Au bord du Styx

9 mai 2007

12/04/2006 : Le Mannequin Chinois – 3c&d

Filed under: Ecriture,femslash,Le Mannequin Chinois — Catherine @ 15:48

Version complète et définitive de ce récit ici

Aujourd’hui ça va enfin un tout petit peu mieux. Alors moi, toujours aventureuse, il a fallu que je sorte ! Enfin, aventureuse… je ne sais pas si c’est le terme. J’ai plutôt horreur d’être contrôlée. Sortir cet après-midi, c’était reprendre le contrôle.

Je vous rassure, je n’ai pas été loin, juste au coin de la rue pour acheter mon programme TV. Je n’ai même pas eu besoin de traverser une rue : c’est vous dire que ce n’était pas loin. Et j’avais aussi besoin de voir ce que j’avais comme courrier depuis 3 jours (la preuve, j’avais un papier de la sécu à faire remplir par mon boss car je dépasse les six mois d’arrêt).

La conclusion de l’escapade : ça va effectivement mieux. Je n’ai pas peur, tous les trois pas, que ma jambe me lâche. Par contre les escaliers, tant en descente qu’en montée, c’est un cauchemar ! J’aurai ainsi plein de choses à raconter à ma rhumato vendredi ! Image

Pour changer, un haïku né ce matin (en fait hier soir mais je ne l’ai pas noté de suite et j’en ai perdu un bout) :

A ma fenêtre,

Les saisons passent sans bruit.

Bulle hors du temps.


Et enfin, la suite du Mannequin. Je remets également la partie précédente car j’y ai fait quelques modifications.


Sans même se retourner, Eleni reconnut immédiatement la voix, le léger accent américain. Pourtant, quand elle fit face à l’artiste, elle se dit qu’elle aurait eu du mal à reconnaître son ancienne patiente, même si elle ne savait pas dire exactement pourquoi. Elle était vêtue d’une tunique couleur cinabre agrémentée de broderies de style ethnique par-dessus un pantalon sombre. Physiquement, il n’y avait pas vraiment de différences. Les cheveux semblaient un peu plus courts et le teint légèrement plus hâlé. Mais il dégageait d’elle une énergie, une lumière qui la transformait du tout au tout.

Eleni tendit la main en souriant. « Mademoiselle Martin, ou peut-être faut-il le prononcer à l’anglaise, je vous remercie de m’avoir conviée à cette soirée. »

Sandy répondit à la poignée de main ferme. « Bonsoir Docteur ! Oui, ça se dit Martin (NDA : prononcé comme le prénom Martine), mais appelez-moi Sandy, s’il vous plaît ! »

« Uniquement si vous m’appelez Eleni. »

Les deux femmes se sourirent et avant qu’un silence s’installe de façon permanente, Eleni reprit. « J’ai peur de ne pas comprendre mon rôle dans votre exposition, sans parler de mon rôle de mécène involontaire. Non que je ne me sente pas flattée, mais je ne voudrais pas usurper… »

« Vous avez parfaitement droit à ce titre. Pour vous donner un début d’explication, je vous poserai une seule question : Comment vont mes bébés ? »

« Vos bébés ? » Et soudain, tout se mit en place pour Eleni. Elle vit sa collection de curiosités qui tenait une place de choix dans son cabinet, l’endroit où elle passait le plus de temps et où elle pouvait le mieux en profiter et les conditions dans lesquelles elle en était devenue propriétaire.

« C’était vous ? Mais comment… ? »

« Oui, c’était moi. Mais l’histoire est un peu longue. »

Pour le coup, Eleni se sentit vraiment curieuse. « Je serais heureuse de l’entendre… »

Sandy sembla hésiter un instant, puis jetant un regard circulaire sur la salle. « Non. Pas ici, pas ce soir. Mais une autre fois, je promets. »

« Si vous me promettez, je veux bien patienter. Mais puis-je au moins avoir une version abrégée pendant que vous me guiderez au milieu de vos œuvres ? »

« Un digest ? Mmmm. Oui, je peux et nous allons commencer avec cette toile qui semblait tant vous fasciner… »

*=*=*=*=*

Eleni était allongée dans son lit et se retourna une fois de plus, incapable de trouver le sommeil malgré l’heure tardive à laquelle elle était rentrée. Elle n’aurait pas cru qu’elle allait passer autant de temps à la galerie et y prendre plaisir. Hormis quelques interruptions, l’artiste se devait à tout son public, Sandy l’avait guidée parmi un certain nombre des pièces exposées, lui expliquant les circonstances de leur création, ce qu’elle avait cherché à faire, si elle en était contente.

Cette plongée sans filet dans le processus créatif d’une artiste contemporaine avait été une véritable révélation. Eleni avait de bonnes notions sur l’histoire de l’art, les grands mouvements, parfois les implications sociales et politiques. Elle aimait l’art, mais y réagissait de façon instinctive : elle aimait ou elle n’aimait pas, sans se poser de question sur le pourquoi.

Cette soirée apportait soudain une nouvelle profondeur à la façon dont elle pouvait appréhender une œuvre, même si elle reconnaissait que sans quelqu’un comme Sandy pour l’accompagner, elle passerait encore à côté de beaucoup de choses.

Sandy… une autre découverte ! L’artiste lui avait brièvement expliqué que quand elles s’étaient rencontrées deux ans auparavant, elle était au plus bas. Des douleurs quasi perpétuelles l’empêchaient de travailler et elle n’avait plus un centime de côté. En quelques jours, Eleni l’avait soulagée de tous ses maux. Elle était alors entrée dans une période de création quasi-frénétique, comme pour se rattraper de ces longs mois d’inactivité.

Eleni avait supposé la même chose une fois qu’elle avait réalisé qui exactement était Sandy et elle attendait avec impatience leur prochaine rencontre pour en savoir plus sur la jeune femme. Elle était restée la dernière, jusqu’à la fermeture de la galerie et au moment de se séparer, elles se tutoyaient, avaient échangé leurs coordonnées et s’étaient donné rendez-vous le samedi suivant à l’atelier de Sandy.

Une fois de plus, elle changea de position dans son lit, puis ferma les yeux. Elle revit le tableau qui l’avait tant impressionnée et s’endormit doucement, un phénix aux ailes déployées l’accueillant au pays des songes.

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