Au bord du Styx

9 mai 2007

04/11/2006 : L’Appel du Tango – 1

Filed under: Ecriture,femslash,L'Appel du Tango — Catherine @ 17:05

Surprise !

Parfois, les idées font tout ce qu’elles peuvent pour sortir. Alors, il ne vaut pas mieux les combattre.

Allez d’abord (re)lire L’Appel des Castagnettes (on se demande où le Chaton Fripon va chercher ses idées quand même !) ici ou .

L’Appel du Tango

Gabrielle se rongeait les ongles tout en faisant les cent pas sur le quai de la gare.

Cela faisait deux ans qu’elle avait tout plaqué dans la petite ville de province qui l’avait vu naître : des fiançailles dont elle n’était toujours pas sûre qu’elles ne lui aient pas été imposées, des études dont on l’avait persuadé que c’était le bon choix, une vie finalement qui, bien que semblant parfaite, n’avait rien à voir avec ce qu’elle était et ce qu’elle voulait.


Ses parents ne lui parlaient plus depuis son départ. Par chance, elle avait le soutien, moral et financier, de sa grand-mère et elle reconnaissait sans fausse honte que sans elle, elle n’aurait sûrement pas pu assumer tous ces bouleversements.

Elle était montée à Paris, avait repris des études, trouvé un petit studio et un petit boulot grâce aux relations de sa grand-mère.

En dehors de cette dernière et de la personne qu’elle attendait à la gare ce vendredi après-midi d’avril, elle n’avait gardé aucun contact. Et les contacts, quand ils avaient étaient maintenus, s’étaient limités à de longs échanges téléphoniques.

L’appel de Carmen, la semaine auparavant, lui annonçant sa présence à Paris pour un week-end prolongé à l’occasion d’une compétition de danse sportive au Palais Omnisports de Bercy, l’avait jetée dans un abîme d’émotions contradictoires. Elle lui avait offert de l’héberger. Elle n’aurait pu faire autrement. Elle lui devait trop. Et franchement, elle était trop heureuse de la revoir après tout ce temps. Le téléphone, ce n’était pas toujours assez.

A la suite d’une leçon impromptue de tango, Gabrielle avait développé avec la danseuse, son aînée d’une bonne dizaine d’années, une curieuse amitié. En quelques mois, jusqu’à son départ, Carmen était devenue amie, mentor, caisse de résonance pour ses projets des plus sérieux aux plus farfelus. Elle avait su la raisonner quand elle était prête aux pires extrémités et lui avait remonté le moral en période de découragement. Leurs conversations téléphoniques s’étaient poursuivies sur le même ton.

Mais Gabrielle eut soudain peur du jugement que Carmen pourrait porter sur sa nouvelle vie. Avait-elle fait honneur au soutien que lui avaient portée sa grand-mère et son amie ? Carmen tenait une grande place dans sa vie, bien plus grande que la danseuse pouvait l’imaginer. Gabrielle, à chaque fois qu’elle prenait une décision, si elle n’avait pas l’occasion d’en parler avec son amie, tentait d’imaginer ce qu’elle aurait fait à sa place. Et de fait, l’éloignement avait entraîné une mise sur un piédestal que Carmen aurait sans aucun doute combattu.

L’arrivée du train fut enfin annoncée et bien vite, les premiers passagers se dirigèrent vers la sortie. Gabrielle hésita un instant à remonter le train pour aller à la rencontre de Carmen, puis décida finalement de rester en bout de quai de crainte de la manquer. Quand le gros de la foule fut passé, elle l’aperçut enfin, s’avançant nonchalante, un petit sac de voyage à son épaule. Gabrielle cette fois, ne résista pas et courut vers elle, se jetant littéralement à son cou. Toutes ses inquiétudes disparurent quand elle sentit la chaude étreinte qui l’accueillit, mais elle ne put retenir ses larmes. Carmen, également émue par les retrouvailles, la serra un peu plus fort contre elle.

Puis elles se ressaisirent et Gabrielle l’entraîna vers la sortie et l’arrêt du bus. En peu de temps, elle arrivèrent à son studio. Celui-ci avait un beau volume qui avait été intelligemment utilisé. Il y avait d’abord une petite entrée avait un petit débarras sur la gauche et la pièce d’eau sur la droite, puis deux portes en face. Celle de gauche donnait sur un petit espace cuisine étroit et tout en longueur qui se finissait sur la partie salon du studio. La porte de droite menait sur l’espace sommeil/travail : un grand lit double en mezzanine, un bureau en dessous. Cet espace était fermé par des cloisons mobiles de style japonais en papier huilé et donnait également sur le salon. La lumière passait par de grandes portes-fenêtres qui donnaient sur un petit balcon.

Carmen ne put retenir un sifflement admiratif. « L’amie de ta grand-mère ne s’est pas moquée de toi ! »

« J’en suis bien consciente. Et elle a été très raisonnable quant au loyer. »

« Je suppose que cela sert d’avoir des relations. »

« Tu sais que je n’y serais sûrement pas arrivée son aide. »

Carmen passa un bras rassurant autour de ses épaules. « Je sais; ce n’était pas critique. Tout le monde n’a pas cette chance, mais tu ne dois pas culpabiliser pour autant. Et je sais que tu travailles dur. En parlant de travail, ça ne te dérange pas de me recevoir ces quelques jours ? »

« Non. Ce sont les vacances de printemps. Il y a des choses à faire, bien sûr. Et les examens seront vite là. Mais je peux souffler un peu. Et je suis tellement contente de te revoir, tu ne peux t’imaginer. »

« Je savais qu’on se reverrait, mais je me demandais vraiment quand cela arriverait. J’étais persuadée que tu ne reviendrais jamais. »

« Tu as raison. Si je dois y retourner un jour, ce sera dans longtemps ou alors il faudra une circonstance exceptionnelle. Mais nous devenons trop sérieuses. En dehors de ta soirée au POPB, que veux-tu faire pendant que tu es ici ? »

« Je n’y ai pas trop songé. Je te faisais confiance. Et je te rappelle que je connais Paris, donc pas besoin de faire le circuit touristique obligatoire. »

« Oui, je me souviens. Nous suivrons donc nos envies. »

That’s all, Folks ! Image

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