiller très avisé, c’est en quelque sorte mon Petit Prince. »

La Chambre de ton père, récit autobiographique récent (2004), pudique et émouvant, plein d’humour aussi, évoque les premières années d’Edouard Michel – il prendra ensuite une partie du nom de sa grand-mère maternelle, Blanche Déon de Beaumont -, dont le père meurt quand il n’a que 13 ans.

Le célèbre Taxi mauve (1973) fut une histoire irlandaise à succès, puis un film d’Yves Boisset, avec Philippe Noiret, Fred Astaire, Peter Ustinov et Charlotte Rampling.

Et ce Déjeuner de soleil (1981) ? Quel écrivain connu se cachait derrière ce singulier héros, Stanislas Beren ? « Mais personne en particulier, répond Déon, je n’ai jamais eu l’intention d’écrire un roman à clés. Beren est un personnage composite, qui a des traits de plusieurs écrivains, dont Paul Morand, et moi-même. »

PRENDRE CONGÉ À L’AVANCE

La Montée du soir (1987), texte testamentaire avant l’heure, comme pour se débarrasser de la question de l’adieu au monde, prendre congé à l’avance et continuer à vivre et à écrire, se devait de figurer dans ce panorama. Tout comme Les Trompeuses Espérances (1956, nouvelle édition 1990) qui, commente Déon, « ferme la porte aux dernières interrogations trop personnelles ».

Quant aux Poneys sauvages, très gros roman qui a nécessité plusieurs années de travail, c’est, écrit-il dans sa préface, « mon interprétation d’une question beaucoup plus ambitieuse : dans quel désenchantement ont vécu les déracinés de ma génération pendant et après la seconde guerre mondiale ? » « C’est un livre qui a changé ma vie », ajoute-t-il. Première grande reconnaissance publique, prix Interallié 1970 qui suscita la polémique, fut jugé « réactionnaire ». « On m’a même traité, à la télévision, de fasciste, ce que je ne suis pas. »

C’est le livre qui exprime et synthétise les idées politiques et existentielles de Michel Déon. Car il appartient à ce groupe que Bernard Frank, en 1952, dans un article des Temps modernes, qualifia de « Hussards ». Avec Jacques Laurent, Antoine Blondin, Roger Nimier, il est « un représentant d’une littérature de droite, vigoureuse, parfois agressive, qui s’exprime aussi bien dans la presse, que par des écrits de circonstances, ou par la mise en situation de personnages romanesques », comme le précise Jean-Pierre Poussou dans son introduction à un colloque tenu en 2004 à la Sorbonne (3).

Même s’il a choisi, selon le mot de Denis Tillinac, de « regagner les pénates de son imaginaire » (4) et d’entrer à l’Académie française, en 1978, – au fauteuil de Jean Rostand -, s’il affirme « je cherche en vain un homme politique à admirer », s’il vote rarement, Michel Déon reste fidèle à sa formation et à ses engagements. Au premier chef, une grande admiration pour Maurras – il a été secrétaire de rédaction de L’Action française, à Lyon, après avoir été démobilisé, de 1942 à 1944. Il ne se cache pas d’avoir été maréchaliste – « Oui, j’ai cru que Pétain sauverait le pays ». Son anti-gaullisme a toujours été radical. « Quand De Gaulle est revenu au pouvoir en 1958, j’ai su que nous allions perdre l’Algérie. » « Toutefois, c’était un homme d’Etat. Comme après lui François Mitterrand. Rien à voir avec le personnel politique actuel… Médiocre. »

Ce n’est pas pour fuir des questions gênantes qu’il revient à une conversation sur la littérature. Il n’y a chez lui ni repentir, ni hypocrisie, ni penchant pour l’autocritique, ce qui ne manque pas d’allure en des temps où le reniement passe pour une vertu. Lire, écrire, « c’est surtout cela qui m’intéresse », aime-t-il à répéter. Le petit Edouard Michel a écrit « des romans depuis l’âge de 4 ou 5 ans ». Bien avant de penser à devenir Michel Déon, avant même de savoir tracer des lettres sur le papier, il inventait des histoires auxquelles ses parents feignaient de croire.« Comme souvent les enfants uniques, j’ai lu avec avidité. D’abord les auteurs de la bibliothèque de mon père, dont Anatole France, qu’il admirait, puis je suis parti à la découverte de ceux qui allaient devenir mes écrivains favoris. » La bibliothèque du grand bureau irlandais est très fournie. Stendhal, « bien sûr ». André Fraigneau, Jacques Chardonne, Paul Morand – Déon a contribué, avec quelques autres, à les faire sortir du purgatoire. « Morand m’a influencé bien avant que je fasse sa connaissance. J’admirais ses trouvailles de style, sa rapidité, son rythme, son art des portraits de femmes… »

Il y a aussi un rayonnage entier de Valery Larbaud, « une passion ». Tout Conrad. « Je ne peux pas compter le nombre de mes relectures d’Au coeur des ténèbres et de La Ligne d’ombre. Je ne saurais dire avec précision pourquoi. Conrad me parle. J’ai sans doute un peu rêvé d’être lui. » Gide a été important, « mais on ne rêve pas d’être Gide, on voudrait être un héros… ». Et – signe du destin ? – « ma mère revendiquait une ascendance irlandaise et c’est un auteur irlandais qui m’a donné le grand choc de mes lectures de jeunesse : Joyce, avec Ulysse. »

Les contemporains ne sont pas absents, Déon n’a jamais perdu sa curiosité. Des Français et des étrangers, dont Truman Capote et William Styron, « un romancier que je relis volontiers ». Parmi ses cadets, l’un de ses préférés est certainement Jean Rolin, qu’il soutient et encourage depuis de nombreuses années. Ce qui peut bien réunir un ancien maoïste et un maurrassien ? « Tout simplement la littérature. »

Pour payer son tribut aux auteurs qui ont fait de lui l’écrivain qu’il est, Michel Déon écrit en ce moment un livre d’essais. A son habitude, il travaille après sa promenade matinale et le déjeuner. « Sur des feuilles, jamais sur des cahiers. J’écris tout l’après-midi. Mais bien sûr, je tourne aussi un peu en rond… Je caresse le chat. Je vais me faire du thé. Et je regarde par la fenêtre… »


ŒUVRES de Michel Déon. Préface de Michel Déon, chronologie « Vie et oeuvre » par Alice Déon, Gallimard « Quarto », 1 372 p., 30 €.

(1) Ce volume rassemble 8 des quelque 50 livres de Michel Déon – Thomas et l’Infini, illustré par Etienne Delessert ; La Chambre de ton père ; Les Trompeuses Espérances ; Les Poneys sauvages ; Un taxi mauve ; Un déjeuner de soleil ; La Montée du soir ; Cavalier, passe ton chemin ! – ainsi que plusieurs textes de Michel Déon illustrés par Julius Baltazar, Willy Mucha, Mathieux-Marie, Dorny, Jean Cortot…(2) Gallimard, 1993 (la plupart des livres de Michel Déon sont publiés chez Gallimard. Quelques-uns sont chez Plon, Robert Laffont, La Table ronde).

(3) Michel Déon, aujourd’hui, sous la direction d’Alain Lanavère, Thierry Laurent et Jean-Pierre Poussou, Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 120 p., 18 €. A lire aussi : Michel Déon, écrivain engagé ou désengagé ?, de Thierry Laurent (postface de Michel Déon, éd. des Ecrivains, 1999).

(4) Le Magazine littéraire n° 305, décembre 1992 « La légende des Hussards ».

Josyane Savigneau

Article paru dans l’édition du 15.12.06.

Environnement. Réunies en Ecosse, elles ont confronté leurs pratiques «durables» en matière de transport, d’énergie, de service public.

Les îles européennes tentent de remuer mer et terre

Par Aurélie THEPAUT

QUOTIDIEN : samedi 16 décembre 2006

Bowmore envoyée spéciale

http://www.liberation.fr/actualite/terre/223689.FR.php?rss=true

Dans la salle des fêtes de Bowmore, sur l’île d’Islay (Ecosse), ils étaient fin novembre plusieurs dizaines d’îliens ­ Suédois, Danois, Finlandais, Irlandais, Ecossais, Français, Italiens et Grecs ­ à tirer sous les étoffes de tartan les leçons de trois ans de réflexion commune sur les perspectives de développement des petites îles d’Europe. Trois ans durant lesquels, pour la première fois, les habitants des îles, ceux qui portent en eux la culture insulaire, ont été invités à envisager leur avenir sous le prisme du développement durable.

Ferries gratuits. Fondé en 2001 par plusieurs associations d’îles, l’Esin (European Small Island Network, Fédération des petites îles d’Europe) compte neuf membres depuis que les représentants des îles d’Estonie, d’Italie et de Grèce l’ont rejoint en 2006. Et il a aujourd’hui l’ambition d’être le porte-parole des petites îles européennes à l’échelon national et européen. «Il existe une grande diversité entre les îles, avec des problématiques communes liées à la définition d’une île : une terre entourée d’eau», explique Pierre-Philippe Jean, le directeur de l’association des îles du Ponant. Ces problèmes touchent au service public, au déclin de la population accompagné de déséquilibres démographiques, à l’inadaptation des normes européennes, à l’emploi, au logement, à l’environnement…

Pendant trois ans, l’Esin a bénéficié d’aides européennes qui ont permis de mettre en place des groupes de travail autour de 18 thèmes, regroupés en 3 catégories : la fourniture des équipements et les services publics de base ; l’élaboration d’un modèle écologique et durable pour le développement de ces territoires ; enfin, l’identité, la culture, la langue et le sentiment communautaire et d’appartenance. Chaque partenaire est responsable de 3 thèmes, avec l’identification de «bonnes pratiques» s’y rapportant. Par exemple, sur la question des transports, les îles suédoises font figure de modèles, les bras de mer qui les relient ayant le statut de «routes nationales». Les ferries sont entièrement gratuits et leurs coûts de fonctionnement sont payés par les taxes sur les automobiles. En ce qui concerne le développement lié à la mer, Islay a créé la première installation marémotrice. Ces projets ont pu être menés grâce à l’appui des populations. Le ministre irlandais Eàmon O’Cuiv, en charge des Affaires locales, rurales et des Gaeltachts, a pris au sérieux les problèmes des 33 îles irlandaises. «L’équilibre de ces terres, dit-il, passe par le mariage entre tradition et développement.» C’est bien ce qu’on observe à Islay. L’île aux huit distilleries s’ouvre au tourisme depuis quelques années, sans pour autant négliger la production de whisky qui fait son identité et sa principale richesse.

Référence. Mais l’avenir des petites îles est envisagé à travers plusieurs regards, dont celui des jeunes. Pour la Finlandaise Eelin Hoffström, porte-parole de la jeunesse, «les jeunes devraient être encouragés à quitter leur île pour un temps sans que ce soit aux dépens de leur identité insulaire». Les échanges inter-îles sont au coeur des discussions. Louis Brigand, professeur de géographie à l’université de Bretagne occidentale et auteur d’un ouvrage de référence sur les îles du Ponant, résume le sentiment commun : «Pour l’instant, c’est plus pour la forme que c’est important de se réunir. On se sent bien entre îliens !»

Ian Gillies, le président du réseau des îles écossaises, a tout de même proposé quelques perspectives pour 2013 : un ministre des Iles dans chaque gouvernement, à l’image du ministre irlandais, une puissante fédération des îles dans chaque pays, et un référent pour les îles à l’échelle européenne.

La Californie et la Floride suspendent les exécutions capitales par injection létale

LE MONDE | 16.12.06 | 14h05 • Mis à jour le 16.12.06 | 14h05

WASHINGTON CORRESPONDANTE

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-846429@51-846399,0.html

Le gouverneur de Floride, Jeb Bush, a ordonné, vendredi 15 décembre, un moratoire sur les exécutions capitales tant que n’auraient pas été éclaircies les conditions dans lesquelles est mort le détenu Angel Nieves Diaz, 55 ans, le 13 décembre. Exécuté selon la méthode d’injection létale, le condamné a mis 34 minutes à mourir et les témoins l’ont vu réagir et essayer de parler, alors que les substances chimiques sont censées conduire à une mort rapide et sans douleur. L’autopsie a montré des brûlures sur son bras. Il semble que l’aiguille ait traversé la veine et que les produits se soient répandus dans les tissus.

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Angel Nieves Diaz, condamné à mort pour le meurtre du gérant d’un bar en 1979, avait déposé des recours pour contester cette méthode d’exécution, tout comme nombre de ses codétenus.

Jeb Bush, qui est le frère du président George Bush, a demandé à une commission d’enquête d’établir si le protocole en vigueur pour les exécutions capitales se trouve « en accord avec le 8e amendement de la Constitution qui interdit les châtiments cruels et inhabituels ». Le gouverneur, qui arrive en fin de mandat, n’en reste pas moins favorable à la peine de mort et à la méthode par injection. La Floride a été en 2006 le quatrième Etat pour la peine de mort, avec 4 exécutions, loin derrière le Texas, où 24 détenus ont été tués.

Un autre coup de frein aux injections létales a été donné, vendredi, par le juge Jeremy Fogel de Californie. Déclarant cette méthode non conforme à la Constitution, il a demandé aux autorités de revoir le choix des substances employées. Il a aussi dénoncé le « manque de professionnalisme » dans lequel se déroulent les procédures. Par déontologie, les médecins s’interdisent de participer aux exécutions. Celles-ci sont effectuées par le personnel carcéral.

« ÇA NE MARCHE PAS ! »

Depuis un an, 41 recours ont été introduits en justice contre la méthode d’injection létale – la plus utilisée dans les 38 Etats qui appliquent la peine de mort – estimant que rien ne prouve que le détenu est inconscient au moment où lui sont administrées les substances violentes. En mai, un détenu de l’Ohio avait mis 90 minutes pour mourir et les témoins l’avaient entendu hurler : « Ça ne marche pas ! » La publicité autour de ces souffrances a contribué au reflux de la peine capitale. Selon les statistiques annuelles du Death Penalty Information Center (DPIC), publiées le 14 décembre, 53 exécutions ont été pratiquées en 2006, contre 60 l’année précédente, soit le nombre le plus faible depuis 1996.

La méthode d’injection létale est inchangée depuis trente ans. Une première piqûre de barbiturique (thiopental de sodium) est censée endormir le condamné. Une deuxième le paralyse (bromure de pancuronium). Une troisième lui arrête le coeur (chlorure de potassium).

Le médecin de l’Oklahoma qui a inventé le « cocktail », le Dr Jay Chapman, a expliqué au New York Times qu’il ne recommanderait plus aujourd’hui la même formule mais plutôt une dose massive et immédiate de barbituriques. Mais le spectacle serait plus pénible pour les témoins et les bourreaux. « La question qui est au coeur du débat est de savoir si on privilégie le confort des prisonniers ou celui des témoins qui les voient mourir », explique le journal. Jusqu’ici, la priorité a été donnée à une mort rapide. Selon les anesthésistes, avec un mélange de substances différent, la mort serait plus longue à venir. Et elle pourrait être accompagnée de « sursauts qui seraient inconfortables à observer ».

Corine Lesnes

Bonne lecture et bon dimanche !

That’s all, Folks !

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