Au bord du Styx

9 mai 2007

01/07/2006 : Le Mannequin Chinois – 4a

Filed under: Ecriture,femslash,Le Mannequin Chinois — Catherine @ 16:09

Version complète et définitive de ce récit ici

Le temps était plutôt doux en ce début d’après-midi et le soleil jouait à cache-cache avec quelques nuages éparpillés dans le ciel. Le pont de l’Alma se reflétait dans la Seine. La journée sembla parfaite à Eleni alors qu’elle se repérait à la sortie du métro.

L’immeuble donnait directement sur le bord de Seine. Eleni se dit que la vue devait être superbe depuis l’atelier dont elle ne pouvait même pas apercevoir les grandes baies vitrées en retrait au dernier étage.

Elle entra le code à la porte cochère, puis emprunta l’ascenseur. Arrivée au sixième étage, il n’y avait qu’une seule porte à laquelle elle frappa trois petits coups sonores.


De derrière la porte, elle pouvait entendre quelques notes de musique et le bruit étouffé de pas s’approchant.

Eleni retint son souffle quand Sandy ouvrit la porte. Celle-ci portait un T-shirt maculé de tâches de peinture sur un jean usé dans le même état. Elle se recula légèrement pour laisser entrer son amie et se retrouva soudain les bras chargés d’un magnifique bouquet de fleurs. Elle plongea son visage au milieu et en respira le parfum enivrant. Puis elle se ressaisit et remercia Eleni. Celle-ci, un peu confuse, bafouilla.

« Je ne savais pas quelles étaient tes fleurs préférées. Alors, j’ai pris un peu de tout… »

Sandy jeta un coup d’oeil au bouquet et remarqua, qu’effectivement, toutes les fleurs de saison étaient présentes dans cet arrangement. « Je ne suis pas sûr d’avoir assez de vases pour les mettre en valeur. Viens ! Tu vas m’aider. »

Elle pénétra dans le vaste studio envahi de lumière. Il y avait deux portes à l’une de ses extrémités et une seule porte à l’autre, outre celle par laquelle elles étaient entrées. Elle suivit Sandy vers la porte solitaire qui menait à une cuisine. Sandy se retourna et la toisa rapidement. « Tu n’es pas vraiment plus grand que moi. Il va falloir monter sur une chaise pour attraper ce qui me sert habituellement de vases. Tu y vas ou j’y vais ? »

« Je ne souffre pas de vertige. Je peux monter si tu préfères. »

« Effectivement, ça m’arrangerait si tu es sûre que ça ne te pose pas de problème. »

« Montre-moi juste le placard où ils se trouvent. »

Contrairement à ce que pensait Sandy, les quelques vases qu’elle possédait, suffirent à recueillir toutes les fleurs et elle disposera les bouquets ainsi formés à plusieurs emplacements de choix dans son studio. Elle invita ensuite Eleni à s’asseoir dans l’un des fauteuils se trouvant dans le coin opposé du studio, prenant pour elle le petit canapé qui se trouvait à angle droit.

« Je ne te fais pas vraiment visiter. Tu as déjà vu la cuisine. Derrière ces deux autres portes se trouvent ma chambre et la salle de bains. J’avoue que je ne suis pas vraiment équipée pour recevoir. En fait, tu es la première personne qui ait pénétré dans mon antre depuis fort longtemps. »

« Alors, je me sens particulièrement honorée d’être ici cet après-midi. Au fait, je ne te dérange pas ? Si tu travaillais… »

« Non. Tu ne me déranges pas. S’il ne tenait qu’à moi, je serais toujours en train de travailler. C’est vrai qu’en ce moment, j’ai plein d’idées. Alors je suis toujours en train de crayonner ou de jouer avec de la glaise. »

« Tu vas peut-être me trouver indiscrète et si tu ne veux pas, dis-le moi ! Est-il possible de voir sur quoi tu travailles en ce moment ? »

« Normalement, je ne montre que mes oeuvres terminées. Mais comme je te le disais, il y a tellement longtemps que je n’ai pas reçu de visite dans mon atelier… Je te laisse jeter un coup d’oeil pendant que je vais mettre des vêtements propres. »

Alors que Sandy se dirigeait vers la porte de sa chambre, elle jeta par-dessus son épaule.

« Fais comme chez toi, je n’en ai pas pour longtemps. »

Eleni ne se fit pas prier et se dirigea d’abord vers un chevalet qui supportait une toile de taille moyenne. Il s’agissait visiblement d’une composition abstraite, Eleni ne pouvant vraiment distinguer qu’une explosion de couleurs. Un peu plus loin, sur une selle de sculpteur faite d’un bois clair vernis, se trouvait un buste. Juste à côté, un autre chevalet supportait plusieurs grands blocs à dessins. Eleni ne put s’empêcher de soulever la couverture du premier et retint brusquement sa respiration quand le dessin se révéla à elle. Elle souleva rapidement les pages suivantes, puis revint au premier dessin qui semblait servir de modèle au buste : il s’agissait sans la moindre erreur possible d’un portrait la représentant.

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